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citations

Discrétion de Roland Barthes sur son homosexualité

Publié le par Jean-Yves Alt

Roland Barthes, qui était tout sauf démonstratif, demeurait des plus discrets sur son homosexualité :

« Pourquoi aurait-il eu à dire son amour des garçons – ce que nombre d'esprits sûrs de leur fait n'ont pas manqué de lui reprocher – quand nous n'avons, profondément, aucun mot pour le dire. »

Patrick Mauriès

■ in Roland Barthes, Editions le Promeneur, 1992, ISBN : 2070727971

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Un amour impossible dans la littérature par Henry-Marx [1923]

Publié le par Jean-Yves Alt

Ryls, mon bien aimé,

Je veux mourir. Je ne sais plus vivre. N'accuse rien, ni personne, et ne m'accable pas trop sous ta peine. La vie me rejette.

Des êtres comme moi, dès qu'ils sont conscients dans leur oisiveté inutile, ne peuvent plus exister. Le travail d'autrui me lapide. La vie me juge et me condamne. Je veux mourir. Je perdrai mon corps dans la montagne ou dans la mer, un jour prochain. Je veux disparaître et n'être pas défiguré en toi. J'ai réfléchi. Je ne peux pas vivre sans être ce que je suis qui m'est, à présent, insupportable. J'appartiens à une espèce d'hommes qui me survivra peu. La vie, c'est l'honneur de vivre ; c'est la conscience organisée. Tout ce qui n'est pas cela ne vivra pas. Je le sais. Tu as illuminé mes ténèbres et je meurs dans la vérité. Et je veux qu'on le sache.

Ne laisse pas dire que je ne valais rien et que ma mort ne tue pas grand' chose ; mais fais comprendre qu'on ne naît pas ainsi à ce qu'on doit être ; il y faut une dynastie d'âmes dont on ne sait pas celle qui régnera. Ce sont tes mots admirables.

Voilà bien des nuits que je me prépare ; mais je ne peux pas me séparer de toi. Je t'aime d'un amour inattendu. Tu es de toutes mes minutes, et pourtant, j'ai discerné, là aussi, une fin lamentable.

L'amour… Je voudrais que tu confesses, un jour, les émotions sans nombre. Tu es un amant qui a bien mérité de l'amour. Mais quoi ? Il faut vieillir ; il faut renoncer à ses grâces, et douter du don de soi que l'on fait à quelqu'un ; il faut arriver à cet âge sensé de l'amant qui ne doit plus se donner parce qu'il ne peut plus réjouir. Devenir un amant déchu qui vit de l'indulgence et de la gratitude des autres… Devenir ça, Ryls, un jour, et savoir, d'avance, qu'on se permettra sa déchéance et qu'on lui trouvera des charmes… Je te le dis pour te désespérer à mon niveau, pour que ma mort te soit moins lourde.

Je termine, mon aimé. Je ne peux plus penser, ce soir. Ton nom sera sur mes lèvres jusqu'à ma fin. Là où je serai, au bord de ma mort, je tendrai vers toi, je te promets, mon visage que tu aimes pour te le donner à jamais.

Didier

■ in « Ryls, un amour hors la loi », un roman écrit par Henry-Marx en 1923, Librairie Ollendorff, pp.180-182

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Sur l'égoïsme par Oscar Wilde

Publié le par Jean-Yves Alt

« L'égoïsme n'est pas de vivre comme on le souhaite, c'est d'exiger des autres qu'ils vivent comme on le souhaite. [...] L'égoïsme vise constamment à créer autour de lui une uniformité totale. L'altruisme considère qu'une diversité infinie est une merveille ; il l'accepte, l'approuve et s'y complaît. »

Oscar Wilde

■ in L’âme humaine, Editions Arléa/Poches, 2006, ISBN : 2869597177

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Sur saint Sébastien (3/3)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Il ne devrait pas exister un seul chrétien qui, pour se débarrasser des vains plaisirs du monde et des mauvaises pensées, n'eût dans sa chambre, près de son lit, ce genre d'images peintes par la main savante d'un maître, afin que, y regardant, il arrive à refroidir les chaleurs ardentes et enflammées de la lasciveté et à les convertir dans la chaleur tempérée de l'amour divin et dans la froideur tempérée de la pénitence. »

Giovanni Paolo Lomazzo

■ extrait de « Le corps fictif de Sébastien » par Daniel Arasse, in Le Corps et ses fictions, sous la direction de Claude Reichler, Editions de Minuit, Collection Arguments, 1983, ISBN : 2707306479, page 63

Lire la seconde partie

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Sur saint Sébastien (2/3)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Les spectacles lascifs d'hommes [nus] peuvent contaminer l'esprit des femmes. C'est pourquoi on fait à saint Sébastien, quand il est attaché à son arbre et criblé de flèches, les membres tout colorés et couverts du sang de ses blessures :

car il ne faut pas qu'il se montre nu, beau, charmant et blanc comme il l'était, et comme le peignit jadis Fra Bartolomeo qui le fit si beau et si lascif que les femmes et les jeunes filles qui allaient à confesse le voyaient et en tombaient amoureuses avec la plus grande ardeur ; si bien qu'il fallut l'ôter de l'église et l'envoyer à François, roi de France. »

Giovanni Paolo Lomazzo

■ extrait de « Le corps fictif de Sébastien » par Daniel Arasse, in Le Corps et ses fictions, sous la direction de Claude Reichler, Editions de Minuit, Collection Arguments, 1983, ISBN : 2707306479, page 63

Lire la 1ère partie - la 3e partie

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