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Sur Henry de Montherlant par André Clair

Publié le par Jean-Yves

Ainsi donc, quelques semaines après la publication, dans mon article sur le film, la Cravache (1), d'une citation tirée de sa très belle préface au Satiricon de Pétrone, Henry de Montherlant a tenu à choisir lui-même le moment et le lieu les plus favorables pour se donner la mort. Ce suicide dont certains ont tenté d'expliquer, un instant, qu'il était dû à la crainte de l'écrivain de devenir aveugle, a été, en réalité, ce qu'on peut appeler une belle fin : une mort en beauté comme dit un personnage d'Ibsen : mort à laquelle il s'était préparé et qu'il n'a reçue que de lui-même ! Cela est beau de liberté ! Et aussi, cela juge la société dans laquelle nous vivons. Ne nous y trompons pas.

 

Il me faut, à présent, parler de lui, et sans doute pour la dernière fois. Son œuvre, depuis longtemps, s'était éloignée de moi, sauf ce qui m'apparaît être le plus authentique et qui, par conséquent, se dérobe à ses admirateurs traditionnels. J'ai rencontré l'homme, en 1963, alors que, jeune journaliste, je collaborais à une revue de théâtre. Il m'avait fixé rendez-vous, à onze heures trente précises, dans son appartement du quai Voltaire. Un photographe m'accompagnait. Je le revois m'ouvrant la porte. Il était plutôt petit, un peu lourd le visage dissimulé sous un masque d'impassibilité, de froideur même, qu'on lui a souvent reproché. J'étais assez intimidé par cette rencontre, car on m'avait brossé de lui le portrait d'un homme « impossible », c'est-à-dire indépendant. Il me fit entrer dans son fameux salon, au milieu d'un mobilier Empire, avec, sur une table, comme des poissons morts jetés là par la marée du soir, ces masques antiques dont la blancheur accablante ne pouvait qu'ajouter à ma timidité. Mais assez vite, une fois que lui et moi eûmes pris place, chacun dans son fauteuil, vis-à-vis l'un de l'autre, il se détendit. Plus le dialogue s'approfondissait, plus il se montrait jovial, humoristique, souriant. Comme dit l'autre, le masque avait craqué ! Ou plus exactement, Montherlant l'avait retiré.

 

Vers midi et quelques poussières, comme il me restait encore quelques questions à lui poser, il s'excusa en me demandant de lui laisser le questionnaire et qu'il y répondrait par écrit.

 

Quelques jours plus tard, je recevais le texte dactylographié de sa réponse. Tout ce qu'il m'avait demandé, avec une légère inquiétude (il ne me connaissait pas !), c'était de lui montrer l'interview, avant publication, pour qu'il pût y porter les corrections qui, peut-être, s'imposaient. Ce que je fis, bien entendu. Et j'appris, plus tard, par l'amie qui m'avait recommandé à lui, qu'il s'était félicité de me connaître. Par la suite, tous les ans, sur mon initiative, et jusqu'à ce que j'eus renoncé à ce jeu puéril, nous avions échangé nos vœux de bonne année. Plus tard encore, il devait me faire parvenir son témoignage sur tel écrivain, pour une revue littéraire à laquelle je collaborais alors. Ce qui m'avait frappé chez lui : sa fidélité envers ceux qu'il connaissait et que lui-même, au fond, appréciait. Plus le temps s'avançait, plus son écriture devenait tremblée. Le dernier texte que je reçus de lui, il y a deux ou trois ans, était presque illisible (l'affaiblissement de sa vue faisait vaciller les mots sous sa plume).

 

Et l'œuvre ? Si je me voulais « méchant », je pourrais lui appliquer ce que Montherlant lui-même avait dit de son Malatesta (l'une des têtes de cet aigle avec le Maître de Santiago) : « Malatesta meurt quand il prend conscience que l'idée exaltante qu'il se faisait de soi ne sera pas partagée par la postérité » [p. 66 in Tragédie sans masque]. Disons plus justement que Montherlant s'est égaré au théâtre. Il a obtenu là les faveurs d'un public que lui-même méprisait. Très vite son théâtre est apparu chargé de rhétorique. C'est en vain que l'on y pourrait chercher ce qu'il y avait en lui qui fût sensibilité, authenticité, vérité nue. Même la ville dont le prince est un enfant, dont j'avais nourri mes seize ans, peu à peu, s'est décomposée sous mon regard stupéfait. Il aura fallu que j'assiste à la création de la pièce, dans une version corrigée, au théâtre Michel, pour que j'y retrouve quelque chose d'émouvant. Mais il est une tragédie singulière, sans doute ratée (trop de bavardage ; mais quel ratage !), qui me plaît assez. Je veux parler de La Guerre Civile, qui fut montée en 1965 au théâtre de l'Œuvre, avec, entre autres interprètes, Pierre Fresnay, Caton remarquable de sobriété. Là, Montherlant met les pieds dans un certain plat. Il règle ses comptes avec César. Il révèle soudain à un public horrifié la face cachée, fort peu belle, de ces mêmes Romains qu'il appréciait tant : critique d'une société fondée sur l'argent, l'ambition du pouvoir, comme le dit sa Muse, la Guerre Civile, soi-même !

 

Le Montherlant qui a le plus marqué une partie de ma jeunesse a été surtout celui qui a su parler de l'Islam, comme peu de Français en sont capables. Alors que je découvrais à vingt ans la réalité de la guerre d'Algérie, je lisais l' « histoire d'amour de la Rose des Sables » (roman anticolonialiste par excellence), abrégé de cet énorme pavé que Gallimard publierait quelques années après. Je lisais aussi Service inutile, ensemble d'articles et d'études de circonstance, écrits dans l'entre-deux-guerres, et où l'Algérie – l'Espagne aussi – jouaient un rôle majeur. Ce texte, par exemple : il date de 1932, année où une révolte avait été matée, par le feu, dans le sud-marocain. Dans une lettre au général Giraud, Montherlant proposait d'élever une statue à la gloire des vaincus, et envoyait à l'armée une somme à cet effet. Il y avait aussi ce fichier parisien, publié dans les années 50, chez un éditeur aujourd'hui disparu. Je trouvais là des pages à la fois lucides et tendres, graves et drôles, le tout mêlé. Le chapitre consacré au cimetière de Pantin est, sans aucun doute, l'un des textes les plus bouleversants que, j'aie pu lire de cet écorché vif. Au cours de sa promenade, à travers les tombes, l'auteur un instant s'arrête devant l'une d'entre elles : celle d'un petit garçon de dix ans mort accidentellement. « Ce n'est pas la tombe en soi ni même la photo du garçonnet sur la tombe, c'est son rire sur cette photo, son rire radieux, éblouissant, qui met pour moi dans ce vaste champ funèbre la seul note déchirante. Il n'est pas vrai que les morts jeunes soient bénis des dieux. Tout au contraire, la mort la plus déchirante est celle de l'être qui avait le plus à attendre, et qui le savait. » Dira-t-on que je m'attendris moi-même naïvement.

 

Il y a aussi les carnets, soit trois volumes en tout. J'y ai retrouvé les mêmes marques de sensibilité, l'expression également d'une lucide désinvolture, d'un certain refus de prendre l'apparence hypocrite de ce monde, êtres et choses compris, pour réalité, le faux pour le vrai, le « fabriqué » (ou préfabriqué) pour de l'authentique. Si Montherlant, d'ailleurs, ne s'est jamais engagé au service de quelque cause que ce fût, pas même dans l'homosexualité, en dépit de la sympathie qu'elle lui inspirait, ce n'est ni par lâcheté ni par indifférence. Simplement, tout cet univers où nous survivons, non sans difficultés, lui paraissait falsifié dans ses manifestations. C'était, à ses yeux, l'image de l'escroquerie morale, sociale, religieuse ou politique, et s'il vivait encore, il dirait aussi : sexuelle, jusque dans certaines formes de libération. Certes, s'il méprisait ce monde, c'est qu'il songeait aux adultes. Seule, la jeunesse — et plus particulièrement la jeune adolescence échappait à sa critique : l'enfance avec son rire – qui (est-ce de lui ?) – est comme une source de fraîcheur, les, jeunes corps que le christianisme des Églises a, pendant des siècles, outragés et condamnés, au nom d'une éthique, elle-même, falsifiée. Oh ! fontaines du désir que Montherlant, jeune homme, se plaisait à chanter ; moments d'oublis et d'abandon que ces autres « nous-mêmes » nous donnent ! Minutes qu'on souhaiterait éterniser et qui soutenaient l'écrivain sur les mers du néant !

 

Il ne me paraît pas juste ni exact d'avancer, comme, l'ont fait certains journalistes, que Montherlant méprisait la vie : qu'il n'admettait pas, c'était une existence mensongère, niée et reniée, prisonnière du carcan des dogmes et des idéologies, névrotique par souci d'adaptation aux conventions sociales, aux préjugés (qu'on se souvienne de l'admirable roman, Un assassin et mon maître, livre dans lequel il aborde pour la première fois un cas de décomposition de la personnalité, à la lumière de la psychanalyse).

 

Comme il savait dire la grâce, la vitalité, l'éblouissant sourire des adolescents ! Comme son éloge du Désir, de l'Éros éternel (et pédérastique), sonne vrai ! La tentation du désespoir, le goût prononcé de l'écrivain pour tout ce qui se décompose, (ou plutôt sa hantise) ne prend son véritable sens que, par comparaison, avec ce qui s'élance joyeusement « par-delà les tombeaux » (expression de Goethe après la mort de son fils), c'est-à-dire : L'Eros éternel, qui d'abord se veut orphique, (ou « narcissiste », homosexuel toujours).

 

J'ai parlé de la ville, mais il faudrait évoquer, à présent, les garçons, long roman, peut-être raté lui aussi, peu goûté, lors de sa publication, par les Arcadiens. Mais il y a là des pages merveilleuses de pureté et de sensualité. Une exaltation des « Amitiés particulières », à la fois tendres et violemment charnelles. Amitiés qui refusent de se dire amours surtout pour Alban-Sevrais. Je ne résiste pas au désir d'évoquer, entre mille autres, ce passage au cours duquel Alban et Souplier, son ami, s'introduisent dans une « grotte dérobée » du jardin d'acclimatation. Voici la citation : « Là, on pourra s'embrasser, dit-il... » dans la grotte, Alban : « enlève ton pardessus, que, je sente un peu ton corps quand je t'embrasse. Serge accrocha son pardessus, à un saillant de la rocaille. Puis, les pieds en équilibre sur des pierres qui cernaient un petit ruisseau, parmi le murmure de l'eau qui coule ou qui s'égoutte, ils unirent leurs bouches profondément, – et la bouche de Serge était profonde, diverse et humide, comme cette grotte. Ensuite, Alban lui fit retirer son béret pour sentir l'odeur de ses cheveux. Il humait avec lenteur, avec une intensité lente, comme on se remplit à l'aurore de l'odeur de la prairie » (p. 144).

 

Eh oui ! c'était cela aussi, Montherlant : d'abord, cela, surtout cela. Et lors de la fameuse scène de la resserre, assez puérile, dans la pièce, ces quelques lignes belles et si émouvantes dans le roman ! L'aîné a déjà pressenti la prochaine rupture entre eux : « il s'agenouilla auprès de Serge. Il défit posément son cache-nez et enfouit la face dans son cou chaud il prit son visage son bras replié et le baisa sur les paupières. Tout cela, avec lenteur et abandon total à sa destinée. »

 

Voilà ce qui manque à la Ville, ce que la pièce dissimule : cette très pure sensualité, vers laquelle sans cesse il revient, cet amour des chairs adolescentes qui se déploie dans le roman, ces corps qui se déplient l'un dans l'autre, cette tendresse dans leur commun rapport charnel. Oui, en effet, et même si l'œuvre entière de Montherlant n'en est pas une, il est des clairières dans cette œuvre : des clairières qui s'ouvrent, un peu au hasard, sur un autre univers, d'autant plus réel que celui-ci est tissé, dans la toile de nos songes, de nos désirs refoulés, de nos fantasmes dionysiaques.

 

Dans l'œuvre de Gide, très souvent, l'élément pédérastique me gêne presque à la lecture (à deux ou trois exceptions près), je ne le cache pas. Chez Montherlant, ce même élément me touche profondément, du moins dès que l'écrivain, s'oubliant, s'y abandonne, comme c'est le cas dans les garçons. Cela tient, au fait, pour moi, qu'on n'éprouve pas chez Gide d'amour réel pour les jeunes corps ; mais bien plutôt on y découvre l'expression d'une certaine hantise pour ne point dire obsession : celle de manquer de proies, crainte de ne pouvoir satisfaire une habitude de collège. Soyons encore plus clair : la pédérastie gidienne est ce que Freud appelle formation réactionnelle et que Jean Delay montre bien dans la jeunesse d'André Gide (Ed. Gallimard), ce qui serait dû à son éducation familiale. En d'autres termes, Gide est l'homme qui ne peut éprouver de sentiment qu'à l'égard d'une femme-mère, par lui idéalisée, celle qu'il n'a pas eue (on sait qui était cette puritaine : la mère de Gide. Puritaine et autoritaire, vraie mère « phallique » — en termes de psychanalyse). Quant à son goût pour les garçons très jeunes – et leur sexe –, il ne représentait qu'un moyen de satisfaction charnelle, sans réel engagement de sa part dans l'homosexualité, fût-ce sous une forme pédérastique. Bien entendu, tout cela n'enlève rien au courage de l'auteur de Corydon, surtout vers 1920 !

 

Chez Montherlant, ce qu'il y a de plus physique dans l'amour des jeunes garçons éveille et révèle ce qu'il y a de plus affectif. Il n'y a pas de coupure (ni de discontinuité) entre « courant de tendresse » et « courant de sensualité » (Freud). Et pour lui, cela va tellement de soi que l'écrivain ne pouvait privilégier, dans ses écrits, cette forme d'amour. Ce qui eût été établir une discrimination (positive ou négative) entre pédérastie et hétérosexualité. C'est pourquoi il a toujours préféré à cela dénoncer les institutions sociales, la « morale sexuelle civilisée » – la nôtre selon le mot de Freud encore) –, la dangereuse bêtise à front de taureau de l'opinion dite publique. Dans un de ses carnets, rédigé en 1931, il écrit des lignes qui annoncent les différentes contestations d'aujourd'hui : « l'effort de l'homme, l'objet où il met son point d'honneur, c'est d'agir à l'enfant naturellement (c'est moi qui souligne) méprise ses parents et se désintéresse d'eux : on lui impose de les respecter, de les aimer, de les nourrir, de se sacrifier pour eux s'il faut, un demi-siècle durant. L'adolescent, dès l'âge de douze ans, ressent l'appel du plaisir : on ne lui permet aucun moyen d'y répondre, avant mettons dix-huit ans (...). L'homosexualité est la nature même (souligné aussi par moi) : on la fait passer pour vice ou maladie ; elle mène à la prison (2), au bûcher (...). Quoi d'étonnant dans ces conditions si l'humanité ne cesse de souffrir ? » Et plus loin : « pas un seul jour de sa vie, on aura vécu autrement que gouverné par des idées d'imbéciles et des mœurs de sauvages, enfreintes ou seulement dénoncées non sans risques. (...) On essaie d'en sourire ; on fait le philosophe. On en reste accablé. » (Carnets des années 1930 à 1944 - Gallimard 1957) Et encore : « quant à l'action du minoritaire sexuel, elle n'est jamais, elle, un cas de déficience nerveuse (...). On parle (...) de "guérir" les homosexuels. Il faudrait plutôt guérir le cerveau de ceux qui croient qu'il y a lieu de guérir les homosexuels. » Et c'est dans ce même texte – deux pages et neuf lignes – que l'écrivain associe l'idée du suicide aux « actes des minoritaires sexuels », en ce que l'un et les autres représentent un « faux délit », le tout dans une double positivité recouvrée. Pour lui, seuls, les pays d'une haute culture ont pu faire l'éloge de la mort que l'on se donne à soi-même, illustration de la plus indéniable liberté de l'homme (civilisation romaine, entre autres, mais évidemment point notre petit occident chrétien embourgeoisé). Et c'est dans ces mêmes pays de haute culture que l'élément homosexuel, sous sa forme pédérastique, a participé aux plus hautes valeurs éthiques : courage, force, sens de l'amitié, pédagogie, etc.

 

La mort de Montherlant prend donc ici le sens d'une approbation de l'existence elle-même, dans la mesure où l'écrivain s'est refusé à subir une vieillesse qui lui paraissait outrager la vie. Il s'est tué simplement, avec une lucidité qui, brusquement, lui confère un cachet d'authenticité indéniable. Et que ceux-là songent à leur propre vie, dépassé un certain âge, s'ils voulaient lui jeter la première pierre (je ne parle pas ici, en particulier, des homosexuels âgés, mais aussi des autres – hétérosexuels – qui nous contraignent à les supporter, eux, leur mauvaise haleine et leurs discours trop souvent fétides).

 

Il m'est agréable, en outre, de voir que ce même Montherlant, qui s'était amusé souvent à parodier un certain style « élevé », d'origine chrétienne (pour mieux se gausser de cette religion), a terminé sa vie en commettant l'un des plus graves péchés que les prêtres peuvent reprocher aux hommes : le suicide. Il est vrai que, pour Montherlant, le christianisme se limitait à cette odeur de cheveux adolescents, qui se confond avec celle des sacrements ! J'aimerais penser qu'en se tuant, ce tragédien démasqué ait songé à rire du scandale que son suicide pourrait provoquer, dans tout cet univers bourgeois – clérical ou pas. Sans doute, n'a-t-il pas scandalisé : il a légèrement effrayé. Car, s'il a quitté ce monde, n'est-ce pas que celui-ci n'a plus rien à proposer, et qu'il est déjà mort ?

 

Il y aurait, sans aucun doute, beaucoup à dire encore et sur l'homme et sur l'écrivain. Il faudrait rappeler tout ce que Montherlant, comme nombre de romanciers de sa génération, lui doit à Nietzsche) : la passion exaltante du oui à la vie et du non, dans un même mouvement, sans fin ; et ce, quand bien même l'auteur de « La petite infante de Castille » a simplifié l'enseignement du grand philosophe. Ce qu'il doit, en particulier, c'est aussi le pressentiment que l'homme, sujet du discours, est « mortel » : et que ses activités « trop humaines » ressemblent à ces châteaux de sable détruits à peine édifiés, par l'éternel reflux des marées. Aujourd'hui, nous savons que le visage de l'homme, lui aussi, commence à disparaître, comme une figure tracée dans le sable. Que tout est, au fond, inutile, mais qu'il est beau qu'il en soit ainsi.

 

La « mort de Dieu » et celle de « l'Homme » (majuscule) dont témoigne l'œuvre de Montherlant, comment ne pas les accueillir avec des cris de joie ? Enfin, nous voilà libres (l'aller au-delà de Dieu et de « l'humain, trop humain », en quête d'autres terres, sans préjugés, par-delà tout ce qui nous a été enseigné, vertigineusement libres.

 

N.D.R.L. : Le texte a été écrit il y a plusieurs mois, remis à Arcadie en juillet 1972. Le hasard fait que nous le publions seulement après la mort de H. de Montherlant.

 

(1) Arcadie n°225, septembre 1972

(2) Je lis ceci dans Le Monde du 27-09-72, p. 14 : Suicide à la prison de Fresnes : « Un détenu s'est suicidé à la prison de Fresnes, lundi matin 25 septembre, au quartier disciplinaire en se pendant à l'aide du fil électrique de sa cellule. M. Gérard Granmontagné, né en 1941, était prévenu d'infraction à la législation sur les stupéfiants et incarcéré depuis le mois d'août dernier. Le matin de son suicide, il avait été condamné à une peine de huit jours de "mitard" pour homosexualité. » (Sans commentaire)

 

Arcadie n°228, André Clair (Pierre Hahn), décembre 1972

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