« Supprimons le Pacs ; adaptons le mariage » par Marcela Iacub
L'ensemble de la classe politique voudrait faire une police de la parole et adopter une loi sanctionnant les propos homophobes parce qu'on aime que les gens se taisent. Or, lorsque la question du mariage gay est posée, tous ces politiques sont étrangement discrets et voudraient que les homosexuels se taisent, eux aussi. Les études d'opinion montrent qu'une grande partie des Français n'y est pas opposée. Quand bien même la majorité de la population n'y serait pas favorable, cela serait-il un argument suffisant pour justifier une telle discrimination ? Il est très inquiétant que nos dirigeants soient incapables d'être porteurs de la transformation sociale. Je pense notamment au Parti socialiste, qui fait des réformes en fonction des électeurs comme s'il était dans un souk, ou en prêtant à l'opinion des préjugés qui existent surtout dans la tête de ses dirigeants. « Les homosexuels ont la possibilité de s'unir en contractant un Pacs », rétorquent d'autres. Certes. Mais le pacte civil de solidarité confère beaucoup moins de droits que le mariage, ce qui contribue à maintenir le couple homosexuel dans une position d'infériorité par rapport au couple hétérosexuel. Je propose donc qu'on le supprime et qu'on ne conserve que le mariage - mais sous une forme différente : il doit être moins contraignant, plus contractuel et surtout ouvert à tous. Il faudrait que le mariage puisse être soumis à des régimes différents en ce qui concerne les droits et les obligations des personnes, comme c'est le cas avec le régime des biens. Au-delà du mariage gay, c'est à la filiation qu'il serait pertinent de réfléchir.
L'Express, Marcela Iacub - propos recueillis par Judith Rablat, 12 avril 2004























