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Articles avec #citations tag

Louis II de Bavière vu par Marcel Schneider

Publié le par Jean-Yves Alt

« Louis II était de ces hommes pétris de chimères, à la sensibilité excessive, qui ont besoin d'être amoureux pour goûter à l'amitié : ils la confondent avec l'amour. Conscients de leur singularité, ils veulent rester ceux qui aiment le plus, le mieux. Encore faut-il que l'ami se prête à cet amour fabuleux et accepte d'incarner le mythe... Il transposait l'amour courtois dans les rapports de suzeraineté. Ce qu'était la dame pour le chevalier dans les romans de Chrétien de Troyes, c'est-à-dire un objet inaccessible d'amour et d'admiration, une occasion de montrer son obéissance, sa valeur et sa fidélité, le suzerain le devient pour le vassal dans l'éthique amoureuse inventée par Louis II. Le vassal doit avoir la foi, croire en son suzerain comme en Dieu, se reposer de tout sur lui et vivre spirituellement en lui. Le serment d'allégeance, ce don de soi d'homme à homme, se fait par la vertu de la parole qui engage et par celle de l'élan du cœur. Il y a là une communion aussi émouvante que le partage charnel, elle maintient les droits de la solitude et cette distance qui doit demeurer entre le suzerain et son sujet. Seul un homme comme Wagner pouvait répondre à l'exigence royale : aussi Louis II lui conserva-t-il sa grâce jusqu'à la mort. »

Marcel Schneider

in Wagner, Editions du Seuil/Points-Musique, 1989, ISBN : 2020105268

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Déclaration énigmatique de Stendhal

Publié le par Jean Yves Alt

« Je vois avec plaisir que je suis encore susceptible de passion. […] J'étais [au théâtre] à côté d'un jeune officier russe [...]. Cet aimable officier, si j'avais été femme, m'aurait inspiré la passion la plus violente, un amour à l'Hermione. J'en sentais les mouvements naissants ; j'étais déjà timide. Je n'osais le regarder autant que je l'aurais désiré. Si j'avais été femme, je l'aurais suivi au bout du monde. Quelle différence d'un Français à mon officier ! Quel naturel, quelle tendresse chez ce dernier ! »

Stendhal (Henri Beyle, dit)

Journal, 26 mai 1814

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Seul, à deux ou à plusieurs par Léonard de Vinci

Publié le par Jean-Yves Alt

« Encore que la prospérité du corps ne nuise pas à celle de l'esprit, le peintre ou le dessinateur doit être solitaire, surtout pendant les périodes de ses spéculations et recherches qui sans cesse se présentent à ses yeux, qui enrichissent sa mémoire et qu'il met en réserve. Si tu es seul, tu seras tout à toi, si tu as un compagnon, tu ne t'appartiendras qu'à moitié, et même moins selon l'indiscrétion de son commerce. Si vous êtes plusieurs, l'inconvénient augmente. Tu as beau dire : je ferai à ma guise, je resterai à part pour mieux chercher la forme des choses naturelles, je te le dis, tu n'y réussiras pas car tu ne pourras fermer l'oreille à leurs bavardages... »

Léonard de Vinci

in Léonard de Vinci ouvrier de l'intelligence, Claude Bérence, Payot, 1938

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Respect légitime dû aux minorités par Roland Barthes

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans un livre d'entretiens, Le grain de la voix (Seuil, 1981), Roland Barthes évoquait la façon dont il vivait son homosexualité :

« Je n'ai jamais vraiment souffert de l'interdit sexuel, bien qu'il pesât, il y a quarante ans, beaucoup plus lourd qu'aujourd'hui. [...] Ce qui me faisait souffrir, ce n'était pas d'être interdit mais d'être refusé. »

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Aphorismes sur le mariage par Olivier Hervy

Publié le par Jean-Yves Alt

Après la cérémonie de mariage, le maire offre au couple un livre sur l'histoire locale comme pour lui signifier que c'en est désormais fini des romans d'aventure et des histoires d'amour. (p. 29)

Les mariés qui se rendent à l'église en calèche trahissent ainsi que cette cérémonie est d'une autre époque. (p. 36)

Le Salon du Mariage a lieu le même jour que le Salon de l'Érotisme à deux coins du département, comme pour nous obliger à choisir notre camp. (p. 49)

Les mariés qui arrivent à l'église à l'arrière d'une voiture de luxe révèlent que la vie qu'ils vont mener tout les deux n'est pas celle qu'ils souhaitent. (p. 68)

« Ce sera château et robe blanche ! Je me marie ! Je ne fais pas les choses à moitié ! », me dit A. qui en effet tombe entièrement dans le cliché. (p. 69)

• éditions Pierre Mainard, 72 pages sous couverture à rabats, février 2014, ISBN : 978-2913751514, 11€

Pierre Mainard, éditeur
11, boulevard de Gaujac - 47600 NÉRAC
mainardeditions@free.fr / Fax : 05 53 65 93 92

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