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Les désirs par Constantin Cavafy

Publié le par Jean-Yves Alt

Ils sont comme de beaux corps que l'âge n'aurait pas atteints

Et qu'on dépose avec des larmes dans un magnifique sépulcre

Des roses à la tête et, aux pieds, du jasmin.

Ils ressemblent à de tels corps les désirs qui se sont éteints

Sans se rassasier,

Sans avoir eu ne fût-c qu'une seule nuit de plaisir

Ou qu'un radieux matin.

Constantin Cavafy (*)

cité par J. P. Renouard in « Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes » de Didier Eribon (sous la direction de), Larousse, 2003, ISBN : 2035051649, p.101


(*) Poète grec (Alexandrie, Égypte, 1863 - Athènes, 1933)

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Traité des courtes merveilles, Václav Jamek

Publié le par Jean-Yves

… ou la protestation d'une vie trop contrainte.

 

Václav Jamek est tchèque, pragois plus précisément. Il est traducteur de français. Cet intellectuel qui a refusé la dissidence a choisi une autre forme de révolte : il a abandonné sa langue maternelle pour sa « langue personnelle », le français.

 

Traité des courtes merveilles est un ouvrage sans concessions, original et complètement fou, à l'image de son auteur qui y livre son autobiographie. Celle d'un intellectuel tchèque de quarante ans, très critique envers tout, tous et lui-même. Rien n'est caché : ses déboires d'homosexuel, ses séjours dans une France pas si idyllique que ça, son incapacité au bonheur, sa situation difficile de citoyen d'un pays en porte à faux dans l'Histoire.

 

Václav Jamek s'est affirmé très tôt en tant qu'homosexuel. Il n'a jamais nourri d'angoisse morale vis-à-vis d'autrui et n'a jamais vécu l'amour comme une humiliation, même s'il lui est arrivé, quelquefois, de se sentir souillé par lui-même, parce qu'il avait accepté de coucher avec quelqu'un pour qui il ne pouvait éprouver aucune tendresse. L'auteur montre bien dans son récit que l'amour n'est pas uniquement une quête du sexe.

 

Václav Jamek parle de Paris comme d'une ville « sans amour » avec ses « mines renfrognées » et son « indifférence appuyée ». Il n'aime pas plus le « ghetto homo » où il lui a semblé que chacun allait, comme dans un magasin, à la recherche de quelqu'un qui corresponde à son fantasme. Comme si la seule chose à offrir était son sexe.

 

Si dans les squares de Prague, ses errances nocturnes n'étaient pas plus drôles, il trouvait alors dans ses rapports avec les hommes, plus de gentillesse, plus de tendresse. A Paris, il avait cette impression d'être trop vieux, et, surtout cette crainte de n'être que la satisfaction du fantasme de l'autre.

 

[…] en partageant, réellement, la caresse, c'est un apprentissage de moi-même et de l'autre que je fais, à travers moi-même et à travers l'autre ; un apprentissage fait non plus seulement de pressentiment mais de présence autant que possible, d'écoute charnelle ; dans l'amour, tel que je l'assume, je recherche avant tout le plaisir de l'autre, dont le mien n'est qu'un dérivé, une conséquence souhaitable (un reflet ?), et dans un acte sexuel, je supporte mieux de ne pas recevoir de plaisir que de ne pas en donner : mon désir n'est qu'un étonnement aigu devant l'homme de touche, pareil et tellement différent (Minotaure-Narcisse) que j'ai besoin de toute mon attention pour m'essayer à lui. Un autre moi-même ? ou plutôt un moi-même autre ?

 

Au fond, le propre de l'amour homosexuel, ne serait-ce pas, à partir d'une identité trompeuse, chercher à se rejoindre, l'un l'autre, en accusant l'écart, en explorant la différence non pas annulée mais ramenée à l'irréductible – le décalage minimum de l'altérité – sur quoi fonder […] une vigueur de l'attachement humain ?

 

Je déteste aimer à l'aveuglette – je considère que l'abandon de la lucidité dans la passion est une revendication de la bonne femme qui croit qu'elle ne peut être désirable qu'en leurrant son bonhomme, et du bonhomme qui n'arrive à désirer qu'en fermant les yeux – et que dans le désir le leurre fasse tache d'huile me heurte : à l'abord de l'autre, ce n'est pas pour brouiller les contours, effacer les reliefs et confondre les volumes que la caresse est projetée ; ces tâtonnements, il faut qu'ils me guident et non pas qu'ils m'égarent ; avec la caresse, l'attention que les autres ont toujours réveillée en moi descend dans les bouts de mes doigts pour s'encanailler, pour se commettre dans les « désordres-de-la-chair », et de cet encoincement dans une altérité proche, elle revient ramifiée, avant de refluer vers son centre et, douée d'une Mouvance nouvelle, inaugurer une pratique de regroupements-surprises. Dans le plaisir, un corps est franc, plus franc que dans la douleur […] : jamais il ne dit mieux la façon dont il est habité, les hardiesses et les prudences, les envols et les abattements, les points d'attraction et les points d'angoisse, les paniques et les accalmies de l'incarné […] (pp. 108-109)

 

Récit, essai et poème, ce livre déconcertant et enchevêtré est la confession sans honte d'un homosexuel et le procès, plus métaphysique que politique, des deux capitales entre lesquelles l'auteur oscille : Prague la maléfique, l'indigente et Paris l'arrogante, l'indigeste.

 

■ Éditions Grasset, 1989, ISBN : 2246414814

 

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Dire son état amoureux par Roger Vrigny

Publié le par Jean-Yves Alt

« Au bord de l'eau, près de Pontoise, dans une guinguette où nous venions dîner, je regardais le soleil se coucher de l'autre côté de la rivière et – parce que j'étais avec un garçon que j'aimais – le spectacle me paraissait d'une perfection presque irréelle, comme l'état de bonheur où je me trouvais.

Je me lamentais sur cette beauté : "Comment veux-tu décrire ça ? disais-je à mon compagnon. Comment trouver les mots, les phrases capables de rendre la réalité de ce que je vois ?"

Le problème était mal posé car il ne s'agissait pas de voir mais de sentir ou d'éprouver.

Le coucher de soleil n'était qu'un prétexte, une façon d'avouer que j'étais amoureux et que cet amour (non plus) ne pouvait se dire. Quand on écrit, les mots ne désignent pas (seulement) les choses. Ils sont les choses. Ils s'efforcent de l'être en tout cas. Ils changent de nature sans changer d'aspect. C'est de l'alchimie la plus élémentaire.

Les années ont passé. Qu'est-il devenu, mon coucher de soleil au bord de l'Oise ? Il aurait suffi d'un peu de patience pour dire le ciel rouge, l'odeur de l'eau, la grâce d'un visage, l'amour que j'avais au cœur. Je n'ai pas su attendre. Le garçon a grandi, il m'a quitté. Aujourd'hui il est mort. Que reste-t-il de cet instant ? Ces lignes que j'écris comme une croix sur une tombe. »

Roger Vrigny

in Le besoin d’écrire, Editions Grasset, 1990, ISBN : 2246369916, pp.48/49

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Louis XVIII et ses favoris…

Publié le par Jean-Yves

Comme son frère Louis XVI, le jeune Comte de Provence (1755-1824) souffrait d'une infirmité congénitale qui lui rendait douloureux tout acte sexuel. Après quelques années de chasteté forcée, Louis XVI s'était fait opérer et avait pu honorer la reine Marie-Antoinette. Le Comte de Provence, quant à lui, refusera l'opération et restera toute sa vie incapable de montrer sa virilité. Il se mariera pour la forme, car il ne pouvait avoir d'enfants.

 

Le jour où le roi Louis XVI se fait arrêter à Varennes, le Comte de Provence réussit à s'enfuir en Belgique. Lorsque le jeune Louis XVII meurt, son oncle se proclame héritier du trône de France sous le nom de Louis XVIII, et devient le chef des émigrés. Il poursuit sa vie d'exilé à Vérone, chez le Tsar de Russie, à Varsovie, enfin en Angleterre. Après le coup d'État de Brumaire, il écrit à Bonaparte pour lui demander de restaurer la monarchie. Celui-ci refuse poliment : Louis XVIII devra attendre la chute de l'empereur pour rentrer à Paris, le 3 mai 1814, dans les bagages des armées Alliées victorieuses de Napoléon.

 

Dans la charte constitutionnelle qu'il donne aux Français, Louis XVIII veut effacer la Révolution, mais il ne réussit qu'à mécontenter l'opinion publique. Napoléon ayant quitté 1'île d'Elbe réussit à reprendre le pouvoir sans user de la force. Cela montre à quel point la première Restauration était impopulaire. Louis XVIII se réfugie à Gand. Moins de Cent Jours après, c'est Waterloo et Napoléon part pour Sainte-Hélène.

 

Le 8 juillet 1815, Louis XVIII rentre à Paris accueilli un calembour du bon peuple : « Vive notre père de Gand ! » Le roi a soixante ans, il est obèse, impotent et bientôt il ne quittera plus son fauteuil roulant. Mais il a conservé l'esprit alerte, de la finesse et du bon sens. Il veut une politique libérale, face aux ultras réactionnaires de son frère le Comte d'Artois (futur Charles X). Il parvient à modérer les exigences des armées Alliées qui occupent la France, et tente de limiter la « Terreur Blanche », cette réaction de vengeance des aristocrates contre les partisans de Napoléon.

 

Impuissant, il se console de ne pouvoir faire l'amour, en racontant des histoires égrillardes et il adore qu'on lui en raconte. Sa femme est morte et les conventions de l'époque font qu'il doit afficher des maîtresses. Madame de Balbi, Mademoiselle Bourgoin, Madame de Mirbel et Madame Princeteau (sœur de Decazes), tiennent successivement ce rôle. Selon le propre témoignage de ces dames, le roi ne dépassera jamais le stade des petits jeux, badinages, attouchements et câlineries qui demeurent chastes.

 

Bientôt il se lasse des dames, et sans crainte du « qu'en dira-t-on » s'attache ouvertement à de jeunes hommes. Tout d'abord le comte d'Averay, qu'il comble de bienfaits, puis le duc de Blacas qu'il nomme pair de France et premier ministre. Malheureusement Blacas fait partie de ces émigrés qui n'ont rien oublié et rien appris. Il veut gouverner comme si la Révolution n'avait pas eu lieu, et bientôt les conseillers du roi demandent sa destitution. Cet acharnement contre son protégé suscite de la part de Louis XVIII cette réflexion amère : « On pardonne ses maîtresses à un souverain, on ne lui pardonne pas ses favoris. » La mort dans l'âme, le roi cède, et envoie Blacas comme ambassadeur à Naples. Mais pendant les semaines suivantes il ne cesse de pleurer en s'écriant : « Il est parti mon petit ! Comme je l'aimais mon petit enfant. Ah ! les gredins ils m'ont retiré ma vie... »

 

Un mois plus tard Louis XVIII avait trouvé un nouveau favori : Elie Decazes. Ce très bel homme de trente cinq ans avait été fonctionnaire de l'Empereur, puis, sous la Restauration avait succédé à Fouché comme ministre de la Police.

 

Chateaubriand dans Mémoires d'Outre-Tombe [Deuxième partie, Livre I, Chapitre 4] s'étonne de la passion de Louis XVIII pour Decazes :

« Se fait-il dans le cœur des monarques isolés, un vide qu'ils remplissent avec le premier objet qu'ils trouvent ? Est-ce sympathie, affinité d'une nature analogue à la leur ? Est-ce une amitié qui leur tombe du ciel pour consoler leur grandeur ? Est-ce un penchant pour un esclave qui se donne corps et âme, devant lequel on ne se cache de rien, esclave qui devient un vêtement, un jouet, une idée fixe, liée à tous sentiments, à tous les goûts, à tous les caprices de celui qu'elle a soumis et qu'elle tient sous l'empire d'une fascination invincible ? Plus le favori est bas et intime, moins on le peut renvoyer, parce qu'il est en possession de secrets qui feraient rougir s'ils étaient divulgués. »

Il faut lire entre les lignes. Par pudibonderie ou par hypocrisie, Chateaubriand se garde de nommer les amours royales. Mais que peuvent être ces « secrets qui feraient rougir » ?

 

Dans le désir de chasser Decazes, on trouve, chez les ultras, le souci de le remplacer par le duc de Richelieu, un premier ministre favorable aux idées réactionnaires du futur Charles X. Mais en écartant Decazes, ce n'est pas seulement le ministre libéral que les ultras chassent, c'est surtout le favori qui dispose de l'affection exclusive de Louis XVIII, et dont la liaison avec le roi fait jaser. Mais Decazes était toujours en place et le roi continuait à l'appeler son « cher petit », à l'embrasser – sur le front – en public et à lui envoyer journellement une correspondance très affectueuse. Un assassinat allait servir de prétexte.

 

Le soir du 13 février 1820, le duc de Berry, deuxième fils du Comte d'Artois, c'est-à-dire neveu de Louis XVIII, est assassiné par Louvel. Dès le lendemain, Madame du Cayla fait courir le bruit que c'est Decazes qui a poussé Louvel, par haine des ultras. Le roi devra céder à l'opinion publique et renvoyer son favori. Dans une autre lettre déchirante, Louis XVIII annonce à Decazes qu'il est nommé ambassadeur à Londres et il termine ainsi : « Viens voir le prince ingrat qui n'a pas su te défendre. Viens mêler tes larmes aux miennes. » Le jour de son départ, Decazes reçoit un dernier billet du roi : « Adieu ! C'est le cœur brisé que je te bénis. Je t'embrasse mille fois ! »

 

D'après Michel Larivière, Homosexuels et bisexuels célèbres, Editions Deletraz, 1997, ISBN : 2911110196, pp.225-226

 


Lire aussi : Dictionnaire des chefs d'Etat homosexuels ou bisexuels, Didier Godard, Editions H&O, 2004, ISBN : 2845470908, pp.171-175

 

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Le livre de John, Michel Braudeau

Publié le par Jean-Yves Alt

Subtile histoire que « Le livre de John », un livre aux multiples lectures dont le mystère n'est jamais élucidé. Un roman sans fin, vaste, dense, grave, brillant et iconoclaste.

Allusions et clins d'œil littéraires font référence au Lolita de Nabokov.

L'étape principale du voyage éternel qu'entreprennent le narrateur, Paul, et son très jeune compagnon, John, est un motel dans la Vallée de la Mort.

La mère de John lui a confié le garçon, élève indiscipliné et paresseux, dans l'espoir qu'un voyage à travers l'Amérique contribue plus utilement à l'éduquer. Paul est un cameraman dégoûté de l'univers des images et incertain de sa vocation. En dérapage professionnel, avant d'être entraîné par John dans une dérive bien plus troublante.

« Le livre de John », roman érotique, subversif, est le roman de l'écriture et du dévoilement à jamais reculé. Paul et John sont les personnages d'une fiction où l'activité se résume à convoiter et à lire. On lit des revues pornos interdites ; on lit ensemble un roman japonais du dix-huitième siècle, où il est question d'une secte d'amoureux frappés un par un d'une mort inexplicable, par l'intermédiaire de petits garçons qui transmettent de l'un à l'autre des lettres empoisonnées ; Paul dévore en cachette les « Confessions de Ravi S. Vilravi », dernier des pédérastes, révélation d'un « penchant plus répandu qu'avoué », écrit par un « homme sans visage » qui se cache, poursuivi par la vindicte des ligues morales.

Le lieu de la transgression trouve son écho dans l'île imaginaire des enfants morts du roman japonais que John lit chaque nuit : une légende qui aiguise le désir sexuel et n'épuise pas la curiosité. Que sont ces beaux garçons, émissaires voluptueux d'une épidémie transmise par les mots ?

Lire « Le livre de John », c'est lire trois livres imbriqués l'un dans l'autre, qui tous parlent du grand tabou, mais qui – tous trois – diffèrent sans cesse leur dénouement. Un désir inassouvi.

Michel Braudeau « sort » aussi de son sujet principal avec le suicide de l'humanité dont Paul est la victime récalcitrante. Il fuit à travers les États-Unis, un pays qui a voulu croire au bonheur mais ne s'en remet pas d'avoir échoué.

Le cœur du roman, c'est John, livré en toute bonne conscience par sa mère à Paul qui – tel l'ogre des contes – ravit John. Et Paul, homme à femmes, se soumet à l'adolescent. Ariane, son assistante de montage, sa dernière aventure, l'abandonne, non sans lui avoir suggéré que le fil de sa vie, la trame clandestine de son existence est cet enfant juste pubère, au seuil du futur.

L'adulte et l'enfant entament leur dialogue fou à travers le roman japonais que John traduit à Paul quand il se coule dans son lit. Paul n'est pas pédophile. Il découvre la plus grande tentation, le plus grand désir, le plus fort fantasme : voler à un tout jeune garçon ce qu'il n'est pas en mesure de saisir lui-même, la naissance fulgurante de sa sexualité. Il épie l'adolescent, pour savoir le secret de ce qui va définir la vie, lui donner son sens, en organiser le rêve, en bétonner les frustrations.

« Seul avec John à Disneyland, je n'avais pas compris la force qui m'attirait vers lui. Il jouait et je pensais jouer de même. Dans la jungle caraïbe je le guettais. Dans la maison hantée, à bord du train des morts, de la navette perdue dans l'espace, c'était lui le fantôme. Il le savait, jaloux d'un visiteur que j'avais remarqué, prompt à rallumer ma ferveur. Le caractère enfantin de ces divertissements en famille m'avait empêché en tout cas de tirer de trop longues conclusions des joies que j'y avais trouvées. Elles étaient sans conséquences, puisque je serais bientôt dans les bras d'Ariane, qui m'en donnerait de plus fortes, dissiperait les illusions, les émotions nées au contact de John. Je paierais cher aujourd'hui pour me représenter exactement ce qui insidieusement me sépara d'elle.

[…] Il gâchait tout, en fait, entre elle et moi. Ce n'était pas de sa faute, il n'y avait rien de particulier à lui reprocher, sinon "d'être là", disait Ariane. Je ne voyais aucun changement, pour ma part, John se comportait comme d'habitude, un peu bruyant, plutôt discret. Mais d'après Ariane, moi, j'étais différent, j'avais la tête ailleurs. Je me montrais désagréable avec John, injuste au besoin, l'obligeant à rester seul à l'hôtel tandis que j'allais dîner avec Ariane "en amoureux", m'empressais auprès d'elle, la cajolais à mesure qu'elle me fuyait. J'aurais dû comprendre (mais à quoi bon ?) que les paroles étaient déjà vaines. » (pp. 251/252 – éditions Seuil/Points, 1993, ISBN : 2020206145)

Roman pédophile ? Aucunement. Il n'y a ici aucune militance, aucune volonté de persuasion. C'est l'histoire d'un dernier amour. Un désir sans conclusion et qui se réjouit d'éclore indéfiniment.

« Le livre de John » est l'histoire d'une civilisation qui se défait. Ariane sait que la femme ne peut plus rien donner à l'homme. Elle suggère qu'il ne reste plus que la nostalgie. John l'a compris qui ne veut pas être photographié. Il n'est que l'image docile mais éphémère du paradis perdu.

■ Le livre de John, Michel Braudeau, Éditions Gallimard/Folio, 2001 (réédition), ISBN : 2070418022


Du même auteur : L'objet perdu de l'amour

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