L'ange déchu, Per Olov Enquist
« Un roman d'amour », prévient la quatrième de couverture. À n'en pas douter, c'est bien d'amour qu'il s'agit, et du plus pur, même si l'on pénètre un peu heurté, un peu inquiet dans ce curieux petit livre.
Des monstres, voilà ce que sont, tous à leur manière, les personnages présentés simultanément, et qu'un destin similaire attend.
Monstrueux, ce K qui observe avec une haine patiente, puis avec amour et abandon, l'assassin de sa fille.
Monstrueux à son tour, ce jeune assassin qu'une malédiction pousse par deux fois à l'infanticide.
Monstre glacé, cet homme enseveli vivant, les yeux ouverts, dans la neige, et dans lequel le narrateur découvre son propre père avant de s'y voir lui-même.
Enfin, ce beau monstre de cirque, que l'on montre (sens étymologique de « monstre ») et qui porte sur la tête une autre tête, celle de sa femme.
Haine, jalousie, amour, ces damnés de la terre et du ciel, anges déchus du titre et de qui Satan, l'Ange déchu de Dieu, devient le seul maître, comprennent que leur douleur prend un sens :
« Maintenant ils comprenaient que leur souffrance avait été un sacrifice au Dieu qu'ils avaient choisi, pas à celui qui avait rejeté Satan, mais à l'Homme. »
Un récit bref, douloureux, qui ne laisse pas indifférent.
■ L'ange déchu, Per Olov Enquist, Éditions Actes Sud, 1986, ISBN : 286869909X























