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Articles avec #films tag

Les poneys sauvages, un téléfilm de Robert Mazoyer (1982)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Les Poneys sauvages » (1), téléfilm ordinaire, présente pourtant un moment intéressant : celui où Horace Mac Kay (Yves Beneyton) n'oublie pas l'ami de collège Cyril (Marc Delsaert) qu'il a chéri et qui est mort à la guerre.

Caractère un peu froid, assez snob, très british, Horace est marqué à fond par la blessure romantique, atroce, de cette jeune mort. Et cela – sa dérive –, la caméra de Mazoyer la montre excellemment.

(1) d'après le roman de Michel Déon

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Les belles manières, un film de Jean-Claude Guiguet (1978)

Publié le par Jean-Yves Alt

Camille, 22 ans – merveilleusement interprété par Emmanuel Lemoine – arrive à Paris. Depuis qu'il a quitté l'école et sa famille, il a surtout connu le monde du travail itinérant.

Pour changer et voir la grande ville, il répond à une offre d'emploi dans la capitale. Son nouvel employeur, Hélène, est une femme mûre d'une grande séduction (Hélène Surgère) : Camille doit servir les repas de son fils Pierre (Hervé Duhamel), neurasthénique, qui vit reclus dans sa chambre.

Quand Camille répond à l'annonce d'Hélène, pour devenir le domestique d'une femme du monde, il est paumé. Il quitte sa province, dit adieu à des parents qui ne le comprennent pas et, chez cette personne élégante et lointaine, il s'ouvre à un nouveau mode de vie… ou plus exactement, on y croit, au début. Tout l'étonne de cette femme, de son intérieur raffiné ; surtout le fils, qui reste enfermé dans sa chambre sans jamais sortir, parce qu'il a peur des gens dans la rue.

Sa patronne est à la fois bonne et indifférente. Il se demande peut-être ce qu'elle attend de lui : une coucherie ? Non. Même la nuit où Camille a été attaqué par des voyous et où elle l'a soigné en le faisant mettre nu, elle n'a pas de geste de désir pour lui : la scène est très touchante, la beauté de Camille, gentil et très viril, y est pour beaucoup.

Camille se pelotonne comme un chat dans cette vie nouvelle, ce havre, ce confort. Et pourtant, au fond, il ne doit pas les aimer, ces choses, car ce n'est pas là son monde. Chez cette femme, il semble aussi perdu que lorsqu'il était au chômage.

Que peut-il reprocher à celle qui l'a accueilli ? Rien, sans doute. Ils sont d'espèce différente. Ils n'ont pas la même histoire. Le fossé qui les sépare ne peut être comblé.

Quand elle part pour trois semaines, continuant sa vie de mondaine, Camille, si doux, si discipliné, a un geste qui apparaît comme monstrueux : il met le feu à la lingerie. La pièce même où sa bienfaitrice l'a soigné.

On le retrouve en prison. Elle voudra encore l'aider, et verra le juge. Mais Camille est fermé, il refuse tout et jette dans les toilettes de sa cellule la boîte de friandises qu'elle lui a apportée.

Une nuit, un de ses codétenus, écartant brusquement le drap sur la nudité du jeune homme, le contraint. Les larmes lui montent aux yeux. Il subit. Le lendemain, on le retrouve pendu dans sa cellule.

Camille s'est-il tué parce que le détenu lui a imposé sa loi, comme ça se voit, dans les prisons ? Je ne le pense pas. Son drame est ailleurs. C'est un garçon qui ne sait pas se mettre en scène. C'est à la fois sa force et sa vulnérabilité. C'est cela qui est tragique.

Et s'il n'y avait pas de place pour des êtres comme lui ?

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Hombo, un film de Daniel Ringold (1985)

Publié le par Jean-Yves Alt

Issus d'un milieu bourgeois royannais, Philippe (Igor Hossein) et Bertrand (Olivier Pages) sont liés par une affection virile, mais exclusive. Un jour, Philippe disparaît. Bertrand finit par retrouver sa trace à Tahiti.

Là, l'étrange, le passionné Philippe s'est mis à mener une vie marginale, ouverte à tous les abus, des « Hombœs », qui prétendent continuer les hippies californiens. Dans une île des Australes, Rouroutou, ils déchaînent leurs instincts.

Douleur de Bertrand en constatant le changement de son ami, plus beau encore, mais retourné à l'état sauvage. Quant à Philippe, bien vite, il ne supporte plus le regard de juge de Bertrand, il le traite de pédé, et celui-ci se sent rejeté, roulé.

D'autant que Philippe pratique sans vergogne la bisexualité. Alors qu'ils se retrouvent dans une grotte tabou, est-ce le pouvoir maléfique du lieu, la jalousie qui le dévore ?, Bertrand tue Philippe d'un coup de poignard, se barbouille de son sang, retourne à leur case, puis disparaît dans les profondeurs de l'océan.

Daniel Ringold est surtout connu pour avoir écrit quelques textes des opérettes de Francis Lopez. Le réalisateur y a préservé toute la magie de la Polynésie originelle. Pour incarner Philippe, Ringold a choisi une personnalité tout à fait originale : Igor Hossein (fils de Robert, dont il a le charme mystérieux). Il forme avec Olivier Pages un couple inoubliable.

« Hombo » permet de découvrir tout un côté ignoré de la Polynésie : Papeete by Night, l'île de Rouroutou, préservée, encore à cette époque, de la civilisation du tourisme.

Il faut retenir encore le bain de minuit, les baisers, les caresses de Philippe et Bertrand en tenue d’Adam, l'enterrement des deux garçons devant le petit temple de Moere, les voix d'Esther Tefana et David Teai, le groupe folk de Rurutu.

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Le Neveu de Beethoven, un film de Paul Morrissey (1985)

Publié le par Jean-Yves Alt

Paul Morrissey – ancien complice d'Andy Warhol, chroniqueur de l'Amérique du « sex, drugs and rock'n roll » – quitte le New York mal famé pour s'offrir une escapade en costumes dans l'intimité de Beethoven et de son neveu.

Un film inégal, avec des passages franchement bâclés, d'autres très émouvants et pleins d'humour féroce.

Petit point souvent escamoté quand on parle de Beethoven : le musicien avait pris en charge le fils de son frère, en 1815, et il s'acharna jusqu'à sa mort – en 1827 – à le garder auprès de lui, empêchant sa mère de le reprendre avec elle, menant une guerre sans merci contre toute personne et toute chose susceptibles d'éloigner l'enfant. Comme Beethoven jouissait d'appuis importants, il avait pratiquement toujours gain de cause : même lorsqu'on envoya Karl au pensionnat, il réussit à lui imposer sa présence en habitant en face de l'école. Mais jamais Beethoven ne captera l'amour de cet enfant dont il a tant besoin, car plus celui-ci grandira, plus il refusera cet amour si exclusif.

Le film de Paul Morrissey s'attache surtout aux toutes dernières années du compositeur, à partir du moment où Karl est assez grand pour commencer à lui échapper. Le thème en est la lutte impitoyable qu'ils se livrent, l'un pour vivre et respirer en fuyant la domination de son oncle, l'autre parce que la présence de ce neveu qu'il chérit conditionne sa propre survie affective.

Ce qui dessert terriblement «Le Neveu de Beethoven», c'est avant tout une bande sonore épouvantable, notamment dans les premières vingt minutes : certaines voix sont trop rapprochées, d'autres trop éloignées, et cela crée un climat très confus. Et pourquoi, dans la version française, Beethoven serait-il le seul à parler avec un accent allemand ? Mais dès la scène du collège, le film prend vraiment son souffle.

Wolfgang Reichmann domine l'écran comme il dicte sa loi à ceux qui l'entourent : il sait être un Beethoven coléreux, rustaud, obsédé, monstrueux, mais aussi émouvant, malheureux, pathétique, et même implorant dans la scène du carnet où il convainc Léonore (Nathalie Baye) de ne plus revoir le neveu.

Plus on va vers la tragédie, inéluctable, plus Beethoven apparaît seul et pitoyable, emmuré dans sa surdité, et plus Morrissey, avec tact, atténue les touches d'humour qui rendaient le musicien assez ridicule : la scène où il interrompt Karl, les fesses à l'air, baisant la soubrette, est finalement plus cruelle que drôle.

Tout ce qu'il y a dans «Le Neveu de Beethoven» est basé sur des faits réels : l'épisode des œufs pourris, la file d'attente des fans qui viennent voir manger le maestro, sa direction désastreuse de la Neuvième Symphonie parce qu'il n'entend pas sa musique et n'a pas regardé le premier violon (en vrai, l'incident a eu lieu à la générale de Fidelio), tous les éléments existent. Il suffit de lire les dossiers du procès, les lettres, et ses carnets de conversation. Carnets que l'on aperçoit dans le film. Beethoven, à cause de sa surdité, donnait à ses interlocuteurs des carnets pour noter leurs réponses.

Un film sans un trop plein d'allusions à l'homosexualité contrairement à certains regards que la psychanalyse a porté sur ce compositeur. Morrissey a réussi un beau portrait de Beethoven : un clown monstrueux, certes, parfois tyrannique et odieux, mais qui inspire aussi de la sympathie à cause de son côté tragique.

Du film, on retire, que Karl, le neveu, était d'abord un « projet » pour Beethoven.


Du même réalisateur : Flesh - Trash

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Un mois à la campagne, un film de Pat O'Connor (1988)

Publié le par Jean-Yves Alt

Deux ans après la Grande Guerre, en 1920, deux anciens soldats lient connaissance dans un village anglais où l'un doit restaurer une fresque et l'autre retrouver des ossements d'un ancêtre de la famille Hebron. Le second avait souffert dans l'armée d'être homosexuel.

Birkin et Moon sont deux hommes qui vivent dans la belle nature du Yorkshire. Ils ont connu les horreurs de la guerre de 14.

Birkin (Colin Firth, vu dans Another Country) rénove une fresque médiévale dans l'église et vit dans un clocher. Il est attiré par une jeune villageoise (Natasha Richardson), mais... n'est pas indifférent non plus au charme de Moon (Kenneth Branagh) qui recherche des ossements d'un ancêtre illustre.

Moon a de nettes tendances homosexuelles. Le vécu atroce de la guerre qu'il a partagé avec Birkin rapproche les deux hommes. Leurs travaux les aident à oublier les marques de la guerre et leurs difficultés personnelles.

Le non-dit de ce film rejoint un charme tchékhovien. L'indicible y est présent sous forme de ce trio qui vit un secret, plus sensible pour le spectateur que de tapageurs aveux.

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