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L'amour des garçons chez les Doriens, leur morale, leurs idées, Erich Bethe

Publié le par Jean-Yves Alt

Ce texte d’Erich Bethe, traduit pour la première fois en français, a fait sensation et a été l’objet de critiques comme de louanges dès sa parution en 1907 : Magnus Hirschelfd y fait référence à plusieurs reprises dans son magistral opus Die Homosexualität des Mannes und des Weibes.

Cette édition est enrichie de notes secondaires qui consistent essentiellement en passages d’une traduction française des textes grecs auxquels Bethe se référait, textes qui étaient tous connus des érudits auxquels le philologue allemand s’adressait, et que les jeunes lecteurs français auront plaisir à découvrir.

« Brillant et absolument convaincant » : tel fut le jugement que le philologue et historien de l’art Hans Licht porta sur l’article d’Erich Bethe dont la traduction française est publiée ici pour la première fois.

L'amour des garçons chez les Doriens, leur morale, leurs idées, Erich Bethe

Ce texte de Bethe a paru dans un périodique allemand en 1907. Par son audace, sa nouveauté et la rigueur de sa démonstration, il a constitué un tournant dans les études helléniques et sexologiques. Au lieu d’un étalage d’érudition respectueux de la morale conventionnelle et n’ayant pour objet que la connaissance en soi, le texte de Bethe défendait une hypothèse hardie et frayait une nouvelle voie dans la perception de l’amour des garçons.

Cet article de franc-tireur est un peu oublié aujourd’hui. Cela tient paradoxalement au fait que les idées qu’il présentait ont été dépassées par le travail de plusieurs générations d’érudits, notamment d’anthropologues. Car Bethe, pour défendre sa thèse, s’est appuyé non seulement sur des arguments relevant de la discipline qu’il enseignait, à savoir la philologie classique, mais aussi sur des données ethnographiques.

Il ressort de cet article que la paidérastie dorienne fut, selon l’auteur, une institution sacrée, respectée et respectable. Une notion aux antipodes des conceptions de notre époque, qui voit, sur certains sujets, les à-peu-près et les mensonges triompher par leur inlassable répétition, combinée à la couardise d’une majorité d’intellectuels.

Erich Bethe (1863-1940) enseigna la philologie classique en Suisse et en Allemagne. Ses publications touchent à différents domaines de la littérature grecque (poésies, chansons héroïques thébaines, légendes homériques, etc…). Il fut un temps doyen de l’université de Leipzig.

■ L’amour des garçons chez les Doriens, leur morale, leurs idées (Die dorische Knabenliebe, ihre Ethik, ihre Idee), Erich Bethe, Éditions Quintes-Feuilles, 117 pages, mars 2018, ISBN : 978-2955139950, 20€

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