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Articles avec #expositions-arts tag

Triomphe raté de l'académisme par William Bouguereau

Publié le par Jean-Yves Alt

Peinture figée, grandiloquente, d'un pathétisme excessif, moralisatrice à outrance.

Chairs blanches, nus flasques, portraits aux yeux vides. Voilà comment je ressens la peinture de William Bouguereau, triomphe de l'académisme. Ça ressemble à du beurre frais. C'est blanchâtre, lisse, mou, incolore. Tels sont les nus peints par William Bouguereau.

Nymphe, bacchante ou Psyché, tous les modèles se ressemblent. De quoi dégoûter de la peinture pompier.

Je ne pense pourtant pas que la peinture de la fin du XIXe siècle doit se résumer aux impressionnistes. Quand il s'agit de grande décoration, les peintres pompiers ont su faire preuve de puissance, même si le pire des moralismes s'est greffé sur leur peinture. Mais pour ce qui est de la peinture de chevalet, c'est généralement un résultat plus plat qui est au rendez-vous.

William Bouguereau – Naissance de Vénus – 1879

Huile sur toile, 300cm x 217cm, Musée d'Orsay (Paris)

Les scènes mythologiques atteignent des paroxysmes de ridicule : portraits vides, modèles aux yeux morts comme des fantômes qui errent à la recherche de leur identité.

Il serait trop facile de faire une comparaison entre n'importe quelle Naissance de Vénus, celle de Botticelli par exemple, et celle de Bouguereau, d'un érotisme tellement bêta qu'il en devient touchant.

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Prince en terre d'Islam

Publié le par Jean-Yves Alt

Le Chah Abbas Ier et son jeune page sont tendrement enlacés sous un arbre aux feuilles d'or. Vêtus de riches atours élégamment brodés, ils se tiennent sans doute de doux propos, par une belle après-midi de printemps.

Le page tend une coupe à son seigneur.

Il tient encore un flacon entre les jambes, au goulot dressé bien droit. Sûrement le symbole d'un désir qu'il était interdit de dessiner crûment sur une enluminure, à Ispahan au XVIIe siècle.

En tout cas, la scène reste charmante, d'une préciosité délicate, bien représentative de la vie princière en Islam.

Chah Abbas Ier enlaçant l'un de ses pages – 1627 – Musée du Louvre

La figuration est normalement interdite par l'Islam mais la règle a été très souvent contredite. A partir du XVIIe siècle, les cours ottomane puis persane ne la respectent plus et livrent des portraits d'une finesse de trait et de couleur inédite, comme celui d'Abbas Ier.

De nombreuses miniatures montrent à quel point la vie de jardin est alors importante et fastueuse. Fontaines, bassins, fleurs, oiseaux peuplent les palais qui apparaissent comme le reflet terrestre du paradis. Cadre de vie normal, après tout, pour le calife puisqu'il est le descendant du Prophète.

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Famille de paysans dans un intérieur par Le Nain

Publié le par Jean-Yves Alt

Un homme, deux femmes, six enfants, un chien et un chat sont réunis dans la pièce commune d'une maison. Le plus grand des garçons joue de la flûte.

Ce tableau, j'ai pu le voir, maintes fois, dans mes livres scolaires d'Histoire. A chaque fois, c'était pour illustrer la condition paysanne déplorable sous l'Ancien Régime. Et, parce que l'époque ne se prêtait pas à énoncer une critique, je n'ai jamais osé dire que ce tableau ne me semblait pas s'accorder avec cette thématique.

Ce tableau est visible au Musée du Louvre. La première fois que je l’ai découvert « en vrai », j'ai été séduit par sa beauté et aussi rassuré que mon pressentiment n'était pas injustifié : la misère des paysans n'est pas le propos de ce tableau.

Car ce qui me frappe dans l'attitude de ces paysans, c'est leur extraordinaire dignité. La plupart semble me regarder dans les yeux au point de provoquer en moi un mal être : comment dois-je les approcher avec cette même simplicité de cœur qu'ils m'offrent ?

Le Nain [Louis ( ?)] – Famille de paysans dans un intérieur – 1642

Huile sur toile, 113 cm x 159 cm, Musée du Louvre

Si Le Nain traite de la pauvreté, il le fait sans misérabilisme : pour s'en convaincre, il suffit d'appréhender ce verre à pied si fragile empli de vin ; de saisir comment la musique résonne dans le corps de ce petit joueur de flageolet ; d'observer ce vieil homme, en arrière plan, dans sa singulière présence ; de remarquer ce petit chat immobile et attentif derrière le fait-tout…

La pauvreté disparaît derrière chacun des regards. Le Nain a réussi la prouesse de composer un tableau qui m'oblige à être pleinement ce que je suis et non pas ce que je crois être.

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Mon regard sur le saint Sébastien d’Antonello da Messina

Publié le par Jean-Yves Alt

Sébastien est attaché à un arbre invraisemblable surgissant des pavements.

Antonello de Messine en utilisant une perspective avec un point de fuite situé très bas permet de donner à la figure de son Sébastien, une taille plastiquement équivalente à celle des architectures disposées en arrière-plan.

La direction des flèches confirme que je me trouve en lieu et place des bourreaux-archers. Ainsi le corps du saint – représenté comme une version adoucie des bustes antiques – semble servir de bouclier à la ville derrière lui.

Une vie raffinée peut s'y développer à son abri.

Le saint toujours vivant et la colonne antique brisée du premier plan me rappellent pourtant la ruine du monde où je me trouve.

Antonello da Messina – Saint Sébastien – 1476

Huile sur bois transposée sur toile, 117cm x 85cm, Staatliche Gemäldegalerie – Dresde

Sébastien, parce qu'il ne me regarde pas, m'invite – sans me contraindre – à rejoindre cet espace pacifié qui se développe à l'infini derrière lui.

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Peinture psychologique par James Tissot

Publié le par Jean-Yves Alt

Peintre de salon, James Tissot a su teinter de nostalgie et de psychologie, l'univers bourgeois du siècle dernier.

Élégance raffinée des demi-mondaines : tout est prétexte, dans cette scène, à peindre les charmes pompeux d'un siècle dont il m'arrive encore de rêver la splendeur.

Psychologue, Tissot l'est avec cette toile Mauvaise Nouvelle. Ce doux enlacement est empli de souvenirs et d'inquiétude.

La consolation paraît impossible et c'est à nouveau le néant qui fait surface.

James Tissot – Mauvaise nouvelle, la séparation – 1872

Huile sur toile, collection privée

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