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Mon regard sur le saint Sébastien attribué à Abraham Gaspard

Publié le par Jean-Yves Alt

L'originalité de ce Sébastien se discerne dans sa réalité charnelle doublée d'un dialogue suppliant entre la chair et le sacré.

Sébastien est dans cette représentation en terre cuite semblable à une statue antique. Avec sa poitrine dessinée, son corps apparaît glorieux, comme en élévation, tendu à l'extrême malgré ses jambes fléchies. Un corps bandé tel un arc.

Pourtant mon attention se concentre sur le linge qui couvre les reins de Sébastien. Sur le devant, ses plis et son tombé indiquent clairement qu’il repose sur son sexe dressé.

Des siècles après les amours idéalisés de la Grèce antique, ce Sébastien élève l'amour, le débarrassant des scories du narcissisme.

Attribué à Abraham Gaspard (Ecole Lorraine) – Saint Sébastien – fin du XVIIe

Terre cuite, Musée Lorrain, Nancy

Comment Sébastien réagira-t-il à ce plaisir dont il ne peut pas parler car ce serait clamer sa solitude, ce serait avouer qu'il a un sexe et des désirs ?

Un Sébastien lourd de sensualité, frustre et plein de sève… Pour qui bande-t-il ?

Le voilà, « gigantesque », ce sexe qu'on essaye toujours de réduire à sa plus simple expression, en l'affublant de sentiments, en le maquillant de théories, en l'escamotant dans une perspective esthétique. Le voilà, monstrueux, ce sexe qui ne tient pas en place, qui ne tient pas sa place, et surtout qui ne se tient pas à sa place en allant jusqu'à donner des idées…

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Haro sur les homos cuirs…

Publié le par Jean-Yves Alt

Cruising, film de William Friedkin devrait être repris sur les écrans…

Accompagné en 1980, d'une odeur de soufre, Cruising, rebaptisé en France La chasse, est un thriller ni bon, ni mauvais qui ne méritait pas le tapage qui a été fait lors de sa sortie.

Le scénario est banal. Un policier est lancé comme appât pour débusquer un tueur de pédés. Pas n'importe quels pédés, des cuirs, ceux qui dérangent le plus et sont fantasmes comme les pires créatures, victimes et bourreaux.

A l'heure où les homosexuels demandent le mariage, il est vrai que ce film ne montre pas n'importe quelle homosexualité. Demander le mariage, même si l'ensemble de la société ne l'accepte pas, est un droit que cette dernière accepte d'entendre car elle donne à l'homosexualité une image acceptable, celle de bons pédés : ce qui est loin d'être le cas des homosexuels montrés dans Cruising, assimilables, je le crains, encore aujourd'hui, à des pervers détraqués aux frontières du pathologique. Comme si le salut tenait à l'image !

Grave est ce racisme anti-cuir qui conforte plus d'un homo ou hétéro. Comme s'il y avait la bonne et la mauvaise sexualité.

Se posera-t-on un jour la question de savoir pourquoi le monde du cuir et son code gêne tant ? La réponse est peut-être dans ce coin secret de notre pensée que nous ne voulons pas admettre.

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L'homosexualité et le citoyen romain par Paul Veyne

Publié le par Jean-Yves Alt

« Un mépris colossal accablait […] l'adulte mâle et libre qui était homophile passif ou, comme on disait impudicus.

Cette société ne passait pas son temps à se demander si les gens étaient homosexuels ou pas ; mais elle prêtait une attention démesurée à d'infimes détails de toilette, de prononciation, de gestes, de démarche, pour poursuivre de son mépris ceux qui trahissaient un manque de virilité, quels que fussent leurs goûts sexuels. On aurait tort de regarder l'Antiquité comme un paradis de la non-répression et de s'imaginer qu'elle n'avait pas de principes ; simplement ses principes nous semblent ahurissants, ce qui devrait nous faire soupçonner que nos propres convictions ne valent pas mieux. »

Paul Veyne

■ in article « Rome, une société d'hommes », Revue L'Histoire n° 221, mai 1998, p. 37

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D'autres films qui auraient pu avoir une place ici (2/3)

Publié le par Jean-Yves Alt

… si j'avais pu les revoir récemment pour en faire une analyse que ma mémoire ne me permet plus de faire. Je ne peux donc que vous les suggérer.

Le monde désert, un téléfilm de Pierre Beuchot (1985)

Deux hommes, une femme et l'amour... d'après un roman de Pierre-Jean Jouve.

Ein Virus kennt keine Moral (Pas de morale pour un virus) un film de Rosa von Praunheim (1985)

Bal macabre au cours duquel un groupe gay chante : « Chic, alors, nous sommes encore vivants ! » Tout le monde à le sida ; on tire au sort qui mourra le premier et le gouvernement envoie les malades dans un camp situé sur une île.

piege-mortel-lumet.jpg

Piège mortel de Sydney Lumet (1982)

Christopher Reeve en étudiant homosexuel pris dans un piège par son mentor Michael Caine.

Self Defense (Siege), un film de Paul Donovan (1983)

"Siège" imagine qu'un groupe néo-nazi profite d'une grève prolongée de la police pour semer la terreur. Un soir, quelques nazillons font une descente dans une boîte homo pour casser du pédé : provocations, insultes, humiliations, violences et pour finir le geste de trop qui amène la mort du jeune barman ; les nazillons ne trouvent alors rien de mieux que de supprimer tous les témoins. Heureusement, un petit pédé parvient à s'échapper et se réfugie dans une maison bientôt assiégée par ses poursuivants.

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Michel Plaisir, peintre de l'espoir

Publié le par Jean-Yves Alt

Michel Plaisir réalise des tableaux hyperréalistes et oniriques en même temps !

Magicien, il est ! En transcendant subtilement la réalité, il me transporte dans un univers onirique, un songe éveillé dont rien ne saurait me distraire.

Ces garçons dévoilés dans un abandon insolent restent des héros de chair… et appellent aux désirs les plus troublants.

Il ne s'agit pas d'une beauté détournée. Non ! Si les jeunes modèles sont magnifiés derrière leurs attitudes souvent rudes et provocantes, ils sauvegardent l'essentiel, un charme et une tendresse hors des atteintes du temps. Innocente et farouche splendeur.

Pastorale – huile sur toile – 116cm x 89cm

Si ses garçons me procurent cette sérénité, c'est parce qu'ils portent en eux un espoir : celui que je devine dans leurs attentes.

Le rendez-vous – huile sur toile – 65cm x 46cm

Michel Plaisir offre, avec sa peinture, les secrets des conteurs et des prophètes, le don du passage sans inquiétude de la réalité la plus intense aux rêves les plus merveilleux.

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