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Articles avec #livres tag

Silbermann, Jacques de Lacretelle (1922)

Publié le par Jean-Yves

C'est un adolescent – Jacques – qui parle dans Silbermann. Mais le centre du roman est le jeune juif – Silbermann –, que le narrateur rencontre sur les bancs de la classe de troisième. Jacques admire et défend Silbermann dont le destin sera pour le narrateur un amer enseignement.

 

Ainsi les émotions de Jacques, ses enthousiasmes et ses faiblesses, les événements dans sa famille passent au second plan. Le roman est surtout le portrait du jeune Silbermann qui ressemble sans doute à bien des juifs mais qui jamais ne s'efface en un type trop universel et préconçu.

 

« Je suis content, bien content, que nous nous soyons rencontrés... Je ne pensais pas que nous pourrions être camarades.

— Et pourquoi ? demandai-je avec une sincère surprise […]

Sa main qui continuait d'étreindre la mienne, comme s'il eût voulu s'attacher à moi, trembla un peu. Ce ton et ce frémissement me bouleversèrent. J'entrevis chez cet être si différent des autres une détresse intime, persistante, inguérissable, analogue à celle d'un orphelin ou d'un infirme. Je balbutiai avec un sourire, affectant de n'avoir pas compris :

— Mais c'est absurde... pour quelle raison supposais-tu...

— Parce que je suis juif, interrompit-il nettement et avec un accent si particulier que je ne pus distinguer si l'aveu lui coûtait ou s'il en était fier. » (pp. 28/29)

 

Silbermann est épris de la culture française, désirant se l'assimiler complètement, avec l'espoir que son génie pourra en tirer des chefs-d'œuvre. Mais, parmi ses compagnons de classe, il ne rencontre guère que des ennemis ; tout d'abord, il croit triompher par son intelligence précoce, ses interprétations brillantes face à celles superficielles de ses camarades.

 

Quand on le force à la lutte, il résiste à l'oppression, par les sarcasmes, ou par des lâchetés provisoires que permet sa certitude de vaincre plus tard. La révolte accroît ses qualités ; la combativité lui devient essentielle, et, il profite de tout répit, pour accabler son entourage de son arrogance et de son insupportable loquacité.

 

Malgré tout, ses souffrances et son énergie le font aimer. On l'admire de ne jamais désarmer, et, quand, à la fin du livre, il comprend que les Français ne l'accepteront jamais tel qu'il est, il prend une voie détournée vers le pouvoir et l'influence, il part pour l'Amérique, d'où il veut revenir riche.

 

■ Éditions Gallimard/Folio, 1973, ISBN : 2070364178

 


On apprend, dans « Le Retour de Silbermann » (1930) que Silbermann est revenu pour mourir misérable à l'âge de vingt-trois ans, consumé par sa fièvre d'agir, par ses jeux idéologiques ; il n'a pu soutenir longtemps l'allure de l'enfant prodige ; tôt, il s'est senti impuissant, incapable d'un effort discipliné et créateur. Les mêmes qualités, qui faisaient briller l'enfant du premier rang de la classe, ont rendu l'homme stérile.


Du même auteur : La Bonifas - Amour nuptial

 

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Le livre de Jim~Courage, Mathieu Lindon

Publié le par Jean-Yves

Un jeune homme se souvient ou s'oublie. Un jeune homme parle dans un monologue infini, voix d'enfant. Un chien l'attend au bord de la Seine. Qui est Jim~Courage, ce héros, affamé d'amour, ce frère-ami, cet autre trop vulnérable pour donner au narrateur la force de le payer de retour ?



Récit marqué par la volonté d'étreindre l'émotion, d'imiter la compassion, de narguer la littérature qui se plaît à se meurtrir dans les souvenirs d'enfance. Ironie où cohabitent un loup bienveillant, une grand-mère plus féroce que le loup.

 

Ce roman me redonne, avec tous les filtrages du grand art, l'exacte sensation que j'éprouvais quand, justement, au temps des loups, des grands-mères, des amis éternels, des nuits-rêves d'amour absolu, des chiens fidèles, je refusais de vieillir, plongés à perdre la raison dans la lecture de « Sans famille ».

 

Qui est Jim~Courage, sinon cet enfant-prince des contes de fées, cet autre moi-même, guetté au coin de la passion quand les adultes me parlaient déjà comme si mon plus grand espoir était de leur ressembler ?

 

Le livre de Jim~Courage pose la question suivante : Peut-on aimer les autres ? Il répond qu'aimer n'est peut-être que s'aimer soi-même amoureux…

 

Peut-on se sauver de l'enfance ?

 

« Je suis resté planté sur place, les poings contre la tête. Est-ce que c'était fini, lui et moi ? Et comment pouvais-je penser ça alors qu'il n'avait été que gentillesse ? Comme d'habitude, c'était moi qui avais été fautif et pourtant je l'aimais. Ou est-ce que je ne l'aimais plus ? Je lui en voulais de ne plus l'aimer. J'avais eu tant de bonheur de cette relation, nous ne nous disputions jamais, jamais nous ne nous étions séparés fâchés, même pour un soir. Je sentais bien que je l'aimais encore, j'étais transporté de bienveillance et d'émotion. Et c'était ça l'amour : je n'étais jamais sûr que ça existait, je m'inquiétais toujours de ne pas aimer assez. Mais notre relation avait-elle jamais été de l'amour ? Une passion fraternelle. Mon frère, ne me quitte pas. Et j'étais seul. Si je l'avais retenu, peut-être serait-il resté. Si je lui avais dit qu'il était mon meilleur ami, bien sûr ! Mon frère ? Si je le lui avais dit, je l'aurais laissé partir sans tristesse. Si je le lui avais montré. Rien qu'une main dans les cheveux, un sourire. J'étais seul avec lui dans ma tête. Je lui avais manqué. Une relation si intense ne pouvait pas durer sans une attention permanente de l'un et de l'autre. Ne pouvait pas se casser du jour au lendemain. Mais le pli était pris des vies divergentes, ce n'était plus qu'une question de mois. Je n'avais rien répondu. Je lui avais fait du mal. Quand il aurait encore vécu cent ans de bonheur grâce à moi, un jour il avait souffert de mon fait. » (pp. 8/9)

 

■ Éditions P.O.L., 1986, ISBN : 2867440610

 


Du même auteur : Prince et Léonardours - Nos plaisirs [Pierre-Sébastien Heudaux]

 

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L'ange déchu, Per Olov Enquist

Publié le par Jean-Yves Alt

« Un roman d'amour », prévient la quatrième de couverture. À n'en pas douter, c'est bien d'amour qu'il s'agit, et du plus pur, même si l'on pénètre un peu heurté, un peu inquiet dans ce curieux petit livre.

Des monstres, voilà ce que sont, tous à leur manière, les personnages présentés simultanément, et qu'un destin similaire attend.

Monstrueux, ce K qui observe avec une haine patiente, puis avec amour et abandon, l'assassin de sa fille.

Monstrueux à son tour, ce jeune assassin qu'une malédiction pousse par deux fois à l'infanticide.

Monstre glacé, cet homme enseveli vivant, les yeux ouverts, dans la neige, et dans lequel le narrateur découvre son propre père avant de s'y voir lui-même.

Enfin, ce beau monstre de cirque, que l'on montre (sens étymologique de « monstre ») et qui porte sur la tête une autre tête, celle de sa femme.

Haine, jalousie, amour, ces damnés de la terre et du ciel, anges déchus du titre et de qui Satan, l'Ange déchu de Dieu, devient le seul maître, comprennent que leur douleur prend un sens :

« Maintenant ils comprenaient que leur souffrance avait été un sacrifice au Dieu qu'ils avaient choisi, pas à celui qui avait rejeté Satan, mais à l'Homme. »

Un récit bref, douloureux, qui ne laisse pas indifférent.

■ Éditions Actes Sud, 1986, ISBN : 286869909X

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Les hommes et l'amitié, Stuart Miller

Publié le par Jean-Yves

Jeune ou vieux, hétéro ou homosexuel, la notion d'amitié interroge chaque individu au niveau de son vécu. Un américain, Stuart Miller, psychologue de formation, a voulu comprendre la nature de ce sentiment. Et spécifiquement l'amitié masculine, entre hommes.




A partir d'une centaine d'interviews d'hommes (et aussi de quelques femmes) aux Etats-Unis et en Europe, complétées par une lecture de ce qui a été écrit sur l'amitié, Stuart Miller a tenté de cerner une définition la plus authentique possible.

 

Mais l'intérêt de son livre réside dans une double démarche :

 

 d'une part c'est un exposé sur la situation de l'amitié masculine dans le monde moderne.


 d'autre part l'auteur rend compte de son voyage personnel à travers les méandres de l'amitié entre hommes.


Ce qui frappe le lecteur tout d'abord, c'est la difficulté rencontrée par Stuart Miller à faire parler ses interlocuteurs de l'amitié. Il l'attribue en partie au manque de poésie des hommes dans leur maturité : selon lui, l'abandon de la recherche de l'amitié viendrait de la perte de l'innocence (aujourd'hui, l'intimité étant réduite à la seule sexualité à cause du rationalisme, du professionnalisme, de la mobilité économique et sociale, de l'individualisme, engendrés par la société moderne). Une amitié profonde entre deux hommes adultes serait ainsi tout à fait exceptionnelle dans la société occidentale.

 

La difficulté de parler de l'amitié tient aussi à un quiproquo très souvent ancré dans les mentalités : l'association de l'amitié masculine avec l'homosexualité. Presque tous les hommes interrogés ont peur d'être pris pour des homosexuels ou pis de le devenir.

 

L'amitié la plus authentique que l'auteur a rencontrée est celle qui lie deux homosexuels. Pour lui, cela viendrait du féminisme qui a donné un rude coup au sacro-saint concept de virilité. Et, au bout du compte, c'est la sexualisation quasi automatique de tout rapport humain qui semblerait à l'origine de cette répression intime des hétérosexuels à l'égard de l'amitié masculine. A cela s'ajouterait la vulgarisation souvent trop simpliste de l'œuvre de Freud. Ce qui aurait incité les gens à interpréter toutes les rencontres humaines en termes sexuels. Comme si dans les réactions humaines, le sexe était la seule réalité fondamentale. Comme si toute attirance vers un autre humain, même la plus passagère, la plus occasionnelle, devait être sexuelle.

 

La conclusion, pleine de bon sens, qu'en tire Stuart Miller c'est qu'il faudrait – collectivement – commencer à accepter l'idée qu'en amour le sexe n'est pas tout. Ni même prééminent.

 

L'amitié masculine est un sentiment trop intime pour ne pas être ressenti par chacun de manière très différente. Le lecteur ne suivra peut-être pas l'auteur sur tous les points, mais, au bout du compte, la grande qualité de cet ouvrage est de conduire chacun à s'interroger sur la véritable place que tient l'amitié dans sa propre vie.

 

Stuart Miller définit sa propre approche du sentiment amical de la façon suivante : «Le consentement à s'exposer pour l'ami, le sentiment de détente et de sécurité, la fin de la rivalité et de l'aliénation, le plaisir de rendre justice à l'autre, la valorisation de la vitalité et de la nature masculines. Et par-dessus tout une présence dans le cœur.» Comment ne pas être d'accord ?

 

Pour ma part, je suis sensible et adhère volontiers à cette parole d'un homme interviewé par Stuart Miller : «D'une certaine façon, un peu compliquée, l'amitié, a son plus haut degré de perfection, est liée à une profonde souffrance, à un malaise profond : l'horreur aiguë d'être poussé vers le désespoir par une société manifestement peu intéressée par les valeurs humaines. Aussi, quand deux personnes vont l'une vers l'autre, il s'agit en fait d'une intense, d'une très intense thérapeutique. La véritable amitié est une relation divine qui permet à deux êtres de partager les mêmes sentiments, d'éprouver des sentiments que la vie nie continuellement.»


■ Editions Robert Laffont, 1984, ISBN : 2221011082



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La colère de l'Agneau, Guy Hocquenghem

Publié le par Jean-Yves Alt

« J'avais à peine seize ans. Le sang du Seigneur séchait encore sur le Golgotha... » Prokhore, ultime témoin, écrit la biographie de l'apôtre Jean. Récit épique sur l'agitateur du premier christianisme.

Jésus, Jean, l'autre Jean dit Prokhore : un trio d'amour porte l'histoire fabuleuse du fils de Dieu fait homme, la plus belle légende de tous les temps, l'interrogation suprême.

Guy Hocquenghem a choisi la figure énigmatique et vulnérable de l'archi-apôtre Jean, le disciple aimé de Jésus, le fils en religion de la Vierge, l'homme qui a partagé l'intimité du Christ jusqu'à la Croix et brûlé sa vie à préserver sa vraie parole.

L'Agneau symbolise à la fois l'Israélite de l'Apocalypse, le sang sacrifié, mais aussi dans sa blancheur immaculée et glorieuse, la victoire toujours à refaire de la vie sur la mort. Celle métaphorique des humains, celle visible des peuples.

Par son titre, le roman de Guy Hocquenghem définit le personnage central du livre et la dimension historique de son étude. Jean, c'est le disciple le plus proche d'Israël, le converti dans la pureté de la fidélité intégrale, c'est l'homme intransigeant qui, jusqu'à la violence, luttera pour que vive la double image charnelle et divine du Christ et s'accomplisse le message le plus révolutionnaire : l'amour de Dieu par l'amour des hommes.

Jean apparaît dans sa réalité vivante mais garde le charisme de l'homme qui a « vu » le Christ, a partagé ses nuits, en a été aimé charnellement. Personnage puissant et tendre qui porte avec humilité l'exceptionnelle force des guetteurs de la lumière, chargés de tirer l'homme vers Dieu.

L'entreprise de l'écrivain était périlleuse : comment s'attaquer à la légende, comment se retrouver dans l'accumulation de documents contradictoires ou altérés par le temps et les magouillages religieux, comment préserver la dimension mythique d'une aventure, tout en l'inscrivant dans l'histoire tumultueuse d'un siècle, comment enfin dévoiler sans parti pris, mais avec la fougue du partisan, les combats âpres et mesquins à l'intérieur même du christianisme, au sein de la communauté juive ?

L'auteur résout ces problèmes, par la rigueur de ses recherches (il s'en explique à la fin du livre) sans déflorer la magnificence romanesque de son texte : scènes colorées, vocabulaire précis, mise en scène somptueuse de la vie romaine ou de la chute de Jérusalem. Les personnages, et Jean le tout premier, loin des stéréotypes, vivent, sans jamais devenir des fantoches racoleurs. Le plus bel exemple en est Le Christ lui-même.

Le narrateur c'est Prokhore, de son nom grec, Yohanan de son nom chrétien, du même nom que l'Aimé lui-même avec qui l'histoire le confondra souvent. Mais c'est Yohanan/Prokhore qui rédige, sous la dictée du maître, et qui adresse le récit de la vie du premier disciple de Jésus au premier chef temporel de l’Église : « Moi, Prokhore, guetteur et veilleur de l'archi-apôtre Jean depuis soixante années, à Clément, chef et père de l'Église universelle. »

Prokhore, c'est le lien qui garde intact la longue vie de Jean, faussement mort lors de son martyre à Rome, relégué dans la légende pour ressurgir en 70 à la destruction de Jérusalem, pour disparaître, comme une lumière s'épuise, en 93. Prokhore, le diacre, est le double indissoluble de Jean, avec, grâce à son éducation grecque, la distance qui crée l'histoire.

La Colère de l'Agneau s'étend de 8 à 96 après Jésus-Christ. Le meilleur témoin ne pouvait être que Prokhore dont la vie se résume à son amour pour Jean : « Aussi pris-je soin de lui, de son ménage, de son corps... à qui d'autre que moi aurait pu échoir ce redoutable testament celui de transmettre à mon tour ce que Jésus lui légua ? »

Trois lectures se dégagent de la personnalité de Jean, elle-même enrichie du « miracle » qui sous-tend sa longue existence : l'amour de l'homme Jésus :

 La première lecture est la révélation de l'amour comme connaissance du Christ. Vie de Jésus mais aussi mystère de Marie, mère à douze ans, jeune fille amoureuse de son fils, gardée et vénérée par Jean jusqu'à sa mort secrète, dans le silence d'une adoration sans failles. Vie de Jésus mais aussi une autre morale. Marie de Magdalena, la pécheresse repentie. Vie et passion du Christ mais aussi Jean l'homme sans femmes, sans foyer (scandale bien plus grave que l'homosexualité ambiante aussi bien en Orient qu'en Occident), Jean et Prokhore le compagnon de toute une vie, Jean et Florin l'adolescent/dernier amour... surtout une nouvelle conception du rapport de l'homme à l'homme, inspirée des Grecs certes, mais imprégnée d'un nouveau sens : le sacrifice du corps, le désir de s'alléger du charnel, la fascination du dénuement, la découverte du martyre comme dimension sublime de l'amour.

 Une deuxième lecture prend naissance sur l'opposition radicale entre les apôtres Jean et Paul, malaise qui conduit à la haine de la part de Jean : Paul, résigné et pratique, tente d'inscrire le christianisme dans le monde décadent (Pierre le suit dans cette volonté). Jean c'est l'homme de la Résurrection, celui qui attend à nouveau Jésus, l'auteur de l'Apocalypse, l'apôtre de l'Orient.

 Une troisième lecture avec cet Orient que Jean garde au cœur : l'origine juive de Jean lui fait imposer (au contraire de Paul) la circoncision à tous les nouveaux chrétiens étrangers à Israël, le ramène toujours de Rome à son pays : « Suprême douleur ! Cette vie juive, il semblait tout exprès la reprendre, comme on retourne à un premier amour, au moment où notre communauté s'en éloignait. »

Jean est l'homme du Christ tendre et violent, celui qui tend l'autre joue mais trouve tous les courages, sans compromissions, pour faire entendre la parole divine. Le roman de Guy Hocquenghem atteint sa profonde signification par ce qu'il désigne implicitement : l'analogie historique. La Rome de Néron rappelle la monstruosité du nazisme. Les dissensions entre juifs et chrétiens (la délation de certains d'entre eux collaborant avec Rome) et l'implacable dogmatisme des deux camps font le jeu de la suprématie de l'Empire comme aujourd'hui les « guerres de religion » alimentent les nouveaux antagonismes.

La Colère de l'Agneau est passionnant parce que ce roman rappelle l'inquiétude d'un siècle, l'anxiété qui nourrit le christianisme, proclame la part mystique de l'homme, dévoile l'insuffisance des valeurs temporelles dans l'accomplissement de l'être humain.

Livre aux résonances essentielles, fresque pittoresque d'une époque avide, superstitieuse, folle de plaisirs toujours inassouvis, cruelle, époque en mal de conquêtes terrestres que vient déchirer l'image fulgurante de l'agneau immolé, le premier dieu fragile et doux, le premier amour qui ne soit pas possession.

■ La colère de l'Agneau, Guy Hocquenghem, Éditions Albin Michel, 1985, ISBN : 2226024581


Du même auteur : L'amour en relief - Les petits garçons - Les voyages et aventures extraordinaires du frère Angelo - L'âme atomique (avec René Schérer) - Comment nous appelez-vous déjà ? (avec Jean-Louis Bory) - Le désir homosexuel - Race d'Ep - La dérive homosexuelle

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