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expositions-arts

Réévaluation de la légende mystique de saint Sébastien par Alfred Courmes

Publié le par Jean-Yves Alt

Facétie et provocation

Saint Sébastien, dont le haut du corps est vêtu en marin, est vu par-derrière. Ses fesses sont rebondies et sensuelles, piquées de deux fines flèches. Il se pâme visiblement de son supplice.

A côté de lui, assise sur un nuage, une Vierge tient dans sa main gauche un pouêt-pouêt et porte sur ses jambes un enfant Jésus qui a tout l'air d'un bébé des publicités du début du XXe siècle.

Aucun pathos dans cette représentation : Alfred Courmes, se moque des clichés qui concernent l'évocation de la souffrance.

Ce saint Sébastien, se tordant non plus de douleur mais de plaisir, est ici un véritable objet de fantasme ; il n'illustre plus la légende mystique mais conforte l'imagerie queer qui excite l'imaginaire homosexuel depuis l'écriture de la pièce de Gabriele d'Annunzio.

Alfred Courmes – Ex-voto à saint Sébastien – 1935

Huile sur toile, 147cm x 122cm

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Exceptionnel homme nu du XVIIe

Publié le par Jean-Yves Alt

« Le corps désiré a longtemps été associé au seul nu féminin. Le nu viril était, lui, censé offrir une image générique de l'être humain, exempte de tout désir de possession charnelle et, en cela, d'une beauté plus noble. Plaisir esthétique et concupiscence étaient réputés incompatibles. Au XIXee siècle, cette vision caricaturale est remise en cause. Charles Darwin définit la beauté comme la forme qui suscite le maximum d'attrait sexuel, et Friedrich Nietzsche raille les esthètes qui ôtent au nu, fût-il masculin, sa puissance de ravissement. Aujourd'hui, l'homme n'est plus seulement un sujet de nu idéalisé, un corps de marbre, mais un sujet de dévoilement et d'érotisme. »

Philippe Comar

in L'Homme nu, éditions Gallimard, 2013, ISBN : 978-2070142118

Giovanni Lanfranco – Homme nu sur son lit jouant avec un chat – 1620

Huile sur toile

Exceptionnelle au XVIIe siècle, cette représentation d'un jeune homme nu jouant avec un chat est l'œuvre d'un élève des frères Carrache.

La sensualité de la pose et le lit entouré de rideaux confèrent à la scène un caractère intimiste.

Le chat, animal réputé pour sa douceur et son indépendance, est ici un emblème de volupté et de liberté.

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La plus belle partie du corps d'un homme par Duane Michals

Publié le par Jean-Yves Alt

« La plus belle partie du corps d'un homme – je pense qu'elle se trouve là où le torse repose sur les hanches, les courbes jumelles délimitant les flancs, féminines en grâce, ceinturant le tronc, guidant les yeux vers le bas à leur intersection, le point du plaisir. »

Duane Michals

The Most Beautiful Part of a Man's Body – 1986

Duane Michals – La Plus Belle Partie du corps d'un homme – 1986

Photographie

« Avec "La Plus Belle Partie du corps d'un homme", le fragment abdominal photographié de manière frontale renvoie à plusieurs niveaux de lecture, où le nu masculin devient sujet des amours transitoires et objet de désir alimenté par les commentaires personnels de l'artiste. Issues de la série liée à la crise du sida, ces photographies révèlent la mélancolie des beautés fugaces, morcelées par la maladie. »

Damien Delille

Catalogue de l'exposition « Masculin Masculin », Musée d'Orsay, 2013, p. 253

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Offrande matinale par Zurbaran

Publié le par Jean-Yves Alt

Le regard de l'observateur est tout d'abord attiré par la « rivière » d'or suggérée par le manteau du mage en premier plan.

Ce sont ensuite les trois visages – celui du vieux mage, de l'enfant puis de sa mère – qui dévoilent le message intrinsèque de cette œuvre.

Le plus âgé des rois – à la différence des deux autres – a pour l'enfant et sa mère un regard ivre d'amour. Il est littéralement transporté jusqu'à eux, prêt à être conduit jusqu'aux rives d'une nouvelle vie.

Le corps de l'enfant apparaît comme un astre céleste dans la composition. La lumière qui émane de lui est à la hauteur de l'infinie tendresse qui se lit sur son visage.

 

Zurbaran – L'adoration des mages – 1639

Huile sur toile, 261 cm × 175 cm, Musée des Beaux-Arts de Grenoble

Les rois ont marché de nombreux jours avant de découvrir l'enfant nouveau-né. Ils ont pourtant choisi d'attendre le matin pour faire leurs offrandes. La nuit vient juste de se dissiper et les premières lueurs du jour apparaissent.

C'est un monde nouveau auprès duquel, les rois viennent rendre hommage. Les présents – nullement mis en valeur par le peintre – n'égaleront jamais la promesse annoncée dans le sourire de l'enfant.

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« Confusion » des sexes ? par Claude Lefèbvre

Publié le par Jean-Yves Alt

Oh, la jolie petite fille, coiffée avec tendresse par sa non moins jolie maman...

Eh bien, non, la première est un garçon.

La seconde est sa sœur.

Heureusement que les cartels près des tableaux rappellent parfois à l'ordre : au XVIIe siècle, dans les familles aristocratiques, les garçons portaient robe et cheveux longs dans leur petite enfance.

 

Claude Lefèbvre – La fille aînée de l'artiste coiffant son frère – seconde moitié du XVIIe

Huile sur toile, 102 cm x 82 cm, Musée Magnin, Dijon

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