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Les anciennes odeurs, Michel Tremblay (Théâtre)

Publié le par Jean-Yves Alt

Luc et Jean-Marc ont été amants, sept ans. Ils se sont quittés, il y a trois ans. Luc revient chez Jean-Marc, c'est-à-dire dans la maison qu'ils ont habitée ensemble.

Dans cette pièce, Jean-Marc et Luc se disputent comme pour se débarrasser de cette rupture passée où les mots n’avaient eu aucune place.

Les odeurs prennent aussi une place importante comme celle de la madeleine de Proust.

« Les anciennes odeurs », ce n'est ni une pièce à thèse, ni une tranche de vie, de théâtre réaliste en miniature. C'est une pénétration dans le domaine privé de deux individus qu'il faut observer avec un maximum de tendresse. Ils parlent comme des gens de la rue, sans théâtralité.

Les anciennes odeurs, Michel Tremblay (Théâtre)

Les personnages restituent des émotions, revivent des moments passés. Ils restent en liaison directe avec leur enfance, ils régressent et le reconnaissent ; ce qui leur permet de vivre et d'avancer.

L'auteur, Michel Tremblay, aime promener ses personnages d'un roman à une pièce de théâtre. Ceux des « Anciennes odeurs » existaient déjà en filigrane dans Le cœur découvert.

Michel Tremblay perçoit à vif les rapports amoureux au masculin mais refuse toute caricature ou dénonciation. L'homosexualité est fortement présente dans le texte, sans jamais être obsessionnelle.

■ Les anciennes odeurs de Michel Tremblay, L'Avant scène Théâtre, 1989, 56 pages


Du même auteur : Le cœur découvert

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Scripts et sexualité, Catherine Ançant et Patrice Desmons

Publié le par Jean-Yves Alt

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'étude de la sexualité, ce livre est évidemment précieux car il montre qu'elle est le résultat d'une production sociale et historique, bien au-delà de la simple opposition nature/culture.

La question pour les deux auteurs est de « comment produire des savoirs sur la sexualité qui ne soient jamais surplombants et détachés des pratiques, et qui questionnent les savoirs dominants comme ceux de la sexologie, de la psychanalyse, de la sociologie, dans le domaine de la sexualité ». (p. 8)

Les exemples de scripts analysés dans cet essai sont très variés (les personnes « scripteurs » sont des étudiants, éducateurs, chômeurs, artistes, travailleurs du sexe, enseignants, etc.), et ont des orientations sexuelles différentes, hétéros, homos, bi, des genres variés : femmes, hommes, cis, trans. Ce groupe n'est pas représentatif de la population qui – il est fort probable – n'accepterait pas d'écrire ou de parler sur la sexualité tel que le couple de chercheurs l'envisage ici.

Comment dire l'indicible ? Comment dire ce que personne ne pourra comprendre voire croire ? Car il s'agit pour chacun des scripteurs :

1. de dépasser une résistance individuelle de l'ordre de l'impensé et/ou de l'insupportable.

2. d'approcher une part de soi inexpliquée : qu'est-ce que j'aime ? Qu'est-ce qui m'excite ? De quoi suis-je capable ? Ce qui implique pour chaque scripteur de dépasser sa barrière sociale (franchir ce qui est tabou, proscrit), de dépasser ce qui expose à une réprobation sociale, à une image de soi dévalorisée.

Ce qui est loin d'être facile.

Cette recherche s'appuie sur un travail antérieur du canadien John Gagnon : Les Scripts de la sexualité : essai sur les origines culturelles du désir (préface d'Alain Giami, éditions Payot, 2008).

Dès la fin des années 60, John Gagnon proposait « ne plus considérer la sexualité comme un phénomène naturel et universel, mais au contraire comme une activité qui s'inscri[rai]t dans un contexte socio-culturel variant suivant les époques et les cultures. Il développe l'idée que nos sexualités sont informées par des scripts qui leur préexistent : nos scénarios sexuels, loin d'être naturels, sont prescrits socialement et culturellement ». (p. 8)

La sexualité ne peut être une seule réponse à un impératif sexuel biologique ou comme si elle relevait d'un développement personnel qui s'exprimerait en tout temps et en tout lieu. « Ceci oblige […] à se défaire d'une conception largement répandue de la condition humaine définie comme un conflit inévitable entre les besoins individuels et les interdits culturels, un conflit qui est considéré comme caractéristique de la sphère sexuelle. Il faut affirmer au contraire que la vie sexuelle, comme la vie sociale en général, est une activité qui s'inscrit dans des circonstances sociales et culturelles et qui varie selon les époques et les cultures. » (p. 9)

De même « l'ensemble d'explications, de techniques et d'observations qui constituent le paradigme de la démarche scientifique sont elles-mêmes des phénomènes culturels et non un ensemble privilégié d'outils qui permettraient d'observer le monde objectivement. […] La recherche sur la sexualité invente donc des faits sociaux tout autant qu'elle contribue à les divulguer. » (p. 9)

Bref, les savoirs sur la sexualité sont tout autant prescriptifs et normatifs quand ils se présentent pourtant comme descriptifs et objectifs.

Les situations sexuelles qui apparaissent dans les « scripts » montrent que ce n'est pas le biologique qui préside à l'excitation mais les éléments d'un script possible ou non : l'excitation dépend de la situation. La notion de script sexuel est ainsi à la croisée de trois dimensions : la dimension sociale : les normes culturelles apprises ; la dimension interpersonnelle : comment par exemple deux acteurs (ou plus) s'organisent avec leurs normes mises en commun pour participer à cet acte complexe qu'est un acte sexuel ; enfin la dimension intrapsychique, propre à chaque individu et qui dépend de son histoire personnelle.

Telle est la base du travail des deux chercheurs, à la suite de John Gagnon, pour à la fois comprendre les sexualités, découvrir les scripts propres à chacun et en déduire des savoirs subjectifs.

Il reste que l'identité sexuelle d'une personne ne saurait être considérée comme immanente : elle est bien le produit d'un contexte et de modes de pensée singuliers, qui se mettent en place progressivement dans l'Histoire des hommes comme dans chaque histoire individuelle.

Les 17 scripts de l'essai répondent à la consigne d'écriture suivante : « Comment s’est construite ma sexualité ? Pas de mot d’ordre, chacun procède librement. » (p. 10)

Il semble que la grosse difficulté dans ce travail est d'accéder à une compréhension alors que certains discours peuvent se situer dans du non-pensé. Autrement dit, comment les chercheurs peuvent-ils lire une relation qui ne fait pas partie de leur propre répertoire ?

Ici est posée toute la question de la subjectivité, de la recherche et de l'élaboration de « savoirs subjectifs » (p. 10), dont se réclament les deux chercheurs.

Mais il ne faut pas oublier de signaler que chercheurs et scripteurs ne sont pas – dans ce travail – séparés : il n’y a pas les observateurs d'un côté et les observés de l'autre, puisque les deux chercheurs de cet essai sont aussi scripteurs de leur propre histoire. Ce qui est suffisamment rare pour ne pas le passer sous silence.

Le vécu n'appartient qu'à l'ordre d'une vérité intime. Il n'est pas mesurable. C'est pourtant sur ce vécu que s'appuient les deux chercheurs ; ils privilégient la vérité intime qui pourrait être parfois au détriment de l'exactitude des faits. Dans cette recherche, peu importe que la mémoire fasse défaut (elle le fait d'ailleurs toujours) ; la mémoire n'est que pure illusion. Mais comment le lecteur des scripts (chaque chercheur) va-t-il pouvoir prendre en compte les difficultés que le scripteur a éprouvées pour mettre en mots son vécu, ses actes, ses émotions ? Ce que le corps a vécu peut-il être transcrit avec des mots ? De nombreux scripteurs font référence à leur enfance : un adulte peut-il dire avec des mots ce qu'il a vécu à une époque où il n'avait pas encore ce langage dans sa tête ? Que lire alors dans ces scripts ? Ce que la conscience a réinterprété ? Quand on écrit, n'est-on pas amené à trouver une cohérence qui n'existait pas au moment des faits ? Le scripteur se conçoit-il comme un être avec une seule identité ou avec des identités fluctuantes ?

Scripts et sexualité, Catherine Ançant et Patrice Desmons

Ces questions discréditent-elles la recherche sur les « scripts de la sexualité » ? Je ne le pense pas. Le chercheur sait bien que la vérité factuelle est illusion.

Il reste que la difficulté du travail du chercheur est de montrer aux scripteurs les liens que ces derniers ont tissés entre présent et passé dans leur travail d'écriture. Les liens que chaque scripteur a avec sa propre histoire. Là est toute l'originalité et la puissance de cette recherche : devant certains témoignages, la Justice devrait tenir compte de ces travaux de cette recherche car au-delà du vrai et du faux, chaque script est le résultat d'une relecture réalisée par le scripteur dans son identité mouvante. Ce qui est le plus profond dépasse largement ce que le scripteur peut arracher aux faits. Et n'oublions pas que le scripteur n'écrit qu'en fonction de ce qu'il est (en termes d'identité) dans le présent…

■ Scripts, récits et vérité de la sexualité : de la théorie à la pratique – et retour, sous la direction de Catherine Ançant et Patrice Desmons, préface d'Alain Giami, Editions GKC/Colères du présent, 262 pages, avril 2017, ISBN : 978-2908050936, 20€

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Zero Patience, de John Greyson (1993)

Publié le par Jean-Yves Alt

En 1987, des gros titres ont fait leur apparition aux Etats-Unis, accusant un steward d'Air Canada d'avoir introduit le sida en Amérique du Nord. Alors qu'on savait que des cas de cette maladie existaient déjà dans les années 60 (sans qu'elle soit nommée). On peut faire l'hypothèse que la société avait besoin d'un bouc émissaire pour une maladie jugée immorale ; il est tellement plus simple et rassurant de rejeter la responsabilité sur quelqu'un.

Quand « Zero Patience » sort sur les écrans, le discours officiel sur le sida est encore mince. John Greyson a, quant à lui, dès la fin des années 80, participé activement à la lutte contre cette maladie, au Canada avec l'association AIDS.

John Greyson a choisi de faire de « Zero Patience » une comédie : une façon humoristique et élégante de lutter contre les préjugés.

Avec cette comédie musicale, il affirme que le public (en 1993) ne sait rien sur le sida et qu'il serait temps de l'admettre.

Faut-il voir « Zero Patience » comme un condensé de l'œuvre de Kenneth Anger : des ballets nautiques à faire pâmer de jalousie Esther Williams en personne, des virus qui chantent de l'intérieur des microscopes, un singe vert africain qui danse, des marins nus... ? Non, car ce film est d'abord une comédie musicale sur le sida qui se déroule avec une allégresse audacieuse et une parfaite maîtrise.

« Zero Patience » permet de prendre conscience que le sida ne concerne pas seulement le médical, mais pose des questions sur les représentations puisqu'il est associé aux images taboues du sang, de l'homosexualité et de la couleur de la peau. En ne se focalisant pas sur le réalisme, ce film offre une réflexion plus riche sur des questions complexes (les luttes collectives par rapport aux réactions individuelles de chacun ; le sida entrera-t-il dans l'Histoire comme la syphilis ou la peste ? par exemples) que pose cette maladie.

Les années sida à l'écran, Didier Roth-Bettoni, Editions ErosOnyx, juin 2017

Les années sida à l'écran, Didier Roth-Bettoni, Editions ErosOnyx, juin 2017

Ni polémique rébarbative, ni documentation dramatique dans ce film qui ne manque ni d'humour ni de réparties qui atteignent immédiatement leurs buts.

Il ne faudrait pourtant pas retenir de ce film une simple juxtaposition de moments musicaux excellemment cadencés car « Zero Patience » reste un film de critique corrosive des médias, des institutions, de l'homophobie. Il n'épargne pas non plus les militants gays dans leurs convictions parfois opposées. Cette comédie dénonce donc l'attitude criminelle des pouvoirs, sans tomber dans un pathos lénifiant ; le spectateur aurait presque envie de rire devant tant de vérité balancée.

Ce film, qui met la main sur le vécu de la communauté gay dans sa prise en charge de la maladie, rend hommage aux malades qui ont ferraillé contre les pouvoirs médicaux et médiatiques, afin de revendiquer leur droit à la dignité. En tenant un équilibre entre un défi esthétique et une analyse de la situation (telle qu'elle était en 1993), « Zero Patience » est un film intelligible et divertissant.

« Zero Patience » est un film rare où se combinent naturellement la délectation et le grave. Il faut remercier Didier Roth-Bettoni et les Editions ErosOnyx pour la parution de l'essai « Les années sida à l'écran » avec en supplément le DVD de ce film.

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Une forme sur la ville, William Goyen

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans les trois nouvelles qui composent « Une forme sur la ville », William Goyen, écrivain sudiste par excellence, y retranspose un univers clos, fermé au monde extérieur, empreint d'une mystique chrétienne.

Les deux premières nouvelles, « L'infirmier » et « Le sauvetage », s'attachent à décrire les fascinantes relations qui s'installent entre un jeune blessé, Chris, et son infirmier, Curran.

Dans un hôpital de la province anglaise arrive un jeune Américain soutenu par un homme et une femme, tous deux d'une troublante beauté. Il est estropié à la suite d'une chute qui restera mystérieuse.

Son opération et sa convalescence se déroulent dans un lieu qui peu à peu devient une véritable arche de Noé, vaisseau qui accueille les rescapés d'une inondation, villageois et animaux échappés d'un zoo. Atmosphère étrange, confinée, d'une nouvelle humanité dont le narrateur se fait chroniqueur. Infirmier, il s'occupe du corps inanimé de son patient mais surtout tente d'établir un contact avec lui qui va bien au-delà des gestes et des mots, essai de communication totale, de création dans lequel l'individu se dépasse, sauvetage qui s'appelle l'amour.

Une forme sur la ville, William Goyen

La dernière nouvelle, « Une forme sur la ville », est une superbe parabole : pendant quarante jours, un étrange personnage, Jean de la Hune, s'installe en haut d'un mât, surplombant une petite ville, déclenchant la curiosité, le désir et la haine des concitoyens. Ironique analyse sociale, cette nouvelle voit aussi son narrateur rentrer dans le songe en symbiose avec ce personnage mystérieux et marginal.

Ces trois courtes nouvelles subjuguent par les tentatives de fusion qui y sont ébauchées et par le don d'un conteur qui sait mener le lecteur avec pudeur au cœur des émotions les plus intimes.

■ Une forme sur la ville, William Goyen, traduit de l'anglais par Patrice Repusseau, Editions Rivages, 113 pages, 1988, ISBN : 978-2869301733


Du même auteur : Arcadio


Lire aussi : William Goyen par Patrice Repusseau

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Cigarettes, Harry Mathews

Publié le par Jean-Yves Alt

Ce roman raconte des histoires de passions dans les milieux d'affaires et d'art du New York des années 60, mettant en scène treize personnages, sept femmes et six hommes, pris chaque fois deux par deux : chaque couple homme/femme, homme/homme, femme/femme, parent/enfant... composant un des quinze chapitres de ce livre. Obéissant à la théorie des ensembles et aux lois de la poétique des nombres, ce roman clair et simple est, à y regarder de plus près, plus riche qu'il n'y paraît.

Le chapitre VII met plus particulièrement l'accent sur deux amants sadomasochistes, Lewis et Morris :

« Sixième visite : 23 mai. En entrant dans la cuisine à quatre pattes. Lewis trouve Morris occupé à mélanger avec un manche à balai de la pâte noire lourde et mouillée dans cinq bassines de plastique. Morris tend le bâton à Lewis. Il est plutôt pâle : les efforts qu'il a faits, sans doute. A présent, il ajoute de l'eau pendant que Lewis remue et apprend que les bassines contiennent du ciment prompt. A la demande de Morris, Lewis les transporte dans le salon et les installe autour d'un espace recouvert de plusieurs couches de papier journal. Lewis se déshabille et se tient au centre de cet espace. Se servant d'un pinceau de peintre en bâtiment, Morris enduit de graisse la tête et le corps de Lewis. S'agenouillant, il commence à le recouvrir de ciment qu'il entasse d'abord généreusement autour des pieds et des chevilles, pour former un socle massif, puis applique sur une épaisseur d'un centimètre et demi sur les membres, le tronc et la tête. Morris laisse une ouverture pour le nez et les yeux et d'un coup sec, fore un passage en face de chaque oreille. Quand il a fini, suant et soufflant fort, Morris est visiblement satisfait de sa statue grossière, dont les bras sont déployés horizontalement comme ceux d'un épouvantail, lui donnant à la fois un air de solidité et d'impuissance. Pendant que le ciment durcit, Morris va se laver et dîner. Quand il revient, il demande à Lewis de bouger ses bras et ses jambes. Les larmes et la sueur dégoulinent déjà du nez de Lewis et ses yeux clignent avec effort : il ne peut pas faire un geste. Morris marche de long en large devant lui tout en déblatérant son habituel monologue d'insultes.

─ […] T'es qu'une foire, un défaut, un invalide... et ainsi de suite à perpète. Et ne me dis pas que tu bats des naseaux. Excuse-moi ! Pas besoin d'éponger tes faux cils, ce n'est qu'la tournée de province. Le seul pour qui tu pinces le banjo, c'est ton self à la con et ça changera jamais. Tu t'imagines pas que je vais me carier à attendre que tes meringues dévissent. Et pourquoi ? Pour continuer à ratisser tes bourgeons ? Tu peux courir Berthe. Bonjour et bonsoir. Souviens-toi d'une chose pourtant. Peu importe ce que je t'ai dit, peu importe comment je t'ai décapé, la vérité, c'est... :

Cigarettes, Harry Mathews

Les yeux de Morris se mouillent ; son visage prend une teinte d'un rouge surprenant.

─ La vérité, c'est, j'te la chante sur trois notes : je t'a_ _ _

Morris fixe un point à côté de Lewis, à ce moment sa voix se tait. S'est-il interrompu à cause de la sonnerie du téléphone ? Sa couleur vire du rouge au gris. Il se tourne pour s'appuyer au dos d'une chaise, sauf qu'il n'y a pas de chaise là où il s'appuie : il ploie sur ses genoux, avant de s'allonger sur le sol, face contre terre. »

Exit Morris qui succombe à une crise cardiaque sous les yeux horrifiés de son amant coulé dans le ciment.

Un livre à tous égards surprenant !

■ Cigarettes, Harry Mathews, traduit par Marie Chaix, Edition P.O.L, 352 pages, 1988, ISBN : 978-2867441295

Quatrième de couverture : « Cigarettes » est une affaire de passions. S'y côtoient et s'entrecroisent les jalousies sexuelles, les déboires issus des chocs entre parents et enfants, les rivalités professionnelles, dans le monde des courses et dans celui de l'art, au début des années 60 à New York. Treize personnages, sept femmes et six hommes, animent le récit. Au centre, la mystérieuse Elizabeth qui aime les chevaux, le jeu, les bains de boue et dont le portrait devient le nœud d'intrigues multiples. Chacun des quinze chapitres dévoile un rapport intime – de famille, d'amitié, d'amour, de sexe et souvent d'argent – entre deux des personnages qui se déchirent et se réassemblent, impliquant le lecteur dans un jeu d'échecs plein de malentendus et de rebondissements, à la vie, à la maladie, à la mort.


Du même auteur : Plaisirs singuliers

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