CITATIONS

La plus belle fois qu'un homme a dit je t'aime à un autre homme, c'était au XIIIe siècle. Quelque part en Anatolie...


« Tout sacrifiant à cet amour, vois ce que l'amour a fait de moi. Tout donnant à cette querelle, vois ce que la querelle m'a donné.


Je pleure et brûle, couleur de feu, couleur de sang, ni fou ni sage : vois ce que l'amour a fait de moi.


Mejnoun, insensé, pour sa Leïla, je marche et chemine, en rêvant, vers l'Ami. Hélas, éveillé : vois ce que l'amour fait de moi.


L'amour m'a si fort enivré, non seulement l'esprit mais mon coeur et mon corps aliénés, qu'il semble avoir, quasi, voulu m'assassiner. Vois ce que l'amour fait de moi.


Soufflant comme les vents, nuage de poussière, je suis torrent qui dévale. Vois ce que l'amour fait de moi.


Je suis l'eau murmurante des sources – mon coeur marqué de feu – et pleure par amour de l'Ami. Vois ce que l'amour fait de moi.


Le teint jaune, mes yeux humides, poitrine déchirée, poumon navré, ô frère qui m'as connu, vois ce que l'amour a fait de moi.


Humble Yunus, infortuné, tu es blessure. Mon coeur et mon être égarés par la pensée de l'Ami. Vois ce que l'amour fait de moi. »


Yunus Emré


in Le Divan, par Yunus Emré, traduit du turc et préfacé par Yves Régnier, Editions Gallimard, Collection Métamorphoses, 1963, ISBN : 2070222160


A l'émission littéraire Apostrophes du 20 mai 1983, je reconnais avoir attendu le mot que jamais Julien Green n’avait jusque-là écrit : le prononcerait-il ?


Bernard Pivot et Julien Green tournèrent longtemps autour du pot, parlant des problèmes, du genre de personne que j'étais et de la souillure dans toute son horreur.


Et puis vint la question précise de Bernard Pivot :


Pourquoi ne trouve-t-on jamais ce mot, homosex...


Bernard Pivot bute. C'est un mot que je n'arrive pas à prononcer, ajoute-t-il.


Et moi je n'arrive pas à l’écrire, rétorque Green.


Point à la ligne.



De Julien Green : L'autre sommeil - Histoires de vertige - Moïra - Epaves - Frère François - L'expatrié (journal : 1984-1990) - L’arc-en-ciel : journal 1981-1984 - Villes - Journal de voyage 1920-1984


« Ce sont ces idées toutes philanthropiques qui m'animent en ce moment et m'encouragent à vous conseiller un nouvel impôt, une source nouvelle de revenus pour l'État, source abondante et féconde pour votre caisse, mais qui le sera bien plus encore pour la régénération de la France, en montrant du doigt, en corrigeant, peut-être, un des plus grands vices de notre époque, entre tous les vices, le plus égoïste et le plus anti-patriotique. Je viens vous conseiller, Monsieur le Ministre, d'imposer une taxe aux célibataires. […]


Mais le célibataire n'est pas seulement un être stérile, il est encore un mauvais exemple, bien plus, un agent de corruption. Non content de ne plus remplir son devoir, il cherche souvent des complices, et il tend toujours à pervertir et à corrompre autour de lui ; il est, dans la société, une cause incessante de désordres, de malheurs et de dépravation. Autant la famille consolide l'édifice social, autant le célibat est un agent actif de destruction. »


Docteur Tardieu

Lettre à Monsieur le ministre des Finances, août 1871


« Si la démographie révélait que le tiers au moins du territoire français est occupé par une population tellement misérable que chaque âge est frappé par une mortalité une fois et demie à deux fois plus forte que le reste du territoire ; que ses naissances ne réparent que les 45 centièmes de ses pertes annuelles ; si elle nous apprenait de plus que cette partie de la population française, comparée à l'autre, compte annuellement deux fois plus de cas d'aliénation, deux fois plus de suicides, deux fois plus d'attentats contre les propriétés, deux fois plus de meurtres ou de violences contre les personnes ; que, par suite, l'administration doit pour elle entretenir deux fois plus de tribunaux, deux fois plus de prisons, deux fois plus d'asiles et d'hôpitaux, deux fois plus de croque-morts ; certes ce serait un grand émoi.


D'un avis unanime, on demanderait à la science, à la loi, à l'instruction, à l'éducation, à l'impôt, à la faveur du souverain, aux mœurs, de s'employer pour diminuer un si humiliant et si onéreux supplément de mortalité et d'ignominie.


Eh bien, nous avons prouvé que ce peuple misérable existe sur notre sol : seulement, au lieu d'occuper un territoire à part, les deux peuples sont mêlés intimement sur toute la surface ; et, ostensiblement, une seule chose les distingue : l'un vit sous le régime du mariage, l'autre sous celui du célibat. »


in Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales

article « Mariage », tome 5, 1872


« La difficulté à penser le garçon comme objet de plaisir se traduit aussi par une série de réticences fort marquées. Réticence à évoquer directement et en termes propres le rôle du garçon dans la relation sexuelle : tantôt on utilisera des expressions tout à fait générales, comme faire la chose (diaprattesthai to pragmaχ [1]), tantôt on la désigne à travers l'impossibilité même de la nommer [2], tantôt encore – et c'est là ce qui est le plus significatif du problème posé par cette relation – en ayant recours à des termes qui relèvent des métaphores « agonistiques » ou politiques – «céder», «se soumettre» (huperetein), «se mettre au service» (therapeein, hupourgein) [3].


Mais réticence également à convenir que le garçon peut éprouver du plaisir. Cette «dénégation» est à prendre à la fois comme l'affirmation qu'un tel plaisir ne saurait exister et la prescription qu'il ne doit pas être éprouvé. Ayant à expliquer pourquoi si souvent l'amour tourne en haine lorsqu'il passe par des relations physiques, Socrate, dans le Banquet de Xénophon, évoque le désagrément qu'il peut y avoir pour un jeune homme à avoir rapport (homilein) avec un homme vieillissant. Mais il ajoute aussitôt comme principe général : "Un garçon d'ailleurs ne participe pas comme une femme aux voluptés amoureuses d'un homme, mais il reste le spectateur à jeun de son ardeur sexuelle. [4]" Entre l'homme et le garçon, il n'y a pas – il ne peut pas et il ne doit pas y avoir – communauté de plaisir. L'auteur des Problèmes n'en admettra la possibilité chez quelques individus qu'au prix d'une irrégularité anatomique. Et personne n'est plus sévèrement condamné que les garçons qui montrent par leur facilité à céder, par la multiplicité de leurs liaisons, ou encore par leur tenue, leur maquillage, leurs ornements ou leurs parfums qu'ils peuvent trouver du plaisir à jouer ce rôle.


Ce qui ne veut pas dire pour autant que le garçon, lorsqu'il lui arrive de céder, doive le faire en quelque sorte en toute froideur. Il ne doit au contraire céder que s'il éprouve à l'égard de son amant des sentiments d'admiration, ou de reconnaissance et d'attachement, qui lui font souhaiter lui faire plaisir. Le verbe charizesthai est couramment employé pour désigner le fait que le garçon «accepte» et «accorde ses faveurs» [5]. Le mot indique bien qu'il y a de l'aimé à l'amant autre chose qu'une simple «reddition» ; le jeune homme «accorde ses faveurs», par un mouvement qui consent à un désir et à la demande de l'autre, mais qui n'est pas de même nature. C'est une réponse ; ce n'est pas le partage d'une sensation. Le garçon n'a pas à être titulaire d'un plaisir physique ; il n'a même pas exactement à prendre plaisir au plaisir de l'homme ; il a, s'il cède quand il faut, c'est-à-dire sans trop de précipitation, ni trop de mauvaise grâce, à ressentir un contentement à donner du plaisir à l'autre.


Le rapport sexuel avec le garçon demande donc, de la part de chacun des deux partenaires, des conduites particulières. Conséquence du fait que le garçon ne peut s'identifier au rôle qu'il a à jouer, il devra refuser, résister, fuir, se dérober [6] ; il faudra aussi qu'il mette au consentement, si en fin de compte il l'accorde, des conditions concernant celui à qui il cède (sa valeur, son statut, sa vertu) et,le bénéfice qu'il peut en attendre (bénéfice plutôt honteux s'il ne s'agit que d'argent, mais honorable s'il s'agit de l'apprentissage du métier d'homme, des appuis sociaux pour l'avenir, ou d'une amitié durable). Et justement, ce sont des bienfaits de ce genre que l'amant doit pouvoir fournir, en plus des cadeaux plus statutaires qu'il convient de faire (et dont l'importance et la valeur varient avec la condition des partenaires). De sorte que l'acte sexuel, dans la relation entre un homme et un garçon, doit être pris dans un jeu de refus, d'esquives et de fuite qui tend à le reporter aussi loin que possible, mais aussi dans un processus d'échanges qui fixe quand et à quelles conditions il est convenable qu'il se produise.


En somme, le garçon a à donner par complaisance, et donc pour autre chose que son propre plaisir, quelque chose que son partenaire cherche pour le plaisir qu'il va y prendre : mais celui-ci ne peut le demander légitimement sans la contrepartie de cadeaux, de bienfaits, de promesses et d'engagements qui sont d'un tout autre ordre que le « don » qui lui est fait. De là cette tendance si manifestement marquée dans la réflexion grecque sur l'amour des garçons : comment intégrer ce rapport dans un ensemble plus vaste et lui permettre de se transformer en un autre type de relation : une relation stable, où la relation physique n'aura plus d'importance et où les deux partenaires pourront partager les mêmes sentiments et les mêmes biens ? L'amour des garçons ne peut être moralement honorable que s'il comporte (grâce aux bienfaits raisonnables de l'amant, grâce à la complaisance réservée de l'aimé) les éléments qui constitwnt les fondements d'une transformation de cet amour en un lien définitif et socialement précieux, celui de philia. »


Extrait de : Histoire de la sexualité, Tome 2 : L'usage des plaisirs, Michel Foucault


1. ou diaprattesthai, cf. Phèdre, 256 c

2. Xénophon, Banquet, IV, 15

3. Xénophon, Hiéron, I et VII ; ou Platon, Banquet, 184 c-d. Voir K.J. Dover, Homosexualité grecque, p.62

4. Xénophon, Banquet, VIII, 21

5. Platon, Banquet, 184 c

6. Ibid., 184 a


Dans Tonio Kröger de Thomas Mann comme dans Le sémaphore de Jacques Almira (1), il y a l'idée que le créateur en général, ne peut vivre qu'à travers les autres et non par lui-même.


Dans le roman de Jacques Almira, monsieur Kempf est complètement bloqué depuis son enfance. Il ne peut pas affronter les autres. Son comportement n'est absolument pas normal. Il a une sorte d'incapacité de vivre normalement et ça le pousse peu à peu à une retraite absolue, il ne peut exister que dans la solitude.


Pour lui, au fond, les autres ne sont que des personnages de romans ; il les utilise, décrit leurs passions, leurs amours, puis considère ensuite qu'ils peuvent mourir. C'est ce qu'il dit à la fin à la jeune fille :

« Vous m'avez fait rêver, écrire, mais vous pouvez mourir maintenant, je n'ai plus besoin de vous. »

... et il la tue !



(1) Le sémaphore, Jacques Almira, Editions Gallimard, 1988, ISBN : 2070713040


Télérama commente en ces termes le « Ludwig » de Visconti, qui est diffusé en plusieurs épisodes, à la télévision, pour les fêtes de fin d'année : « (Louis II) C'est aussi l'esthète que l'ivresse des sens conduit à l'abîme, l'artiste platonique foudroyé par la tentation homosexuelle comme le sera le musicien de Mort à Venise. »


« Luchino Visconti a toujours été le cinéaste de la passion interdite (…) Bientôt ses films ne seront plus hantés que par ses démons intérieurs. »


« C'est donc cette homosexualité longtemps refoulée, ici étalée dans toute sa malédiction, qui rend pathétique ce portrait de Louis II de Bavière en qui nous reconnaissons sans peine l'auteur du film. Ce n'est pas la richesse décorative, le cérémonial majestueux des opéras de Wagner que transcende Visconti, mais cette quête effrénée de la nuit, refuge des rêves interdits et des amours illicites, et de l'eau, miroir glauque d'où surgit le désir (apparition du page se baignant nu) et où l'entraîne la mort (noyade dans le lac de Berg). « Ludwig » est une symphonie funèbre où le roi maudit met lui-même en scène sa déchéance avec une maniaquerie maladive. »


Inutile de souligner, j'imagine, les passages et les mots les plus caractéristiques de ce texte d'un obscur J.-L. D.. C'est encore dans ce style apocalyptique que s'expriment aujourd'hui, lorsqu'ils ont l'occasion de parler de l'homosexualité, la plupart des journalistes français. Voilà ce qui se lit, semaine après semaine, autour de nous. C'est dans ces « miroirs glauques » que nous nous reflétons quotidiennement. Comment s'étonner dès lors que l'homosexualité paraisse encore « maudite » à tellement de gens, et que presque personne ne semble s'aviser que la « malédiction » de Louis II ce n'était pas son homosexualité, mais la répression dont elle faisait partout l'objet en son temps, et d'abord en lui-même : ses « démons intérieurs », c'était d'abord la morale chrétienne, qui le menaçait sans cesse, pour rien, de ses fourches et de son enfer, comme en témoigne le journal qu'il tenait régulièrement, mais qui ne lui reprochait guère apparemment, de se soucier si peu de ses sujets et des devoirs de son état. On ne peut d'ailleurs pas dire que Visconti lui-même ait eu vraiment à coeur, ici non plus qu'ailleurs, de lever ces ambiguïtés, si complaisantes aux images les plus éculées et sulfureuses de l'amour des hommes.


Renaud Camus


■ in Chroniques Achriennes, Editions P.O.L., 1984, ISBN : 2867440173, pp.229-230


Ecrit entre les années 1923 et 1927, l'ouvrage, La Défense de l'infini (1), a été seulement édité en 1986. Plus exactement, ce qu'il en restait puisqu'Aragon brûla une grande partie de son manuscrit.


Il est donc difficile de juger, à travers les débris d'un texte, ce que pouvait être l'œuvre dans son intégralité. Difficile de dire aussi si l'érotisme en était son propos.


L'éditeur a réservé la fin du volume à la publication des aventures inachevées d'un personnage fantastique, Jean-Foutre La Bite.


Ce récit qui puise ses sources d'inspiration dans Les Onze Mille Verges de Guillaume Apollinaire traduit un délire orgiaque : dans un univers putride cohabitent et copulent en chœur la comtesse de la Motte, M. Pisse, l'abbé, Jean-Foutre, l'inspecteur, Burette, etc.


Extrait de Les Aventures de Jean-Foutre La Bite :


« Mais bien sûr si ce n'est par enchantement veuillez m'expliquer comment il se pourrait faire que tout le monde ait trouvé naturel, absolument pas remarquable, de voir une énorme bite, atteignant en hauteur la taille d'un homme moyen, je veux dire avec ses autres membres, marchant je ne sais comment, une sorte de foulard au-dessous du gland, et les couilles drapées dans un plaid écossais de teintes sombres, rapiécé en plus d'un endroit ? Or personne ne regardait cette apparition singulière dans l'ascenseur, ni sur le quai du métro Cité où elle se dandinait avec une suffisance, une assurance inconcevable. Juste un coup d'oeil indifférent, au passage, un pardon-excuses si on l'avait heurtée. Evidemment il y avait de la magie là-dessous.


C'était une fort belle bite, non seulement par ses dimensions majestueuses, son maintien très viril et l'aisance de ses mouvements, mais également par un grand air de jeunesse et d'innocence qui lui valait certainement auprès des femmes un succès dont elle commençait à prendre conscience. Une expression rêveuse, le méat toujours légèrement ouvert, ajoutait encore à son charme juvénile. A l'instant où elle attend sous la pancarte des premières, la Bite peigne soigneusement par l'ouverture de son plaid les poils follets de ses couilles, deux couilles solides et rebondies qui ne déparent pas le membre qu'elles complètent. Il est fort heureux pour nous que la Bite se parle à voix basse, nous allons saisir ses pensées. »



(1) La Défense de l'infini, suivi de Les Aventures de Jean-Foutre La Bite, Aragon, Editions Gallimard, 1986, ISBN : 2070707938


Dans la postface à son roman Maurice qu'Edward Morgan Forster rédigea, on peut lire :


« Nous (1) ne nous étions pas rendu compte que ce que le public détestait réellement dans l'homosexualité, ce n'était pas la chose elle-même, mais le devoir d'y réfléchir. »


(1) Edward Morgan Forster et Edward Carpenter


Flaubert avait dressé une encyclopédie de la bêtise humaine. Olivier Smolders, moins cruel, a écrit un savoureux petit ouvrage « Cinéma parlant ou petit lexique à l'usage des amateurs » (1) : inventaire des idées reçues sur le cinéma, des formules-clichés qui font sourire, des lieux communs.



A sa lecture, on s'aperçoit que ces lieux communs ne débouchent pas forcément sur des idées saugrenues. Concernant le septième art, ce genre de lexique aux définitions péremptoires est au contraire chargé d'une vérité décapante.


Trois exemples :


« Ecoles de cinéma : elles servent surtout à former ceux qui devront enseigner dans les écoles de cinéma. »

« Talent : un cinéaste homosexuel, drogué, emprisonné, exilé ou malade mental a toujours du talent » : la formule vise, évidemment, le snobisme bien réel qui veut qu'on ait du talent parce qu'on appartient à une marginalité. »

« Homosexualité : citer Pasolini ; se dit de tout cinéma qui évoque des rapports entre hommes [pour les westerns, les films de guerre ou de scoutisme, parler d'amitié virile]. »



(1) Cinéma parlant, Olivier Smolders, Editions Le Daily-Bul, La Louvière, 1988




Homosexualité(s) et Littérature

sous la direction de Benoît Pivert


Le chasseur abstrait éditeur, cahier de la RAL,M n°10, mars 2009, ISBN : 9782355540448, 25 €



Vient de paraître

Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle

La discussion sur les homosexualités dans la revue du Dr Lacassagne
Les Archives d’anthropologie criminelle (1886-1914) : autour de Marc-André Raffalovich


Editions Orizons, 2008, collection “homosexualités”, ISBN : 978-2296038196



 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31


Photographie de Cédric Genty – 2004


Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur



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(Italo Calvino, Leçons américaines)

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André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)



« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
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« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert


Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.





C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

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