La moitié du chemin, Jean-Louis Curtis
Dans « La moitié du chemin », Jean-Louis Curtis fait la part belle à Nicolas. Pédé de service, suffisamment tendre pour flatter les bons sentiments mais bienheureusement stéréotypé pour ne pas nuire, il promène sa pédérastique nostalgie dans la bonne société.
Nicolas aime les garçons mais il a le bon goût de s'insinuer seul dans l'amitié des hétéros.
Dans la nuit de l'impossible sont relégués ses vrais compagnons : Djillali – charmante image exotique – et Pierrot, « un prolo adora-a-ble ».
A ses petits amis, Nicolas ne consacre que le temps « des plaisirs cueillis au hasard ». Il s'enfonce irrémédiablement dans le statut choisi pour lui. Il déchirera ses jours gaspillant son intelligence avec ceux qui le refusent.
Dans ce roman, l'homo subit un traitement subtil : pas de caricature mais une attentive sollicitude, comme un purgatoire… mais définitif. « La moitié du chemin » est en surface trop flatteur pour mieux lui anéantir sa violence.
■ La moitié du chemin (L'horizon dérobé 2), Jean-Louis Curtis, Editions Flammarion, 382 pages, 1980, ISBN : 978-2080642585
Présentation de l'éditeur : Catherine, Nicolas et Thierry... Elle est encore proche, et déjà lointaine pourtant, l'adolescence des trois amis venus à Paris pour découvrir leur vérité... Mais que ce soit dans l'amour, l'ambition ou l'engagement de Mai 68, l'horizon pour chacun n'a cessé de se dérober. Catherine est aujourd'hui mariée – mal mariée – à l'un des grands patrons de l'immobilier ; Nicolas brille dans les salons mais cache jalousement sa vie privée ; Thierry fait une belle carrière, tout en cultivant un gauchisme dérisoire. Romancier au style subtil, au regard lucide et ironique, Jean-Louis Curtis a su mieux que personne faire scintiller les charmes... bien près de devenir anachronique.
Du même auteur : Le battement de mon cœur
























