Julien Green et l'homosexualité
Fasciné par la beauté du visage masculin, le jeune Julien Green, étudiant à l'université de Virginie, ne parvenait pas à exprimer son amour à Mark. Ses romans seront nourris par ce secret refoulé, cet impossible aveu. Jusqu'à ce qu'il se délivre de l'interdit qui enrichissait son œuvre plus qu'il ne pesait sur elle. L'écrivain a levé le tabou à cinquante-neuf ans dans son autobiographie « Jeunes années » :
« Se battre en silence, dans le secret, contre soi-même, quelle vie étrange ! Guerre féroce, sans trêve ni relâche. Si je pouvais pleurer, je pleurerais du sang. Aujourd'hui, je puis dire qu'à vingt ans je connaissais déjà ma croix. Dans mon for intérieur, je la refusais, j'en voulais une autre, moins humiliante. Je voulais une croix qui ménageât l'amour-propre. Il n'y en a pas. Était-ce donc un péché d'être comme j'étais, alors que je n'y pouvais rien ? »
Julien Green
De Julien Green :
■ Moïra
■ Épaves
■ L'expatrié (journal : 1984-1990)























