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Articles avec #micro-fictions tag

I have a dream, une nouvelle de Jean-Yves Alt

Publié le par Jean-Yves Alt

Je m'appelle Aaron. Je suis né non loin de l'océan. Mais, enfant, je ne l'ai jamais vu. Je ne sortais guère de mon impasse. Du fleuve Hudson, je ne connaissais que le nom. Pourtant ce fleuve était aussi tout près de chez moi.

Les enfants de ma rue étaient en haillons et jouaient avec les chiens ou les chats errants, dans l'ombre et dans la saleté. Eux seuls donnaient un peu de vie à ce quartier où une odeur d'huile rance brouillait les sens en permanence. Les femmes, retranchées dans leurs logis, ne pouvaient rien ajouter.

Mon père était employé à la voirie. C'est ce que ma mère, qui passait son temps à la cuisine, disait aux étrangers. En fait, il ramassait les ordures. Mes parents venaient du Sud où la vie était encore plus difficile qu'ici. Ils s'y étaient mariés.

La grande ville leur faisait miroiter une meilleure existence. Ils avaient décidé qu'ils n'auraient qu'un seul enfant. Moi.

*

J'étais un enfant rêveur. J'adorais danser et chanter sur les airs de Joseph Lee Williams, le bluesman préféré de mon père.

Je connaissais en mon for intérieur la honte d'avoir une crinière frisée noire. C'est pourquoi j'enviais la chevelure lisse de Bennett. Nous avions, tous les deux, un immense besoin d'être ensemble : nous inventions sans cesse de nouveaux jeux, et si l'un s'absentait un moment, l'autre répondait immanquablement qu'il en avait juste pour une minute… en oubliant qu'une minute n'était qu'une mesure intérieure et fictive.

L'école nous offrait du rêve en plus. Au mois de mai, nos mères se devaient de nous acheter des cerises car les noyaux, une fois séchés, devenaient des billes. Bennett, plus habile que moi, les perçait pour y glisser un petit morceau de plomb. Je ne savais pas faire cela. Mes billes restaient trop légères et je ne pouvais ainsi jamais gagner, ce qui ne m'attristait pas car l'essentiel pour moi était d'être avec Bennett.

Pour nous deux, même si chaque jour ressemblait au précédent, l'important était d'être ensemble.

Au collège, les autres m'accordaient de la sympathie, mais cela, je ne le savais pas vraiment. Je devinais que je devrais me soumettre à une attente qui n'était pas celle dont je rêvais. J'intégrai que je serais à jamais prisonnier de regards placés dans l'ombre. Je ne le supportais pas.

En grandissant, je prenais conscience qu'il me fallait d'autres modèles. Je croyais que ce qui n'était pas à ma portée pourrait assouvir mon nouveau ressenti. Je m'exerçais à maîtriser mes gestes mais je restais insatisfait malgré mes allures de plus en plus savamment élaborées. Dans ma minuscule chambre, je recopiais James Baldwin et Langston Hughes. Le monde réel s'éloignait car je ne l'imaginais nulle part ailleurs que dans mes rêves. Je pris en horreur ceux qui cherchaient à m'en détourner. C'est ainsi que mon chemin se sépara de celui de Bennett.

*

Je décidai d'entrer à l'université Cheyney de Pennsylvanie : j'exaltai. J'aimais le jour gris qui tombait de l'unique fenêtre, au plafond de ma chambre. Quand la vie universitaire niait trop longtemps mon idéal, je le reconstituais en chantant dans ma tête les airs de mon père.

J'avais finalement accepté mes cheveux crépus. J'avais beaucoup maigri depuis que j'avais quitté mes parents ce qui me donnait un air moins enfantin, plus viril.

*

Un après-midi, à la bibliothèque de l'Université, mes yeux s'immobilisèrent sur la tête inclinée d'une fille aux cheveux mordorés. Son teint était lumineux, et j'eus la certitude que son regard me fixerait pour l'éternité. J'envisageai de ne plus la quitter. J'en conçus une immense joie. Je pensai avoir enfin trouvé ma voie. La fille aux cheveux cuivrés s'appelait Hosanna. Nos rencontres se poursuivirent en salle de lecture. Peu à peu, je dus me rendre à l'évidence, son regard devenait de plus en plus interrogateur. Un après-midi, elle ne vint pas comme à son habitude. Je ne la revis plus jamais.

Je fus meurtri car sa présence était la preuve de mon incarnation. Je portai alors sur moi un regard empli d'injures que j'avais tues jusqu'à ce jour, un regard violent dont la présence me déconcertait, parce que je n'en comprenais pas le sens.

*

Toujours levé de bonne heure, j'aimais m'asseoir sur un banc des jardins de l'Université. C'est ainsi que je fis la connaissance de Davian.

― Et moi je m'appelle Bennett, répondis-je alors.

Peu après, j'abandonnai ma chambre et m'installai chez Davian. Jamais je ne lui donnai mon véritable prénom.

*

Mon chemin, la nuit, pour rentrer à l'appartement de Davian, passait par une place où je croisais le regard des garçons qui se prostituent. Je me demandais quelle nécessité ces regards réclamaient. S'agissait-il d'inverser le temps, de reconstituer un chaos ? Ces garçons me rappelaient le regard des autres qui me tenait autrefois prisonnier. Aussi je me reconnaissais en eux.

Devant un miroir, je passais du temps à travailler mon visage, creusant mes joues, avançant ma mâchoire, durcissant et vidant mon regard. Je souhaitais annuler chaque mouvement de l'intérieur vers l'extérieur. Je désirais devenir extrêmement banal, extraordinairement ordinaire. Je m'occupais aussi à me composer des tenues vestimentaires les plus ternes possibles.

Mon présent se présentait comme une enveloppe inerte. Mon avenir semblait épuisé. Davian, à côté de moi, était comme un étai, sur quoi je me tenais figé. Je devais retourner à mon passé si riche de promesses. Je devais retrouver Bennett.

*

Un soir, sur cette place où se prostituent les garçons, j'entendis un cri qui me fit tourner la tête. C'était un hurlement long et inarticulé, comme un appel. Je crus distinguer, dans le noir, une bagarre. Je m'approchai, pensant porter secours. Je vis s'enfuir trois silhouettes. Je me trouvai seul en face d'un garçon qui se paralysa quand nos regards se croisèrent. Les yeux du garçon, pleins de terreur, suivirent, une seconde, les traits de mon visage. Il me cria à deux reprises de me barrer.

Je sentis un grand calme. Je ne bougeai pas. Je repensai à Bennett. Il savait, mieux que personne, qui j'étais.

Les trois garçons réapparurent. L'un d'eux tira sur sa cigarette, ce qui fit dans le noir un point rouge intense. Il me demanda l'heure. Lorsque je tendis mon bras gauche pour dégager ma montre, le garçon me prit le poignet. Les deux autres approchèrent. Mon poignet était toujours prisonnier de la main du premier garçon. D'un geste brusque, je réussis à me délivrer. Je les entendis crier « On va te faire la peau, négro, fag ! ». Je ne compris pas immédiatement à quelle réalité renvoyait ce que je venais d'entendre. Je m'étirai. Je regardai le ciel noir sans aucun nuage. Au loin, j'aperçus le bâtiment de la bibliothèque de mon Université.

C'est alors qu'un des garçons me saisit par l'arrière. Un autre se mit à me frapper de face. Au sol, je sentis que mon sang coulait. Je ne fis plus aucun mouvement. Levant les yeux, je rencontrai les yeux du garçon qui me rouait de coups. J'eus l'impression que la lune s'y reflétait. Je me redressai et, dans un seul élan, lançai mon poing au visage de mon adversaire, qui s'effondra. J'en profitai pour m'enfuir.

Je sentis le froid augmenter. Je ne sus pas si cette sensation était due à ma perte de sang ou à l'approche de l'aube. Je fus arrêté par les deux autres garçons qui me poursuivaient. Le plus grand avait, serré dans sa main droite, un couteau. Le premier coup, sur moi, effraya celui qui l'avait porté. Je ne souffris pas immédiatement. Au contraire, je ne sentis plus le côté où je venais d'être frappé. Comme les garçons restaient abasourdis, je tentai de reprendre ma fuite vers la bibliothèque encore déserte à cette heure.

La douleur s'élança ensuite dans tout mon corps. Ma chemise s'imbiba de liquide chaud. Je ne pouvais plus courir. Je m'assis sur un banc. Le groupe de garçons, qui venait de me rattraper, tourna autour de moi, en maintenant une courte distance. Le plus grand se précipita à nouveau sur moi et me jeta à terre. Il me porta dans le milieu du dos, un autre coup, laissant un moment la lame plongée dans ma chair. Il la retira. Son corps pesait toujours sur le mien, puis il finit par se relever.

Seul, j'essayai de me redresser. Je marchai un peu, divaguant dans le parc. Puis je tombai. Je me relevai une nouvelle fois et vis la bande en face de moi. Déchiré par la souffrance, je m'affaissai dans leurs bras. Ils s'acharnèrent alors une dernière fois sur moi. Leurs gestes précipités eurent la force aveugle d'une pulsion de vie.

*

Je fus long à mourir. Mes pensées pour Bennett durent me maintenir. Si mon ami avait été présent à cette heure, il aurait pu me rendre à cette vie que j'étais en train de perdre.

*

Un garçon hagard découvrit le matin mon cadavre blêmi, sur une allée pavée, inondée de mon sang.

 

Cette nouvelle est parue dans le recueil : "My Gay America", 15 nouvelles en faveur de SOS-Homophobie, Editions Textes Gais, mai 2015, ISBN : 979-1029400568

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Douce nuit, une nouvelle de Jean-Yves Alt

Publié le par Jean-Yves Alt

Il n’est pas encore minuit. Ils se promènent. Ils marchent sur le bas-côté. Ils croisent des phares blancs sans jamais savoir qui ils viennent de manquer. Ce sont des cris d’enfants qu’ils entendent au loin. Ils aperçoivent des lueurs comme celles qu’apporte un groupe porteur de bougies. Ils n’en ont pas allumé, eux. IL a refusé. LUI souhaitait. Ils parlent. Ils parlent de la nuit, des étoiles qu’ils ne voient pas. Ont-ils envie de faire l’amour ? IL déboutonne le haut de son manteau. LUI dénoue sa grande écharpe. Ils s’enserrent en marchant côte à côte.
Quelques phares balaient quelques feuilles. Puis c’est le noir. Ils ne cessent de se tenir de très près. Un conducteur roule si vite qu’il ne les a probablement pas aperçus. IL veut s’enfoncer dans la forêt qui longe la route. LUI a peur des esprits qui pourraient y régner. IL a peur. IL le dit. IL a peur peut-être de LUI. IL l’embrasse. Un camion passe. Ils se jettent plus loin dans le bas-côté ; ils sont invisibles. Ils glissent. Ils sont à terre. LUI a trop peur : ils reviennent à la route.
Ils entendent un crissement, c’est une bécane. Elle va dans la direction où ils entendaient les cris d’enfants. Le cycliste semble pressé. Ils devinent qu’il est attendu, qu’il va rejoindre sa famille.
Ils imaginent qu’à son arrivée, il sera entouré, qu’il sera inséré dans un ordre qu’ils ne connaissent pas.
Eux, ils se touchent, ils se caressent, ils s’aiment dans cette particulière nuit d’hiver. LUI s’indigne en riant. IL répond par un sourire en l’embrassant à nouveau.
Plus tôt, dans l’après-midi. C’est autour d’un téléphone public, accroché dans une cabine dévastée. IL murmure. LUI tente d’écouter cette conversation téléphonique qui ne le concerne peut-être pas. LUI attend, exaspéré, remuant. IL continue à parler dans le combiné.
Quelques semaines avant, en début de soirée, ils sont dans une église. Des statues de plâtre ceignent la nef, des fleurs pourrissent dans les vases. LUI a peur des morts. Ils passent près de la corde qui permet d’actionner la cloche. Ils évoquent des histoires de morts, ils ne précisent pas. Ils retiennent leurs gestes. En sortant, dans le cimetière, sur une plaque, en épitaphe, ils lisent « Je suis toujours là ».
Debout, enlacés, au bord de la route, ils entendent de mieux en mieux les voix des familles, les rires qui viennent du loin. Le froid glacial de cette nuit brûle leurs joues. Ils voient la lune dans une flaque d’eau. Ils épiloguent, imaginent : LUI surtout, une histoire, eux au bord de l’eau. Ils sont seuls et voient de mieux en mieux les lueurs du lointain. IL a un visage éclatant et son sourire est total. LUI assombrit sa face, il abhorre les joies familiales.
IL : J’ai dit « non » tout à l’heure. Je voulais être avec toi, seulement avec toi.
LUI demande où aller. IL indique un chemin escarpé sur la colline. LUI rouspète contre cette escalade mais ils montent. Ils s’embrassent et marchent.
Dans une cabane, ils se déshabillent complètement. On voit deux corps et les gestes de l’amour.
Depuis cette première nuit, on peut les voir dans un train, un bus, une barque, une voiture, sous un pont, au bord d’un lac, dans un champ de fleurs, dans l’eau d’un torrent, dans un magasin de jouets, dans un café. On peut les voir écrire, manger, se regarder, se parler, se toucher, s’embrasser. On peut les voir dans une maison. Leur maison.
Cette première nuit, c’était la nuit de Noël.

Cette nouvelle est parue dans le recueil : Un cadeau de Noël pour Le Refuge (Volume Sven de Rennes), collectif, éditions Textes Gais, novembre 2014, ISBN : 979-1029400001


Cette nouvelle est traduite en espéranto sur le site : Gejaj rakontoj en Esperanto par Ĵeromo Tanguy sous le titre : Milddolĉa nokto.

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Lui et elle : voix d'elle

Publié le par Jean-Yves

Avant ma rencontre avec lui, j'étais en proie à une pénible incertitude amoureuse, partagée entre la quête d'un compagnon idéal et un certain goût pour la liberté. Je ne voulais surtout pas confondre, comme mes amies les plus proches, reproduction et amour : cette maldonne gâcherait l'une et l'autre.


J'avais toujours entendu dire que les rencontres ne se faisaient qu'entre jeunes gens désirables. Lui m'avait contacté par l'intermédiaire de mon site où je proposais régulièrement — j'ai cessé depuis — à mes lecteurs des énigmes mathématiques. Autant dire que les contacts, noués jusque-là, avec d’autres, n'étaient en rien éclairés par la grâce.

Il s'est montré d'abord aimable et prévenant. Je n'ai jamais su comment il m'a découverte. Quel était au juste l'objet de sa démarche ? Je l'ai oublié, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'il ne concernait en rien mes énigmes. Grand mystère, qui n’a pas fait, au début, obstacle à notre relation qui m’illuminait.

C’est son regard qui englobait le temps et l'espace qui m’a d’abord impressionnée ; son intelligence aussi ; son irruption dans ma vie comme un bienfait, je l'ai découverte ensuite. J’espérais qu'il me réconcilierait avec l'humanité.

Dans ses mots, signes de ses souffrances et de ses joies, il me faisait penser à ces personnages nés du ventre de Milan Kundera.

Peu à peu, la peur s'est installée. Peur de moi, de lui et moi. Pourtant cette peur avait son charme et entretenait mon désir de poursuivre : elle nourrissait appel et réponse.

Quand il mettait en scène le jeu suprême de l'humanité qui croit aux codes mais invente ses dieux, il était sans doute sincère. Était-ce son fil conducteur ?


             Aujourd'hui, je peux affirmer qu'il était un fil destructeur – celui qui ne pouvait conduire qu'à un drame. Je croyais être Ariane attendant le retour de son bien-aimé. Je me trompais.

Il a troublé ma conscience jusqu'au jour où j'ai découvert que tout ne reposait que sur des mots : il m’avait menti au sujet d’une personne qu’il disait aider financièrement alors qu’il n’en était rien. L’action concrète n'avait aucune réalité pour lui et il préférait le flou. Sa conscience était indécise comme celle des enfants.

Il m’a fallu du temps pour m’apercevoir qu’il n'avait jamais été totalement avec moi. Peut-être parce qu'il était trop occupé à masquer ce qu'il avait au fond de lui. Pour quelles raisons refusait-il cette part de lui-même ?

Dans le silence qui suivit ce qui serait notre dernier échange, j'ai songé que j'avais une nouvelle fois été bien imprudente. Bergère effrayée par le Loup. Des larmes, me dis-je, ne seront, cette fois, pas versées.



Tous mes remerciements à Lionel Labosse pour son aide précieuse dans l’écriture de cette micro-fiction.


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Lui et elle

Publié le par Jean-Yves

Il se montrait aimable et prévenant. Sa gentillesse lui attachait tous ceux qu’il rencontrait. Il ne manquait pas de décocher des compliments habilement tournés emplissant l’autre d’une fausse confusion.


Jeune homme, en apparence généreux, il disait se préoccuper du bonheur de l’humanité. Sa vie, selon lui, n’était qu’un combat pour la liberté. Enfin, c’était plus subtil que cela. Il avait toujours si bonne conscience. Le doute lui était inconnu car il savait où était le Bien. Que pouvait-elle répondre face à ses explications toutes prêtes qu’il suivait avec un air de délectation ?

Dans sa tête à elle, c’était comme s’il rôdait, fouinait en permanence. Les lieux aussi étaient pleins de sa présence même quand il n’était pas là. Il donnait l’impression d’un policier enquêtant sur un crime. Il avait l’air si doux, si pressant et en même temps, tellement cruel.


Quand il parlait, les mots tombaient agencés d’une si curieuse façon qu’ils semblaient appartenir à une brume. Comment pourrait-elle se dégager de sa toile qu’il avait si patiemment tissée. Tout pouvait devenir piège jusqu’au tic-tac de la pendule qui semblait scander «coupable/non coupable». D’autant qu’il ne s’entourait que d’acolytes admiratifs. Ce n’étaient pas des amis. Il était un homme seul. Désespérément seul.


Au début, elle avait été touchée qu’un jeune homme doué d’une intelligence si vive s’intéresse à sa personne. Il en appelait toujours au désordre du monde jusqu’au jour où elle comprit que ce désordre ne répondait que par la voix d’un cabot en mal d’émotions.

Dans sa vie, elle ne voulait suivre qu’un axiome : « Il faut être là où on est avec ce qu’on a. »


Elle lui avait finalement dit qu’il mentait à lui-même et à ses semblables, qu’il ne faisait que couvrir les cris du monde, qu’elle avait besoin aussi d’entendre le silence.

Au moment de le quitter, elle avait pensé : « Le loup ne doit pas faire pleurer le berger ».


à suivre


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