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Articles avec #citations tag

Déclaration énigmatique de Stendhal

Publié le par Jean Yves Alt

« Je vois avec plaisir que je suis encore susceptible de passion. […] J'étais [au théâtre] à côté d'un jeune officier russe [...]. Cet aimable officier, si j'avais été femme, m'aurait inspiré la passion la plus violente, un amour à l'Hermione. J'en sentais les mouvements naissants ; j'étais déjà timide. Je n'osais le regarder autant que je l'aurais désiré. Si j'avais été femme, je l'aurais suivi au bout du monde. Quelle différence d'un Français à mon officier ! Quel naturel, quelle tendresse chez ce dernier ! »

Stendhal (Henri Beyle, dit)

Journal, 26 mai 1814

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Seul, à deux ou à plusieurs par Léonard de Vinci

Publié le par Jean-Yves Alt

« Encore que la prospérité du corps ne nuise pas à celle de l'esprit, le peintre ou le dessinateur doit être solitaire, surtout pendant les périodes de ses spéculations et recherches qui sans cesse se présentent à ses yeux, qui enrichissent sa mémoire et qu'il met en réserve. Si tu es seul, tu seras tout à toi, si tu as un compagnon, tu ne t'appartiendras qu'à moitié, et même moins selon l'indiscrétion de son commerce. Si vous êtes plusieurs, l'inconvénient augmente. Tu as beau dire : je ferai à ma guise, je resterai à part pour mieux chercher la forme des choses naturelles, je te le dis, tu n'y réussiras pas car tu ne pourras fermer l'oreille à leurs bavardages... »

Léonard de Vinci

in Léonard de Vinci ouvrier de l'intelligence, Claude Bérence, Payot, 1938

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Respect légitime dû aux minorités par Roland Barthes

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans un livre d'entretiens, Le grain de la voix (Seuil, 1981), Roland Barthes évoquait la façon dont il vivait son homosexualité :

« Je n'ai jamais vraiment souffert de l'interdit sexuel, bien qu'il pesât, il y a quarante ans, beaucoup plus lourd qu'aujourd'hui. [...] Ce qui me faisait souffrir, ce n'était pas d'être interdit mais d'être refusé. »

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Aphorismes sur le mariage par Olivier Hervy

Publié le par Jean-Yves Alt

Après la cérémonie de mariage, le maire offre au couple un livre sur l'histoire locale comme pour lui signifier que c'en est désormais fini des romans d'aventure et des histoires d'amour. (p. 29)

Les mariés qui se rendent à l'église en calèche trahissent ainsi que cette cérémonie est d'une autre époque. (p. 36)

Le Salon du Mariage a lieu le même jour que le Salon de l'Érotisme à deux coins du département, comme pour nous obliger à choisir notre camp. (p. 49)

Les mariés qui arrivent à l'église à l'arrière d'une voiture de luxe révèlent que la vie qu'ils vont mener tout les deux n'est pas celle qu'ils souhaitent. (p. 68)

« Ce sera château et robe blanche ! Je me marie ! Je ne fais pas les choses à moitié ! », me dit A. qui en effet tombe entièrement dans le cliché. (p. 69)

• éditions Pierre Mainard, 72 pages sous couverture à rabats, février 2014, ISBN : 978-2913751514, 11€

Pierre Mainard, éditeur
11, boulevard de Gaujac - 47600 NÉRAC
mainardeditions@free.fr / Fax : 05 53 65 93 92

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L'homosexualité dans « La philosophie dans le boudoir » de Sade (1795)

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans « La philosophie dans le boudoir », on trouve dès les premières pages un discours sur l’homosexualité. A cette époque révolutionnaire, où la bourgeoisie est instituée, la « bougrerie » (avoir des mœurs de sodomite) est associée aux aristocrates. Le Chevalier de Mirvel fait un éloge de l'« homosexualité » alors que pour les révolutionnaires, seule l'hétérosexualité peut être triomphante : le Chevalier de Mirvel s'en prend aux Don Quichotte de ces goûts ordinaires. Il dit à la fois accepter tous les goûts et, en même temps, établit une hiérarchie entre les goûts naturels et ceux de l'homosexuel, en qualifiant ces goûts de « bizarres » et de « singuliers », ce qui sous-entend que l'homosexuel reste contrefait, non normal.

Le Chevalier : « Je ne te cacherai point mes extravagances avec lui : tu as trop d'esprit pour les blâmer. Dans le fait, j'aime les femmes, moi, et je ne me livre à ces goûts bizarres que quand un homme aimable m'en presse. Il n'y a rien que je ne fasse alors. Je suis loin de cette morgue ridicule qui fait croire à nos jeunes freluquets qu'il faut répondre par des coups de canne à de semblables propositions ; l'homme est-il le maître de ses goûts ? Il faut plaindre ceux qui en ont de singuliers, mais ne les insulter jamais : leur tort est celui de la nature ; ils n'étaient pas plus les maîtres d'arriver au monde avec des goûts différents que nous ne le sommes de naître bancal ou bien fait. Un homme vous dit-il d'ailleurs une chose désagréable en vous témoignant le désir qu'il a de jouir de vous ? Non, sans doute ; c'est un compliment qu'il vous fait ; pourquoi donc y répondre par des injures ou des insultes ? Il n'y a que les sots qui puissent penser ainsi ; jamais un homme raisonnable ne parlera de cette matière différemment que je ne fais, mais c'est que le monde est peuplé de plats imbéciles qui croient que c'est leur manquer que de leur avouer qu'on les trouve propres à des plaisirs, et qui, gâtés par les femmes, toujours jalouses de ce qui a l'air d'attenter à leurs droits, s'imaginent être les Don Quichotte de ces droits ordinaires, en brutalisant ceux qui n'en reconnaissent pas toute l'étendue. »

Donatien Alphonse François de Sade, « La philosophie dans le boudoir » ou Les instituteurs immoraux - Dialogues destinés à l'éducation des jeunes demoiselles

Premier dialogue entre Mademoiselle de Saint-Ange et le Chevalier de Mirvel, Londres, 1795

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