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expositions-arts

Méditation par Giorgio de Chirico

Publié le par Jean-Yves Alt

La peinture de Giorgio de Chirico qualifiée de métaphysique a tendance à s'exprimer par symboles inanimés.

L'idée est suggérée par une méditation, d'autant plus fructueuse que le monde est rendu à l'immobilité, l'espace au désert.

Cet état mystérieux des choses, c'est le moment suspendu, la négation du temps.

Autrement dit, Giorgio de Chirico appelle les statues à remplacer les hommes.

Giorgio de Chirico – Piazza d'Italia – 1913

Huile sur toile, Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada

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Chéri Samba : un art engagé…

Publié le par Jean-Yves Alt

Impossible de ne pas rester perplexe devant les grandes toiles de Chéri Samba aux couleurs vives où sont croquées aussi bien des scènes de la vie quotidienne que des allégories socio-philosophiques.

Ses compositions, où l'écrit a toujours une grande place, proposent une représentation du monde perversement naïve. Le peintre s'y fait observateur ironique des rapports humains, que ce soit dans le monde du travail ou dans l'intimité d'un couple.

Avec un humour toujours corrosif, Chéri Samba apporte ainsi à la peinture la verve réjouissante des conteurs moralistes, mettant en garde son public, tout en le distrayant, sur des thèmes qui ne sauraient laisser indifférents : l'éternelle exploitation du pauvre par le riche, l'égoïsme, les ravages de la malaria, et comme ici, le SIDA.

Avec ce regard extrêmement critique, le peintre dénonce l'insouciance face au sida, brisant ainsi le silence qui entoure encore cette maladie dans son propre pays. Il se fait alors éducateur, répétant dans ses toiles par des représentations et des messages simples, accessibles au plus grand nombre, que le sida est encore non guérissable. Ces avertissements réitérés s'expriment par un regard acerbe sur les mœurs, sur la polygamie ou bien encore sur les réticences à utiliser des préservatifs.

Chéri Samba, Le SIDA ne sera guérissable que dans 10 ou 20 ans, 1997

Acrylique sur toile, paillettes et collage, 130 cm x 194 cm, CAAC Genève

Ne craignant pas d'aborder ouvertement ces thèmes liés à la sexualité, Chéri Samba démontre que l'art peut être engagé et porteur de messages précis sans pour autant déchoir.

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Marie Laurencin, peintre de la douceur du sourire

Publié le par Jean-Yves Alt

Pour l'essentiel, les tableaux de Marie Laurencin sont des représentations de femmes. Seules, à deux ou plus, accompagnées souvent d'animaux : chevaux, chiens ou biches. Femmes liées entre elles d'une toile à l'autre par un mystérieux air de ressemblance.

Du noir des yeux et de quelques lignes courbes sur la toile, au blanc parfois rehaussé de rose pour le visage et le corps, l'harmonie des demi-teintes est des plus subtiles : Est-ce la paix ou la nostalgie ? La douceur ou l'absence ? Chaque tableau n'impose jamais une lecture univoque.

C'est dans cette liberté du regard et des émotions qui en découlent que je trouve une profonde originalité dans ses tableaux. J'aime y percevoir une histoire d'amour entre ces femmes qu'elle peint ensemble parce qu'il n'est asservi à aucun voyeurisme viril.

Marie Laurencin (1883-1956) – Femme au chien

Dans les tableaux de Marie Laurencin, les femmes ne sont pas ensemble pour le plaisir des hommes. D'ailleurs, je préfère lire à leur sujet de la tendresse plutôt que de l'intimité sexuelle.

Les couleurs et les lignes douces s'éloignent des beautés suggestives habituelles. Marie Laurencin a peint des femmes sans les enfermer dans une position d'objet.

Leurs regards traversent la toile pour aller se perdre bien au-delà des possibles observateurs. Comme si ces femmes continuaient à vivre au-delà de la représentation « figée » que représente le tableau.

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Approche de l'infini par Caspar David Friedrich

Publié le par Jean-Yves Alt

Corbeaux, arbres décharnés, tombeaux, paysages désolés… Telle est la peinture de Caspar David Friedrich.

Ce couple dessiné par Friedrich me tourne le dos et regarde vers le fond de la toile, l'horizon, l'infini.

Abîme mystique où ces deux personnages m'entraînent dans l'ineffable nuit, quand le mystère sacré des astres à travers l'espace vient sans bruit jusqu'à moi.

Peinture visionnaire : ce paysage n'est entaché d'aucune velléité réaliste.

Ce couple figé dans la contemplation hypnotique du lever de Lune prend conscience de sa propre petitesse et se perd dans cet infini.

Caspar David Friedrich – Homme et femme regardant la lune – 1819

Peinture à l'huile, National Galerie (Berlin)

L'huile est utilisée lisse, brillante, et donne à la matière un aspect presque pétrifié.

«Clos ton œil physique afin de voir d'abord ton tableau avec l'œil de l'esprit. Ensuite, fais monter au jour ce que tu as vu dans ta nuit.»

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Ambiguïté fascinante chez Grünewald

Publié le par Jean-Yves Alt

Si Matthias Grünewald est célèbre pour son magistral retable d'Issenheim, il mériterait aussi de l'être pour les panneaux latéraux d'un retable démantelé [«retable Heller» du nom de son commanditaire]. Chaque panneau représente un saint en camaïeu de gris donnant l'illusion d'une sculpture.

Chaque peinture en grisaille ornait les volets fermés du retable, ce qui devait intensifier la vision des panneaux intérieurs – tout en couleur – le jour de leur ouverture.

Sur le panneau représenté dans cet article, il s'agit de saint Cyriaque occupé à exécuter une méthode issue d'un livre pour faire sortir par la bouche « le malin » dont une jeune fille est possédée.

La peinture de ce panneau agit comme un véritable trompe-l'œil, puisque elle fait songer à une sculpture dans sa niche de pierre : les doigts tordus de la jeune possédée, le livre, les drapés des habits avec leurs reflets satinés… concourent à penser à un motif sculpté dans la pierre.

Matthias Grünewald – « Saint Cyriaque » [panneau du retable Heller] – vers 1510

Huile sur bois, environ 99cm x 43cm, Städelsches Kunstinstitut – Francfort

Mais qu'en est-il des cheveux du saint ou des franges qui bordent sa chasuble qui n'ont que la couleur de la pierre ? Cheveux et franges que la sculpture ne saurait jamais rendre.

Dans cette ambiguïté fascinante, je vois la métamorphose d'une scène sculptée en une scène peinte, suggérant la toute proche délivrance de la jeune fille : ses cheveux de calcaire retrouvant, bientôt, leur ondulation naturelle et ses doigts de pierre, leur souplesse.

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