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expositions-arts

Hommage de Gérard Fromanger à Michel Foucault

Publié le par Jean-Yves Alt

« MICHEL », Huile sur toile de Gérard Fromanger, Série Splendeur II, 130 X 97 cm, 1976

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Parallel Dreams : peinture de Steve Walker (1998)

Publié le par Jean-Yves Alt

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Arcimboldo, peintre de la pensée

Publié le par Jean-Yves Alt

On peut prendre plaisir à chercher comment le visage et le torse de cette allégorie prend chair dans l'imbrication des mammifères et reptiles marins, poissons, crustacés et coraux.

Il faut reconnaître que ce peintre est maître dans l'art des anamorphoses.

Certes, les correspondances entre une partie du corps et la faune marine utilisée sont parfois plus ou plus heureuses…

comme cette raie qui aplatit trop la joue.

Giuseppe Arcimboldo – L'eau – 1566

Huile sur bois d'aulne, Vienne, Kunsthistorisches Museum

Il faut s'approcher suffisamment près du tableau pour pénétrer dans ce filet de pêche miraculeuse (anguilles, crabes, écrevisses, hippocampes, murènes, perles, phoques, raies, sèches, tortues…) et ainsi oublier le portrait.

Laisser son esprit flotter dans ce monde marin pour s'imprégner de la thématique aquatique et en déceler les valeurs individuelles, émotionnelles et culturelles. Autrement dit, s'approcher de l'œuvre pour plonger dans son abstraction et y lire un ordre de la nature et, pourquoi pas, un ordre de la pensée.

Ainsi, Arcimboldo n'est pas seulement un peintre de « Natures mortes », technicien virtuose de la reconstitution d'images. Il est aussi celui qui condense parfaitement une entité concrète (ici, la faune marine) pour en faire une unité abstraite (ordre de la nature, de la pensée…).

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Photographie : retrouver cette curiosité de l'œil avec Andreas Mahl

Publié le par Jean-Yves Alt

Photographies méticuleusement découpées puis recomposées, corps solarisés, polaroid «colorisés», les recherches techniques d'Andreas Mahl n'en sont pas pour autant purement conceptuelles.

En multipliant les interventions ludiques sur la matière photographique même, Andreas Mahl est un magicien qui sait révéler par d'étranges alchimies la beauté des objets ou de ses modèles.

Dans son travail, Andreas Mahl ne cherche pas la reproduction de ce qu'il voit, même si cela peut-être parfois très beau : ce qui l'a toujours intéressé, c'est l'interprétation de cette réalité, une recherche personnelle plus élaborée, poser sa griffe et dépasser le simple « clic-clac » de la prise de vue.

La technique joue ainsi un grand rôle : quand il gratte une pellicule, déchire une photographie, ce n'est évidemment pas pour essayer de masquer un défaut mais pour donner une vision plus proche de sa sensibilité.

J'aime particulièrement ses corps d'hommes échappant aux limites d'un regard trop proche du réel permettent de laisser libre cours à mon imaginaire et à mes fantasmes.


à découvrir : Andreas Mahl de Guy Mandery, éditions Paris Audiovisuel, 1993, ISBN : 290473256X

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Mourir de ta main, c'est renaître : le martyre de saint Mathieu par Le Caravage (Rome)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Dans un lieu indéterminé, plutôt sombre, genre terrain vague ou hangar abandonné, un homme gît à terre, renversé sur le dos. Debout au-dessus de lui, une belle brute de vingt ans, nue, les reins à peine couverts d'un linge étroit, brandit une épée. Les spectateurs s'enfuient épouvantés. Loin de chercher à se défendre, l'homme écarte les bras et sourit au jeune assassin. L'expression de la plus vive jouissance illumine son visage.

Cette complaisance m'avait de tout temps fasciné. Montrer une telle soumission à son bourreau ! La victime ne cherche ni à le raisonner ni à le supplier, elle appelle la mort, elle s'offre au sacrifice, sans même se protéger la figure avec les mains. "Viens, semble dire l'homme renversé à terre, je t'ouvre mes bras, il y a longtemps que je t'attendais."

cliquer sur le détail pour observer le tableau complet en haute résolution

Le tableau représente, en principe, le martyre de saint Matthieu ; mais je n'étais pas dupe ; sous le prétexte de traiter un épisode tiré de l'histoire de l'Eglise, le peintre avait donné forme à une rêverie universelle. Nul besoin d'être chrétien pour en être ému. Etranger à toute « foi », j'étais bouleversé par ce crime. Les Ecritures possèdent une réserve de sujets pour exorciser les fantasmes dont la réalisation mettrait en péril la société. Abraham et Isaac : tentation de l'infanticide. Judith et Holopherne : envie de tuer son partenaire sexuel. Abel et Caïn : fantasme du fratricide. On regarde ces tableaux et on revient à des sentiments plus décents, on se résigne à la progéniture, au couple, à la famille, le cours des choses peut reprendre. Il me semblait que le tableau de Caravage avait lui aussi une fonction cathartique, mais je discernais mal contre quel danger il prémunit. Que me montrait-il ? »

texte extrait de Jérémie ! Jérémie ! de Dominique Fernandez, Editions Grasset, janvier 2006, ISBN : 2246695317, page 14

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