Overblog Tous les blogs Top blogs LGBT
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un mois chez Marcel Jouhandeau, Henri Rode

Publié le par Jean-Yves Alt

Jouhandeau fut l'un des premiers grands écrivains à exalter l'amour à part. Et à part entière !

À ce titre De l'abjection, Du pur amour, Pages égarées, ses Journaliers sont d'étonnants témoignages.

Henri Rode a eu le privilège de passer un mois chez lui, dont il déclare :

« Jouhandeau vivait dans un climat où tout était transfiguré, magnétique. Vite, s'il vous sentait en accord, il vous transformait en un de ses personnages. C'était fascinant et... terrible ! »

Tout imbibé de cette présence, des confidences de l'écrivain, des sortilèges aussi de la maison d'Élise, Rode donne une sorte de journal passionnant.

Le couple « terrible » y est vu en direct. Jouhandeau, à ce moment-là, vivait une passion sans égale pour « Robert », le héros du « Pur Amour ». Henri Rode la commente, en même temps que les mensonges qui se trament contre Élise, superbe et bafouée.

Il essaye, avec un art subtil, de démonter l'algèbre des valeurs morales, toute de singularité, de Jouhandeau, pour qui le Vice peut être Grandeur, si l'on sait s'y montrer sans reproche.

« Un mois chez Marcel Jouhandeau », d'une lumière aveuglante et respectueuse à la fois, éclaire le père de « Monsieur Godeau », qui fut aussi, avant Jean Genet, Georges Bataille et les meilleurs érotologues, l'émancipateur des lettres françaises.

■ Un mois chez Marcel Jouhandeau, Henri Rode, Le cherche-Midi éditeur, 1979, ISBN : 2862740136

Commenter cet article
P
Jacques Roussillat écrit : "Henri Rode vient de confier à Paulhan qu'il est l'auteur des lettres de Robert [Coquet] à Jouhandeau. Il les a 'dictées' à Robert Coquet. Rode influencera... Coquet pour qu'ils obtiennent des droits d'auteur à parts égales sur l'Ecole des garçons après la mort de Jouhandeau" (dans Marcel JOUHANDEAU & Jean PAULHAN, Correspondance 1921-1968, Paris, Gallimard 2012, p. 909). Dans ses lettres à Paulhan du 21 mars 1953 au 22 août 1959, Jouhandeau condamna avec fermeté la malhonnêteté et l'outrecuidance honteuse de Rode. Avec raison.<br /> Patrick NEGRIER, philosophe.