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expositions-arts

Carpeaux, sculpteur de la vie sous l'Empire

Publié le par Jean-Yves Alt

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) a beaucoup sculpté les traits du pouvoir, les humeurs de la cour festive et empruntée de Napoléon III. De ce fait, il s'est assuré la protection de l'empereur.

Ce qui ne l'a pas empêché, obstiné et indocile qu'il était aussi, d'esquiver les lois de la statuaire académique.

Il a ainsi su y montrer ses tourments romantiques, en mariant aux normes antiques une bouffée de vie mêlant le mouvement à la sensualité… en dénudant par exemple ses modèles tant qu'il a pu, comme dans ce pêcheur à la coquille…

Ce pêcheur fut apprécié du public alors que son groupe de « La Danse » quelque dix années plus tard sur une façade de l'Opéra Garnier provoqua le scandale par son réalisme.

Carpeaux, sculpteur de la vie sous l'Empire

Jean Baptiste Carpeaux – Pêcheur à la coquille – 1858

Plâtre, 91cm x 47,4cm x 54,9cm, Musée d'Orsay

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Interjections par Le Guerchin

Publié le par Jean Yves Alt

Très expressif, le bonhomme... Il ne lui manque que la parole !

Sa mimique évoque la surprise, l'étonnement, des sentiments qui pourraient se traduire par une simple interjection :

Ooooh !, par exemple.

 

Le Guerchin (Francesco Barbieri dit) – Caricature – XVIIe

Musée du Louvre

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Mains explicites par Philippe de Champaigne

Publié le par Jean-Yves Alt

L'immédiateté des relations qui existe entre les adultes et l'enfant m'émeut dans ce tableau.

Le peintre est allé au plus simple pour montrer ce qui se noue entre Jésus et ses parents : les retrouvailles après un moment de séparation.

Point d'artifice. Aucune allégorie ne vient perturber le message : ce sont les mains des personnages qui servent à nous faire entendre les mots prononcés.

La main droite de Marie dit son soulagement pour avoir retrouvé son fils. Sa main gauche implique Joseph dans l'angoisse qu'elle a partagée avec son mari pendant toute la durée de l'absence de leur fils.

La main droite de Joseph semble suggérer à Jésus qu'il a affolé sa mère tandis que son autre main, tenant fermement un bâton de marche, exprime la confiance qu'il accorde à son fils.

Philippe de Champaigne – L'enfant Jésus retrouvé au temple – 1663

Huile sur toile, 238 cm x 185, musée des Beaux Arts, Angers

La main gauche de Jésus déclare que ce n'était pas la peine que ses parents s'inquiètent, tandis que sa droite rappelle les liens qu'il entretient avec son père céleste.

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Joie fragile de l'enfance par Bronzino

Publié le par Jean Yves Alt

Un enfant, les joues colorées et gonflées, nous regarde en souriant. Il est bien portant et doit faire l'admiration de tous les siens. Il dévoile ses deux premières dents.

Ce garçonnet est comblé. Il est habillé d'un magnifique pourpoint brodé et fermé comme il faut qui le couvre du cou à la ceinture. Il porte un long collier où sont attachés deux grigris dont l'un en corail rouge se dissimule sur son pourpoint de même couleur.

Il tient dans sa main droite un chardonneret. La symbolique chrétienne associe cet oiseau au sacrifice futur du Christ car le chardon épineux dont il se nourrit rappelle la couronne d'épines de la Passion et les taches rouges de cet oiseau, le sang du Christ.

Ce tableau représenterait-il alors un drame en devenir ?

On sait que cet enfant, Jean de Médicis, mourra avant ses vingt ans.

Agnolo Di cosimo (dit Bronzino) – Portait de Jean de Médicis enfant – 1545

Huile sur toile, 58 cm x 45 cm, Galerie des Offices, Florence

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Quand Dürer se prenait pour le sauveur du monde

Publié le par Jean-Yves Alt

C'est un homme qui fait face. Cheveux longs, regard nettement posé sur ceux qui le regardent : presque tout dans ce tableau évoque une représentation du Christ ; sauf la main qui entre en contraste puisqu'elle ne bénit pas.

Car, il ne s'agit pas d'un portrait christique mais d'un autoportrait du peintre. Il n'y a aucun doute puisque ce tableau est publiquement et solennellement daté et signé tout en indiquant qu'il s'agit d'un autoportrait. Dürer avait alors 28 ans.

La main ne se tourne pas vers ceux qui regardent pour bénir, mais vers l'artiste lui-même, en une sorte de questionnement.

Dürer se prendrait-il pour le Christ ? Ou comme un nouveau sauveur du monde ? Ou Dürer nous regarde-t-il pour certifier qu'il est disciple du Christ, autre Christ pour ses frères ?

Albrecht Dürer – Autoportrait à la fourrure – 1500

Huile sur bois, 67cm x 49cm, Alte Pinakothek, Munich

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