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Articles avec #citations tag

Pessimisme mélancolique

Publié le par Jean-Yves

« Se résigner à la tristesse, qui devient fatalement le pain quotidien de tout être intelligent, et regarder plus haut pour ne pas s'impatienter. »


Reynaldo Hahn


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Les amants

Publié le par Jean-Yves

Nous deux, les amis, l'un à l'autre attachés,
Jamais l'un sans l'autre,
Montant et descendant les routes, faisant des voyages au Nord et au Sud,
Jouissant de notre force, bras tendus, la main dans la main.
Armés et sans peur, mangeant, buvant, dormant, aimant,
Ne reconnaissant pas d'autre loi que nous-mêmes, naviguant, flémardant, volant, menaçant,
Faisant peur aux avares, aux valets, aux prêtres, respirant l'air, buvant de l'eau, dansant sur l'herbe et sur les plages,
Chantant avec les oiseaux - nageant avec les poissons - laissant pousser des branches et des feuilles avec les arbres.
Torturant les villes, méprisant le bien-être, nous moquant des règlements, pourchassant la faiblesse,
Menant à bien notre razzia.


Walt Whitman, Calamus


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Tous les livres sont écrits à l'intention d'un ami qui ne nous a pas sauvé la vie

Publié le par Jean-Yves

mais qui, quand il aura lu, va forcément le faire ou passer pour un minable.


Ecrire, c'est dénoncer comme des traîtres et des assassins en puissance, ceux qui ne feront rien après avoir lu, ceux qui ne changeront jamais.

[…] Si tu commences à lire, d'entre les pages, je vais jaillir dans tes bras, tu es prêt ? Et là tu vas m'accueillir, comme je le fais moi, me tenir comme je te tiens moi, sinon tu seras l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, et moi je ne pourrai pas sauver la tienne. Les soins se prodiguent à double sens. Ce n'est pas christique, c'est protocolaire, c'est un contrat. Un engagement.

Chaque fois qu'on saisit un livre, un vrai, on prend le risque et l'engagement de tenir et d'être tenu par un homme ou par une femme.


Christine Angot, TÊTU n°108, février 2006, page 148


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Mon sida par Jean-Paul ARON (1925-1988)

Publié le par Jean-Yves


Quelques phrases extraites de l'interview de Jean-Paul Aron au Nouvel Observateur en 1987 :



« Car si j'ai eu de grandes amours, des désirs intenses, je n'ai pas très bien réussi dans la vie, ni dans l'amour, ni le désir. »


« Ma vérité, c'est que je suis un faisceau de culpabilités dans lequel l'homosexualité pèse lourdement mais pas uniquement. »


« Le sida reste la maladie des homosexuels malgré la découverte de l'épidémie en Afrique noire, autre preuve de malédiction. »


« En supplément de la honte, le sida provoque une réaction particulière : la peur jusqu'à la stupidité... On redoute les contacts, les baisers parfaitement inoffensifs. »


« L'homosexualité est une forme de déviation, de marginalité que le corps social peut supporter sans l'avaliser jusqu'au bout. Le sida réintroduit la condamnation. »


« Je continue pourtant à penser que les médecins se sont pris au jeu du sida, qu'ils se sont précipités sur ce créneau pour réanimer leur pouvoir symbolique, cette aura qui ne se définit ni par l'argent, ni par la capacité technicienne. »


« Dès le premier instant, par son exhibitionnisme, la presse a fait plus de mal que de bien. Elle a tout de suite insisté sur les victimes homosexuelles. »


« Je ne voulais pas admettre que j'étais menacé par le sida et que je menaçais les autres. Je reconnais qu'il a fallu un certain temps pour que je prenne des précautions dans l'acte sexuel. Je n'ai accepté de subir le test de dépistage qu'au moment de la première alerte. »


« Personne ne peut prétendre vivre la marginalité dans le bonheur. On peut simplement parfois en éprouver une jouissance, je pense l'avoir quelquefois ressentie. »


« C'était sans doute folie, peut-être inauthenticité, mais je ne me suis jamais senti homosexuel. La maladie seule m'oblige à convenir que j'appartiens existentiellement et socialement à cette catégorie. »


■ Le Nouvel Observateur n°1199 du 30 octobre 1987


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Communautarisme

Publié le par Jean-Yves

« Parler de communautarisme m'agace énormément : ce sont ceux qui font souvent preuve de communautarisme (bourgeois blanc hétéro parisien, par exemple) qui l'utilisent le plus. Ce n'est pas un hasard si l'on accuse les homos et les musulmans de communautarisme : ce sont les minorités les plus visiblement oppressées. C'est un peu comme accuser les Juifs de s'être retrouvés dans le ghetto à Varsovie pendant l'occupation allemande : il ne faut pas confondre oppresseur et oppressé ! »


Laurent Chambon, co-fondateur de minorites.org


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