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Articles avec #livres tag

L'atlas des atlas [2]

Publié le par Jean-Yves

« Il faut garder le meilleur pour la fin ! », entendons-nous parfois. Cette expression est particulièrement bien adaptée à l’atlas de Courrier International présenté dans un précédent article.


Sa quatrième partie s’intitule « Imaginaire » et nous fait voyager dans la cartographie de la philosophie (montrer les circuits de la pensée), du virtuel (donner une vision globale des thèmes dominants des journaux on-line), des utopies (avec le projet de l’architecte allemand Hermann Sörgel « Atlantropa », présenté en 1932, qui devait permettre d’assurer la paix entre les peuples), de la littérature (la description de lieux imaginaires est courante en littérature, mais seul un petit nombre d'auteurs ont poussé l'imagination jusqu’à cartographier leur pays inventé), du monde des jeux vidéos, des œuvres artistiques (alors que presque tous les points de la Terre sont connus grâce aux images satellite, les artistes se chargent de cartographier rêveries et utopies).



La cartographie de la bande dessinée n'a pas été oubliée (la carte de la Sodrovno-Voldachie de François Schuiten & Benoît Peeters, ci-dessus, a même été éditée par le très vénérable Institut Géographique National et offerte avec le tome II (première édition) de La Frontière invisible - Casterman, avril 2004, ISBN : 2203343184)


■ Un bel hommage est aussi rendu à François Place et à son atlas des géographes d’Orbæ.


■ Un site à visiter : Le magazine Internet en anglais Mappa Mundi rappelle le rôle des cartes dans les œuvres littéraires.


■ L'Atlas des atlas, Hors-série n°11 de Courrier International, paru le 8 mars 2005 [Code presse pour le commander chez votre marchand de journaux : M04224 n°11H]



Cet article est paru aussi sur Castalie


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Sécurité, territoire, population. Cours du Collège de France. 1977-1978 et Naissance de la biopolitique. Cours du Collège de France. 1978-1979

Publié le par Jean-Yves


Essais Le ministère Foucault

Par quelles procédures assurer le gouvernement des hommes ? De la souveraineté à l'art de gouverner, les cours du Collège de France.




- Michel Foucault Sécurité, territoire, population. Cours du Collège de France. 1977-1978

- Naissance de la biopolitique. Cours du Collège de France. 1978-1979

Editions établies sous la direction de François Ewald et Alessandro Fontana par Michel Senellart. Hautes Etudes/Gallimard/Seuil, respectivement 436 et 356 pp., 25 € le volume.

C'est avec une relative facilité, tout compte fait, qu'on accorde à d'autres le droit de diriger nos vies, ou qu'on reconnaît le fait qu'ils les dirigent, pour un temps ou pour longtemps. La seule condition est qu'ils nous «aiment», qu'ils veuillent, en d'autres termes, notre bien. Ainsi l'enfant suit le sillon que tracent pour lui ses parents, l'élève se fait guider par le maître, le patient s'en remet à son médecin et le sportif à son entraîneur. La facilité est moindre lorsqu'il s'agit d'une institution : le fidèle obéit à son Eglise et le militant à son parti, mais ne défèrent ni à l'une ni à l'autre toute leur vie sauf si la première est intégriste et le second totalitaire, appliqués autrement dit à tout régenter, les goûts et les idéaux, les actes et les pensées. Quand l'institution est l'Etat lui-même, le bât commence à blesser, car le citoyen voit mal le «bien» que l'Etat peut lui vouloir, non pour lui garantir des droits, mais pour s'autoriser à lui dicter sa conduite, à lui conseiller fermement, sous menace de sanction, de ne pas boire, de ne pas rouler vite ou de trier ses ordures. Ces types de relations de pouvoir pourraient être dites «pastorales», par référence aux brebis et au berger, dont «le rôle est de fournir au troupeau sa subsistance, de veiller quotidiennement sur lui et d'assurer son salut». En Occident, c'est par le christianisme qu'ils ont «pris une forme institutionnelle dans le pastorat ecclésiastique», au sens où «le gouvernement des âmes se constitue dans l'église chrétienne comme une activité centrale et savante, indispensable au salut de tous et de chacun». Mais, d'une manière générale, ils sont inséparables de la figure même du souverain, qui peut «tenir» ses sujets par la force et la discipline, mais ne justifie vraiment son statut de «guide» que s'il se prévaut d'une garantie «divine» ou se fait reconnaître comme «père» naturel. On voit ce que cela implique, et quelles extensions biopolitiques doivent connaître l'«art de gouverner» : pour donner au peuple bien-être, sécurité et bonheur, il faut veiller à la santé du corps, politique, physique, matérielle et morale, soigner les enfants, les éduquer, diminuer la mortalité, protéger les familles, répartir plus ou moins équitablement charges et créances, «surveiller et punir» les éléments perturbateurs, fous, criminels, asociaux, vagabonds ou «pervers» sexuels, prévenir les disettes, traiter les épidémies, favoriser le commerce et maintenir aussi la continuité de l'Etat lui-même. Par quelles procédures peut-on assurer le «gouvernement des hommes» ? Voilà une question difficile. C'est à cette question que répondent les deux cours du Collège de France que Michel Foucault tint en 1978 et 1979 : Sécurité, territoire, population et Naissance de la biopolitique, publiés après le Pouvoir psychiatrique, les Anormaux, Il faut défendre la société et l'Herméneutique du sujet. Il faut savoir gré aux éditeurs de tenir le programme de publication de ces Cours, qui, établi à partir des enregistrements de Gérard Burlet et Jacques Lagrange, fait, non qu'à vingt ans de sa mort la pensée du philosophe reste actuelle il n'est qu'à considérer le nombre impressionnant de leçons universitaires et d'ouvrages qui, dans le monde, lui sont consacrés mais que sa voix demeure audible, avec ses inflexions, ses répétitions, ses scansions, et si vive qu'elle semble «répondre» aux questions les plus actuelles d'une société qui a hissé la «sécurité» au premier rang de ses valeurs. La parution conjointe des deux volumes (1) est aussi heureuse, car Naissance de la biopolitique poursuit sans solution de continuité les analyses de Sécurité, territoire, population, lesquelles conduisent, si on va à rebours, au problème du biopouvoir introduit en 1976 par Il faut défendre la société, marquant, lui, un «rebond» par rapport aux thèmes de la société disciplinaire que développait Surveiller et punir, publié en 1975.

Dans le chapitre final de la Volonté de savoir, premier volume de l'Histoire de la sexualité (1976), Foucault esquissait une histoire des pouvoirs en Occident à partir du Moyen Age, et indiquait comment le «droit de vie et de mort» exercé par le seigneur féodal héritage de «la patria potestas qui donnait au père de famille romain le droit de "disposer" de la vie de ses enfants comme de celle de ses esclaves» va peu à peu se transformer, lorsqu'il passe aux mains de la monarchie (qui définit en termes juridiques les formes et les mécanismes de son pouvoir) et de la bourgeoisie (qui utilise ce système juridique pour favoriser les échanges économiques assurant son développement), en «pouvoir sur la vie». Celui-ci aura deux formes. Le premier, caractérisé par les techniques disciplinaires, Foucault le nomme «anatomo-politique du corps humain» : il façonne le corps-machine, surveille et dresse l'individu, contrôle sa conduite, mesure ses aptitudes, rentabilise ses prestations, l'installe à la place où il sera le plus utile. Le second, qui se forme vers le milieu du XVIIIe siècle, est constitué par toute une série de «contrôles régulateurs» qui investissent non plus les individus en tant qu'individus, mais le «corps-espèce», le «corps traversé par la mécanique du vivant et servant de support aux processus biologiques» : c'est une «biopolitique de la population», devant maintenant gérer ce qui permet à une population de s'éteindre ou de se développer : l'habitat, les conditions de vie urbaine, les déplacements, l'hygiène publique, les naissances et la mortalité, les taux de croissance...



C'est sur ces questions que «rebondissent» donc Sécurité, territoire, population et Naissance de la biopolitique. Les modalités de transformation des techniques de «gouvernement des hommes» accompagnent en effet les transformations du «gouvernement», lequel, reposant d'abord sur le concept de souveraineté puis sur l'«art de gouverner», doit aussi songer à se gouverner lui-même. C'est pourquoi Foucault, qui continue d'abord l'analyse des dispositifs de sécurité relatifs à la population, marque soudain, dans la séance du 1er février, un «profond tournant dans l'orientation générale du cours», pour reprendre les termes de Michel Senelart, et s'attaque à la généalogie de l'Etat moderne et au problème de la «gouvernementalité». Dans cette histoire de la gouvernementalité, il resitue le rôle du «berger des âmes» et le rapport de «dépendance intégrale entre la brebis et celui qui la dirige», pour faire émerger, de la crise de la pastorale chrétienne, la question de la raison d'Etat.

C'est le Prince qui sert alors de support à la réflexion foucaldienne, non seulement parce que Machiavel y revendique l'autonomie de la raison politique par rapport à la morale et à la religion, mais parce que, selon Foucault, y est affirmée l'extériorité, la «transcendance» du prince vis-à-vis de la principauté. Le prince n'a pas le pouvoir parce qu'il est «naturellement» lié à la principauté ni parce que sa souveraineté est l'expression d'une volonté divine : il ne détient le pouvoir que dans la seule mesure où il parvient à protéger le «lien à ses sujets et à son territoire» qu'est la principauté, acquise, conquise ou obtenue de l'accord avec d'autres Etats. Il ne dispose pas d'un «art de gouverner», dont Foucault trace les linéaments en se référant à une vaste littérature «antimachiavélienne», entre autres le Miroir politique (1555) de Guillaume de La Perrière ou, au siècle suivant, l'oeuvre de François La Mothe Le Vayer.

On laissera deviner les implications politiques que Foucault tire du sens, en apparence anodin, que La Perrière donne à «gouverner» : «gouverneur peut être appelé tout monarque, empereur, roi, prince, seigneur, magistrat, prélat, juge et semblable». Dans Naissance de la biopolitique, Foucault va étudier la manière dont le libéralisme transformera cet art de gouverner en science et en économie de la politique. Mais on peut s'arrêter parce qu'elle résume la métamorphose que Foucault fait subir à la notion de «pouvoir» sur cette idée que les pratiques de gouvernement sont multiples et impliquent le prince comme le père de famille, le supérieur du couvent et le pédagogue, le juge et le médecin, le démographe, l'assureur, le géographe, le notaire... que gouverner, donc, n'est pas seulement gouverner des sujets ou un territoire, mais gouverner des choses des hommes, certes, mais «dans leurs rapports, dans leurs liens, dans leurs intrications avec ces choses que sont les richesses, les ressources, les subsistances, le territoire bien sûr, dans ses frontières, avec ses qualités, son climat, sa sécheresse, sa fécondité, (...) dans leurs rapports avec ces autres choses que sont les coutumes, les habitudes, les manières de faire ou penser, (...) et avec ces autres choses encore que peuvent être les accidents ou les malheurs, comme la famine, les épidémies, la mort».


(1) On lira aussi, en Folio essais, l'anthologie de textes de Michel Foucault publiée sous le titre «Philosophie», par Arnold Davidson et Frédéric Gros, 912 pp., 13,50 €.


Libération, Robert MAGGIORI, jeudi 16 décembre 2004

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Un docteur irréprochable, Damon Galgut

Publié le par Jean-Yves

Damon Glagut imagine un hôpital perdu au fin fond de la campagne, dans ce qui s'appelait un « Homeland », c'est à dire, selon la définition habituellement admise, un de ces «territoires pauvres est sous-développés que le gouvernement de l'Apartheid avait réservés à "l'autodétermination" de ses différentes "nations" noires».


Cet établissement n'a d'hôpital que le nom. Très peu de matériel. Tout a été volé, saccagé. Peu de personnel. Laurence Waters a choisi de venir là, pour effectuer son année de service social, une obligation à laquelle doit se soumettre tout jeune médecin après avoir obtenu son diplôme. Il ne voulait pas rester confortablement en ville, mais pouvoir se frotter à d'autres réalités, avec le vague sentiment qu'il serait plus utile. Ce qu'il découvre l'effare. En voyant sa tête, Frank Eloff, qui travaille là depuis des années, lui conseille de repartir immédiatement, de faire demi-tour et d'oublier ses bonnes intentions.


Laurence reste. Et l'on devine qu'il est dans cet hôpital, comme Galgut dans son pays. Stupéfait de constater que des années après la fin officielle de l'Apartheid, malgré de belles avancées, la repentance nationale , les vieilles frontières persistent sous les apparences paisibles du politiquement correct. Laurence le constate à chaque page. À commencer par les relations qu'entretiennent les médecins avec leurs patients. Tout le monde se moque que les malades meurent ici, puisque ce sont des noirs très pauvres, ou pire encore, des fuyards venus du pays voisin. Ils arrivent affamés, déshydratés, les pieds en sang, avec pour seul espoir, celui des clandestins. Laurence trouve encore la preuve de cet archaïsme dans les rivalités de pouvoir entre membres du personnel ou les relations qu'ils entretiennent avec les autochtones. Telle celle de Frank Eloff avec une jeune femme, Maria, une femme mariée et misérable qu'il a séduit. A-t-il pensé pouvoir l'aimer ? Leur relation est vite devenue une affaire d'argent : « Les pièces et les billets que je lui fourrais dans les mains en franchissant la porte symbolisaient ce qui nous séparait. (...) L'argent ne comblerait jamais l'abîme ; il était l'abîme ».


Voilà ce que Laurence va affronter et tenter de faire bouger. Tout le roman est à son image, austère et sans concession, mais jamais rasoir.


■ Traduction de Hélène Papot, Éditeur : Editions de l'Olivier, avril 2005, ISBN : 2879294118


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Ambiguïtés, Elliot Perlman

Publié le par Jean-Yves

LES SENTIMENTS SONT-ILS UNE DENRÉE PÉRISSABLE ?


Ce roman est l'histoire d'une obsession. Simon ne s’est jamais remis de sa liaison avec Anna avec laquelle il est séparé depuis à peine dix années. Ils ne se sont jamais revus depuis. Elle s'est mariée, a eu un enfant. Simon, instituteur au chômage, s’imagine qu’en kidnappant le garçon, il pourra reconquérir son amour de jeunesse. Il faut dire que Simon boit trop, qu’il vit avec une prostituée, qu’il croit que la poésie va sauver le monde. Simon est un personnage complexe, séduisant, impossible, tourmenté.


Le roman est construit en sept parties qui donnent la parole aux divers protagonistes : Simon, son psychiatre, Anna, le mari de celle-ci, un courtier en Bourse, la call-girl atteinte de sclérose en plaques et la fille du psychiatre. L'ensemble est formidablement bâti, avec beaucoup de naturel.


Elliot Perlman radiographie son époque et analyse les bouleversements qu’un fait divers provoque dans les existences des uns et des autres, détaille les secrets que les proches ne devineront jamais. Le lecteur est au courant du moindre incident ce qui n’est bien évidemment pas le cas des personnages qui eux, naviguent à vue, émettent des hypothèses.



Cet auteur australien, qui a seulement la quarantaine, possède une maîtrise stupéfiante pour décrire un séminaire délirant pour cadres, pour nous plonger dans l’univers des quartiers de haute sécurité, pour disséquer les combines d’analystes financiers, pour dénoncer une arnaque aux soins médicaux ou pour inventer un psychiatre qui n’arrive pas à savoir s’il est Bettelheim ou Hamlet ?


Le plus intéressant est sa capacité à montrer comment les couples se délitent, pourquoi le soupçon s’installe et comment à partir d'un certain moment la vérité n'a plus sa place entre deux êtres.


Traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj, janvier 2005, Éditions Robert Laffont, Collection Pavillons, ISBN : 2221095294



Présentation de l'éditeur : Simon, instituteur brillant et estimé, est au chômage. Un après-midi, sans que rien ne laisse prévoir son geste, il enlève un petit garçon à la sortie de l'école... Un petit garçon dont il a follement aimé la mère, dix ans plus tôt. Crime d'un pervers masqué en héros romantique ? Acte désespéré d'un homme abîmé par le chômage ? Fixation pathologique sur une femme indigne ? Simon est-il une victime ou un manipulateur ?.... Sept personnages témoignent. Tous sont acteurs de l’évènement qui a fait la une. Ils racontent leur version des faits et, peu à peu, se racontent, eux, leurs espérances, leur souffrance, leur lutte. Dans une Australie convertie au culte de l'argent roi, ils démontrent chacun à leur manière qu’il y aura toujours une place pour la poésie et l'amour fou.



Biographie de l'auteur : Elliot Perlman est né en 1964 en Australie. Il a reçu le Book of the Year Award pour son premier roman, Three Dollar et le Steele Rudd Award pour son recueil de nouvelle The Reasons I Won't be Comming. Un film tiré de Three Dollars est en cours de réalisation. Elliot Perlman vit à Melbourne, où il est avocat.



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Les mouettes volent bas, Joseph Hansen

Publié le par Jean-Yves

À La Caleta, pas loin de Los Angeles, le Chef de la police Ben Orton est une figure, celle de l'Ordre et de la Loi. Quand il meurt, le crâne fracassé par un pot de fleurs, le coupable semble évident : c'est un activiste homo qui n'a pas supporté qu'Orton refuse ses pétitions en faveur des droits des homos.


Dave Brandstetter entre alors en scène, pour mener une enquête diligentée par son employeur, Medallion Life, assureur auprès duquel le défunt avait souscrit une police d'assurance-vie. Et Dave trouve que les choses ne sont pas si claires.


Le chef de police d'une petite ville a été tué. Aimé par certains (rares), haï par d'autres, il voulait garder sa ville propre (c'est-à-dire pas d'homos, de drogués, d'hippies, de films pornos...) ; il voulait préserver l'ordre, la famille, et imposait la peur à toute une population. Un homme, Cliff Kerlee, est accusé de ce meurtre car, fait accablant, il avait professé des menaces de mort contre ce flic au cours d'une manifestation retransmise à la télé.


Comme on le voit, nous sommes en plein scénario classique de série noire. Ce qui l'est moins, c'est que les principaux personnages de ce livre, dont certains n'ont rien à voir avec le scénario, sont homosexuels, à commencer par l'enquêteur et l'accusé ; et on l'apprend dès les premières pages.


On a l'impression que le scénario policier d'ailleurs est mal mené, et que en fait il sert de prétexte à décrire les homosexuels, leurs luttes, leurs questions, leurs vies. Ce qui est une nouveauté dans le genre du polar, c'est la présence d'homos militants avec toutes les nuances possibles, au point que l'on croirait parfois reconnaître le mouvement français. Ainsi Nowell est obsédé par la respectabilité, agacé par les «folles» faisant irruption à l'assemblée où il essayait de se faire reconnaître, bref, on se croirait à un ancien congrès d’« Arcadie » ! Un autre, Harv, essaie de regrouper les homos sur la ville, rêve d'un mini San Francisco. Un autre, l'accusé, faisant pétitions, manifs, se bat pour que les pédés vivent comme ils l'entendent.



Et puis il y a aussi plein d'autres pédés, moins décrits mais tous sensibilisés à leur condition d'homosexuels. Les lesbiennes, sont elles complètement absentes, même lors des manifestations où pourtant elles devaient être. De même les femmes ne sont guère présentes ; au moins, elles ne sont pas utilisées comme objet sexuel (comme dans la plupart des polars).


L'intérêt de l'auteur va, cela est évident, vers les pédés, vers ce fait social qu'est la lutte des homosexuels.


L'intrigue en fait importe peu et il est émouvant de lire une «Série noire» mettant en scène des homosexuels avec naturel et sans caricature.


Gallimard, Collection Folio numéro 2673, ISBN : 2070388832



Du même auteur : Le garçon enterré ce matin - Un pied dans la tombe - Par qui la mort arrive - Petit Papa pourri - Pente douce


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Joseph Hansen et son détective homosexuel, Dave Brandstetter


Hommage à Joseph Hansen et chroniques brèves des romans : Le poids du monde - En haut des marches - Les ravages de la nuit


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