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Splendeur pauvre de la jeunesse par Claude Michel Cluny

Publié le par Jean-Yves Alt

« A Vassakaïa, les garçons ressemblent à l'été, qui est doux, rêveur et blond. Des épis de soie courent sur leurs épaules, au creux de leur poitrine, sur le dur méridien de leur ventre plat et puis se nouent en boucles, champ mouillé après le saccage des reins, d'où leur vient un goût de sauge...

Ils aiment qu'on les prenne, et qu'on leur donne des noms de fleurs inconnues, dont ils imagineront les formes et la couleur et le parfum les nuits d'hiver, ô mélancolie, en écoutant sur le seuil enneigé des granges le mince pipeau des vachers. »

Claude Michel Cluny

in Hérodote éros, éditions Fata Morgana, 48 pages, 1984, ISBN : 2851941739

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Réédition : Femmes Lesbiennes de Berlin par R. M. Roellig, préface Magnus Hirschfeld (1928)

Publié le par Jean Yves Alt

Dans les bacs, en fin de semaine, la quatrième édition des Femmes Lesbiennes de Berlin par R. M. Roellig, préface Magnus Hirschfeld (1928).

 

De 1924 à 1930, la République allemande de Weimar connaît une stabilisation économique. Berlin va devenir la mecque des gays et lesbiennes du monde. Les lesbiennes vont pouvoir profiter d'au moins 14 Clubs et associations de rencontres décrits ici par une collègue du médecin et militant Magnus Hirschfeld. Ruth Margarete Roellig, journaliste et romancière féministe, sous la forme d'un guide touristique commenté avec brio et avec les meilleures intentions du monde. Un guide d'époque, pour les touristes : un document exceptionnel pour les chercheurs.

 

FEMMES LESBIENNES DE BERLIN RUTH MARGARETE ROELLIGFEMMES LESBIENNES DE BERLIN RUTH MARGARETE ROELLIG

 

Association GayKitschCamp pour l'histoire LGBT

5 rue du Pavillon

34000 Montpellier

 

 

Catalogue

 

Livre en vente à Librairie Les Mots à la Bouche Paris, Violette and C° Paris, Le Jardin des Mots à Montpellier ou directement franco de port (chèque à l'ordre de GKC) ou encore par paypal à gaykitschcamp@gmail.com

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Matthias Grünewald : la violence sans l'extase

Publié le par Jean-Yves Alt

Le corps est ressenti d'une façon très différente dans les pays latins et dans les pays nordiques. Dans les pays latins, le corps est davantage le lieu d'une harmonie qu'un objet de honte. Cela vient en partie de l'influence plus catholique que protestante.

Dans les pays du sud, il est possible de voir – à l'extérieur – quelqu'un s'endormir de la façon la plus animale et la plus obscène qui soit : bouche ouverte, filet de bave qui coule... Un européen du nord ne ferait jamais cela. En général il se cache pour dormir, faire l'amour, mourir…

La peinture du XVIe siècle possède un chef d'œuvre qui est le retable de Matthias Grünewald qui illustre magnifiquement cette différence. La Crucifixion de Grünewald est tout à fait dans l'esprit même de la réforme luthérienne et nordique. Si le peintre a représenté un Christ nu, c'est parce qu'il le fallait d'un point de vue strictement iconographique. Mais quel nu !

Je n'ai jamais vu de nu plus torturé, plus douloureux, plus angoissant. Un peintre latin n'aurait jamais osé attenter de cette manière à la beauté d'un corps qui restait quelque chose de sacré avec l'interdiction des autopsies jusqu'au XVIIe siècle, l'interdiction des incinérations…

Matthias Grünewald – Retable d'Issenheim : détail de la crucifixion – 1510/1515

Musée d'Unterlinden, Colmar

Grünewald a détruit méticuleusement toute sensualité dans la représentation du corps masculin. Il ne persiste que l'image de l'horreur du corps dans ce qu'il a de plus périssable, dans ce qu'il a de plus pourrissable.

Pour un peintre italien de la Renaissance, le corps masculin était le lieu de l'harmonie et de la beauté. À l'image du saint Sébastien de Mantegna qui est surtout le lieu d'une beauté formelle, troublante et sensuelle… malgré les flèches.

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Les grands arbres s'effacent de Véronique Gentil & Le déluge ambigu de Laurent Albarracin aux éditions Pierre Mainard

Publié le par Jean Yves Alt

Les grands arbres s'effacent de Véronique Gentil

 

Sky is without face

and full of your presence

Although just dust your hand

stays on me

Life sittles as well

into dust

Le ciel est sans destin

et plein de ta présence

Même poussière

ta main demeure sur moi

La vie se dépose aussi

dans la poussière

 

20 poèmes écrits en anglais et traduits en français par l'auteur prolongent la prose des premières pages de ce recueil : Véronique Gentil s'éloigne des rivages de sa langue maternelle pour conjurer l'impossibilité de dire la perte de l'être aimé.

 

■ Les grands arbres s'effacent, Véronique Gentil, éditions Pierre Mainard, collection Grands Poèmes, frontispice de l'auteur, 68 pages sous couverture à rabats, 15 x 24, ISBN : 978-2913751552, 11€

 

EDITIONS PIERRE MAINARD SEPTEMBRE 2014

 

Le déluge ambigu de Laurent Albarracin


J'habite la mesure de la pluie

qui est vaste et minutieuse

et décorée d'embruns parfaits

où l'on entend qu'elle insinue

son grain dans la poussière


Les chevaux vont boire dans la main des rivières

avec des grâces révolues

et des peines délicates

qui leur font la tempe sérieuse

et rendent ardente leur application


C'est ainsi qu'un temps très ancien

remonte par des canules

dans les eaux de l'été

 

Ce recueil de poèmes rassemble Le déluge ambigu, paru en 2010 dans la Collection de l'Umbo, et Col de signes qui est inédit.

 

■ Le déluge ambigu de Laurent Albarracin, éditions Pierre Mainard, collection Grands Poèmes, frontispice de Jean-Pierre Paraggio, 32 pages sous couverture à rabats, 15 x 24, ISBN : 978-2913751545, 8€

 

Bon de commande

 

catalogue complet de Pierre Mainard Editeur

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Les paroles de Freud revues par Anthony Burgess

Publié le par Jean-Yves

Dans son roman « Dernières Nouvelles du monde » (éditions Acropole, 1984) Anthony Burgess en prend à son aise avec ses personnages. Notamment celui de Freud. Comme dans cet exemple où le célèbre thérapeute fait face à l'angoisse d'un homosexuel :

 

« La société a encore beaucoup à apprendre et c'est une élève peu douée. Une société saine tolèrerait l'homosexualité d'un Socrate, d'un Michel-Ange, d'un Shakespeare, même. Peut-être ni vous ni moi ne verrons-nous les premiers bourgeons de ce printemps de l'esprit. Pour le moment, c'est une société malade que nous avons. Mais vous, vous êtes guéri. »

 

On aimerait que cette séance de divan chez Freud soit vraie. Nous sommes en 1930...

 

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