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Articles avec #films tag

La vie sur un fil, un film de Chen Kaige (1991)

Publié le par Jean-Yves

La vie sur un fil est photographiquement beau comme un Géo-Spécial-Chine, même si ses interprètes ne peuvent hélas remédier à la maigreur du scénario : un très vieux sage aveugle et son disciple non-voyant traversent la Chine au radar, le premier grattant son banjo comme un dératé pour venir à bout de mille cordes (ce qui devrait lui rendre la vue), et le second commençant à « renifler » les femelles au grand désespoir de son possessif aîné.

 

L'intention humaniste est sans doute à la source de ce film chinois très singulier, où se retrouve la confrontation du grand âge et de la jeunesse, de la lumière et de l'obscurité, de la sagesse et de l'initiation.

 

C'est, sinon une parabole, du moins un conte, qui se passe dans une Chine d'avant le communisme, agraire, traditionnelle, emprunte de spiritualité. L'époque est difficile à identifier, mais l'action semble se passer au début de ce siècle.

 

Le film, lyrique, ample, montre la vie – quasi conjugale – de cet anachorète musicien et de son disciple adolescent, tous deux aveugles : pour guérir, le remède « banjo » consiste, selon la légende, à casser mille cordes de l'instrument.

 

Ce sera peine perdue, mais là encore, l'important est d'avoir la foi. Une bonne leçon donnée aujourd'hui à une Chine populaire sans croyances et aussi, en filigrane, de leur apprentissage de l'amour, de l'affranchissement progressif du giton aveugle.

 

Faut-il voir dans le banjo, entre le vieillard et le garçon, un symbole phallique de leur passion ? La corde cassant comme une débandaison…

 

Toute ironie mise à part, chaque scène, chaque dialogue suggère un décryptage sexuel. La vie sur un fil échappe certainement, pour une grande part, à une interprétation d'Occidental. C'est un film à voir, comme une histoire venue d'ailleurs.

 

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Lianna, un film de John Sayles (1982)

Publié le par Jean-Yves

Lianna est une jeune universitaire qui a quitté le milieu enseignant pour aider son mari. Une fois où celui-ci s'est absenté pour raison professionnelle, Lianna rencontre Ruth.

 


Le film retrace l'évolution de Lianna, son « coming-out ».

 

John Sayles montre au public hétéro, avec une grande finesse d'analyse, combien il a à apprendre et à gagner de l'exemple de ces femmes (et de ces hommes) qui tentent de se réaliser comme lesbiennes (et gays).

 

On pouvait s'interroger sur ce qu'un cinéaste homme pouvait bien tirer d'une histoire d'amour entre deux femmes et comment il allait la traiter. Le résultat est sans conteste excellent, sans doute le meilleur long métrage de l'époque pour un film non documentaire sur le sujet, avec des magnifiques portraits de femmes.




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Les poneys sauvages, un téléfilm de Robert Mazoyer (1982)

Publié le par Jean-Yves

« Les Poneys sauvages » (1), téléfilm ordinaire, présente pourtant un moment intéressant : celui où Horace Mac Kay (Yves Beneyton) n'oublie pas l'ami de collège Cyril (Marc Delsaert) qu'il a chéri et qui est mort à la guerre.

 

Caractère un peu froid, assez snob, très british, Horace est marqué à fond par la blessure romantique, atroce, de cette jeune mort. Et cela – sa dérive –, la caméra de Mazoyer la montre excellemment.

 

(1) d'après le roman de Michel Déon

 

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Un autre film que j'aimerais voir…

Publié le par Jean-Yves

Un mois à la campagne, un film de Pat O'Connor (1988)

 

Deux ans après la Grande Guerre, en 1920, deux anciens soldats lient connaissance dans un village du Yorkshire où l'un doit restaurer une fresque et l'autre retrouver des ossements d'un ancêtre de la famille Hebron. Le second avait souffert dans l'armée d'être homosexuel.

 

 

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Les belles manières, un film de Jean-Claude Guiguet (1978)

Publié le par Jean-Yves

Camille, 22 ans – merveilleusement interprété par Emmanuel Lemoine – arrive à Paris. Depuis qu'il a quitté l'école et sa famille, il a surtout connu le monde du travail itinérant.

 

 

Pour changer et voir la grande ville, il répond à une offre d'emploi dans la capitale. Son nouvel employeur, Hélène, est une femme mûre d'une grande séduction (Hélène Surgère) : Camille doit servir les repas de son fils Pierre (Hervé Duhamel), neurasthénique, qui vit reclus dans sa chambre.

 

Quand Camille répond à l'annonce d'Hélène, pour devenir le domestique d'une femme du monde, il est paumé. Il quitte sa province, dit adieu à des parents qui ne le comprennent pas et, chez cette personne élégante et lointaine, il s'ouvre à un nouveau mode de vie… ou plus exactement, on y croit, au début. Tout l'étonne de cette femme, de son intérieur raffiné ; surtout le fils, qui reste enfermé dans sa chambre sans jamais sortir, parce qu'il a peur des gens dans la rue.

 

Sa patronne est à la fois bonne et indifférente. Il se demande peut-être ce qu'elle attend de lui : une coucherie ? Non. Même la nuit où Camille a été attaqué par des voyous et où elle l'a soigné en le faisant mettre nu, elle n'a pas de geste de désir pour lui : la scène est très touchante, la beauté de Camille, gentil et très viril, y est pour beaucoup.

 

Camille se pelotonne comme un chat dans cette vie nouvelle, ce havre, ce confort. Et pourtant, au fond, il ne doit pas les aimer, ces choses, car ce n'est pas là son monde. Chez cette femme, il semble aussi perdu que lorsqu'il était au chômage.

 

Que peut-il reprocher à celle qui l'a accueilli ? Rien, sans doute. Ils sont d'espèce différente. Ils n'ont pas la même histoire. Le fossé qui les sépare ne peut être comblé.

 

Quand elle part pour trois semaines, continuant sa vie de mondaine, Camille, si doux, si discipliné, a un geste qui apparaît comme monstrueux : il met le feu à la lingerie. La pièce même où sa bienfaitrice l'a soigné.

 

On le retrouve en prison. Elle voudra encore l'aider, et verra le juge. Mais Camille est fermé, il refuse tout et jette dans les toilettes de sa cellule la boîte de friandises qu'elle lui a apportée.

 

Une nuit, un de ses codétenus, écartant brusquement le drap sur la nudité du jeune homme, le contraint. Les larmes lui montent aux yeux. Il subit. Le lendemain, on le retrouve pendu dans sa cellule.

 

 

Camille s'est-il tué parce que le détenu lui a imposé sa loi, comme ça se voit, dans les prisons ? Je ne le pense pas. Son drame est ailleurs. C'est un garçon qui ne sait pas se mettre en scène. C'est à la fois sa force et sa vulnérabilité. C'est cela qui est tragique.

 

Et s'il n'y avait pas de place pour des êtres comme lui ?

 

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