La Storia du cinéma est la version abrégée
d'une vaste fresque tournée pour la télévision italienne.
Les héros en sont Ida [Claudia Cardinale], institutrice d'origine juive, veuve et mère de Nino [Antonio Degli Schiavi] qui se lance avec autant de passion dans le fascisme, puis dans la Résistance, puis dans la contrebande ; et Useppe, l'enfant qu'elle a mis au monde à la suite du viol que lui a fait subir un jeune soldat allemand beaucoup plus en mal d'amour et de tendresse qu'enclin à une réelle violence.
Useppe [Andrea Spada] est l'enfant qui n'aurait pas dû naître, il est un défi d'innocence et d'amour dans un monde où triomphent la cruauté et la haine. Un monde qu'on voit d'abord avec le cœur d'Ida, mère angoissée et apeurée mais capable de dominer angoisse et peur quand il s'agit d'étendre son aile protectrice sur son rejeton.
Un monde qu'on observe ensuite par les yeux du petit garçon, lorsqu'il a atteint les cinq, six ans (fin de la Deuxième Guerre mondiale et immédiate après-guerre), et qu'il découvre le décor de la vie, sa solitude, son besoin d'une présence paternelle et virile.
La Storia, drame dédié aux
humbles et persécutés d'hier et d'aujourd'hui, est aussi le film du père absent, inexistant et recherché désespérément.
Useppe s'investit ainsi totalement dans son admiration pour Nino, le grand demi-frère si beau, qui tombe les filles et fait de la moto, si sûr de lui et si rarement présent.
Quand Nino ne revient plus, Useppe attend de Carlo [Lambert Wilson], la même affection. Mais l'anarchiste déchu sombrant dans l'alcool et la dépression est une déception de plus, comme le petit adolescent homo des bords du Tibre en qui l'enfant espérait trouver un ami.
Un film admirable de justesse, de pudeur et de force intérieure venue du fond des personnages. Un film d'une beauté poignante et intensément douloureuse. Comencini sait communiquer les émotions les plus subtiles, les plus fortes, les plus secrètes et les plus vraies.
L'arrivée du très séduisant
malade Michael Wilson, peu atteint, envenime tout le service qui passe de la tranquillité à la fièvre. Alors que l'infirmière tombe amoureuse du nouveau venu, un ancien malade, jaloux (?), fait
tout pour mettre fin à cette relation. Sa meilleure arme ?
Bruno s'évade dans la contemplation
d'un petit oiseau en cage et dans l'intérêt que lui porte une jeune prof. Avec elle, il s'initie à la poésie, au dessin, à la danse : mais quelle déception quand le proviseur vient interdire
ces cours particuliers parce que des mauvaises langues – celle de Jean Roger notamment – laissent insinuer qu'il y aurait un peu trop d'affectif dans cette relation.
«
Les pédés radicaux
américains hurlèrent devant ce qu'ils considérèrent comme un ramassis de mièvreries. Et il est certain que le film manque de force et se permet des afféteries limitatives, ainsi l'image finale
des deux amants courant au ralenti sur une plage au coucher de soleil. Il est vrai aussi qu'il éliminait le côté social pour revenir sur un terrain psychologique qui faisait un peu trop
abstraction de la répression de l'homosexualité.
● Deux mecs cuirs qui s'embrassent
dans un bar anonyme.
Son humiliation est double, elle
aussi : Edmund se perçoit un peu, en l'absence de son père, comme le gardien de sa mère, et l'adultère rejaillit sur lui à travers l'honneur de son père bafoué ; mais au-delà, il ressent
l'humiliation d'avoir été joué parce qu'il ne connaissait pas les règles du jeu du monde des adultes.
Aucun indice en tout cas d'un quelconque attrait pour
les femmes. On ne perçoit qu'une envie secrète de renouer, avec Dario, d'anciens liens d'amitié – mais qui ne peuvent jamais être vraiment interprétés à travers un désir sensuel. On peut encore
percevoir un sentiment de tendresse pour son élève, avec lequel il reste cependant très réservé, même lorsque ce dernier semble le provoquer en l'invitant à la rejoindre sur une plage où il n'y a
jamais personne.




