Sur le sexe à l'écran
De plus en plus souvent, on peut lire dans la presse écrite des éditoriaux qui s'inquiètent du déplacement des normes morales dans une société qui a perdu ses repères traditionnels et dérive au gré des vents.
Et de s'arrêter sur la nature de la sexualité qui envahit le petit écran. A cet endroit de la discussion arrive le critère incontournable : le choix de la qualité.
Les films diffusés par La Cinq ou ARTE, me direz-vous, ne sont assurément pas toujours des chefs-d'oeuvre ! Mais les films classés X de Canal + non plus, et tout un chacun sait que cryptés ou pas, ils sont regardés.
Alors ?
Alors il y a la morale de l'abonné, du riche, il y a le sexe chez soi, à des heures impossibles (les mêmes heures, à peu de chose près d'ailleurs, que pour la culture… après 22 h) ; et il y a l'heure des familles qui, de fait, veulent du sexe à gogo mais n'osent le dire.
Et derrière les foyers familiaux, les enfants, ces chers petits qu'il faut protéger de la souillure du monde…
Et alors ? Où sont-ils les téléfilms et les films qui parlent du sexe et le montrent autrement ? Où sont-ils les discours sur la sexualité qui méritent d'être écoutés sans vomir ? Qui fait quoi pour que la parole et le regard sur le sexe change ?
Le sexe restera honteux, sale et coincé, tant qu'on en parlera qu'à voix basse, qu'on le réduira à la discrétion de la nuit ?
La petite folle se coiffe
Dave Brandstetter de
La maison des périls appartient, plus qu'aucun autre polar, à l'ère de Reagan et du sida. L'histoire du kidnapping d'un jeune militant gay et de l'intimidation de toute la communauté homosexuelle, hommes et femmes confondus, d'Albany (état de New York) est bien ficelée. On y retrouve tous les stéréotypes indispensables à la bonne marche du genre : homme d'affaires véreux, flic viril et dominateur...
Quand on étudie les anciens mythes grecs, on s'aperçoit que l'homosexualité est toujours liée à la pédagogie et à l'initiation (1). Dans de nombreux mythes, on voit un maître et un élève. Le maître est l'éraste, c'est-à-dire l'amant au sens actif du terme, et l'élève est l'éromène, au sens étymologique « celui qui est aimé » : il a donc un rôle sexuel passif.
Il s'est arrêté un instant.























