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Articles avec #films tag

Le Pavillon interdit (An Indecent Obsession), un film de Lex Marinos (1985)

Publié le par Jean-Yves

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les blessés et les médecins d'un hôpital australien doivent être rapatriés. Dans le service psychiatrique, ce départ ne manque pas de poser des problèmes car les malades sont très attachés à leur jeune et belle infirmière.



L'arrivée du très séduisant malade Michael Wilson, peu atteint, envenime tout le service qui passe de la tranquillité à la fièvre. Alors que l'infirmière tombe amoureuse du nouveau venu, un ancien malade, jaloux (?), fait tout pour mettre fin à cette relation. Sa meilleure arme ?


Il accuse Michael Wilson d'homosexualité. Un stratagème qui ne manque pas de piquant, puisque l'accusé, grâce à l'intervention de flash-back, refoule un passé trouble et assassin, que je ne vous dévoile pas.


Cette cabale finira par avoir raison de l'idylle qui se nouait entre l'infirmière et son malade.


Ce film suave et exaltant est tiré d'une histoire de Colleen Mc Cullough, rendue célèbre par le non moins fameux Les Oiseaux se cachent pour mourir.



Ce film australien, inédit en salle, a été diffusé sur Canal Plus puis en cassette vidéo.


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Encore un film que j'aimerais voir…

Publié le par Jean-Yves

Le maire (Der Gemeindepräsident), un film de Bernhard Giger (1983)




Figure politique locale, le maire, interprété par Mathieu Gnadinger, s'accommode des tensions entretenues par des administrés peu scrupuleux ou carrément crapuleux. Partial et tempéré, il arrive toujours avec plus ou moins de succès à régler les affaires courantes. Jusqu'au jour où son ami le plus proche se donne la mort. Le mot est lâché. Ce garçon était homosexuel. Et si le maire, célibataire endurci, était lui aussi touché par cette perversion ? Et si ça rejaillissait sur le parti ?


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De bruit et de fureur, un film de Jean-Claude Brisseau (1988)

Publié le par Jean-Yves

Le réalisateur a construit sa fiction autour d'une substance quasi documentaire : certains événements rapportés dans le film ayant réellement eu lieu. Il y a, exprimée dans ce film, toute la violence barbare de notre société occidentale.


De bruit et de fureur pose, dès les premiers plans, le décor du film : le spectateur pénètre de façon très réaliste par une série de champs et de contre-champs d'une parfaite efficacité visuelle. Les deux jeunes héros ont ces blocs de HLM pour tout horizon.


Bruno est un gamin de quatorze ans qui revient vivre à Bagnolet, chez sa mère, après la mort de sa grand-mère. Très en retard sur le plan scolaire, il est accaparé par Jean Roger, un petit dur qui terrorise sa classe de collège et habite un appartement dans la même cage d'escalier que lui.


A sa manière, chacun des deux gamins n'a pas de vie de famille :

 Bruno ne voit jamais sa mère et n'a de contact avec elle que par les petits mots, les conseils et instructions qu'elle lui laisse au-dessus de la table (on peut tout imaginer de cette mère absente la nuit et qui profite de ce que son fils est à l'école pour venir à la maison – travail nocturne inavouable mais nécessaire pour survivre…).

 Jean Roger a pour mère une espèce de brute qui vit d'expédients sans travailler et s'en vante, et à l'occasion s'amuse à tirer du fusil à pompe sur les cloisons de l'appartement.

Chacun réagit à cette situation en fonction de son tempérament :

 Bruno s'évade dans la contemplation d'un petit oiseau en cage et dans l'intérêt que lui porte une jeune prof. Avec elle, il s'initie à la poésie, au dessin, à la danse : mais quelle déception quand le proviseur vient interdire ces cours particuliers parce que des mauvaises langues – celle de Jean Roger notamment – laissent insinuer qu'il y aurait un peu trop d'affectif dans cette relation. Jean Claude Brisseau met le doigt sur un problème fondamental : mieux vaut laisser ce gosse crever sans amour et le dégoûter de tout progrès plutôt que de prendre le risque d'aller contre l'ordre moral.

 Quant à Jean Roger, il trouve un exutoire dans un paroxysme de la provocation et de la violence.

Bruno se réfugie dans la fuite de cette réalité sordide à travers l'imaginaire et le rêve. Jean Roger reste totalement en prise avec une réalité hostile à laquelle il a décidé de répondre avec le même langage.


Chaque comportement développe ainsi sa logique propre : Bruno et Jean Roger se retrouveront dans le drame, inhérent au contexte même, pris dans sa globalité.


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Le Déclin de l'empire américain, un film de Denys Arcand (1985)

Publié le par Jean-Yves

Transformation de la famille, remise en cause du mariage, augmentation des divorces, libéralisation des mœurs… Denys Arcand, fort de ces constatations, a reconstitué une cellule, composée d'éléments féminins et masculins, hétéros et homos.

 

Son film est bâti sur trois volets très denses :

▪ les femmes au bain

▪ les hommes à l'apéro

▪ tous ensemble autour d'un repas convivial

Qu'est-ce qu'ils se disent ? Tout et n'importe quoi. Chacun évoque sa propre expérience et ses angoisses dues aux contraintes imposées par une civilisation qui laisse peu de temps à l'expression individuelle.

 

Chacun parle de sa libido, parfois caricaturalement. Chaque intervention, pourtant, révèle – d'une façon représentative – les frustrations de chaque protagoniste.

 

Il y a Claude (Yves Jacques), un gay, fier de son identité d'homosexuel, qui préfère, depuis la mort de son amant, vivre seul afin de pouvoir profiter librement des joies de la drague :

 

« Si j'étais capable, je draguerais tous les soirs. Je le fais moins maintenant, je n’arrive pas à donner mes cours le lendemain. Mais c'est vraiment juste quand je drague que je me sens en vie. C'est effrayant comment je me sens quand je sors. Je suis vraiment fou. Je deviens électrisé. Sauf que moi c'est dangereux. J'ai un de mes amis qui s'est fait poignarder dans sa douche. Mais c'est plus fort que moi : il y a des soirs où il faut que je baise avec un gars. À la limite, n'importe qui. Comme un chat de ruelle qui rôde. C'est incroyable la force de ça. Je me fais voler en permanence dans mon appartement. Les gars partent avec mes disques, mes bouteilles de vin, ma montre. Pourtant, je ne suis pas naturellement courageux physiquement. Mais quand ça me prend, je suis capable de partir en expédition à quatre heures du matin dans les saunas du centre ville à Los Angeles, dans les bars effrayants du quartier Saint-Paul à Hambourg. C'est pour ça que je vis seul : tous les matins, je ne sais jamais comment la journée va finir. Même s'il s'est rien passé, je sais que la possibilité est là... »

 

Le Déclin ressemble aux conversations intimes et passionnelles que l'on partage avec ses proches. Un film amer sur la liberté sexuelle et ses conséquences.

 

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Encore un film que j'aimerais voir…

Publié le par Jean-Yves

Une chose très naturelle, un film de Christopher Larkin (1974)


[En 1974, le réalisateur américain essayait] de prouver que les homosexuels pratiquaient après tout Une chose très naturelle (A Very Natural Thing, Larkin). Il ne s'agissait pas d'un nouveau Corydon qui aurait cherché des justifications dans les mœurs des éléphants ou des paramécies, mais d'une sorte de Love Story homosexuelle. Malgré tous ses efforts pour faire place nette des clichés hétérosexuels qu'adoptent souvent les gays, [Christopher Larkin] n'évitait pas totalement l'écueil.


Le protagoniste, David (Robert Joel) en est un ancien séminariste qui vit, au début du film, une relation figée dans le moule hétérosexuel avec Mark (Curt Gareth). L'échec de ce couple amène David à vivre l'expérience des gays de New York, saunas, partouzes, bref la consommation du sexe prônée à cette époque. Il n'en résulte que de la solitude.


Le film se terminait sur sa rencontre avec Jason (Bo White), le jour de la Gay-Pride. Tous deux décident de tenter un autre mode de vie, qui excluerait le couple fermé du modèle hétérosexuel et la frénésie consumériste de la libération sexuelle.


Les pédés radicaux américains hurlèrent devant ce qu'ils considérèrent comme un ramassis de mièvreries. Et il est certain que le film manque de force et se permet des afféteries limitatives, ainsi l'image finale des deux amants courant au ralenti sur une plage au coucher de soleil. Il est vrai aussi qu'il éliminait le côté social pour revenir sur un terrain psychologique qui faisait un peu trop abstraction de la répression de l'homosexualité.


Mais, d'autre part, c'était un film nécessaire justement à cause de son point de vue finalement optimiste : son insuccès commercial le prouva, les hétérosexuels n'étaient pas encore prêts à aller voir une histoire d'amour entre pédés ; mais comme l'écrit Jean-Louis Bory, « découvrir sa vraie nature est une chose. L'accepter en est une autre. Repousser la honte et la peur, refuser la "faute" en est une autre ». En cela, Une chose très naturelle était aussi nécessaire que certains films politiques dénonçant la répression de l'homosexualité mais oubliant en route les phénomènes d'autorépression et de culpabilisation. (1)



(1) in L'homosexualité à l'écran, Bertrand Philbert, Editions Henri Veyrier, 1984, ISBN : 2851993364, pp.95-96


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