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expositions-arts

Méditation mélancolique par Nicolas Poussin

Publié le par Jean-Yves Alt

Quatre personnages sont arrêtés devant un tombeau antique portant l'inscription « Et in Arcadia Ego », souvent traduite par « Moi aussi j'ai vécu en Arcadie ».

L'Arcadie symbolisait pour les poètes antiques le pays des délices, le paradis terrestre.

Les quatre personnages s'inscrivent dans un paysage serein. Personne ne bouge. Tout paraît calme et silence.

Les trois bergers, une fois la surprise passée, ne semblent pas comprendre le sens de l'inscription laissée sur le tombeau.

La jeune femme, seule, semble prête à sourire mais se retient, plongée dans une profonde mélancolie.

Nicolas Poussin – Les Bergers d'Arcadie, dit aussi Et in Arcadia Ego – vers 1638-1640

Huile sur toile, 85cm x 121cm, Musée du Louvre

Le bras droit du berger qui a un genou à terre produit une ombre en forme de faux qui fait penser à la mort.

L'inscription sur le tombeau peut ainsi être comprise : « Moi (la Mort), je suis aussi en Arcadie. »

Cette pensée de la mort est sans doute ce qui retient la jeune femme d'extérioriser sa joie.

Concentration et intimité des regards échangés donnent toute l'émotion à ce tableau.

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Le Cantique des cantiques par Frantisek Kupka

Publié le par Jean-Yves Alt

La fiancée du Cantique des cantiques, a entendu frapper à sa porte. Elle s'est précipitée, espérant y retrouver son bien-aimé. Mais le temps qu'elle lui ouvre, il a déjà disparu. Un court instant, elle reste interdite sur le seuil de son palais, nue dans l'embrasure de sa porte, au bord du jardin. Seule. La rencontre n'a pas eu lieu. Dans quelques secondes, elle va partir à sa recherche.

Le Cantique des cantiques - le plus célèbre poème amoureux de la littérature occidentale, attribué au roi Salomon - est un chant sur le désir de l'autre, sur le désir de l'être aimé. Le Cantique ne célèbre pas de noces, mais le désir d'une union.

Cette page appartient à un ouvrage illustré du Cantique des cantiques par Frantisek Kupka.

Ce court livre (huit chapitres), fut intégré au canon biblique quelques décennies après la destruction du Temple de Jérusalem, en l'an 70 de notre ère. Le mot Dieu n'y apparaît pas une seule fois. Et pour les non-croyants, comme Kupka, c'est un magnifique poème d'amour.

Frantisek Kupka se lance dans des recherches savantes, du côté de l'archéologie et de la photographie, il veut pénétrer le Moyen-Orient antique dans lequel il souhaite incarner sa lecture du Cantique. Il se tient également au courant des nombreuses hypothèses sur son origine et des multiples traductions. Pour couper court aux querelles, il préfère calligraphier lui-même le texte dans sa version originale, en hébreu.

A lire : Le Cantique des cantiques par Kupka, Editions Cercle d’art & musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, 2005, ISBN : 2702207669

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Architecture du désir par Joseph Caprio

Publié le par Jean-Yves Alt

Les photos d’architecture de Joseph Caprio sont beaucoup plus audacieuses au sens où elles peuvent aller encore plus loin par rapport aux fantasmes que des photos de nus.

 

De cette photo se dégage une sensualité comme si le métal se faisait chair, suggérant de troubles réminiscences, subtilement révélées par la lumière.

Cliquer sur la photographie pour découvrir le site de Joseph Caprio.

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Saint Sébastien vu par le dessinateur Nazario

Publié le par Jean-Yves Alt

Nazario (Aurelio Gomez Reverte dit) met ici son graphisme plutôt kitsch au service du récit du martyre de saint Sébastien.

 

Nazario – Saint Sébastien – vers 1980 ?

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Orageux Soutine

Publié le par Jean-Yves Alt

« Femme en rouge », tel est le nom de ce tableau.

Toutes les formes la constituant semblent en déséquilibre. Les détails ne sont pas affinés ; les lignes sont imprécises.

On devine que le peintre a d'abord voulu jouer avec la couleur. Passion ? Fureur ?

Le regard grimaçant semble marqué d'aliénation. Les mains déformées – par trop de travail, par la maladie ? – évoquent-elles une vie passée difficile ?

Les touches de peinture ne rappellent pas les plis de la robe. Elles sont torturées.

Chaïm Soutine – La femme en rouge – 1923-24

Huile sur toile, 91,4cm x 63,5 cm, Collection E. M. Bakwin, New York

A quoi rêve cette vieille dame ? à sa jeunesse ?

On est bien loin de la simple élégance des femmes de Modigliani, ou la joie de vivre de celles de Renoir.

Tragique angoisse de Soutine : une peinture comme de l'orage.

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