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Articles avec #questions qui font ou non debats tag

Taxer les homosexuels d'anticonformisme pour ne pas avoir à leur donner l'accès au droit commun

Publié le par Jean-Yves

Pourquoi les homosexuel(le)s veulent-ils se marier ?


Cette question parfois énoncée avec un étonnement sincère, le plus souvent avec de l'ironie malveillante est un moyen facile pour ceux qui l'énoncent, de n'avoir pas à déclarer qu'ils sont contre.


C'est un peu comme si l'on affirmait que les gays et les lesbiennes sont porteurs d'un gène de l'anticonformisme et qu'ils iraient à rebours de leur vraie "nature" en réclamant l'accès au droit commun.


Le mariage des homosexuels serait "contre nature" en ce sens qu'il trahirait "l'essence" même de l'homosexualité, qui impliquerait de vivre dans la marginalité.


Autre manière de nous enfermer, comme autrefois, dans la catégorie des anormaux.


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L'homosexualité est davantage assumée par les sportives de haut niveau que par les hommes

Publié le par Jean-Yves

Selon les auteurs d'une étude (1) [...], le caractère par essence viril du "héros sportif" explique que l'homosexualité masculine reste taboue dans le sport.


[…] Dans Le Sport en questions, ouvrage collectif qui vient de paraître aux éditions Chiron, plusieurs chercheurs consacrent un long chapitre au thème de l'homosexualité dans le sport de haut niveau. Alors que des hommes politiques ont fait leur coming-out, que des joueuses de tennis, comme Martina Navratilova ou Amélie Mauresmo, des handballeuses ou des judokas assument pleinement leur préférence sexuelle pour les femmes, rares sont en effet les sportifs masculins à reconnaître leur homosexualité... à l'exception notoire d'un Greg Louganis, quadruple champion olympique du plongeon et militant de la cause gay et lesbienne.


« Pourquoi donc, quand ils s'embrassaient pour se saluer ou se tenaient par les épaules devant moi, les joueurs se sentaient-ils obligés de me dire, comme pour rectifier ma vision : "Attention, ne te trompes pas, on n'est pas des pédés !" ? », s'interroge Anne Saouter, membre associée à l'Institut d'ethnologie méditerranéenne et comparative (Idemec) d'Aix-en-Provence, qui a mené un travail ethnographique de plusieurs années dans le milieu du rugby. Dominique Bodin, chercheur au Laboratoire didactique, expertise et technologies des activités physiques et sportives de Rennes, et Eric Debarbieux, directeur du Laboratoire de recherches sociales en éducation et formation (Larsef) de Bordeaux, répondent à l'interrogation de leur consœur par une autre question : « Le héros sportif peut-il être "pédé" ? »


Pas dans l'imaginaire collectif : « Une équation simpliste dans le sport consiste à assimiler sportifs, efforts, masculinité, virilité, hétérosexualité, écrivent les deux chercheurs. Par crainte de perdre ce statut de héros qu'ils ont du mal à se forger, les sportifs gays préfèrent donc taire leur homosexualité. "Sortir du placard" leur semble impensable et inenvisageable. »


« À l'école, j'étais au mieux traité de fille et au pis de sale pédé. (...) Mes parents m'ont mis au sport pour que je m'endurcisse et que je devienne un homme ! Alors révéler mon homosexualité comme cela, à tout le monde, cela me semble impossible. », témoigne, sous couvert d'anonymat, l'un des douze athlètes de haut niveau homosexuels qu'ont interrogé les deux universitaires.


Inconcevable chez le sportif masculin, l'homosexualité est au contraire perçue comme un facteur explicatif chez la femme. « Imaginer les sportives homosexuelles est certainement un procédé cognitif permettant de penser le sport dans sa conception traditionnelle : c'est une pratique qui produit des hommes, ou des femmes "qui ne sont plus des femmes", écrit Anne Saouter. L'exemple de la tenniswoman Amélie Mauresmo est très significatif à cet égard. Son jeu, sa force de frappe des balles étant proches de ceux de ses homologues masculins, son homosexualité a rapidement été déclarée publiquement, rassurant ainsi une partie de la gent masculine : ceci expliquerait alors cela... » […]


Contrairement à Martina Navratilova quelques années plus tôt, Amélie Mauresmo n'a pas perdu ses sponsors après la révélation de son homosexualité. Cependant, Dominique Bodin et Eric Debarbieux estiment que « l'absence de coming-out trouve aussi son origine dans la marchandisation du sport et du sportif. »


Parmi les sportifs gays qu'ils ont interrogés, certains, expliquent-ils, évoquent les recommandations de sponsors leur conseillant de "donner le change", en s'affichant par exemple de temps en temps avec des femmes. Et ceux qui n'ont pas reçu de telles directives, précisent-ils, ressentent d'eux-mêmes la nécessité de rester cachés, par crainte de perdre leurs contrats.


« En se déclarant, les sportifs prennent des risques, se sentent marqués du sceau de l'infamie et prisonniers de l'identité, concluent les auteurs de l'étude. (...) Sans entrer en conflit avec leur identité collective ou les mouvements qui la défendent, les sportifs préfèrent ainsi très souvent la taire pour "mieux" vivre leur carrière sportive. »


(1)Le Sport en questions, Pascal Duret et Dominique Bodin (Dir.), Ed.Chiron, 2003, ISBN : 2702710042

Le Monde (extraits), Stéphane Mandard, 26 décembre 2003



Lire aussi : Homos footballeurs, la grande omerta par Solen Cherrier - Femmes sportives, corps désirables par Catherine Louveau - Homo Sportivus


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Jugement à l'index

Publié le par Jean-Yves

Le jugement venant de l'autre est aujourd'hui souvent récusé, surtout dans le domaine moral, car il semble une atteinte au droit imprescriptible à la détermination personnelle. Dans notre culture où seule compte l'addition des subjectivités, chacun s'institue comme seul déterminant de son éthique personnelle. Le «c'est mon choix» ne souffre alors aucun commentaire. Si l'autre me juge, c'est qu'il n'a pas compris mes motivations profondes.


C’est oublier un peu vite que la subjectivité est le domaine de l'ambivalence et de l’ambiguïté. Elle se trouve le plus souvent des excuses, et ses raisons sont généralement uniques.


La notion de jugement est tolérée seulement dans les tribunaux, peut-être parce que la justice se donne des allures d'objectivité. À quoi est due cette confiance, peut-être excessive, en tout cas étonnante, que l'Occident met dans les juges ? Peut-être justement à ce rejet du jugement interpersonnel décrit plus haut.


À ne plus admettre le jugement sur le plan personnel, nous sommes condamnés à toujours rechercher une instance « anonyme » qui dise la responsabilité.


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L'homosexualité et l'école

Publié le par Jean-Yves

Dans cette institution qu'on rêverait exemplaire, le corps n'est qu'une évanescence, l'homosexuel(le) n'existe pas. Les manuels scolaires se contentent encore de présenter Michel-Ange comme un «homme tourmenté», ou qualifie la liaison de Verlaine et Rimbaud d'«amitié tumultueuse». On omet de mentionner que les œuvres de Lyautey et de Cambacérès ont été influencées par leur sexualité. Abu Nawas, André Gide, Marcel Jouhandeau, Jean Baptiste Lully, Francis Poulenc, Sergeï Eisenstein, Marcel Carné, Léonard de Vinci, Francis Bacon, parmi tant d’autres, ont des amours sans nom, des mœurs condamnées à l’oubli. On est obligé d’avouer Oscar Wilde et Jean Genet puisqu’on n’a pas le choix.


C’est que parler d'homosexualité, c'est aussi parler de sexe. Et l'école est rarement à l'aise avec le sujet.


Puisque l’école fait la sourde oreille, la télévision prend encore une fois le relais. Un comble! La victoire de Thomas du Loft, jeune homosexuel, sa passion amoureuse et déclarée pour Romain, auront-elles fait, pour autant, plus pour le visage et l’acceptation de l’homosexualité chez les adolescents que l’école n’a jamais voulu en faire ?


L'école est-elle homophobe ? Sans doute, plus par omission, par lâcheté, par ignorance que pour d’autres motifs.


Paradoxalement, l'Eglise, cet autre pilier du rite et des valeurs, en la condamnant lui rend la grâce d'exister. Alors qu’attend l’école pour ne plus ignorer l'homosexualité ?


Le message du gouvernement aux associations n’engage pas trop à l’optimisme : « Parlez de l'homosexualité à l'école, mais discrètement.» Derrière cette prudence, s’agit-il de la peur d’un prosélytisme ?


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Déni... de la traite négrière

Publié le par Jean-Yves

Trois siècles durant, plusieurs dizaines de millions d'Africains furent arrachés à leurs foyers, déportés vers les Amériques et vendus comme esclaves.


Pourquoi un tel déni ?


Pourtant les faits ne nous sont pas cachés, mais ils furent longtemps masqués par un discours purement technique sur le «commerce triangulaire». Ce qui revient, ni plus ni moins, à épouser le discours des bourreaux : imaginerait-on que l'on évoque l'Holocauste sous le seul aspect de sa logique rationnelle et de sa mécanique industrielle ?


Certes, en adoptant en mai 2001 une loi reconnaissant l'esclavage et la traite comme crimes contre l'humanité, le Parlement français a souhaité «sortir la traite négrière de l'oubli, notamment dans les livres scolaires.


Reste que les nations occidentales refusent toujours toute forme de réparation aux peuples africains et à leurs diasporas …


Alors même que le monde contemporain s'est construit en partie sur la traite et en porte encore les traces.


Bibliographie : La Traite négrière européenne : vérité et mensonges, Jean Philippe Omotunde, Editions Menaibuc, 2004, ISBN : 2911372433



Si on tient compte de l’historicité des faits, la traite négrière est avant tout le fils légitime du capitalisme. Que disent les lettrés des Lumières ? « Exploiter les terres d’Amérique reviendrait trop cher s’il fallait payer les gens à la hauteur de leur labeur ». Il faut savoir, que pendant longtemps, ce furent des Indiens puis des Blancs qui furent capturés pour exploiter les champs de coton ou autre dans les colonies. C’est en constatant leur faible productivité et leur inadéquation au climat, que les regards se sont tournés vers l’Afrique. Donc, le racisme anti-noir est véritablement né de la tentative de justification de ce commerce de chair humaine. Les plus grands lettrés d’Europe (Hegel, Cuvier, Buffon...) ont donc trempé allègrement dans l’eau sale du racisme pour «doper» l’appât du gain de leurs compatriotes.


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