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Articles avec #citations tag

S'aimer dignement

Publié le par Jean-Yves

Il arrive que l'amour se résume à une disposition où les partenaires s'étouffent, s'absorbent. S'aimer dignement, dans l'absolu respect de l'identité de chacun, est une forme de relation à rechercher, à construire sans cesse.


La philosophe Simone Weil (1909-1943) a écrit dans La Pesanteur et la Grâce :



« Vouloir être aimé sans s'être élucidé est une débilité. »


On ne peut demander à être aimé que lorsqu'on s'est élucidé soi-même. C'est un vrai labeur : aimer pour reconnaître l'autre et non l'absorber.


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Qui sommes-nous ?

Publié le par Jean-Yves

« Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles. »


Italo Calvino


in Leçons américaines, Éditions Gallimard, Collection Du Monde Entier, ISBN : 207071764X

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Lettre à Arthur Rimbaud

Publié le par Jean-Yves

Le 12 décembre 1871.


Cher Jean-Nicolas-Arthur,


Je viens de lire ton joli poème que tu as baptisé « Voyelles » et que tu as bien voulu m'envoyer avant la publication.


J'ai évidemment reconnu chaque chose, chaque lieu auxquels tu fais allusion.


A noir : bien sûr, c'est Pirouette, notre joli petit chat noir, dont tu tirais souvent la queue, et dont les oreilles pointues te rappelaient tellement la lettre A. Pirouette, toujours sale, toujours à chasser les mouches qui le poursuivaient.


E blanc : comment ne pas reconnaître Estelle, notre gentille infirmière qui passait son temps à faire bouillir de l'eau sous la tente pour ses compresses stériles. Estelle, qui ne se séparait jamais de son ombrelle ? Estelle, cette femme belge et tellement belle, ses vêtements de tweed grège.


Pour l'I rouge, j'ai évidemment tout de suite compris que tu n'avais pas oublié cette querelle avec Izambard, du Collège de Charleville. Georges a toujours regretté cette dispute, mais reconnais que vous aviez tous les deux un peu bu.


U vert : c'est évidemment le pauvre noisetier de l'école, dont le tronc feuillu dessine-les jambes de cette lettre, et qui paraissait si seul, si abandonné au milieu de cette cour que tu l'appelais l'Unique.


Pour l'O bleu, j'avoue mon ignorance. Évoques-tu Olga, notre cuisinière ? Ou Odette, la jeune fermière qui livrait le lait au réfectoire le matin ? Pourtant, ni l'une ni l’autre n'avaient les yeux violets. C'est un poème, tu vois, parfois un peu obscur pour moi.


Ceci n'ôte rien à mon affection.


Ton vieux maître Jacques Perquin


PS : Tu devrais supprimer le «Y jaune». La sonorité n'en est guère élégante : I grec jaune, grequeje, tu vois, cogne un peu. Et Y n'est pas une voyelle, mais une semi-voyelle. En plus, ces deux vers en moins te permettraient d'avoir un sonnet au lieu de quatre quatrains.

PPS : Je voulais te dire encore que le poème que tu m'as envoyé et qui s'appelle «Consonnes» est encore plus beau que «Voyelles». J'aime beaucoup ce que tu dis sur W et les souvenirs de ton enfance. Malheureusement, notre vieux Pirouette l’a déchiré en mille morceaux. J'espère que tu en as conservé un double.


Missive retrouvée du concierge de l’école secondaire de Mézières.

Le Magazine Littéraire n°442S, Dossier Correspondances d’Ecrivains, mai 2005, page 43


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Hommage à Tennessee Williams... ... L'évocation touchante de Françoise Sagan

Publié le par Jean-Yves

«Tennessee Williams, je l'ai connu en Amérique. Il m'a envoyé un télégramme en me disant : "Venez donc passer quelques jours en Floride", où j'ai été, et où je l'ai rencontré. J'ai passé quelques jours.



Une maison très très chaude dans le... A Key West, à l'extrême pointe de la Floride... Il avait en lui, comme Sartre, comme Giacometti, comme quelques hommes que j'ai connus trop peu, il avait en lui une parfaite incapacité à nuire, à frapper, à être dur. Il était bon et viril. Et qu'importait qu'il fût bon et viril de préférence avec les jeunes garçons la nuit, du moment qu'il l'était avec toute l'espèce humaine le jour.»


extrait de Libération, Sorj CHALANDON, lundi 27 septembre 2004


LIRE sur ce blog :

Le masseur noir et autres nouvelles

Sucre d'orge

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On n'écrit jamais pour le plus grand nombre

Publié le par Jean-Yves

Je crois profondément au récit et à l’idée qu’un roman c’est, entre autres, l’occasion d’amener le lecteur à se représenter quelque chose qu’il ne veut pas se représenter. C’est quelque chose qui est impossible à faire dans la réalité, on ne peut pas rêver à votre place.


Christophe HONORE

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