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Articles avec #citations tag

Saint Thomas d'Aquin : parole inattendue…

Publié le par Jean-Yves Alt

« L'amour transformant l'amant dans l'aimé fait entrer l'amant à l'intérieur de l'aimé et vice versa. »

Saint Thomas d'Aquin

[Commentaire du Livre des Sentences]

■ in Dictionnaire inattendu des citations, Alain Dagnaud et Olivier Dazat, Editions Hachette, 1992, ISBN : 2010177363

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Appropriation personnelle du mythe de Gilgameš par Anne-Marie Beeckman

Publié le par Jean-Yves

« Tu es venu pour rien, Gilgameš.

Tu es nu, tu dépèces les bêtes.

Tu penses le long, le loin,

et tu veux que ton corps les éprouve.

Folle issue du tourment,

tu es une bulle

qui crève l’argile.

 

La mort !

Tu n’as que ce mot à la bouche.

Elle vient

et les roseaux se couchent

dans la cannaie.

Le bitume et l’asphalte

obturent-ils ta porte ?

Elle passe. » (page 70)

 

Anne-Marie Beeckman

 

in Gilgameš, Pierre Mainard éditeur (14 pl. Saint-Nicolas 47600 Nérac), décembre 2008, ISBN : 9782913751415, 12€

 


Catalogue des éditions Pierre Mainard


Lire aussi : L'épopée de Gilgamesh - L'Histoire de Gilgamesh, Pierre Grimal - Hassan Massoudy

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Fringale d'amours, Marcel Jouhandeau

Publié le par Jean-Yves

« A propos de chacun de mes amours, j'ai toujours dit que je voudrais qu'il fût le seul ou le dernier, mais comment renoncer à ma curiosité, à cette fringale d'intelligence qui me pousse à vouloir tout connaître, tous les êtres dont chacun n'est semblable à un autre ni dans sa forme ni dans son fonds et dont chacun me révèle je ne sais quoi de singulier. »


Marcel Jouhandeau


■ in Pages Egarées, Editions Pauvert, 1980, ISBN : 272020157X, page 114


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Communion absolue par Philippe Besson

Publié le par Jean-Yves Alt

« L'après-midi, pour tenter d'échapper à la malédiction de cette canicule, nous filons nous baigner. […] Voilà, Paul a un corps d'homme. Un sexe d'homme.

Je n'ai rien vu venir. Je ne me suis rendu compte de rien. Je n'ai pas prêté attention aux changements intervenus dans sa constitution. Tout à coup, cette métamorphose m'apparaît, elle me saute aux yeux, elle est immanquable. […]

Je vois un sexe d'homme pour la première fois. Je n'ai pas été précoce, je le concède. Mais quand on n'a pas de père, il est des choses qu'on apprend à retardement. Et, quand on habite un État du Sud, celles de la « volupté » sont entourées d'un puissant secret, ou enterrées profond. On n'en parle pas. C'est tabou. Ou c'est sale. Ou pas convenable. […]

Du coup, je ne suis presque pas surpris (à rebours) d'avoir été confronté à la réalité de la chair à ce moment précis. Car ce corps nouveau, celui de Paul, n'est pas seulement l'aboutissement d'une transformation, il est aussi le commencement de la sensualité.

Sur le moment, je trouve cela beau, un sexe de jeune homme. Quinze années ont passé et je continue de trouver cela beau. Non, décidément, je ne fais pas partie de ces types que les corps masculins rebutent, qui grimacent de dégoût, avec des moues parfois si appuyées qu'elles finissent par en devenir suspectes. Au contraire, je suis capable de contempler mes semblables et de leur trouver du charme. Je n'ai jamais franchi la frontière, même si l'occasion s'est présentée. Je ne suis jamais allé jusqu'à l'étreinte. Peut-être parce qu'il ne s'agissait chez moi que d'une faculté à regarder, à reconnaître, et pas d'une attirance.

Il y a autre chose aussi, mais que j'ai compris plus tard. Si je ne suis pas allé vers les hommes, c'est parce que j'avais Paul. […]

Si mon premier sentiment a été de nature esthétique, le deuxième porte un nom simple : l'envie, Je dis bien envie et non désir. L'envie des enfants qui aperçoivent un gâteau dans la vitrine d'une boulangerie et le réclament immédiatement à leur mère, qui repèrent un jouet dans un catalogue et se livrent à des manœuvres redoutables pour l'obtenir, qui découvrent leur meilleur ami sur un vélo flambant neuf et souffrent en silence de ne pouvoir se prévaloir d'une aussi fière monture. Oui, cette envie-là. […]

Quand ses yeux daignent enfin se poser sur moi, ils fixent forcément un être misérable, recroquevillé dans l'eau, les mains repliées sur le bas du ventre, la chair de poule courant sur les bras.

En un éclair, il mesure ma stupéfaction, mon émotion et mon désarroi. Mon bouleversement. Aussitôt, son sourire s'estompe pour laisser place à une expression très douce, presque compatissante, qui n'est pas de la pitié mais bien le signe d'une affection intense. D'un amour peut-être. […]

Il nage dans ma direction, me contourne, se faufile derrière moi puis s'immobilise. Il se tient là, contre mon dos, sans prononcer un mot. Je ne bouge pas. Je pourrais me retourner, m'inquiéter de sa présence, si près de moi, croire à une menace, chercher à m'en éloigner pour ne rien risquer. Mais non. Je comprends qu'il convient de ne pas bouger. Que c'est une cérémonie.

Paul m'enlace, il passe ses bras autour de moi, les referme sur mon torse, pose son menton sur mon épaule, sa joue touche la mienne, il ne dit rien. Nous avons de l'eau jusqu'aux hanches.

Est-ce que vous voyez l'image ?

Je sens sa peau mouillée, ruisselante contre moi, ses cheveux qui dégoulinent, et son sexe qui frotte contre mes fesses. Mon cœur qui cogne sous son étreinte. C'est un moment de communion absolue. »

in La trahison de Thomas Spencer, Philippe Besson, Éditions Julliard, janvier 2009, ISBN : 9782260017707, pp. 76/81

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Identité féminine par Dominique D.

Publié le par Jean-Yves

Richard Rein est l'auteur du film intitulé Apparence féminine, sur Jean-Paul qui ne s'est jamais reconnu dans le sexe masculin et qui est devenu lui-même en se donnant l'identité d'une femme : Dominique...




Elle s'explique dans ce film sur cette transformation :


« ... Avant, j'avais un prénom de garçon : Jean-Paul et ça fait très drôle de dire ça, ça paraît très très loin. »


« J'aimais le rêve, j'aimais les bijoux, j'aimais les toilettes des femmes dans les opérettes mais le monde de la femme, ça me semblait beaucoup plus tendre et il me semblait que c'était mon univers à moi. »


« On attend de toi que tu sois un garçon, que tu fasses ta vie d'homme et finalement c'est tellement contradictoire avec toi. Alors j'ai voulu que mon apparence coïncide avec l'intérieur puisque c'est ce qui gêne les gens en fin de compte... Ce que j'aime beaucoup chez l'homme africain, c'est sa grande tendresse, le contraste entre une certaine virilité apparente et une grande tendresse, je trouve ça très émouvant. »


« Je crois que la féminité, la seule vraie féminité, c'est le fait de porter les enfants, c'est la seule chose qui différencie la femme de l'homme, autrement, je pense qu'il y a des différences qui sont sociales, qui sont d'éducation. »


« S'il avait une castration qui se transforme en un vagin réel qui remplisse toutes ses fonctions d'organe féminin reproducteur, bon, on l'accepte la castration, mais pour un élément d'apparence esthétique... Je crois que psychologiquement c'est difficile parce que irréversible et insatisfaisant. »


« Je veux toujours séduire, c'est le côté star... Je veux être bien le plus longtemps possible, je me ferai refaire le nez. Je me ferai... Je pense que je vais bien vieillir. Plus ça va, plus je réalise ce que j'ai envie d'être Je crois que la vie a de bonnes surprises pour moi. »


« Avant tout, je cherche l'amour de quelqu'un, je veux donner de l'amour à quelqu'un et je ne pense pas que ce soit lié à l'absence d'un vagin ou d'un sexe masculin. »


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