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expositions-arts

Exposition au Musée Dapper : Signes du corps

Publié le par Jean-Yves Alt

Visite de l'exposition par Fabrice Neaud, auteur-dessinateur de BD pour Beaux Arts Magazine n° 250, avril 2005, pages 41 à 43

Le signe (désormais) décore

Extrait des commentaires de Fabrice Neaud :

Des jeunes parisiens (ou "citadins occidentaux") pillent le patrimoine artistique non-occidental, pour se parer, finalement, du fruit de leur rapine culturelle comme on s'achète un Nike ou un Chanel selon ses moyens et/ou sa classe sociale...

"Volonté de transgression" argue le texte de présentation ? Mais transgresser quoi ? Quelle normalité ?

«Ceux qui assument, en toute liberté, des marques extrêmes ne s'attachent pas tant à reproduire des modèles "tribaux" qu'à se forger un corps idéal.»

Un corps idéal ? Mais alors il n'y a pas plus de distinction de "projet" que chez le plus ordinaire des bodybuilders.

Et si c'est à apprivoiser la douleur, il y a bien longtemps que le body art, encore une fois, a tenté l'aventure. Quant à se dissocier de "toute ritualité sociale ou religieuse", nous sommes donc parfaitement dans l'adhésion à l'ontologie individualiste post-moderne.

Plus aucune implication collective, plus de rites qui fassent entrer l'individu dans le réseau des symboles voué à contrarier puis sublimer l'égo :

Je suis et je deviens le totem de moi-même.

SIGNES DU CORPS

Du 23 septembre 2004 au 17 juillet 2005

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Hommage aux cinq sens

Publié le par Jean-Yves Alt

Nature morte à l'échiquier - Lubin Baugin - vers 1640

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Louvre : la Galerie d'Apollon

Publié le par Jean-Yves Alt

La célèbre Galerie d'Apollon du Musée du Louvre a réouvert ses portes fin novembre 2004, après trois années de rénovation.

(Ci-dessous : La galerie après restauration)

Chef-d'œuvre du Palais du Louvre, cette galerie d'apparat commandée en 1661 par Louis XIV à l'architecte Louis Le Vau ne fut terminée que deux siècles plus tard par Félix Duban, ornée entre temps de quelque 105 oeuvres d'art réalisées sur les murs et la voûte par les nombreux artistes peintres, décorateurs et sculpteurs français qui s'y succédèrent, de Charles Le Brun à Eugène Delacroix en passant par François Girardon, Balthazard Marsy, Jean Bérain, Joseph Guichard, Charles-Louis Muller, Jacques Gervaise, Thomas Regnaudin, Jean-Hugues Taraval, Louis Durameau, Jean-Jacques Lagrenée le Jeune, Antoine François Callet, Antoine Renou...

(La galerie avant restauration) Edifiée à la gloire du Roi Soleil, les artistes s'inspirèrent du mythe du dieu solaire Apollon et de sa course dans l'espace et le temps pour décorer cet espace de 600 m2, mais Louis XIV laissa l'ouvrage inachevé, préférant le château de Versailles où le projet esthétique conçu par Charles Le Brun servit de modèle à la Galerie des Glaces.

Au XIXème siècle, Delacroix y ajouta son Apollon Vainqueur du serpent Python et la Manufacture des Gobelins 28 grandes tapisseries représentant les artistes et souverains ayant contribué à la création du Louvre. Terminée en 1851 la galerie d'Apollon pût finalement exposer au public, outre son royal décor, d'inestimables trésors, dont notamment les joyaux de la Couronne où trône le célèbre Régent, un diamant de 140 carats qui ornait le glaive de Napoléon 1er.

Usée par les visites et soumise à divers problèmes de chauffage, de ventilation et de sécurité, la Galerie d'Apollon dût toutefois être fermée en janvier 2001 afin d'être complètement restaurée.

(Putto et un lion – détail de la décoration en bas relief) Aidée par la compagnie Total -- qui a apporté à titre de mécénat 4,5 millions sur les 5,2 millions d'euros qu'ont coûté les travaux -- la direction du Louvre a mis sur le chantier une soixantaine de spécialistes sous la direction de l'architecte en chef des Monuments Historiques Michel Goutal. Le résultat est aujourd'hui spectaculaire, peintures, lambris, parquets, plafonds, stucs, dorures, tapisseries, boiseries et autres ornements retrouvant leur flamboyance solaire tout au long des 61 m de long et 15 m de haut de la somptueuse galerie.

INFORMATIONS PRATIQUES :

La Galerie d'Apollon au Musée du Louvre, Aile Denon 1er étage, (Ouverte tous les jours sauf mardi de 9H à 17H, Tél : 01 40 20 53 17)

LIVRE : Geneviève Bresc-Bautier La Galerie d'Apollon au Palais du Louvre (Catalogue éditions Musée du Louvre / Gallimard), 25 novembre 2004, ISBN : 2070117898

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Saint Baudime en majesté à Paris, au Musée du Louvre

Publié le par Jean-Yves Alt

À la demande du Louvre, le buste de saint Baudime, trésor de l'église de Saint Nectaire, va rejoindre Paris pour une exposition consacrée, du 10 mars au 6 juin 2005, à la France romane.

Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, Saint Austremoine à Issoire, Notre-Dame d'Orcival, Saint Saturnin, Saint Nectaire. Dans le Puy-de-Dôme, les noms de ces cinq églises majeures suffisent à situer l'époque : celle de l'art roman. Un art qui a marqué le département et bien plus largement le pays. Aucune exposition d’ensemble n'avait pourtant jusque-là été consacrée à la France romane. Une lacune que le Musée du Louvre a comblé en présentant du 10 mars au 6 juin,

« La France romane au temps des premiers capétiens »

(987-1152)

Entièrement orfévré

Manuscrits, objets précieux, sculptures... 300 œuvres seront ainsi présentées au public. Le buste reliquaire de saint Baudime, l'un des trésors de l’église de Saint Nectaire, en fait partie : un visage au regard très marquant, une barbe finement poinçonnée, une chasuble, la main droite qui bénit de trois doigts pendant que la gauche présente un petit étui aujourd'hui vide... Une pièce exceptionnelle.

Buste de saint Baudime

Auvergne, 2ème quart ou milieu du XIIe siècle

Noyer, cuivre doré, cabochons, corne

H. 73 ; L. max. : 43 cm

Eglise de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme)

Sa représentation a un côté typique des bustes reliquaires du Massif central. Mais il sort du lot, car il est entièrement orfévré.

Classé Monument historique depuis 1897, son intérêt remonte encore plus loin : Prosper Mérimée, le célèbre écrivain qui était également inspecteur général des Monuments historiques, voulait, en 1837, lui faire rejoindre la collection du musée du Moyen-Age de Cluny. Le curé de l'époque avait refusé...

Beaucoup plus tard, en 1907, il sera volé par la bande des frères Thomas, qui écumaient les églises d'Auvergne et du Limousin...

Si les anecdotes ne manquent pas sur l'histoire du buste, il est difficile, en revanche, d'en savoir plus sur saint Baudime. La tradition veut qu'il ait été un des compagnons de saint Nectaire, l'évangélisateur de la Limagne issoirienne et des monts Dore. En fait, ils étaient trois, avec saint Auditeur. Autour de l'an 300 après Jésus-Christ, tous trois ont été enterrés, ici, sur le mont Comadore. L'histoire dit encore que des miracles ont eu lieu sur leurs tombes. Ce qui explique la construction de l'église, au début du XIIe siècle. C'est pour celle-ci que furent réalisées une partie des pièces du trésor, dont le buste de saint Baudime.

Pratique. Exposition ouverte tous les jours au Musée du Louvre, hall Napoléon, sauf le mardi, de 9 heures à 17h30, et jusqu’à 21h30 les mercredi et vendredi.


Consulter sur le web : L’architecture romane française en photos

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Art éphémère : Christo et Jeanne-Claude m'emballent et m'ouvrent leurs portes...

Publié le par Jean-Yves Alt

Les œuvres de Christo et de Jeanne-Claude sont comme les fleurs : elles sont sans pourquoi. Elles sont là, éphémères et pourtant elles restent dans ma mémoire...

Vingt-six ans qu'ils en rêvaient ! À New York, le 12 février, Central Park se réveillait parcouru par 7500 portiques tendus de toile safran. Un véritable chemin lumineux.

"The Gates" est le dix-neuvième projet de Christo.

Trente-sept autres n'ont pu être réalisés, faute de permission. Le point commun de toutes ces installations est l'éphémère. D'habitude, l'œuvre reste en place quatorze jours. A New York, il y aura deux jours de plus, "parce que c'est notre ville", dit Jeanne-Claude, et que cela permet d'avoir un week-end supplémentaire.

La première et la seule fois que j'ai vu - en vrai - une œuvres de Christo et Jeanne-Claude c'était à Paris en 1985 quand ils avaient emballé le Pont-Neuf. Depuis, je suis régulièrement le travail qu'ils mènent dans les quatre coins du monde.

Les deux artistes habitent le quartier de Soho à New-York. Jeanne-Claude, la Française, née Jeanne-Claude Denat de Guillebon, le 13 juin 1935 à Casablanca, et Christo Javacheff, le Bulgare, né à la même heure que sa femme, le même jour, la même année, à Gabrovo, sont tous deux naturalisés citoyens américains.

Avec du tissu, ils créent des œuvres éphémères, jetant leur dévolu tantôt sur un paysage (1983, les îles de la baie de Biscayne, en Floride, entourées de polypropylène rose), sur un pont (1985, le Pont-Neuf, à Paris), ou encore un monument (1995, le Reichstag, à Berlin) et en février dernier un parc. À Central Park, au cœur de Manhattan, du 12 février dernier et pendant seize jours, a été présenté « The Gates », un parcours de 37 kilomètres ponctué de portiques tendus de toile safran.

Les œuvres qu'ils construisent, doivent demander sans doute beaucoup de patience et relèvent aussi de la passion car ils doivent souvent « se battre » contre les hommes pour faire accepter leurs projets. Les deux artistes ne s'intéressent jamais deux fois à un même lieu. L'œuvre, le lieu et l'image sont toujours uniques. Leurs projets sont toujours entièrement autofinancés par la vente des dessins préparatoires, des photographies, les expositions sur les dessins préparatoires (permettant d'attirer les collectionneurs), les catalogues de leurs œuvres : «Les réalisations destinées à l'extérieur sont signées par Christo et Jeanne-Claude, les dessins par Christo »

« Le terme « Gates » fait référence aux ouvertures dans le mur qui entoure Central Park. Conçu et dessiné par Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux, ce parc public, entièrement artificiel, devait initialement être fermé la nuit par des portails forgés, illustrant des thèmes épiques.

Les projets n'ont pas plu à Olmsted et ces portails n'ont jamais été réalisés. Les ouvertures ont gardé leurs noms, comme « The Gates of Emigrants » ou « The Gates of Ail Saints ». C'est en souvenir de cette histoire que nous avons nommé notre installation « The Gates ». Chaque poteau de nos portiques était rectangulaire et représentait la grille des blocs d'immeubles qui entourent Central Park. C'était pour être en harmonie avec le dessin sinueux des chemins du parc que nous avons choisi de suspendre une toile suffisamment longue et souple, qui puisse onduler dans le vent et créer une sorte de rivière lumineuse, ce qui nous a amenés à choisir cette couleur safran. »

Le projet du Reichstag a été refusé trois fois et «The Gates» a été présenté à la ville, pour la première fois, en 1979 : il y a vingt-six ans ! À ses débuts, cette idée a déclenché les foudres de la Central Park Conservancy, un conseil de citoyens chargé d'administrer le parc. Aujourd'hui, si « The Gates » voit le jour, c'est grâce à la complicité du maire, Michael Bloomberg.

À Central Park, le compte à rebours a commencé le 1er décembre dernier. Ce jour-là, à bord de 380 camions venus de l'usine du Queens, ont été livrées les bases d'acier servant de support aux portiques, entreposées sur des voies sans issue, dans le parc. Le 3 janvier, des ouvriers ont disposé ces 15 000 socles de métal - 5000 tonnes au total, soit les deux tiers de l'acier utilisé pour construire la tour Eiffel - sur les emplacements prévus à cet effet, marqués au sol par des dessins de feuilles d'érable, emblèmes de Central Park.

Le 7 février, la météo le permettant (un élément toujours capital dans leurs installations), 600 manutentionnaires, habillés avec de grandes tuniques « The Gates », ont élèvé les 7500 portiques de vinyle, hauts d'environ cinq mètres et placés à quatre mètres d'intervalle. Le 12 février, grâce au temps clément, les toiles de nylon orange ont pu être déployées.

« C'était une sorte de chemin lumineux. Lorsque le soleil brillait derrière les toiles, elles étaientt d'un jaune doré. Les parties à l'ombre devenant presque rouges. »

Une fois l'installation terminée, comme à chaque fois, l'œuvre a échappé aux deux artistes. Pendant seize jours, ce fut alors au tour des New-Yorkais et des visiteurs de saisir la magie d'instants éphémères. Comme j'aurais aimé être là-bas...

Le monde entier emballé

1935. Naissance de Christo Javacheff à Gabrovo (Bulgarie).

1952-1956. Christo étudie aux Beaux-Arts de Sofia. Il est chargé d'aménager les abords du train Orient-Express afin de donner aux passagers occidentaux une image riante de la Bulgarie. Ce travail de propagande sur le paysage est déterminant pour la suite de son œuvre.

1958. Arrivée à Paris. Rencontre sa femme, Jeanne-Claude.

1961. Entassement de fûts dans le port de Cologne.

1962. Barricade à Paris, constituée de 200 barils vides. L'œuvre s'intitule Rideau de fer (ci-contre à gauche).

1968. La Kunsthalle de Berne est emballée.

1972. Une vallée du Colorado barrée d'un rideau rouge (ci-contre à droite).

1983. Onze îlots de Floride cernés de robes fuchsia.

1985. Le Pont-Neuf emballé à Paris.

1995. Le Reichstag emballé à Berlin.

1998. Les arbres de la Fondation Beyeler emballés à Bâle.

Et après ?... habiller la rivière Arkansas

Le prochain projet du couple a déjà un nom "Over the River". Il consistera à recouvrir la rivière Arkansas, dans le Colorado, sur 10 km. Le tissu formera une sorte de toit temporaire sous lequel pourront passer les embarcations. Christo et Jeanne-Claude ont commencé à repérer les lieux alors qu'ils travaillaient au projet à Berlin, en 1995. Ils ont cherché longtemps un lieu dont les rives sont suffisamment hautes pour pouvoir accrocher les câbles qui soutiendront le tissu. Le permis n'a pas encore été obtenu, mais les artistes espèrent pouvoir monter le projet en 2008 ou 2009.

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