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Recherche pour “christian gury gide et lyautey”

Cinéma et Homosexualité : répertoire des articles

Publié le par Jean-Yves Alt

Pour retrouver rapidement un article de la rubrique "Films", le lecteur trouvera ci-dessous, un index par ordre alphabétique des titres, avec lien direct en cliquant dessus.

GENERALITES

30 ans de culture gay au cinéma

Hollywood : un monde tristement gai

Laurel & Hardy : couple le plus gay de l'histoire du cinéma ?

A la recherche du temps perdu : le film que Luchino Visconti n'a pas réalisé

Sodome et Gomorrhe au cinéma par Claude Aziza

L'ado, la folle et le pervers : Images et subversion gay au cinéma par Marc-Jean Filaire

Le cinéma, au carrefour des genres par Gaël Pasquier

Des rôles bien rodés au cinéma par Geneviève Sellier

FILMS

0 - 9

20 centimètres, un film de Ramon Salazar (2005)

2 garçons, 1 fille, 3 possibilités, un film d'Andrew Fleming (1994)

 

A

A Strange Love Affair, un film de Eric De Kuyper et de Paul Verstraten (1985)

Adieu Bonaparte, un film de Youssef Chahine (1984)

Adieu, je t'aime, un film de Claude Bernard-Aubert (1987)

Adieu mes jolis, un télé-film de David Delrieux (1989)

Adjuster (the), un film de Richard Benner (1977)

After Hours, un film de Martin Scorsese (1985)

Agosto, un film de Jorge Silva Melo (1987)

Aids, trop jeune pour mourir, un film de Hans Noever (1986)

Amitiés particulières (les), un film de Jean Delannoy (1964)

Amour à taire (un), un téléfilm de Christian Faure (2004)

Amour de Swann (un), un film de Volker Schlöndorff (1983)

Angel, un film de George Katakouzinos (1982)

Another Country, un film de Marek Kanievska (1984)

Apology (Confessions criminelles), un film de Robert Bierman (1986)

Apparence féminine, un film de Richard Rein (1979)

Arthur Rimbaud : une biographie, un film de fiction documentaire de Richard Dindo (1991)

Au-delà du bien et du mal, un film de Liliana Cavani (1977)

Avis de recherches, un film de Stanley R. Jaffe (1983)

 

B

Baiser de la femme araignée (le), un film d'Hector Babenco (1984)

Beau Serge (le), un film de Claude Chabrol (1958)

Beautiful Thing, un film de Hettie MacDonald (1996)

Beefcake, un film de Thom Fitzgerald (1999)

Belles manières (les), un film de Jean-Claude Guiguet (1978)

Ben Hur, un film de William Wyler (1959)

Bent, un film de Sean Mathias (1995)

Berlin Alexanderplatz, un film de Rainer Werner Fassbinder (1980)

Berlin-Harlem, un film de Lothar Lambert (1974)

Beyond Therapy, un film de Robert Altman (1987)

Billy Elliot, un film de Stephen Daldry (2000)

Birdy, un film d'Alan Parker (1984)

Blue, un film de Derek Jarman (1993)

Bon fils (le), un téléfilm d'Irène Jouannet (2001)

Bras de fer, un film de Gérard Vergez (1985)

Brésiliennes du Bois-de-Boulogne (les), un film de Robert Thomas (1984)

Brokeback Mountain, un film de Ang Lee (2005)

 

C

Café des Jules (le), un film de Paul Vecchiali (1988)

Caravaggio, un film de Derek Jarman, (1985)

Cavaliers de l'orage (les), un film de Gérard Vergez (1983)

Celluloïd Closet (the), un film de Rob Epstein & Jeffrey Friedman (1995)

Cercle du pouvoir (le), un film de Bobby Roth (1981)

Chant d'amour (un), un court-métrage de Jean Genet (1950)

Chatte à deux têtes (la), un film de Jacques Nolot (2002)

Chatte sur un toit brûlant (la), un film de Richard Brooks (1958)

Chose très naturelle (une), un film de Christopher Larkin (1974)

Ciel de Paris (le), un film de Michel Bena (1992)

Clochard de Beverly Hills (le), un film de Paul Mazursky (1986)

Colonel Redl, un film de d'Istvan Szabo (1985)

Comizi d'Amore : enquête sur la sexualité, un film documentaire de Pier Paolo Pasolini (1964)

Compagnon de longue date (un), un film de Norman René (1990)

Confesse (la), un film de Pascal Rémy (1980)

Confiture, un film de Lieven Debrauwer (2005)

Confusion des sentiments (la), un film de Etienne Périer (1979)

Corde (la), un film d'Alfred Hitchcock (1948)

Crime d'amour (le), un film de Guy Gilles (1981)

Cruising, (La chasse) un film de William Friedkin (1980)

Crustacés & coquillages, un film de Olivier Ducastel & Jacques Martineau (2004)

 

D

De jour comme de nuit, un film documentaire de Renaud Victor (1991)

De sable comme de sang, un film de Jeanne Labrune (1987)

Déclin de l'empire américain (le), un film de Denys Arcand (1985)

Deep end, un film de Jerzy Skotimowski (1970)

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, un film de Jean Yanne (1982)

Deuxième couteau (le), un film de Josée Dayan (1985)

Droit du plus fort (le), un film de Rainer Werner Fassbinder (1974)

E - F

Eat the rich, un film de Peter Richardson (1987)

Eclipse Totale (Rimbaud-Verlaine), un film d'Agnieszka Holland (1997)

Ecrin de l'ombre (l') [The Shadow Box], un téléfilm de Paul Newman (1980)

Edward II, un film de Derek Jarman (1991)

Encore (Once More), un film de Paul Vecchiali (1987)

Enfant miroir (l'), un film de Philip Ridley (1990)

Equilibristes (les), un film de Nico Papatakis (1991)

Ernesto, un film de Salvatore Samperi (1979)

Esclaves de New-York, un film de James Ivory (1989)

Europa, Europa, un film de Agnieszka Holland (1990)

Faut-il tuer Sister George ?, un film de Robert Aldrich (1968)

Festin nu (le), un film de David Cronenberg (1991)

Fils (un), un film de Amal Bedjaoui (2003)

Flesh, un film de Paul Morrissey (1968)

Fracture du myocarde (la), un film de Jacques Fansten (1991)

Furyo (Merry Christmas, Mr. Lawrence), un film de Nagisa Oshima (1983)

 

G - H

Glen or Glenda (Louis ou Louise), un film de Ed Wood (1953)

Go Fish, un film de Rose Troche et Guinevere Turner (1995)

Gossenkind, un film de Peter Kern (1991)

Grains de sable, un film de Ryosuke Hashiguchi (1995)

Groupes à risques, un film documentaire d'Andreï Nikichine (1987)

Hairspray, un film de John Waters (1988)

Haltéroflic, un film de Philippe Vallois (1983)

Happy together, un film de Wong Kar-Wai (1997)

Hombo, un film de Daniel Ringold (1985)

Homme blessé (l'), un film de Patrice Chéreau (1983)

Homme de cendres (l'), un film de Nouri Bouzid (1986)

Hours (the), un film de Stephen Daldry (2001)

 

I - J - K

Inconnu du Nord-Express (l'), un film d'Alfred Hitchcock (1951)

Inferno New-York City, un film de Marvin Merkins (1978)

Innocents (les), un film d'André Téchiné (1987)

Invitation au voyage, un film de Peter del Monte (1982)

Ixe, un film de Lionel Soukaz (1980)

J'aimerais. J'aimerais, un film Jann Halexander (2007)

Je t'aime toi, un film de Dmitri Troitsky et Olga Stolpovskaya (2004)

Jeunes filles en uniforme, un film de de Géza von Radványi (1958)

Johan, (carnet intime d'un homosexuel), un film de Philippe Vallois (1976)

Journée particulière (une), un film d'Ettore Scola (1977)

Ken Park, un film de Larry Clark & Edward Lachman (2002)

 

L

Leçons de ténèbres, un film de Vincent Dieutre (2000)

Lettres d'amour en Somalie, un film de Frédéric Mitterrand (1982)

Lianna, un film de John Sayles (1982)

Lien de parenté, un film de Willy Rameau (1985)

L.I.E. (Long Island Expressway), un film de Michael Cuesta (2001)

Loin du Brésil, un film de Jean Claude Tilly (1991)

Loin du paradis, un film de Todd Haynes (2002)

Lonesome cowboys, un film d'Andy Warhol (1968)

Looking For Langston, un film d'Isaac Julien (1989)

Loulou, la boîte de Pandore, un film muet de Georg Wilhem Pabst (1929)

Love ! Valour ! Compassion !, un film de Joe Mantello (1997)

Lunettes d'or (les), un film de Giuliano Montaldo (1987)

M

Ma vie en rose, un film d'Alain Berliner (1997)

Macho Dancer, un film de Lino Brocka (1988)

Maison Russie (la), un film de Fred Schepisi (1990)

Maman que man, un film de Lionel Soukaz (1982)

Matiouette (la), un moyen métrage d'André Téchiné (1982)

Maurice, un film de James Ivory (1987)

Mauvaise éducation (la), un film de Pedro Almodovar (2003)

Mery pour toujours, un film de Marco Risi (1989)

Mes meilleurs copains, un film de Jean-Marie Poiré (1989)

Messe est finie (la), un film de Nanni Moretti (1986)

Milan bleu, un film de Jean-François Garsi (1979)

Minuit dans le jardin du bien et du mal, un film de Clint Eastwood (1997)

Miss Mona, un film de Mehdi Charef (1986)

Mishima, un film de Paul Schrader (1985)

Mois à la campagne (un), un film de Pat O'Connor (1988)

Mon voyage d'hiver, un film de Vincent Dieutre (2003)

Mort à Venise, un film de Luchino Visconti (1971)

My beautiful laundrette, un film de Stephen Frears (1985)

My Own Private Idaho, un film de Gus Van Sant (1991)

 

N

Neveu de Beethoven (le), un film de Paul Morrissey (1985)

Nighthawks, un film de Ron Peck et Paul Hallam (1978)

Nijinsky, un film d'Herbert Ross (1980)

Noir et Blanc, un film de Claire Devers (1985)

Nous étions un seul homme, un film de Philippe Vallois (1978)

Nuit docile, un film de Guy Gilles (1987)

Nuits fauves (les), un film de Cyril Collard (1992)

 

O - P

Œuvre au noir (l') un film d'André Delvaux (1987)

Oiseaux de nuit (les) un documentaire musical de Luc Barnier et Alain Lasfargues (1977)

Oublier Venise un film de Franco Brusati (1980)

Outrageous un film de Richard Benner (1977)

Paragraphe 175 : La déportation des homosexuels, un film de Rob Epstein et Jeffrey Friedman (1999) 

Parking, un film de Jacques Demy (1985)

Parting Glances, un film de Bill Sherwood (1986)

Partners, un film de James Burrows (1982)

Passagers (les), un film de Jean Claude Guiguet (1998)

Pavillon interdit (le), (An Indecent Obsession), un film de Lex Marinos (1985)

Paysage dans le brouillard, un film de Théo Angelopoulos (1988)

Péril en la demeure, un film de Michel Deville (1985)

Perm (la), un court métrage de Eytan Fox (1990)

Petits fils (les), un film de Ilan Duran Cohen (2004)

Photo (la), un film Nico Papatakis (1986)

Pink Narcissus, un film de James Bidgood (1971)

Pirate (la), un film de Jacques Doillon (1984)

Pixote, un film d'Hector Babenco (1981)

Poison, un film de Todd Haynes (1991)

Poneys sauvages (les), un téléfilm de Robert Mazoyer (1982)

Pour un soldat perdu, un film de Roeland Kerbosch (1992)

Pourquoi pas ?, un film de Coline Serreau (1977)

Prêchi-prêcha, un film de Glenn Jordan (1987)

Preuve (la), un film de Jocelyn Moorhouse (1991)

Prick Up Your Ears, un film de Stephen Frears (1987)

Printemps de glace (un), un film de John Erman (1985)

Priscilla, folle du désert, un film de Stephan Elliott (1994)

 

Q - R

Quatrième homme (le), un film de Paul Verhoeven (1982)

Querelle, un film de Rainer Werner Fassbinder (1978)

Race d'Ep, un film de Lionel Soukaz et Guy Hocquenghem (1979)

Rebelle (le), un film de Gérard Blain (1980)

Robby, Kalle et Paul, un film de Dani Levy (1988)

Roi des roses (le), un film de Werner Schroeter (1984)

Route des Indes (la), un film de David Lean (1984)

 

S

Saisons du plaisir (les), un film de Jean-Pierre Mocky (1987)

Scènes de chasse en Bavière, un film de Peter Fleischmann (1969)

Sebastiane, un film de Derek Jarman (1976)

Sergent (le), un film de John Flynn (1968)

Servant (the), un film de Joseph Losey (1963)

Soleil assassiné (le), un film de Abdelkrim Bahloul (2004)

Son frère, un film de Patrice Chéreau (2002)

Spartacus, un film de Stanley Kubrick (1960)

Storia (la), un film de Luigi Comencini (1986)

Streamers, un film de Robert Altman (1983)

Surexposé, un film de James Toback (1983)

Swoon, un film de Tom Kalin (1992)

 

T

Taxi zum Klo, un film de Frank Ripploh (1980)

Temps qui reste (le), un film de François Ozon (2005)

Tenue de soirée, un film de Bertrand Blier (1986)

Tête dans le sac (la), un film de Gérard Lauzier (1984)

Tirésia, un film de Bertrand Bonello (2002)

To be or not to be, un film d'Alan Johnson (1983)

Together Alone, un film de P. J. Castellaneta (1991)

Tootsie, un film de Sydney Pollack (1983)

Torch Song Trilogy (Personne n'est parfait), un film de Paul Bogart (1989)

Tout contre Léo, un film de Christophe Honoré (2002)

Trash, un film de Paul Morrissey (1970)

Travestie (la), un film d’Yves Boisset (1987)

Triche (la), un film de Yannick Bellon (1984)

Tropical Malady, un film de Apichatpong Weerasethakul (2004)

Tu marcheras sur l'eau, un film de Eytan Fox (2004)

Twist and Shout, un film de Bille August's (1984)

 

U - V -W

Victor-Victoria, un film de Blake Edwards (1982)

Vie sur un fil (la), un film de Chen Kaige (1991)

Vincennes-Neuilly, un film de Pierre Dupouey (1991)

Voyage au bout de l'enfer, un film de Michael Cimino (1978)

Weisse Reise, un film de Werner Schroeter (1980)

Wilde Side, un film de Sébastien Lifshitz (2002)

 

X - Y -Z

Yentl, un film de Barbara Streisand (1983)

Young Soul Rebels, un film d'Isaac Julien (1991)

Zero Patience, un film de John Greyson (1993)

 


D’autres films, n’entretenant aucun rapport avec une thématique homosexuelle, sont chroniqués sur ce blog, ça et là, dans la rubrique « Films ». Je laisse à chaque lecteur le soin de les retrouver… comme, par exemple, l'inoubliable Ballade de Narayama de Shohei Imamura.

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Livres de «littérature jeunesse» ayant pour thématique l'homosexualité

Publié le par Jean-Yves Alt

dessin-d-un-livre.jpgChaque thématique est indiquée en fin de ligne : G pour Gay, L pour Lesbien, Trans pour Transgenre , H pour Homophilie, HP pour HomoParentalité.

Si la thématique indiquée est présente dans l'ouvrage, elle n'en est pas toujours centrale.

Cette liste (en lien avec le site de Lionel Labosse "altersexualite.com") est actualisée régulièrement.

dernière mise à jour : 20 février 2020

Romance d'Arnaud Cathrine

En apnée de Meg Grehan

Le mélange des sexes de Geneviève Fraisse

 

BANDES DESSINEES :

■ Algésiras, Candélabres, Ed. Delcourt, G

■ Hugues Barthe, Dans la peau d’un jeune homo, Hachette littératures (La fouine illustrée, G

■ Hugues Barthe, Bienvenue dans le Marais, Hachette littératures (La fouine illustrée), G

■ Hugue Barthe, Mes années hétéro, Delcourt (Encrages), G, H

■ Alison Bechdel, Fun Home, Ed. Denoël Graphic, G L

■ Laurent-Frédéric Bollée et Christian Rossi, Deadline, Ed. Glénat, G

■ Nini Bombardier & Coyote, Les voisins du 109, Le Lombard, G L

■ P. Bonifay & D. Falque, Jane, Ed. Casterman (3 tomes), G

■ Christopher, Les filles (T 3 : Action ou vérité, T 4 : Telle mère, telle fille), Ed. Carabas, G L Homophobie

■ Sara Colaone & Luca De Santis, En Italie, il n'y a que des vrais hommes, Ed. Dargaud, G

■ Coyote, Litteul Kévin n°8, Le Lombard, G L Trans

■ Howard Cruse, Un monde de différence, Ed. Vertige Graphic, G

■ Robert Deutsch, Turing, Ed. Sarbacane, G Homophobie

■ Derib, Jo, Editions Lombard, G

■ Dieter & Lepage, Névé (Tome 5. Noirs désirs), Ed. Glénat, G

■ Jean Dufaux & Massimo Rotundo, Pasolini - Pig ! Pig ! Pig !, Ed. Glénat, G

■ Jean Dufaux & Philippe Delaby, Murena, Ed. Glénat, G

■ Michel Dufranne, Milorad Vicanovic et Christian Lerolle, Triangle rose, Editions Quadrants, G L

■ Lucie Durbiano & Colette, Claudine à l'école, Gallimard BD, L Bi

■ Lucie Durbiano, Le rouge vous va si bien, Gallimard (Bayou), G

■ Gauthier, Justin, Delcourt, Trans

■ Frank Giroud & Paul Gillon, L'Histoire d'Alban Meric [Quintett, tome 2], Dupuis, G

■ Frank Giroud & Giancarlo Alessandrini, La chute [Quintett, tome 5], Dupuis, G

■ Annie Goetzinger, L’avenir perdu, Les Humanoïdes associés, G

■ Lucie Gomez, Les Hommes légers sont parfois lourds, Le Lombard, G L

■ Joe Haldeman et Marvano, La Guerre éternelle, suivi de Libre à jamais, Dupuis, L

■ Joanna Hellgren, Frances (2 tomes), Ed. Cambourakis, L

■ Mark Hendriks, Hong Kong Love Story, Vertige Grafic, G L

■ Jaime Hernandez, Locas, Seuil (BD), L

■ Hubert & Marie Caillou, La ligne droite, Ed. Glénat, G

■ Thibaut Lambert, Au coin d'une ride, Ed. Des ronds dans l'O, G (vieillesse)

■ Emmanuel Lepage, Muchacho (2 tomes), Dupuis, H G

■ Frédéric Lère, Le protecteur, Ed. Futuropolis (Hic et Nunc), G

■ Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, Magasin Général, Ed. Casterman, G

■ Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Cœurs de sable, Ed. Casterman, L

■ Lisa Mandel, Princesse aime Princesse, Gallimard (Bayou), L

■ Julie Maroh, Le bleu est une couleur chaude, Ed. Glénat, L

■ Jacques Martin, Alix (série), Ed. Casterman, H

■ Jean-Christophe Morandeau, Noxolo, La boîte à bulles, L Homophobie

■ Kiriko Nananan, Blue, Ed. Casterman, L

■ Eric Omond & Yoann, La Voleuse du Père-Fauteuil, Ed. Dargaud (Poisson Pilote), L Trans

■ Alice Oseman, Heartstopper Deux garçons, une rencontre (T1), Hachette, G

■ Amruta Patil, Kari, Au Diable Vauvert, L

■ Philippe Peyraud, Premières chaleurs, Ed. Casterman (Ligne de Vie), G

■ Pierre-Paul Renders, Denis Lapière, Emil Zuga, Luca Erbetta, Jonas (série Alter Ego), Dupuis, G

■ Thierry Robberecht et Fabrice Neaud, Alex et la vie d’après, Association Ex Aequo, G

■ José Roosevelt, À l’ombre des coquillages, La boîte à bulles, G L

■ Thierry Smolderen, Dominique Bertail, La Dame de Dubaï, Ed. Dargaud (série Ghost Money), L

■ Tito, Le pari, Ed. Casterman (Tendre banlieue), G

■ Adrian Tomine, Blonde platine, Seuil, G

■ Jean-Louis Tripp, Paroles d'Anges, Ed. Glénat, G

■ Luca Vanzella, Une année sans toi, Ed. Glénat, G

■ Fabien Vehlmann et Eric Sagot , Paco les mains rouges, Ed. Dargaud, G

■ J.H. Williams III, Greg Rucka & W. Haden Blackman, Batwoman, Urban Comics, L

■ Judd Winick, Pedro et moi, Ed. Ça et Là, G Homophobie

■ Yann et Conrad, Bob Marone (Le dinosaure blanc), Ed. Glénat, G

 

MANGAS :

Des mangas en pagaille (Boy’s love), G

■ Riyoko Ikeda, Très cher frère, Asuka, L Trans

■ Sanami Matoh, Fake (volumes 1 à 7), Tonkam (Boy’sLove), G

■ Romuco Miike, Si ton rêve se réalise…, Asuka, G

■ Setona Mizushiro, L'infirmerie après les cours, Asuka (10 tomes), G L Trans

■ Kiriko Nananan, Blue, Ed. Casterman, L

■ Minami Ozaki, Zetsuai 1989 (volumes 1 à 5), Tonkam (Yahoi), G

■ Marimo Ragawa, New York New York (volumes 1 à 4), Panini (Génération Comics), G

■ Gengoroh Tagame, Le mari de mon frère, Ed. Akata, G HP

■ Ebine Yamaji, Free Soul, Editions Asuka (Yuri), L

■ Ebine Yamaji, Au temps de l'amour, Editions Asuka, G HP

■ Ebine Yamaji, Indigo blue, Editions Asuka, L

■ Yuhki Kanatani, Eclat(s) d'Âme (4 tomes), Ed. Akata, G Homophobie

■ Ebine Yamaji, Love my Life, Editions Asuka (Yuri), G L

 

ALBUMS POUR LES PLUS PETITS :

■ Latifa Alaoui M. & S. Poulin, Marius, Ed. Atelier Poisson Soluble, G HP

■ Béatrice Alemagna, Le secret d’Ugolin, Seuil Jeunesse, H

■ Gaël Aymon & Lucie Rioland, Le fils des géants, Ed. Talents Hauts, HP

■ Piotr Barsony, Papa porte une robe, Seuil Jeunesse, H

■ Juan Alfonso Belmontes & Natalie Pudalov, Le mariage de Coquet le Coq, OQO editora (coll. O), L

■ Arianne Bertouille & M.-C. Favreau, Ulysse et Alice, Ed. du Remue-Ménage, HP

■ Gilles Bontoux, La peur de Lou, Ed. Noir au Blanc, HP

■ Anna Boulanger, Papa, c'est quoi un homme haut sekcuel ?, Ed. Zoom (Gros béguin), G L Homophobie

■ Béatrice Boutignon, Tango a deux papas et pourquoi pas ?, Ed. Le Baron Perché, HP

■ Alice Brière-Haquet, Lionel Larchevêque, La princesse qui n'aimait pas les princes, Actes Sud Junior, L

■ Muriel Douru, Dis…mamans, Ed. Gaies et Lesbiennes, HP

■ Muriel Douru, Cristelle et Crioline, KTM éditions, L HP Homophobie

Muriel Douru, Un mariage vraiment gai, Ed. Gaies et Lesbiennes, G

■ David Dumortier, Mehdi met du rouge à lèvres, Ed. Cheyne, H Trans

■ Claudine Galea, A mes amourEs, Ed. du Rouergue (ZigZag), HP

■ Agnès Laroche & Fabienne Brunner, Un jour mon prince viendra, Ed. Talents Hauts, G H

■ Ania Lemin, Elle, Ed. Esperluète (Cahiers), L

■ Thierry Lenain, Je me marierai avec Anna, Nathan (Première Lune), L

■ Thierry Lenain, Menu fille ou menu garçon, Nathan (NathanPoche), H

■ Thierry Lenain & Thanh Portal, Le jour où papa s'est remarié, Nathan (Premiers romans), G HP

■ Lucia Moreno Velo & Javier Termenon, L'amour de toutes les couleurs, Ed. La Cerisaie (Ceriselles), HP

■ Juliette Parachini-Deny & Marjorie Béal, Mes deux papas, Des ronds dans l’O jeunesse, G HP

■ Gil Pittar & Cris Morrel, Milly, Molly et toutes sortes de papas, Ed. Philippe Auzou, HP

■ Andrée Poulin & Marie Lafrance, Deux garçons et un secret, Éditions La Bagnole, Mariage homo

■ X. Quintia & M. A. C. Quarello, Titiritesse, OQO Éditions, L

■ Justin Richardson, Peter Parnell, Henry Cole, Et avec Tango, nous voilà trois !, Rue du Monde, G HP

■ Thomas Scotto & Olivier Tallec, Jérôme par cœur, Actes Sud Junior, H

■ Ophélie Texier, Jean a deux mamans, Ecole des Loisirs (Loulou et Cie), HP

■ Adéla Turin & Nella Bosnia, Camélia et Capucine, Actes Sud Junior, L

■ Anaïs Valente & Ariane Delrieu, Drôles de familles, Ed. TLP/Alhert', HP

■ Jen Wang, Le prince et la couturière, Fauve Jeunesse, Trouble dans le genre

■ Yann Walcker et Mylène Rigaudie, Camille veut une nouvelle famille, Ed. Auzou, HP

■ Cathy Ytak & Daniela Tieni, Ça change tout !, Ed. Atelier Poisson Soluble, H

 

THEÂTRE :

■ Dominique Richard, Le journal de Grosse patate, Editions Théâtrales, H

■ Dominique Richard, Les cahiers de Rémi, Editions Théâtrales, G

■ Catherine Zambon, Mon frère, ma princesse, Ecole des Loisirs (Théâtre), H

 

ROMANS POUR LES PLUS GRANDS :

■ ouvrage collectif (dont Patrick Ness), La première fois, Gallimard (Scripto), G

■ Gilles Abier, Amour mortel, Actes Sud Junior (Thriller), G L

■ Graeme Aitkens, 50 façons de dire fabuleux, Ed. 10/18, G L

■ Damien Alcantara, Kallio, Ed. de la Rémanence, G Homophobie

■ Benjamin Alire Sáenz, Aristote et Dante découvrent l'univers, Pocket Jeunesse, G

■ Safia Amor, Harvey Milk : Non à l'homophobie, Actes Sud Junior (Ceux qui ont dit non), G L

■ Linda Amyot, Le garçon aux chiens, Ed. Léméac Jeunesse, G Homophobie

■ Frank Andriat, Tabou, Ed. Labor (Espace Nord), H G

■ Cécile Bailly, Le paradis de Paco, Ed. Gaies et Lesbiennes, G L HP Homophobie sida Act Up

■ Loïc Barrière, Le voyage clandestin, Seuil Jeunesse, G (efféminé)

■ Stéphanie Benson, Haute tension, Albin Michel (Le Furet enquête), G

■ Maïté Bernard, Trois baisers, Editions Syros (Tempo +), L

■ Cathy Bernheim, Côte d’Azur, Gallimard (Page Blanche), L

■ Clotilde Bernos, Pour toi, Anissa, je fonce à deux cents années-lumière, Editions Syros (Les uns les autres), G

■ Malorie Blackman, Boys don't cry, Milan (Macadam), G

■ Francesca Lia Block, Les petites déesses (in Des dragons à Manhattan), Ecole des Loisirs, Trans HP

■ Jean-Philippe Blondel, Un endroit pour vivre, Actes Sud Junior (D'une seule voix), G

■ Jean-Philippe Blondel, Au rebond, Actes Sud Junior, H

■ Boileau/Narcejac, La mélodie de la peur, Editions Rageot/Cascade, H ? (efféminé ?)

■ Guillaume Bourgault, Philippe avec un grand H, Editions Vents d’Ouest (Hull), G

■ Joël Breurec, Un garçon comme une autre, Ed. Oskar, G Bisexualité Homophobie

■ Marion Brunet, Frangine, Ed. Sarbacane/Exprim’, L HP Homophobie

■ Melvin Burgess, Billy Elliot, Editions Gallimard (Folio junior), G

■ Florence Cadier, Je les entends nous suivre, Ed. Le Muscadier, G Homophobie

■ Illana Cantin, Georges, le monde et moi, Hachette, G H

■ Arnaud Cathrine, Romance, Robert Laffont, G

■ Ingrid Chabbert et Anne Loyer, Sur les quais, Ed. Les Lucioles, L

■ Isabelle Chaillou, H.S., Rageot (Métis), L

■ Gaétan Chagnon, Le secret de l’hippocampe, Ed. Soulières (Graffiti), G Homophobie

■ Aidan Chambers, La danse du coucou, Seuil (Points-Virgule), G

■ Aidan Chambers, La maison du pont, Ed. Thierry Magnier, H G

■ Samuel Champagne, Recrue, Ed. De Mortagne/Tabou, G Homophobie

■ Cécile Chartre, Traits d'union, Ed. Le Muscadier, G L

■ Stephen Chbosky, Pas raccord, Ed. Sarbacane (Exprim’), G

■ Josette Chicheportiche, Je ne veux pas qu'on sache, Pocket Jeunesse, G Homophobie

■ Fujino Chiya, Havre de paix, Ed. Thierry Magnier, Trans

■ Sarah Cohen-Scali, Vue sur crime, Flammarion (Tribal), G (efféminé)

■ Gwladys Constant, Oncle Mika, Ed. Oskar (Court Métrage), G

■ Hélène Couturier, Trans Barcelona Express, Editions Syros, Trans

■ Claudine Desmarteau, Troubles, Albin Michel (Wiz), G L

■ Marie Desplechin, J’envie ceux qui sont dans ton cœur, Ecole des Loisirs (Médium), L

■ Régine Detambel, La verrière, Gallimard/Folio, L

■ Xavier Deutsch, Les garçons, Ecole des Loisirs (Médium), H

■ Antoine Dole, A copier 100 fois, Ed. Sarbacane, G

■ Antoine Dole, Météore, Actes Sud Junior, Trans

■ Christophe Donner, Les lettres de mon petit frère, Ecole des Loisirs (Neuf), G

■ Christophe Donner, Tu ne jureras pas, Hachette (Côté court), G

■ Christophe Donner, Mes débuts dans l’espionnage, Fayard (Libres), G

■ John Donovan, Fred et moi, Duculot (Travelling), G Homophobie

■ Julien Dufresne-Lamy, Mauvais joueurs, Actes Sud Junior (Ado), G Homophobie

■ Dominique Dyens, Par cœurs, Ed. Thierry Magnier, G

■ Cédric Erard, J’ai pas sommeil, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Cédric Erard, Mémoires d'une sale gosse, Ecole des Loisirs (Médium), H

■ Eglal Errera, Le rire de Milo, Actes Sud Junior (Cadet), G

■ Pierre Forni, La Vénus d'Albâtre, Ed. Tautem, G

■ Christine Féret-Fleury, La trace, Hachette (Black Moon), L

■ Christine Férêt-Fleury, Les maux bleus, Gulf Stream Ed., L Homophobie

■ Paula Fox, Le cerf volant brisé, Ecole des Loisirs, G (bisexualité) sida

■ Raphaële Frier, Mauvais fils, Ed. Talents Hauts (Ego), G Homophobie

■ Isabelle Gagnon, La fille qui rêvait d’embrasser Bonnie Parker, Ed. du Remue-Ménage, L

■ Claudine Galea, Entre les vagues, Editions du Rouergue (DoAdo), H

■ Claudine Galea, Un amour prodigue, Ed. Thierry Magnier (Photo roman), L

■ Jonas Gardell, Petit comique deviendra grand, Editions Gaïa, H

■ Jonas Gardell, Un ovni entre en scène, Editions Gaïa (Taille Unique), H

■ Praline Gay-Para, Sous la peau d’un homme, Didier Jeunesse, H

■ Corinne Gendraud, Le bâillon, Ed. La Cerisaie (Ceriselles), L

■ Alain Germain, Mariez-vous !, Ed. Oskar (Court Métrage), G

■ Alex Gino, George, Ecole des Loisirs, Trans

■ Roland Godel, Le sens de l'honneur, Ed. Oskar (Court Métrage), G

■ Thomas Gornet, L'amour me fuit, Ecole des Loisirs (Neuf), G

■ Thomas Gornet, Qui suis-je ?, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Thomas Gornet, Je n’ai plus dix ans, Ecole des Loisirs (Neuf), G

■ Julie Gosselin, Zone floue, Ed. de la Paix (Mosaïque), L

■ John Green et David Levithan, Will & Will, Gallimard (Scripto), G

■ Meg Grehan, En apnée, Ed. Talents Hauts, L

■ Catherine Grive, It, Gallimard (Scripto), Trans

■ Gudule, Le bouc émissaire (L’Instit’), Hachette (Biblio. Verte), G HP

■ Gudule, L’amour en chaussettes, Ed. Thierry Magnier, G

■ Gudule, Etrangère au paradis, Grasset (Lampe poche Ados), L

■ Gudule, La vie à reculons, Livre de Poche Jeunesse, G sida Homophobie

■ Gudule, Aimer par cœur, Livre de Poche Jeunesse, sida

■ Yaël Hassan, La châtaigneraie, Ed. Casterman (Feeling), G

■ Tormod Haugen, Prinçusse Klura et le dragon, Ecole des Loisirs (Neuf), G

■ Déborah Hautzig, Valérie et Chloé : quatre saisons à New York, Ecole des Loisirs, L

■ Florence Hinckel, Zéro commentaire : Mehdi, Ed. Talents Hauts (Ligne 15), G

■ Jo Hoestlandt, Le Complexe de l'ornithorynque, Milan (Macadam), G

■ A. M. Homes, Jack, Actes Sud Junior, G Homophobie

■ Christophe Honoré, Noël, c'est couic !, Ecole des Loisirs (Mouche), G HP

Christophe Honoré, L’affaire P’tit Marcel, Ecole des Loisirs (Mouche), H

■ Christophe Honoré, Tout contre Léo, Ecole des Loisirs (Neuf), G sida

■ Christophe Honoré, Mon cœur bouleversé, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Christophe Honoré, Je ne suis pas une fille à Papa, Ed. Thierry Magnier, L HP

■ Didier Jean & Zad, Sweet homme, Editions Syros (Les uns les autres), G

■ Carrie Jones, Avoir un (ex) petit ami gai : mode d'emploi, Ed. ADA, G

■ M.E. Kerr, La nuit du concert, Ecole des Loisirs (Médium), G sida

■ Lionel Labosse, L’année de l’orientation, Ed. Publibook, G

■ Lionel Labosse, Karim & Julien, Ed. Publibook, G

■ Denis Lachaud, Foot foot foot, Actes Sud Junior (Cadet), H

■ Denis Lachaud, J’apprends l’allemand, Actes Sud (Babel Junior), G

■ Christophe Lambert, Swing à Berlin, Bayard, G

■ Jérôme Lambert, Tous les garçons et les filles, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Justine Larbalestier, Menteuse, Gallimard Jeunesse, Trouble dans le genre

■ Jérôme Larcher, Baisers cachés, Albin Michel Litt', G Homophobie

■ Agnès Laroche, Scoops au lycée, Editions Rageot, G

■ Vincent Lauzon, Requiem Gai, Ed. Pierre Tisseyre, G

■ Michel Le Bourhis, Il y a des nuits entières, Ed. du Seuil (Fiction Ados), G

■ Nathalie Le Gendre, Automates, Ed. Mango (Autres Mondes), L

■ Véronique Le Normand, Les carnets de Lily B, Pocket junior (Toi + Moi = Cœur), H

■ Guillaume Le Touze, On m’a oublié, Ecole des Loisirs (Neuf), G HP

■ Perrine Leblan, La peur au placard, Ed. Oskar (Court Métrage), G L

■ Olivier Lebleu, L’étranger de la famille, Ed. H&O, G

■ Olivier Lebleu, Passer la nuit, Ed. H&O, G

■ Christophe Léon, ”Le refus”, in Désobéis !, Ed. Thierry Magnier (Nouvelles), G

■ Christophe Léon, Embardée, La Joie de Lire (Encrage), G Homophobie

■ Sue Limb, Seize ans ou presque, torture absolue, Gallimard Jeunesse, G Homophobie

■ Håkan Lindquist, De collectionner les timbres, Editions Gaïa (Taille Unique), G

■ Håkan Lindquist, Mon frère et son frère, Editions Gaïa, G

■ Virginie Lou, Un papillon dans la peau, Gallimard (Scripto), G

■ Endre Lund Eriksen, L'été où papa est devenu gay, Ed. Thierry Magnier, G HP

■ Françoise de Luca & Leanne Franson, Jason et la tortue des bois, Ed. Soulières, L

■ Carrie Mac, La bande de Beck, Actes Sud Junior (Ado), G L

■ Claire Lise Marguier, Le faire ou mourir, Ed. du Rouergue (DoAdo), G

■ Sylvie Massicotte, Les habitués de l’aube, La courte échelle, G

■ Claire Mazard et Hélène Lune, Avec toi Claire, j’aurais aimé la vie, Ed. La Martinière (Confession), L

■ Claire Mazard, Le cahier rouge, Editions Syros (Les uns les autres), G

■ Claire Mazard, Macaron Citron, Editions Syros (Les uns les autres), L

■ Emmanuel Ménard, C'est toujours moins grave qu'une jambe cassée, Ed. H&O, G

■ Hervé Mestron, Le choix de moi, Ed. Oskar (Court Métrage), Trans Hermaphrodisme

■ Daniel Meynard, Comme la lune, Ecole des Loisirs (Médium), G sida

■ Isabelle Minière, La règle d'or, Ed. du Jasmin, G HP Homophobie

■ Marion Muller-Colard, Bouche cousue, Gallimard (Scripto), G L

■ Elvire Murail, Escalier C, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Elvire Murail, La plume de perroquet, Ed. Sylvie Messinger, G

■ Marie-Aude Murail, Maïté Coiffure, Ecole des Loisirs (Médium), G sida

■ Marie-Aude Murail, Oh, boy !, Ecole des Loisirs (Médium), G HP

■ Patrick Ness, Libération, Gallimard  G Homophobie

■ Susin Nielsen, On est tous faits de molécules, Ed. Hélium, G Homophobie

■ Frédérique Niobey et Corinne Mercadier, En cas d'absence, Ed. Thierry Magnier (Photo roman), H

■ Magnus Nordin, La princesse et l'assassin, Ed. du Rouergue (DoAdo/Noir), G

■ Jean Paul Nozière, La vie comme Elva, Ed. Thierry Magnier, L

■ Joyce Carol Oates, Sexy, Gallimard (Scripto), G

■ Denise Paquette, Annie a deux mamans, Ed. Bouton d’Or (Acadie), L

■ Hélène Paraire, Le secret d'Antonio, Ed. Guérin, G Homophobie

■ Fred Paronuzzi, Mon père est américain, Ed. Thierry Magnier, G

■ Fred Paronuzzi, Là où je vais, Ed. Thierry Magnier, L

■ Anne Percin, L'âge d'ange, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Anne Percin, Point de côté, Ed. Thierry Magnier, G

■ Julie Anne Peters, La face cachée de Luna, Milan (Macadam), Trans

■ Ami Polonsky, Le secret de Grayson, Albin Michel Jeunesse, Genre

■ Erik Poulet, Jusqu’au Tibet, Ed. Thierry Magnier, H

■ Erik Poulet-Reney, Les roses de cendre, Editions Syros (Les uns les autres), G

■ Deirdre Purcell, Jésus et Billy s'en vont à Barcelone, Ed. J'ai Lu (Librio), G

■ Claude Raucy, Fous pas le camp Nicolas !, Ed. Mémor, sida

■ Christophe Renault, Baignade interdite, Ed. Petit à Petit (Lignes de vie), G

■ Karim Ressouni-Demigneux, Je ne pense qu’à ça, Ed. Rue du Monde, G L

■ Karine Reysset, Cauchemar au collège, Bayard/Je Bouquine, Homophobie

■ Maryvonne Rippert, Différents, Ed. Magnard (Tipik Junior), G

■ Harald Rosenlow Eeg, Caulfield : sortie interdite, Ed. Thierry Magnier, G

■ Isabelle Rossignol, F comme garcon, Ecole des Loisirs (Médium), L

■ Isabelle Rossignol, Je suis pas comme toi, Ecole des Loisirs (Neuf), H

■ Madeline Roth, A ma source gardée, Ed. Thierry Magnier, G Bisexualité

■ Albert Russo, Zapinette chez les belges, Hors commerce (Hors bleu), H

■ Meredith Russo, Celle dont j'ai toujours rêvé, Pocket Jeunesse, Trans

■ Anneke Scholtens, C'était mon ami, Actes Sud Junior, G

■ Jean Noël Sciarini, Le garçon bientôt oublié, Ecole des Loisirs (Médium), Trans

■ Frank Secka, A pic, Ed. Thierry Magnier, G

■ Florence Seyvos, Sans enthousiasme, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Anne-Sophie Silvestre, Une princesse à Versailles, Ed. Flammarion, Castor Poche (Roman à visée documentaire), G

■ Brigitte Smadja, Adieu Maxime, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Brigitte Smadja, Maxime fait un beau mariage, Ecole des Loisirs (Neuf), G

■ Arthur Ténor, A mort l'innocent, Ed. Oskar (Junior), G

■ Arnaud Tiercelin & Ella Coutance, Des lions même pas en cage, Ed. du Pourquoi pas, L HP

■ Cordula Tollmien, Un cœur grand comme ça, Actes Sud junior, L

■ Ragnfrid Trohaug, La fille du squat, Ed. Thierry Magnier, L

■ Sarah Turoche-Dromery, Charly, Ed. Thierry Magnier, Trouble dans le genre>

■ Anita Van Belle, Le secret, Duculot (Travelling), G

■ Anita Van Belle, Les garcons et les filles, Ed. Les 400 coups (Connexion), Trouble dans le genre

■ Ted Van Lieshout, Frère, Ed. La Joie de Lire, G

■ Edward Van de Vendel, All together, Ed. Thierry Magnier, G

■ Anne Vantal, Villa des Oliviers, Seuil (Karactère(s)), G

■ Anne Vantal, Rendez-vous en septembre, Gallimard (Scripto), G

■ Marie-Sophie Vermot, Comme le font les garçons, Ecole des Loisirs (Médium), G

■ Marie-Sophie Vermot, Mais il part..., Ed. Thierry Magnier, G sida

■ Séverine Vidal, Les petites marées, Ed. Oskar (Court Métrage), G

■ Hélène Vignal, Plan B pour l'été, Ed. du Rouergue (DoAdo), G

■ David Walliams, Le jour où je me suis déguisé en fille, Gallimard, H

■ Diana Wieler, Le bagarreur, Ed. Pierre Tisseyre, G

■ Jacqueline Wilson, Kiss, Gallimard (Scripto), G

■ Cathy Ytak, 50 minutes avec toi, Actes Sud Junior, G HP Homophobie

■ Cathy Ytak, Rendez-vous sur le lac, Ed. J'ai lu Jeunesse, L

■ Cathy Ytak, D'un trait de fusain, Ed. Talents Hauts (Les Héroïques), G L sida Act Up Homophobie

■ Cathy Ytak, Les mains dans la terre, Ed. Le Muscadier, G

■ Kelley York, Sous la même étoile : trois cœurs à l'unisson, Ed. Pocket Jeunesse, G

■ Catherine Zambon, La chienne de l'ourse, Actes Sud Junior (D'une seule voix), L

 

DOCUMENTAIRES :

■ Abed Azrié, Claire Forgeot, L'épopée de Gilgamesh, Ed. Albin Michel / Ipomée

■ Association Ex Aequo, Le monde de William, Ed. Association Ex Aequo

■ Nicole Athéa, Parler de sexualité aux ados : une éducation à la vie affective et sexuelle, Editions Eyrolles/CRIPS

■ Patrick Banon, Tabous et interdits, Editions Actes Sud Junior

■ Chusita, Ceci n'est pas un livre de sexe, Nathan Jeunesse

■ Jean-Baptiste Coursaud, L’homosexualité, entre préjugés et réalités, Ed. Milan (Les Essentiels)

■ Thomas Doustaly, Guide du PaCS, Ed. Milan (Les Essentiels)

■ Pierre Forni, Moi, Alexandre, roi de Macédoine, fils de Zeus et conquérant du monde, Ed. Casterman (Moi, mémoires)

■ Geneviève Fraisse, Le mélange des sexes, Gallimard (Giboulées)

■ Hubert et un collectif de dessinateurs, Les gens normaux : paroles de Lesbiennes, Gay, Bi et Trans, Casterman/BD Boum Homophobie

■ Julien Picquart, Le droit d’aimer, combattre l’homophobie, Editions Syros

■ Thierry Robberecht et Fabrice Neaud, Alex et la vie d’après, Association Ex Aequo

■ Didier Roth-Bettoni, L'homosexualité aujourd'hui, Ed. Milan (Les Essentiels)

■ Bruno Spire et Graciela Cattaneo, Le Sida, Le Cavalier Bleu (Idées reçues)

■ Elisabeth Thorens-Gaud, Adolescents homosexuels – Des préjugés à l'acceptation, Editions Favre

■ Anne Vaisman, L’homosexualité à l’adolescence, Ed. La Martinière (Hydrogène)

■ Eric Verdier & Michel Dorais, Petit manuel de Gayrilla à l’usage des jeunes, Ed. H&O Homophobie


Présence de l’absence : l’homosexualité dans le roman jeunesse québécois 1996


Consulter la liste des « Isidor » du site Altersexualite.com (liste arrêtée au 15 janvier 2017)


D’autres chroniques de livres pour la jeunesse, n’entretenant aucun rapport avec une thématique homosexuelle, sont chroniqués sur ce blog, ça et là, dans la rubrique «Livres jeunes». Je laisse à chaque lecteur le soin de les retrouver… par exemple le fameux : Sa Majesté des Mouches de William Golding.

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Jean-Paul, Marcel Guersant (1953)

Publié le par Jean-Yves Alt

Le roman débute dans les années 30, avec le héros – Jean Paul, né en 1912, étudiant en philosophie – en prise à la passion dévorante de Geneviève. Cette dernière ne sait pas que l'homme dont elle est amoureuse est un pédéraste (1).

Le lecteur est immédiatement placé dans les questionnements intérieurs du jeune homme – parfois cru mais conservant toujours une profonde acuité de son vécu. Après un long et profond baiser donné par Geneviève, Jean-Paul s'interroge sur ses sensations qu'il compare avec les baisers qu'il a reçus de garçons. En 1953, quelle audace !

« […] je dois tout de suite reconnaître que ça ne vaut quand même pas un baiser de garçon. […] Il faut bien que je me dise la vérité en face : Si un gars de seize ans m'avait pris comme Geneviève l'a fait tout à l'heure dans le taxi, je n'aurais pas tardé à rechercher activement d'autres précisions. J'aurais immédiatement mesuré le degré d'excitation du petit mâle offert et avouant ainsi son désir. » (p.14)

Après l'épisode de Geneviève, le roman se déroule chronologiquement et raconte la profonde introspection de Jean-Paul : des premiers émois qu'il ressent à 15 ans, au collège, pour Jean Premor, un camarade, à sa mort en 1935. Ce personnage illustre parfaitement bien le thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu.

« Nous naissons dans l'obscur, […] et nous paierons toujours de ne pas savoir qui nous sommes. » (p.35)

Jean-Paul ne manque pas d'interroger ses pulsions par rapport aux théories de Freud dont il a connaissance. Mais il les réfute d'emblée car il n'avait pas été amoureux de sa mère, ni jaloux de son père que, jeune du moins, il n'avait jamais eu l'envie d'égorger ; il n'avait pas éprouvé non plus d'inclinations incestueuses à l'endroit de sa soeur ou de ses frères.

Jean Premor lui permet de se défaire des lourdes ignorances, des inquiétudes imbéciles, des questions qui n'en sont pas. Il lui offre l'occasion d'apprendre sur le sexe ce qu'il faut savoir, sans y ajouter les bêtises fantastiques et imaginaires de la première enfance.

« […] qu'il lui ait proposé d'être son ami ! Ça ne pouvait pas tomber mieux... Ça ne pouvait pas tomber mieux ? Est-ce sûr ? Jean-Paul est saisi d'un frisson. La phrase l'attriste. […] Quelle cruelle ironie, cependant ! Au moment même où naissait la tenaillante pédérastie qui devait l'exclure du monde, faire de lui le paria, l'inférieur, l'homme seul, le gosse se réjouissait. Il découvrait des poisons effroyables et se précipitait dessus. Il se serait battu pour avaler la drogue pernicieuse. » (p.81)

Après Jean, il y aura d'autres garçons qui attireront Jean-Paul : Christian, sombre et ardent comme un matador ; Guy, triste et distingué, romantique et tendre, subtilement féminin ; Louis, qui n'aimait les garçons qu'en attendant d'aller aux filles, brutal et positif et qui se refusait au baiser sur les lèvres ; Rémi, exquis et cérébral, qui distillait en formules heureuses l'analyse de ses émotions et ne jouissait jamais si bien qu'en ses masturbations solitaires ; François-Xavier, sportif délirant, plein de muscles et de santé, et qui se faisait caresser avec le même sourire qu'on lui voyait aux lèvres après un cent mètres bien gagné ; Jacques, dont la bouche était si belle qu'on ne pouvait penser qu'à l'embrasser…

Au printemps de 1932, Jean-Paul se fait interpeller, à la terrasse d'un café, par un détective privé, chargé d'enquêter, à la demande de son père, sur sa vie et sur ses dépenses. L'homme a bien entendu tout découvert des secrets du jeune homme. Comme ce dernier refuse les petits arrangements du détective pour gagner son silence, Monsieur Chargnier père est informé de la vie de son fils.

Quelques jours plus tard, Monsieur Chargnier impose à son fils de quitter la maison et comme il est encore mineur, l'émancipe. Jean-Paul s'installe donc dans un appartement qui lui offre une liberté qu'il n'avait pas jusque-là. Les rencontres peuvent alors se multiplier :

« Soyons francs : au moins deux par semaine. Quelques-uns, cependant, ont émergé du lot et laissé un souvenir : […] Robert, qui a posé son vélo contre la pissotière et s'est immédiatement précipité contre Jean-Paul, l'embrassant comme jamais personne, rigoureusement comme jamais personne. Jean-Paul, ému, lui avait donné rendez-vous pour le lendemain, mais le petit amant fantaisiste et audacieux n'était pas venu […]. Et ce gamin en beige clair, avec lequel pas un mot ne fut échangé et avec qui ce fut si bon, dans ce silence même, pour ce silence, peut-être... Et ce petit Espagnol ou Portugais, Manuel, chaud comme une orange sanguine, qui avait essayé de faire chanter le garçon ; Jean-Paul lui avait flanqué deux gifles et puis, plaquant le môme sur le lit, il l'avait embrassé avec une passion folle ; le petit, sa tentative échouée, s'était immédiatement laissé faire avec une ardeur sans feinte... » (p.115)

Conscient de ce qu'il appelle son détraquement, Jean-Paul veut essayer l'amour hétérosexuel car il estime qu'il n'a pas le droit moral de négliger cette possibilité, de ne pas tenter de se débarrasser de son vice : le lecteur retrouve ainsi l’épisode qui commençait le roman. Avec Geneviève, une seule préoccupation le mobilise et le terrorise :

« Il faut absolument que j'arrive à la baiser. » (p.117)

Il ne faut pas longtemps à Jean-Paul pour comprendre que sa tentative auprès de Geneviève ne répond pas à ses attentes. Même s'il s'est épandu en elle, même si cela a été bon, il a dû faire appel à des images plus musclées, plus membrées, plus vives et plus provocantes que ses sensations présentes. Jean-Paul est maintenant certain qu'il ne connaîtra pas les transports de l'amour avec une femme :

« Ton destin est bien marqué ; et tu dois le jouer dans les zones interdites. » (p.130)

Jean-Paul reprend alors ses rencontres nocturnes. Il attend son enfant du rêve, celui pour lequel l'amour pourra se développer. En attendant, dans les contacts qu'il a avec les garçons d'un soir, il est incapable d'aller au bout, saisi d'inhibitions. Il pense trop avant de jouir. Et cette pensée chaque fois gâte tout son désir, appauvrit tous ses moyens. Il est soumis à cette insupportable dictature de la pensée.

« Est-ce qu'il lui était arrivé une seule fois dans sa vie de désirer sans regret, de chercher sans méfiance, d'oser sans peur, d'esquisser sans trembler ? Est-ce qu'il avait une seule fois joui sans penser à autre chose qu'à la volupté envahissante ? » (pp.171-172)

Un soir, comme à l'accoutumée, Jean-Paul entre dans une vespasienne. Il se déboutonne. L'homme, à côté, ne pisse pas ; Jean-Paul non plus. Ce silence classique assure à chacun que le voisin est un complice. Jean-Paul se recule un peu et touche la main de l'homme muet qui lui prend alors brutalement le bras en le sortant de force de la vespasienne. Jean-Paul reçoit des gifles magistrales. Il est saisi d'une terreur inouïe. Cependant, pour mieux le rosser, l'autre lâche prise. Jean-Paul, comme un fou, court mais l'homme le rejoint :

« Salaud ! Tante ! Enculé ! » (p.173)

Les deux hommes roulent à terre. Jean-Paul tombe sous lui et se fracasse la tête sur la bordure du trottoir. Jean-Paul est transporté à l'hôpital dans un service où l’interne, Pierre Merlin, et le chef de service, le professeur Gossin, sont à l'image du bon samaritain. Les deux médecins sont inquiets : l'état de Jean-Paul fait craindre des séquelles graves dans un futur proche. De plus Jean-Paul, est atteint de la syphilis. Et, la police qui l'a ramassé sur le trottoir, a signalé l'affaire à un juge d'instruction qui l'inculpe d'outrage public à la pudeur (art.330 du code pénal).

« Il pensait, non pas seulement pour excuser ses tergiversations et ses lâchetés, mais aussi parce que c'était conforme à l'ensemble même de sa doctrine, que l'on est moins responsable des défaillances du vouloir que des aveuglements de l'esprit. ? » (p.189)

L'interne, Pierre Merlin, aura jusqu’au bout, la grâce de s'occuper de Jean-Paul. C'est que Pierre est toujours prêt à faire la charité. C'est quelqu'un qui pense qu'opter pour le catholicisme simplifie singulièrement la vie (p.199). Il fait venir un ami avocat qui s'enflamme à défendre Jean-Paul :

« Le rôle de l'avocat est précisément de faire ce qui ne fait pas le Parquet, de discerner si un type vaut vraiment d'être sauvé, s'il sera ou non récidiviste, si le coup qui le fait tomber est une exception, une malchance, un accident. Dans ces cas-là, je défends à outrance, car la condamnation le perdrait définitivement : la prison, les fréquentations abominables des détentions, les promiscuités lui en apprendraient beaucoup plus qu'il n'en a dans la tête, et, à sa sortie, il serait un vrai bandit fabriqué par la Société au nom de sa défense et de sa morale ! ? » (p.192)

Depuis qu'il est dans cet hôpital, Jean-Paul doit s'avouer qu'il n'est déjà plus tout à fait le même bonhomme que celui qui tentait une approche dans une vespasienne. Il reconnaît que c'est à la présence de Pierre Merlin qu'il doit cette évolution.

Mais le professeur Gossin reste très pessimiste sur l'inversion de Jean-Paul :

« Les seules liaisons amoureuses entre la sensation et la jouissance […], il les doit à des garçons. Tout son érotisme est branché sur le mauvais courant. En outre, il est non seulement inverti, mais positivement obsédé ; à mon avis, il est irrécupérable pour une vie amoureuse normale. […] Au point où il en est, le seul remède consiste non à tenter de le normaliser et de redresser ses déviations essentielles, mais d'en faire un garçon sans érotisme du tout. Mais là, mon ami, c'est à vous de jouer avec vos flûtes surnaturelles ; nous, ici, avec les moyens du bord, nous ne pouvons rien en ce domaine, du moins pour l'instant. » (pp.209-210)

Le diagnostic de son chef de service incite Pierre, à parler de Jean-Paul au Père Mermillod, son directeur de conscience : Jean-Paul lui devenant de plus en plus cher à mesure qu'il lui apparaît plus perdu et complexe. Pierre est troublé par tant de misères physiques, morales et psychologiques qui accablent ce garçon pourtant si doué, plein de charme et d'intelligence. Pierre est persuadé que le Père Mermillod, en jouant avec les flûtes surnaturelles suggérées par Gossin, saura apaiser Jean-Paul, devenu son ami. Il en appelle à Dieu :

« Seigneur, je vous en supplie, ayez pitié de Jean-Paul ; n'oubliez pas qu'il est votre enfant ; regardez-le dans la misère où l'a réduit sa nature aveuglée ; regardez-le dans l'abandon terrible où il est perdu. Aidez-le, venez à son secours, apaisez-le. Il est fait pour Vous, il Vous désire sans le savoir. […] Faites-moi souffrir pour lui, afin que je l'aide. Dites-moi ce qu'il faut que je fasse pour lui être secourable, pour l'amener à Vous, pour qu'il Vous réponde et Vous comprenne. Mais ne le laissez pas là où il est. Profitez de ce qui lui arrive en ce moment, Seigneur, pour lui donner un signe ; il en a tant besoin. […] Excusez-moi, mon Dieu, de cette insistance ; mais je voudrais tellement que Vous le guérissiez. » (pp.226-227)

Au procès de Jean-Paul, l'avocat plaide non coupable et n'a pas de mal à démontrer le manque preuve de la matérialité du délit retenu par l'accusation. Le Président du tribunal, finalement, prononce un verdict d'acquittement pur et simple. Jean-Paul peut donc quitter la prison où il est entré à sa sortie de l'hôpital.

Ce qui surprend Jean-Paul que Pierre a conduit chez le Père Mermillod, c'est la façon dont le confesseur lui parle comme s'il était avancé dans les voies spirituelles, ou comme s'il était capable de s'y engager du jour au lendemain, sans considérer que depuis quatre ans et plus il est enfoncé dans le péché mortel le plus croûteux, le plus tenace (p.283) :

« Notre religion, ce n'est ni les Tables de la Loi, ni le Ciel, ni la Théologie, ni la Morale ; c'est le Christ qui est tout cela, mais vivant, attirant, rendu possible et accessible. Il est la vie de l'âme, et il ne faut pas vous étonner de mourir loin de Lui. Jean-Paul, le Christ a transformé l'Humanité toute entière ; ne pourrait-Il vous transformer, vous ? » (p.283)

Bien entendu, le Père ne demeure pas sur les hauteurs : il invite Jean-Paul à poursuivre un travail de philosophie (2) que lui-même avait entamé dans sa jeunesse. Il lui prodigue aussi, avec soin, des conseils détaillés :

« Le péché avec un autre doit être banni rigoureusement et c'est facile parce qu'il requiert toujours, plus ou moins, une participation volontaire et consciente. C'est vrai. Proscrire par conséquent – cela va de soi – toute phrase d'appel, de contact, d'invitation. Rien de plus simple. A ce moment là on est encore en quelque sorte assez froid et maître du bonhomme ; le refus de commencer est plus facile que la décision de s'arrêter. » (p.286)

Ainsi le Père proscrit radicalement à Jean-Paul la fréquentation des lieux où ces choses se passent : les pissotières, toutes, sans exception, parce que le hasard qui fait diaboliquement les choses pourrait un jour le surprendre. Les cinémas aussi ou alors s'installer délibérément entre deux bonnes femmes (p.287) Le métro. Il lui faudra se contenter de l'autobus ou des taxis. Les boulevards, les foires, les fêtes foraines, les petites baraques, les kermesses, tout ça devra être rayé en bloc des tablettes ; sans oublier les champs de courses où les occasions ne sont pas moins fréquentes.

La masturbation est aussi proscrite. En ce domaine, le Père propose à Jean-Paul la confession fréquente, toujours au même prêtre, et suffisamment souvent pour n'avoir jamais deux fautes à accuser dans une même confession. Au même prêtre, parce que la crainte de s'humilier devant le même homme par un même aveu et qui peut, au début, être très fréquemment répété, est de nature à retenir de pécher. […] Et […] ne confesser qu'une seule faute de cette nature par séance, pour ne pas vivre, ne fût-ce que vingt-quatre heures, en état de péché mortel. (p.288)

Jean-Paul est ébloui par cette clarté inconnue. Tant de pénétration psychologique, tant d'humanité mêlée intimement à tant de surnaturel lui paraît absolument admirable.

La prescription du Père Mermillod à Jean-Paul est en tout point conforme au diagnostic du Docteur Gossin pourtant complètement incroyant. Ce rapprochement entre le prêtre et le médecin s'accordent pour juger Jean-Paul incurable. Cette extraordinaire concordance des deux diagnostics établis et des deux méthodes préconisées par deux hommes aussi différents, l'un naturaliste et matérialiste, l'autre moral et religieux et qui ne se sont jamais rencontrés, a pour Jean-Paul une valeur absolue : la conclusion est qu'il ne peut être sauvé que si, par un effort particulièrement ardu, il étouffe en lui tout mouvement érotique, toute vie amoureuse… une totale abdication sexuelle.

Depuis son entrevue avec le Père Mermillod, Jean-Paul a changé complètement son angle de vue ; l'optique nouvelle qui en résulte lui paraît plus authentique. Mais pour combien de temps ? Maintenant, il se rive aux petites choses : la valeur morale, c'est l'accomplissement très simple et très précis des commandements et l'exécution d'abord des devoirs d'état (p.328).

Jean-Paul a bien saisi que le reste de sa vie sera faite d'une continuelle pénitence… A certains moments, il tente de trouver un responsable comme le montre cette révolte contre ses parents :

« Je leur en veux à mort […]. On ne m'avait même pas dit ce qu'était la pureté, ni le prix de la chasteté, ni la gloire de se maintenir vierge. Il fallait que je devine seul ce que pouvait bien signifier les questions de l'examen de conscience dans le livre de messe : "Ai-je commis des actes impurs ?" Je n'ai compris que bien longtemps après les avoir commis […]. Qui m'avait dit qu'à ces jeux je perdrais ma liberté ? Ils m'avaient eu pur entre leurs mains et ils m'ont laissé, muets, me corrompre sous leurs yeux ; et quand ça a été fait, suffisamment pour qu'ils s'en aperçoivent, ils ont feint de le découvrir et de s'en scandaliser. » (p.339)

Jean-Paul est de plus en plus soumis au doute face à la conduite que lui demande le Père Mermillod. Il s'en ouvre à Pierre qui a décidé de devenir prêtre :

« Je vis avec une chape de plomb sur la tête […] Je crois bien, moi, que la vengeance sera terrible et qu'une fois de plus, j'en serai la victime. Ce n'est pas impunément que l'on endigue les fleuves sans en tarir la source. Un jour ou l'autre, ils débordent et emportent, comme des fétus, les maisons riveraines. […] Si encore j'y croyais à cette continence de moi ; elle est une des exigences les plus inouïes, les plus incompréhensibles de la morale. Pourquoi est-ce que c'est défendu ? J'en reviens indéfiniment là ; et indéfiniment, je ne comprends pas. […] Je suis devant cette interdiction comme d'autres devant les affirmations de la Trinité : j'y crois sans en avoir aucune autre raison que la référence à l'Écriture et à l'Enseignement. […] C'est très maigre et pour cela c'est très fragile. […] Je disais l'autre jour au Père Mermillod que ma situation était la moins enviable de toutes ; car quel est mon lot, à moi ? D'une part, je n'ai pas reçu la grâce de la vocation, et, d'autre part, je ne peux pas me marier ; ainsi, je dois rester dans une continence absolue. » (pp.447-448)

Un jour, alors qu'il est en retard à un rendez-vous, Jean-Paul se trouve contraint de prendre le métro. Il rencontre un jeune garçon aux yeux bleus et aux cheveux blonds bouclés : il ne peut s'empêcher de penser qu'il a devant lui son enfant du rêve d'autant que l'adolescent, Philippe, espiègle, n'hésite pas à l'aborder et à le charmer. Jean-Paul et Philippe décident de partir quelques jours en escapade. C'est là que la culpabilité de Jean-Paul refait surface ; il abandonne Philippe et retourne auprès du Père Mermillod pour se confesser. C'est à ce moment qu'il prend conscience d'une dichotomie qui existe en lui, par rapport à la notion de faute :

« J'ai le regret de l'avoir fait, parce que je sais qu'il ne faut pas le faire. J'aimerais mieux, certes, ne l'avoir pas fait. […] Mais je n'en éprouve pas une horreur naturelle […] C'est uniquement à cause de ma foi et de ma soumission à l'Église et de ma volonté pure d'être chrétien, non à cause de ma nature ou de la nature de la chose que je regrette. Je ressens davantage une réprobation extérieure à moi qu'une répulsion personnelle. […] S'il n'y avait ni la morale ni la religion, je ne vois pas, non, je ne vois absolument pas par quel côté je pourrais avoir le moindre regret de tels actes. C'est terrible, mais c'est comme ça. . » (p.400)

Le Père Mermillod oblige Jean-Paul à déménager, et dans un premier temps à revenir chez son père afin que Philippe ne le retrouve pas. Sauf, que Monsieur Chargnier père est un célèbre médecin de la capitale… Philippe ne tarde donc pas à retrouver sa trace. Lors de leur ultime rencontre, Jean-Paul s'épuise en s'interdisant d'évoquer leur amour. Malgré les suppliques de Philippe, Jean-Paul s'en tient à une étreinte chaste. Jean-Paul lui écrit une lettre qu'il renonce au dernier moment à envoyer, estimant que Philippe n'est pas prêt à la recevoir ni à la comprendre. La nuit suivante, Jean-Paul ressent les premiers malaises – séquelles de son agression dans la pissotière – qui vont bientôt l'emporter.

Ce roman que Dominique Fernandez a qualifié de misérabiliste, d'accumulation de poncifs angoissés, de fatras bien-pensant, de ramassis de clichés culpabilisants… est pour moi d'une grande précision psychologique. Il montre les interrogations d'un jeune homme pris entre ses aspirations et les positions de l'Eglise. D'autres auteurs, bien plus connus, n'ont pas eu le courage de Marcel Guersant pour publier – sous leur vrai nom – un roman qui aborde clairement, sans litotes ni allusions tarabiscotées, les désirs homosexuels. C'est avec le cœur serré que j'ai lu ce livre. Et des larmes n'ont pas manqué de monter à plusieurs reprises…

■ Jean-Paul, Marcel Guersant, ditions de Minuit, 1953, 531 pages


(1) Le terme de pédéraste est à replacer dans le contexte de l'époque ; il a le sens d’homosexuel.

(2) Le rôle de l'Incarnation selon la philosophie de Maurice Blondel.

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30 ans de culture gay au cinéma

Publié le par Jean-Yves Alt

AINSI SOIENT-ILS. DE LA VISION UNDERGROUND DES ANNÉES 70 EN PASSANT PAR CELLE, RÉDUCTRICE, DES FOLLES ET DES DRAG-QUEENS, IL AURA FALLU TRENTE ANS POUR QUE LE CINÉMA RENVOIE UNE IMAGE DES GAYS FIDÈLE À LA RÉALITÉ.

Garçon sensible, fêtard bodybuildé, pirate urbain, bobo bi, nana lambda, voisin-voisine, anonyme... Depuis dix ans, le cinéma regarde enfin les gays comme ils sont. L'homo de service a servi, il n'est plus, merci. Et lorsque, sur les écrans, il rencontre son double, tout le monde s'y retrouve. Extrait du Ciel de Paris, de Michel Bena (1992). Marc peine à se déclarer à Lucien : « Mais je suis pédé, tu comprends ? - C'est tout ? » Plus récemment, une scène de Grande École, de Robert Salis (2004), où Mécir coince Paul : « Homo, hétéro, tout ça c'est fini, ça n'a plus d'importance, c'est seulement parce que c'est toi. » Le gay est présent, visible, vivant. C'est un avocat mené par son désir (La Confusion des genres), une cadre sup qui plaque tout pour une effrontée (Un homme, un vrai), un patron (Embrassez qui vous voudrez), un banquier (Pédale douce), un prolo (Beautiful Thing)...

AU COMMENCEMENT ÉTAIT L'HOMO SUBVERSIF...

« L'homosexualité n'est pas un sujet de film, même plus une particularité, elle peut être là ou pas», analyse Gaël Morel, comédien et réalisateur de longs métrages qui en parlent ou pas (A toute vitesse, Les Chemins de l'oued). «Ce qui est intéressant, c'est d'explorer le désir entre deux personnes du même sexe, ajoute David Dibilio, codirecteur du Festival de films gays & lesbiens de Paris [12 000 spectateurs en 2003]. Quels en sont les ressorts ? En quoi est-ce différent ? Quels tabous demeurent ? Les personnages interprétés par Romain Duris dans « 17 Fois Cécile Cassard » ou Eric Caravaca dans « Son Frère » sont à ce titre exemplaires. On ne s'attarde pas sur l'homosexualité en tant que telle mais elle reste une donnée - importante - pour écrire un rôle dans sa singularité et sa profondeur. »

Aujourd'hui, et c'est nouveau, le gay est un créneau, un nouvel eldorado rosé, ou plutôt arc-en-ciel. Il s'étale dans la pub et investit les sitcoms («Avocats & associés», « Queer as folk », « Six feet under », « Oz »...) Le Loft en a fait son vainqueur. Pink TV affiche la couleur. Et tient même salon : le Rainbow Attitude. Au festival de Berlin, les films gays reçoivent un TeddyAward. Très tendance, le gay est in, voire déjà out. Tout le monde en est, y compris Jean Lefebvre au théâtre, dans Pauvre France. Bref, au cinéma comme ailleurs, le gay est partout, et tout le monde s'en fout. Ou presque : en janvier dernier, Sébastien Nouchet a été brûlé vif à Noeux-les-Mines parce qu'il était gay, et SOS Homophobie a recensé 89 agressions en 2003 (41 en 2001-02).

« Le cinéma gay pionnier et underground des années 70 en France et aux États-Unis faisait complètement partie de la contre-culture, d'un mouvement contestataire, note David Dibilio. Les gays cherchaient alors à renverser l'ordre établi, à déstabiliser la bourgeoisie en place. Le mot d'ordre était : "La folle à l'avant-garde de la révolution !" Aujourd'hui, l'homosexuel - dans la société ou au cinéma – est de moins en moins synonyme de désordre social, même s'il conserve par nature quelque chose de toujours subversif que l'on essaie trop souvent de gommer d'ailleurs. » Après l'avoir stigmatisé, le cinéma a banalisé le gay. Et pour certains pas dans le bon sens. « Avant, l'homosexuel était vieux et moche, s'énerve Morel. Désormais, il est jeune, con et sympa. » Une guerre de trente ans qui en paraît cent sépare pourtant « Les Amitiés particulières », présenté avec des patates chaudes dans la bouche aux « Dossiers de l'écran » en 1975 sur Antenne 2, et O Fantasma (de Joào Pedro Rodrigues, 2002), qui raconte la quête « animale » d'un bel éboueur - le film fit courir les gays et suscita des polémiques au sein de la communauté. Dans les années babas cools, la révolution sexuelle est sans doute en marche au Café de Flore et dans le Larzac, mais au cinéma, les homosexuels font leur place cahin, et surtout très caha. À la télé, c'est pire. En 81, « La confusion des sentiments », réalisé par Étienne Perier, est diffusé avec mille précautions : le film, adapté de l’œuvre de Stefan Zweig, raconte la liaison d'un étudiant et de son professeur. «Le bonus est en ce sens éloquent, rappelle Éric Kertudo, éditeur du film en DVD. Dans l'interview de Michel Piccoli [le prof] effectuée par Bouvard pour l'émission "Passez donc me voir", le mot homo n'est jamais prononcé, tout repose sur l'ambiguïté. »

1982 : L'HOMO DÉPÉNALISÉ

L'amour, c'est gay, c'est surtout triste. Malheureux, misérable, ridicule, malade, pervers., psychopathe, criminel, quand il n'est pas strictement banni de l'écran, l'homosexuel vu par le cinéma « hétéro » finit mal. Filmé par des cinéastes homos, le moral n'est pas non plus très haut. Visconti sublime la passion (Mort à Venise), Pasolini la sacralise (Théorème), Fassbinder décortique les bas-fonds de l'âme (Le Droit du plus fort) et, pour Chéreau, l'homo est un vecteur de drame (L'Homme blessé). Il faut plonger dans les folles années 80 pour que Frears, Ivory et Almodovar effacent cette vision pessimiste d'une homosexualité morbide et destructrice, et jettent au grand public des héros bien dans leur peau, cools et conquérants. Entre-temps, en 1982, l'homosexualité a été dépénalisée en France. Un nouveau quartier, le Marais, fait des petits à Paris, et Fréquence Gay secoue la bande FM. Frears, Almodovar, Téchiné période « Roseaux sauvages » et, plus tard, Larry Clark, Gus Van Sant, Todd Haynes vont marquer une génération de réalisateurs homo-érotiques qui, à leur, tour, tournent des films bleus, blancs, roses, caressants et irrévérencieux : Morel, Honoré, Lifshitz, Ozon, Giusti, Ducastel et Martineau. « On pourrait presque deviner ce qu'ils font au lit en regardant leurs films », remarque Vincy Thomas, directeur de publication du site Internet Écran noir, qui a créé, dès 1997, une sous-section Écran rose (Écran rose. Net : www.ecrannoir.fr.). « Ces pages dédiées aux films gays ont été lancées par le bouche-à-oreille au moment de la sortie d' « Happy Together », révèle-t-il. À chaque passage télé d'un film gay, on note des pics de fréquentation. » « Il est enfin possible, surtout à partir des années 90, de montrer qu'homosexualité ne rime pas avec jérémiades, haine de soi et mal être », écrit le cinéaste Yann Beauvais dans le Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes (Larousse). Cette liberté bute hélas sur les années noires du sida. Les gays en bavent dans « Les Nuits fauves » et « Philadelphia » : tandis qu'en France une génération fauve prend de plein fouet le sida, la bisexualité et la mort de Cyril Collard, le monde entier pleure Andrew, alias Tom Hanks - verser une larme sur un homo au Texas reste historique. «Avec ces deux films, on a atteint à la fois un sommet et la fin de la représentation du sida au cinéma, comme si, après, ce n'était plus possible, comme si c'était une étape infranchissable», analyse Didier Roth-Bettoni, rédacteur en chef du magazine gay Illico, critique de cinéma et auteur de L'Homosexualité au cinéma (à paraître en 2005 aux éditions de La Musardine). Alors que New York invente le new queer cinéma, militant, indépendant, frontal, Hollywood embraye sur la gayttitude - Philadelphia et, plus tard, Boy's dont Cry et Monster rapporteront d'ailleurs des oscars à leurs acteurs.

LES ANNÉES 90 : L'HOMO MÉTRO

Une date, 96, marque d'une pierre blanche la dernière décennie. C'est la découverte de la trithérapie. En 1997, la Gay Pride rassemble dans la fête et la douleur 250 000 Parisiens (2 500 en 1992). Le rainbowflag flotte sur le cinéma. C'est le temps de la décrispation, des drag-queens, du fun et des paillettes. « Pédale douce » ; « Gazon maudit » ; « Priscilla, folle du désert » ; « Le Derrière » ; « L'homme est une femme comme les autres » ; « Le Mariage de mon meilleur ami » ; « Birdcage » ; « In et Out » ; « Le Placard »... Les comédies cassent la baraque. Mais c'est « Pédale douce » - refusé à l'époque par tous les producteurs - qui touche le jackpot (4 millions de spectateurs) et devient un phénomène de société.

« C'est un film personnel né d'une vie de nuit menée à Paris, rappelle Gabriel Aghion, qui tourne en ce moment « Pédale dure ». C'était une façon de transcender le chagrin par l'amour de la vie [il a perdu beaucoup d'amis morts du sida]. Je crois que « Pédale douce » a un peu changé le regard des gens sur les gays. Tout à coup, ils avaient l'impression de les fréquenter. Beaucoup m'ont d'ailleurs demandé si le restaurant d'Éva-Fanny Ardant existait vraiment. » Depuis, la thématique gay, entre autres, n'a pas quitté le cinéma d'Aghion : « Le Libertin », « Belle-maman », « Absolument fabuleux »... « L'homosexualité est l'une de mes richesses, dit-il. Mais je ne veux pas être catalogué comme un cinéaste gay. »

« Il n'y a pas d'hétéros, il n'y a que des mecs mal dragués », affirmait Adrien-Patrick Timist dans « Pédale douce ». C'est que l'homme a changé. Le féminisme des femmes à barbe soixante-huitardes a transformé les mentalités. Un nouvel homme, straight, fragile mais «dévirilisé» pour certain(e)s, vacille. Le chêne a laissé la place à un roseau, sauvage certes, mais pas très résistant et qui, aujourd'hui, assume sans se prendre la tête sa part de féminité. L'homme de 2004 soigne son corps, s'épile le torse comme Vincent Cassel : c'est un « métrosexuel ». C'est Edward Norton qui se projette en Brad Pitt dans « Fight Club ». Le cinéma l'effeuille pour séduire un public féminin. Catherine Breillat l'ausculte à la loupe (« Romance », « Anatomie de l’enfer »). Il joue - et il le sait - une carte dans la nouvelle distribution de l'amour, de l'amitié, de la séduction, du désir, du sexe. « Ce qui m'intéresse, avoue Gilles Taurand, l'un des scénaristes les plus marquants du cinéma français, ce ne sont pas des personnages convaincus de leur sexualité mais la façon dont ils se débrouillent avec. J'aime explorer la part d'ombre et de refoulement, les changements d'axes, les interdits, les fragments de vérité qui font basculer le désir. » Taurand, qui se définit avec humour comme un « troublologue », a écrit « Les Roseaux sauvages », « Nettoyage à sec », « L'homme est une femme comme les autres », « Une affaire de goût »... Autant de scénarios qui tournent autour des courts-circuits d'un héros. « Les scènes de ménage d'un petit couple homo ne m'intéressent pas, dit-il, mais je ne condamne pas pour autant les films qui véhiculent ce message. »

QUE RESTE-T-IL DE NOS ANNÉES FOLLES ?

Convaincre les comédiens d'interpréter ces hommes et femmes qui doutent et sortent du cadre est une sinécure. Pour une Deneuve roulant une pelle à Ardant (8 Femmes), pour un Berling (Nettoyage à sec), un de Caunes (L'homme est une femme...), un Darmon (Pédale dure), combien de non! Tenue de soirée, Les Nuits fauves, Nettoyage à sec essuient une hécatombe de refus. Les films qui ne distribuent pas des pédés musclés ou des chochottes tendance Chouchou (La Cage aux folles des années 2000), bref des caricatures auxquelles on ne peut s'identifier (quoique...), dérangent encore considérablement. Peur du qu'en-dira-t-on, de la famille, de l'entourage. Christian Faure a tourné pour France Télévision « Juste une question d'amour », une histoire d'amour contrariée entre deux jeunes étudiants. « Ce casting aura été le plus difficile de tous mes films de télévision, expliquait-il à l'époque. J'ai compris qu'il était plus facile de jouer un criminel nazi ou un tueur d'enfants qu'un homosexuel anonyme. » Diffusé en 2000 et distribué en DVD par Antiprod, le film est devenu culte dans le milieu homo, a fait deux fois la couverture d'Illico et suscité de multiples forums sur le Net. Son héros, Cyrille Thouvenin (vu dans La Confusion des genres), est une icône gay. Antiprod est l'une des cinq sociétés de DVD spécialisées dans les films gays et a produit, entre autres, la série de courts métrages « Courts mais gays ». Car les films gays explosent en DVD. « Ils sortent ou pas en salles, tournent dans les festivals puis connaissent une nouvelle carrière en DVD », note Eric Kertudo de WE &Co. Cette société a développé pour StudioCanal, la collection Rainbow (une vingtaine de références dont « Ma mère préfère les femmes » et « Ma Vraie Vie à Rouen »). « Mais les gays ne consomment pas forcément gay, ajoute-t-il. Les séries "Six feet under" et "Will & Grâce" ont été des flops à la vente. Par contre, le visuel peut déclencher un achat spontané. » L'affiche de « Presque rien », de Sébastien Lifshitz, signée Pierre et Gilles et largement placardée dans le Marais, a compté pour la carrière cinéma et vidéo du film (30 000 DVD écoulés). « L'image a ciblé et presque ghettoïsé le film », note Lifshitz. Un cinéma labellisé, c'est-à-dire gay pour gays (films d'horreur, policier, trash, kungfu), a trouvé son public, mais existe-t-il pour autant un cinéma gay ? « Ce serait ridicule de réduire un cinéaste à sa préférence sexuelle ou à sa couleur de peau », balaie Lifshitz. « La sexualité des réalisateurs n'intéresse pas le public », lance pour sa part Morel qui préfère se définir comme un metteur en scène homophile, aimant filmer les hommes. C'est lui qui a levé un tabou dans le cinéma en cadrant des personnages de beurs gays. Choisir les mêmes acteurs (Stéphane Rideau, Salim Kechiouche, Yasmine Belmadi...), c'est un peu le seul point commun entre Ozon, Morel et Lifshitz. Une nouvelle vague de films gays américains surfe sur l'effet P.A.C.S. ou sur le mariage à la californienne, et les scénarios déclinent en boucle des affaires d'adultères et de réconciliations. Une vague de coming-out adolescents a fait long feu sur les écrans. Le cul alterne avec le cul-cul. « L'homosexualité étant anecdotique pour la plupart des réalisateurs occidentaux, du coup, c'est la télé qui se charge de sujets tels que l'homoparentalité ou l'adoption, explique Didier Roth-Bettoni. En réaction, les cinéastes se tournent vers la transsexualité pour redonner une vitalité à l'identité sexuelle. » Gaël Morel, lui, a une position plus radicale : « Gay signifie good as you [aussi bien que vous], un slogan lancé par l'arrière-garde des seventies. Ce qui m'intéresse, c'est bad as you. Car représenter des gays acceptables, c'est miser sur la bêtise des gens. Moi, je ne pense pas à donner une bonne ou une mauvaise image de l'homosexuel, je ne fais pas de la pub. L'idée qu'il faut éduquer le regard, c'est rouge, maoïste, con. Le coming-out, c'est bon pour "Ça se discute". Le cinéma repose sur des personnages compliqués, troubles. » Des hommes, des vrais.

Magazine Première n°326, Hugo Deschamps, avril 2004

· SÉBASTIEN LIFSHITZ, RÉALISATEUR DANS "WILD SIDE" : IL FILME LE CORPS POUR RACONTER L'INDIVIDU

« Quelque chose se durcit dans la société. En réaction à ce retour moral, j'ai voulu radicaliser mon désir de cinéma. Wild Side est le portrait intime de trois marginaux qui incarnent pour moi une forme de liberté : Stéphanie, un jeune transsexuel, un immigré clandestin et un prostitué maghrébin. Ce trio improbable monte dans le Nord pour assister à l'agonie de la mère du transsexuel. Ils sont au bord du gouffre, mais ce lien affectif profond les aide à vivre. Le récit est fragmenté car j'aime laisser une place au spectateur pour qu'il puisse imaginer un au-delà du film et des personnages. Mon obsession des corps est une façon d'évacuer la parole. Je filme le corps pour raconter l'individu. La question centrale reste pour moi l'identité : ce que l'on est ne va pas de soi. Il faut se construire. Au départ, Stéphanie est un homme, mais elle ne s'est jamais pensée comme telle. Ce qui la compose, ce sont ces fragments qu'elle va rassembler. J'ai pensé à David Bowie, à Lou Reed qui ont porté la question de la masculinité à ses limites. Pendant l'écriture de Wild Side, un sexologue m'a démontré combien les classifications habituelles - hétéro, bi, homo - étaient inefficaces pour balayer le spectre de l'identité psychique et sexuelle. »

· GAËL MOREL, RÉALISATEUR "LE CLAN" EST LE FILM QU'AUCUN CINÉASTE N'A JAMAIS OSÉ FAIRE

« Pour moi, Le Clan est un film extrême, mais je l'ai aussi voulu assez public. L'histoire a une dimension mélodramatique comme dans Rusty James et Outsiders, de Coppola. Elle parle d'une fratrie, avec un grand frère qui va décevoir et un petit frère qui ne trouve aucun modèle. Un des tabous au cinéma reste le corps masculin. Cela m'a donc intéressé de filmer des corps : gauches, accidentés, en formation, usés... De montrer tous les états de la masculinité et de la décliner sous toutes ses formes : l'ami, le frère, le père, le macho, qui se tape même les travestis. Ensuite, lorsque l"un des personnages aura répondu à cette question de la masculinité, la femme apparaîtra, comme dans un western, et sa dimension sera gigantesque... J'ai voulu affronter mon désir au-delà de la raison. Faire le film qu'aucun cinéaste homosexuel n'a jamais osé faire. Le Clan, c'est aussi la fin d'une trilogie après À toute vitesse et Les Chemins de l'oued. Après, je m'attelle à une comédie. »

· GABRIEL AGHION, RÉALISATEUR SON "PÉDALE DURE" SERA UNE PHOTOGRAPHIE DES GAYS D'AUJOURD'HUI

« J'ai longtemps refusé de faire un Pédale douce 2. D'ailleurs, Pédale dure n'est pas une suite, plutôt un deuxième volet. J'estimais avoir été au bout de ce que j'avais à dire et je ne voulais pas transformer un succès en bizness. On m'a quand même tout proposé, des T-shirts aux séries télé. J'ai tout refusé. Puis sept ans ont passé. Les temps ont changé. Le maire de Paris est gay, le ministre de la culture aussi; le P.A.C.S., dont je parlais dans Belle-maman, est entré dans les mœurs. J'ai des choses à dire, qui étaient irracontables dans les années 90. Pédale dure sera une photographie des gays d'aujourd'hui. J'ai écrit le scénario avec Bertrand Blier. C'est un Mozart, il a le sens du dialogue comme Prévert, avec ce côté caustique, un peu cruel. Deux histoires d'amour s'y croisent, l'une entre Michèle Laroque, qui fait le lien entre les deux films, et Jacques Dutronc; l'autre entre Gérard Darmon et Dany Boon. Darmon est un peu le clown blanc, il est insupportable. Dany Boon est le Bourvil du couple. Il regarde Darmon comme si c'était Adriana Karembeu. Pédale dure est la belle histoire de quatre personnages qui auraient pu voir leur vie foutue mais qui ont fait le pari de la conduire et non de la subir. »

FILMOGRAPHIE :

■ 1964 Les amitiés particulières Jean Delannoy

■ 1969 Théorème Pier Paolo Pasolini

■ 1971 Mort à Venise Luchino Visconti

■ 1974 Le droit du plus fort Rainer Werner Fassbinder

■ 1978 La cage aux folles Edouard Molinaro

■ 1981 La confusion des sentiments Etienne Périer

■ 1983 L’homme blessé Patrice Chéreau

■ 1986 My beautiful Laundrette Stephen Frears

■ 1986 Tenue de soirée Bertrand Blier

■ 1988 La loi du désir Pedro Almodovar

■ 1992 My own private Idaho Gus Van Sant

■ 1992 Les nuits fauves Cyril Collard

■ 1994 Philadelphia Jonathan Demme

■ 1994 Les roseaux sauvages André Téchiné

■ 1995 Gazon maudit Josiane Balasko

■ 1995 Priscilla, folle du désert Stephen Elliott

■ 1996 Pédale douce Gabriel Aghion

■ 1996 Beautiful thing Hettie MacDonald

■ 1998 L’homme est une femme comme les autres Jean-Jacques Zilbermann

■ 2000 Presque rien Sébastien Lifshitz

■ 2000 Boys Don’t Cry Kimberly Peirce

■ 2000 La confusion des sentiments Ilan Duran Cohen

■ 2004 Monster Patty Jenkins

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