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Pessimisme mélancolique par Reynaldo Hahn

Publié le par Jean-Yves Alt

« Se résigner à la tristesse, qui devient fatalement le pain quotidien de tout être intelligent, et regarder plus haut pour ne pas s'impatienter. »

Reynaldo Hahn

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Peinture pré-romantique : mélancolie et érotisme (2)

Publié le par Jean-Yves Alt

La vogue des sciences exactes et du rationalisme caractérise la civilisation du siècle des Lumières. Elle a eu, dans le domaine littéraire, sa contrepartie avec des auteurs qui s'intéressèrent au fantastique, à l'irrationnel et aux conduites humaines les moins explorées jusqu'alors. La littérature permit donc une nouvelle approche du rapport amoureux et de la sexualité, comme jamais ils n'avaient été envisagés auparavant. Marivaux, Choderlos de Laclos, Restif de la Bretonne ou le marquis de Sade illustrent cette investigation nouvelle et approfondie du sentiment et du comportement amoureux.

Dans le domaine des arts plastiques, l'Académie royale de peinture et de sculpture pèse encore de tout son poids. Il faudra attendre sa suppression en 1793 et l'installation du gouvernement impérial, pour qu'apparaissent, dans la peinture, des tendances nouvelles caractérisées par le goût des sujets étranges, érotiques ou morbides.

Cet intérêt pour des sujets à l'érotisme complexe va aller en s'amplifiant à partir de 1815, quand la sensibilité romantique va de plus en plus faire éclater les cadres des attitudes morales du XVIIIe siècle. En affirmant la supériorité du sentiment sur la raison. Ce nouveau climat intellectuel va pousser les artistes à s'intéresser à l'homme lui-même, et particulièrement aux aspects les plus obscurs de son comportement.

La mélancolie et l'érotisme sont les deux principales découvertes de ce terrain émotionnel nouveau. On voit donc apparaître, dès 1793, et se multiplier, à partir de 1815, les œuvres peintes ou sculptées qui traitent de l'inquiétude, de l'insatisfaction de l'homme et de ses différents comportements amoureux.

Si ces nouvelles représentations n'ont pas l'aspect scandaleux que leur contenu suppose, c'est qu'elles obéissent encore à la tradition gréco-romaine qui leur sert d'alibi pour le fond et de modèle pour la forme. En effet, si le sujet est tiré de la mythologie, son traitement s'inspire de la sculpture antique, comme dans La Mort de Hyacinthe, tableau peint par Jean Broc en 1801.

Hyacinthe était un jeune homme d'une grande beauté, duquel Apollon et Zéphyr tombèrent amoureux. Alors qu'Apollon gagnait ses faveurs et qu'ils jouaient ensemble au disque, Zéphyr, fou de jalousie, décida de punir son rival en supprimant l'objet de leur passion commune. Il dévia la trajectoire du palet qu'Apollon venait de lancer et le fit mortellement frapper Hyacinthe. Apollon en eut un profond chagrin et immortalisa le nom de son ami en transformant en fleur le sang qui avait coulé de sa blessure.

Le recours aux sujets tirés de la mythologie grecque ou romaine permettait aux peintres de contourner l'interdit social. Ce qui frappe, cependant, c'est de constater à quel point le thème de «l'homosexualité» était alors lié à celui du désespoir et de la mort, et c'est peut-être là que se réfugie l'interdit social : l'amour homosexuel est une situation extrême, tragique, et dont l'issue ne semble qu'être fatale.

L'étrangeté de ce climat amoureux et morbide est encore accrue par la représentation très originale que les artistes donnent de la mort. Celle-ci est, soit recherchée, soit consentie passivement, et ceux qui en sont frappés ne sont pas défigurés par la crainte ou par la douleur, mais présentent l'aspect d'un abandon extatique qui suggère des circonstances beaucoup moins dramatiques...

Endymion peint par Girodet (1792), est dans un abandon comparable, qui place pratiquement le spectateur dans la position d'un voyeur. C'est ainsi que le peintre choisit de nous montrer le moment précis où la lune, Séléné, et le jeune berger Endymion sont en train de consommer leur union, prudemment symbolisée par un brouillard luminescent.

Ce qui est surtout remarquable dans ces corps d'hommes nus, complaisamment offerts à la délectation secrète ou avouée du spectateur, c'est leur anatomie étirée, leur pose alanguie et leur musculature faiblement dessinée, qui rendent leur virilité conjecturale et suggèrent davantage une agréable nymphette qu'un athlète antique.

Quelle que soit la nature du mythe représenté, dès lors que leurs sujets touchent à la relation amoureuse, la quasi-totalité de ces peintures présentent leurs protagonistes baignés dans une lumière nocturne ou crépusculaire. La nuit est encore un monde secret et mystérieux où les interdits se dénouent dans l'ombre. Mais cette obscurité mystérieuse n'est pas inquiétante, elle suscite, au contraire, une mélancolie puissamment poétique que vient encore augmenter la grâce des attitudes et le lyrisme des paysages.


Lire la partie précédente


Lire aussi : Girodet et l'homosexualité


Lire aussi : Quand Balzac illustrait Girodet

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Humour : à propos du film Le secret de Brokeback Mountain

Publié le par Jean-Yves Alt

dessin vu sur le site écran noir

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Tous les livres sont écrits à l'intention d'un ami qui ne nous a pas sauvé la vie par Christine Angot

Publié le par Jean-Yves Alt

mais qui, quand il aura lu, va forcément le faire ou passer pour un minable.

Ecrire, c'est dénoncer comme des traîtres et des assassins en puissance, ceux qui ne feront rien après avoir lu, ceux qui ne changeront jamais.

[…] Si tu commences à lire, d'entre les pages, je vais jaillir dans tes bras, tu es prêt ? Et là tu vas m'accueillir, comme je le fais moi, me tenir comme je te tiens moi, sinon tu seras l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, et moi je ne pourrai pas sauver la tienne. Les soins se prodiguent à double sens. Ce n'est pas christique, c'est protocolaire, c'est un contrat. Un engagement.

Chaque fois qu'on saisit un livre, un vrai, on prend le risque et l'engagement de tenir et d'être tenu par un homme ou par une femme.

Christine Angot, TÊTU n°108, février 2006, page 148

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Communautarisme

Publié le par Jean-Yves Alt

« Parler de communautarisme m'agace énormément : ce sont ceux qui font souvent preuve de communautarisme (bourgeois blanc hétéro parisien, par exemple) qui l'utilisent le plus. Ce n'est pas un hasard si l'on accuse les homos et les musulmans de communautarisme : ce sont les minorités les plus visiblement oppressées. C'est un peu comme accuser les Juifs de s'être retrouvés dans le ghetto à Varsovie pendant l'occupation allemande : il ne faut pas confondre oppresseur et oppressé ! »

Laurent Chambon, co-fondateur de minorites.org

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