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Péril en la demeure, un film de Michel Deville (1985)

Publié le par Jean-Yves Alt

Daniel Forest (joué par Richard Bohringer) est tueur à gages, mais ce n'est pas un vulgaire malfrat : il sauve le héros, David Aurphet (joué par Christophe Malavoy), lors d'une mystérieuse attaque nocturne, l'invite à dîner chez lui et le courtise à la lueur des chandelles.

Il le met alors en garde envers Graham Tombsthay (Michel Piccoli) qui est jaloux de l'aventure qu'entretient sa femme Julia Tombsthay (Nicole Garcia) avec David. Justement, Daniel Forest a une commande : il doit tuer Graham Tombsthay et lui subtiliser des microfilms.

C'est alors que l'homosexualité joue le rôle de moteur dramatique, rôle tout à fait positif et rare dans les années 80.

Lors d'un dîner guet-apens en la demeure de Graham Tombsthay, celui-ci menace d'un couteau David Aurphet. En fait, il ne désire qu'humilier David en l'obligeant à pratiquer les plaisirs des rapports buccaux-génitaux. Mais David prend peur et tue Graham.

Daniel Forest en a assez de cette existence dont le maître mot est "violence". A sentiment exacerbé, solution romantique. Le ténébreux Daniel opte pour le suicide utilitaire : lors d'une légitime défense, David trouvera le butin dans un casier de consigne portant le numéro 51. Un chiffre qu'affectionne Deville (cf. Le Dossier 51 – 1978) : un homme est l'objet d'un odieux chantage, il doit révéler des secrets importants de peur que son amour des garçons ne soit mis à jour.

Pour Deville, l'homosexualité s'imprime dans l'essence même du film, aucun jugement de valeur n'est porté sur sa présence, elle participe seulement, et c'est beaucoup, à la dramaturgie du film.

Péril en la demeure, c'est également l'exploration de thèmes aussi différents que la communication et le voyeurisme. Le vaudeville donne ici naissance au ravissement.

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