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Articles avec #films tag

Hombo, un film de Daniel Ringold (1985)

Publié le par Jean-Yves

Issus d'un milieu bourgeois royannais, Philippe (Igor Hossein) et Bertrand (Olivier Pages) sont liés par une affection virile, mais exclusive. Un jour, Philippe disparaît. Bertrand finit par retrouver sa trace à Tahiti.

 

Là, l'étrange, le passionné Philippe s'est mis à mener une vie marginale, ouverte à tous les abus, des « Hombœs », qui prétendent continuer les hippies californiens. Dans une île des Australes, Rouroutou, ils déchaînent leurs instincts.

 

Douleur de Bertrand en constatant le changement de son ami, plus beau encore, mais retourné à l'état sauvage. Quant à Philippe, bien vite, il ne supporte plus le regard de juge de Bertrand, il le traite de pédé, et celui-ci se sent rejeté, roulé.

 

D'autant que Philippe pratique sans vergogne la bisexualité. Alors qu'ils se retrouvent dans une grotte tabou, est-ce le pouvoir maléfique du lieu, la jalousie qui le dévore ?, Bertrand tue Philippe d'un coup de poignard, se barbouille de son sang, retourne à leur case, puis disparaît dans les profondeurs de l'océan.

 

 

Daniel Ringold est surtout connu pour avoir écrit quelques textes des opérettes de Francis Lopez. Le réalisateur y a préservé toute la magie de la Polynésie originelle. Pour incarner Philippe, Ringold a choisi une personnalité tout à fait originale : Igor Hossein (fils de Robert, dont il a le charme mystérieux). Il forme avec Olivier Pages un couple inoubliable.

 

« Hombo » permet de découvrir tout un côté ignoré de la Polynésie : Papeete by Night, l'île de Rouroutou, préservée, encore à cette époque, de la civilisation du tourisme.

 

Il faut retenir encore le bain de minuit, les baisers, les caresses de Philippe et Bertrand en tenue d’Adam, l'enterrement des deux garçons devant le petit temple de Moere, les voix d'Esther Tefana et David Teai, le groupe folk de Rurutu.

 

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Le Neveu de Beethoven, un film de Paul Morrissey (1985)

Publié le par Jean-Yves

Paul Morrissey – ancien complice d'Andy Warhol, chroniqueur de l'Amérique du « sex, drugs and rock'n roll » – quitte le New York mal famé pour s'offrir une escapade en costumes dans l'intimité de Beethoven et de son neveu.


Un film inégal, avec des passages franchement bâclés, d'autres très émouvants et pleins d'humour féroce.


Petit point souvent escamoté quand on parle de Beethoven : le musicien avait pris en charge le fils de son frère, en 1815, et il s'acharna jusqu'à sa mort – en 1827 – à le garder auprès de lui, empêchant sa mère de le reprendre avec elle, menant une guerre sans merci contre toute personne et toute chose susceptibles d'éloigner l'enfant. Comme Beethoven jouissait d'appuis importants, il avait pratiquement toujours gain de cause : même lorsqu'on envoya Karl au pensionnat, il réussit à lui imposer sa présence en habitant en face de l'école. Mais jamais Beethoven ne captera l'amour de cet enfant dont il a tant besoin, car plus celui-ci grandira, plus il refusera cet amour si exclusif.


Le film de Paul Morrissey s'attache surtout aux toutes dernières années du compositeur, à partir du moment où Karl est assez grand pour commencer à lui échapper. Le thème en est la lutte impitoyable qu'ils se livrent, l'un pour vivre et respirer en fuyant la domination de son oncle, l'autre parce que la présence de ce neveu qu'il chérit conditionne sa propre survie affective.


Ce qui dessert terriblement «Le Neveu de Beethoven», c'est avant tout une bande sonore épouvantable, notamment dans les premières vingt minutes : certaines voix sont trop rapprochées, d'autres trop éloignées, et cela crée un climat très confus. Et pourquoi, dans la version française, Beethoven serait-il le seul à parler avec un accent allemand ? Mais dès la scène du collège, le film prend vraiment son souffle.


Wolfgang Reichmann domine l'écran comme il dicte sa loi à ceux qui l'entourent : il sait être un Beethoven coléreux, rustaud, obsédé, monstrueux, mais aussi émouvant, malheureux, pathétique, et même implorant dans la scène du carnet où il convainc Léonore (Nathalie Baye) de ne plus revoir le neveu.


Plus on va vers la tragédie, inéluctable, plus Beethoven apparaît seul et pitoyable, emmuré dans sa surdité, et plus Morrissey, avec tact, atténue les touches d'humour qui rendaient le musicien assez ridicule : la scène où il interrompt Karl, les fesses à l'air, baisant la soubrette, est finalement plus cruelle que drôle.


Tout ce qu'il y a dans «Le Neveu de Beethoven» est basé sur des faits réels : l'épisode des œufs pourris, la file d'attente des fans qui viennent voir manger le maestro, sa direction désastreuse de la Neuvième Symphonie parce qu'il n'entend pas sa musique et n'a pas regardé le premier violon (en vrai, l'incident a eu lieu à la générale de Fidelio), tous les éléments existent. Il suffit de lire les dossiers du procès, les lettres, et ses carnets de conversation. Carnets que l'on aperçoit dans le film. Beethoven, à cause de sa surdité, donnait à ses interlocuteurs des carnets pour noter leurs réponses.


Un film sans un trop plein d'allusions à l'homosexualité contrairement à certains regards que la psychanalyse a porté sur ce compositeur. Morrissey a réussi un beau portrait de Beethoven : un clown monstrueux, certes, parfois tyrannique et odieux, mais qui inspire aussi de la sympathie à cause de son côté tragique.


Du film, on retire, que Karl, le neveu, était d'abord un « projet » pour Beethoven.



Du même réalisateur : Flesh - Trash


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Un mois à la campagne, un film de Pat O'Connor (1988)

Publié le par Jean-Yves

Été 1920 : Birkin et Moon ! Ces deux hommes vivent dans la belle nature du Yorkshire. Ils ont connu les horreurs de la guerre de 14.



Birkin (Colin Firth, vu dans Another Country) rénove une fresque médiévale dans l'église et vit dans un clocher. Il est attiré par une jeune villageoise (Natasha Richardson), mais... n'est pas indifférent non plus au charme de Moon (Kenneth Branagh) qui recherche des ossements d'un ancêtre illustre.



Moon a de nettes tendances homosexuelles. Le vécu atroce de la guerre qu'il a partagé avec Birkin rapproche les deux hommes. Leurs travaux les aident à oublier les marques de la guerre et leurs difficultés personnelles.


Le non-dit de ce film rejoint un charme tchékhovien. L'indicible y est présent sous forme de ce trio qui vit un secret, plus sensible pour le spectateur que de tapageurs aveux.


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Prêchi-prêcha, un film de Glenn Jordan (1987)

Publié le par Jean-Yves

… ou l'amitié ambiguë de deux religieux


Le père Farley (Jack Lemmon), la cinquantaine, officie depuis des années dans sa paroisse où il apparaît comme une « star ». La mécanique des sermons, il connaît. De même que les incidents diplomatiques au sein du diocèse. La routine.


Un petit coup de rouge de temps à autre lui permet de pimenter ce train-train et sa solitude.


Jusqu'au jour où un jeune séminariste (Zeljko Ivanek) – personnalité rebelle et autrefois porté sur les garçons – entre dans sa vie et fouette son engourdissement. Car ce futur prêtre remet en question le confort moral de son tuteur et multiplie les questions embarrassantes.



Les rapports de force entre ces deux hommes se transforment peu à peu en actes d'amour. Cette progression dramatique chez les religieux tracassés plus ou moins par l'homosexualité est très émouvante : longs dialogues entre deux admirables acteurs et superbement adaptés pour l'écran.


Dommage que le titre ridicule « Prêchi-prêcha » masque cette magnifique amitié sensuelle…


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La Storia, un film de Luigi Comencini (1986)

Publié le par Jean-Yves

La Storia du cinéma est la version abrégée d'une vaste fresque tournée pour la télévision italienne.


Les héros en sont Ida [Claudia Cardinale], institutrice d'origine juive, veuve et mère de Nino [Antonio Degli Schiavi] qui se lance avec autant de passion dans le fascisme, puis dans la Résistance, puis dans la contrebande ; et Useppe, l'enfant qu'elle a mis au monde à la suite du viol que lui a fait subir un jeune soldat allemand beaucoup plus en mal d'amour et de tendresse qu'enclin à une réelle violence.


Useppe [Andrea Spada] est l'enfant qui n'aurait pas dû naître, il est un défi d'innocence et d'amour dans un monde où triomphent la cruauté et la haine. Un monde qu'on voit d'abord avec le cœur d'Ida, mère angoissée et apeurée mais capable de dominer angoisse et peur quand il s'agit d'étendre son aile protectrice sur son rejeton.


Un monde qu'on observe ensuite par les yeux du petit garçon, lorsqu'il a atteint les cinq, six ans (fin de la Deuxième Guerre mondiale et immédiate après-guerre), et qu'il découvre le décor de la vie, sa solitude, son besoin d'une présence paternelle et virile.


La Storia, drame dédié aux humbles et persécutés d'hier et d'aujourd'hui, est aussi le film du père absent, inexistant et recherché désespérément.


Useppe s'investit ainsi totalement dans son admiration pour Nino, le grand demi-frère si beau, qui tombe les filles et fait de la moto, si sûr de lui et si rarement présent.


Quand Nino ne revient plus, Useppe attend de Carlo [Lambert Wilson], la même affection. Mais l'anarchiste déchu sombrant dans l'alcool et la dépression est une déception de plus, comme le petit adolescent homo des bords du Tibre en qui l'enfant espérait trouver un ami.


Un film admirable de justesse, de pudeur et de force intérieure venue du fond des personnages. Un film d'une beauté poignante et intensément douloureuse. Comencini sait communiquer les émotions les plus subtiles, les plus fortes, les plus secrètes et les plus vraies.


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