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Force physique et abandon enfantin chez F. J. Duret

Publié le par Jean-Yves Alt

Chateaubriand, écrivain et voyageur avait rapporté des États-Unis la vision d'un monde encore sauvage et peuplé d'Indiens aux coutumes étranges. Son roman, Atala est l'histoire tragique d'une jeune fille métisse et chrétienne ayant juré à sa mère de ne jamais se marier.

Tombée amoureuse de Chactas, un Indien de la tribu des Natchez, elle s'enfuit avec lui dans les forêts sauvages de Louisiane.

Pour ne pas succomber à cet amour interdit, Atala s'empoisonne et meurt dans les bras de Chactas et du prêtre qui les avait recueillis.

Francisque-Joseph Duret – Chactas en méditation sur la tombe d'Atala – 1836

Musée des Beaux Arts de Lyon

Le passage choisi par le sculpteur Francisque-Joseph Duret montre Chactas sur la tombe d'Atala :

Je m'assis sur la terre fraîchement remuée. Un coude appuyé sur mes genoux, et la tête soutenue dans ma main, je demeurai enseveli dans la plus amère rêverie.

En modelant son Chactas, c'est le contraste entre sa force physique et son abandon enfantin au désespoir que le sculpteur a illustré.

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Mon village en images : exposition photographique, au cœur de Lagrasse

Publié le par Jean-Yves

“Mon village en Images !”, manifestation de photographies née de la volonté de valoriser les acteurs de la vie sociale en milieu rural, se déroule du 20 juin au 3 octobre 2009 dans le village de Lagrasse.


Des photographies, représentatives d’un aspect particulier du village, sont installées sur les murs de Lagrasse et constituent un parcours à travers le village.



Les artisans d’art, les métiers de la terre, les commercants et services, les scènes de vie et la culture symbolisent le dynamisme et la richesse des activités qui font vivre le village.



Dossier de Presse

Syndicat d'Initiative du Canton de Lagrasse

Maison du Patrimoine - 16 rue Paul Vergnes

11220 Lagrasse

Tél : 04 68 43 11 56


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Histoires de tasses…

Publié le par Jean-Yves

Le cabinet, comme lieu de toutes les initiations, est souvent jugé dangereux d'autant plus qu'il peut contribuer en même temps à la découverte du plaisir.

 

Ainsi, au XIXe siècle, il est encouragé que les latrines scolaires soient nauséabondes afin que les élèves y séjournent moins longtemps. Elles doivent aussi être disposées de telle sorte qu'aucun désordre menaçant n'y soit commis car comme l'atteste l'ouvrage du Dr Pavet de Courteille (1), elles restent toujours les refuges de prédilection des mauvais sujets.

 

Cette recommandation s'inscrit directement dans la ligne du combat anti-masturbatoire.

 

Pourtant, quelques décennies plus tard, le Dr Gallus (2) écrit que les mares d'urine stagnante, gênantes pour l'odorat, favorisent les honteuses pratiques des innombrables pervers dans les toilettes publiques.

 

Au XIXe siècle finissant, ces édicules sont munis de candélabres d'éclairage : Gustave Macé (3), ancien chef de la Sûreté, raconte les méfaits d'un certain Bec-de-Gaz qui s'était fait la spécialité d'éteindre les lumières des vespasiennes, mais pas pour les mêmes raisons que le héros du film de Stephen Frears (4) : Bec-de-Gaz préférait œuvrer dans le noir pour faire chanter ceux qui se trouvaient sur sa route.

 

Ironie(s) : si l'on a fait autant de bruit autour de ces lieux, c'est que les gestes s'y accomplissent dans le plus imperturbable des silences… Sans oublier l'audacieuse interprétation psychanalytique de Philippe Boyer (5) de ces cabinets… lieux de tout l'imaginaire proustien.

 


(1) Hygiène des collèges et des maisons d’éducation, Docteur Pavet de Courteille, Paris, Gabon et Cie., 1827

(2) L'amour chez les dégénérés : Etude anthropologique, philosophique & médicale, Docteur Gallus, Paris, Librairie Renner, 1905

(3) Mes lundis en prison, Gustave Macé, Charpentier et Cie, Paris, 1889

(4) En 1987, le réalisateur Stephen Frears montrait dans Prick Up Your Ears une scène d'attouchements collectifs dans de ténébreuses toilettes londoniennes. Le malicieux protagoniste avait d'un geste vif dévissé toutes les ampoules de l'endroit et avait inauguré une scène de groupe, pleine d'ombres et de soupirs.

(5) Le petit pan de mur jaune, Philippe Boyer, Editions du Seuil, 1987, ISBN : 2020094371 : Proust, qui a habité pendant trente ans au 9 boulevard Malesherbes, a pu voir de ses fenêtres la célèbre tasse de la Madeleine, et n'a pas pu ignorer que la place du milieu, dans toute pissotière qui se respecte, reste la place de celui qui vient là pour le plaisir et non pour le besoin. Philippe Boyer démontre la place centrale occupée par le «cabinet» dans l'imaginaire proustien. C'est là qu'il s'émoustille les sens. Mais l'essayiste va plus loin et dresse une équivalence entre le trempage d'un morceau de pain dans l'urine d'une pissotière et la manière dont le narrateur, au début de son livre, laisse s'amollir son morceau de madeleine dans sa tasse de thé pour, y goûtant ensuite, en jouir : « Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine […] un plaisir délicieux m'avait envahi ». Philippe Boyer termine malicieusement sa démonstration en disant que Proust n'a pas pu ignorer, qu'en langage d'initiés de Sodome, les pissotières s'appellent aussi des «tasses». Ainsi, par l'intermédiaire du dénominateur commun «Madeleine» (place de la Madeleine et petite madeleine), Philippe Boyer semble suggérer que tout Combray est sorti de la tasse de thé au même titre que le «petit pan de mur jaune» de la Vue de Delft est sorti du jaune suggéré par la «tasse» de la place de la Madeleine.

 

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Vous parlez d'une paroisse ! Hillary Waugh

Publié le par Jean-Yves Alt

« J'ai trouvé en Laird tout ce qui m'avait manqué dans mes relations avec les femmes. L'émotion, l'extase dont parlaient mes condisciples à propos de leurs expériences avec les femmes et que je n'arrivais pas à comprendre, je les ai trouvées en Laird. Soudain, avec lui, un monde nouveau et merveilleux s'est ouvert à moi. Ce n'était pas seulement la rencontre de deux corps, c'était aussi une union des esprits. Avec Laird, j'ai découvert un bonheur que je n'aurais jamais pu imaginer auparavant. C'était une joie tellement grande qu'elle méritait qu'on prenne tous les risques. » (p. 234)

« Se pouvait-il que je sois un homosexuel ? » (p. 232)

Le pasteur marié, Walter Wallace, qui s'interroge ainsi est la victime indirecte d'un crime odieux : à Crockford, petite ville américaine sans histoires, on a violé et assassiné Sally Anders, une jeune fille de seize ans.

Alors, chacun soupçonne son voisin : il suffit de ne pas avoir d'alibi pour devenir un suspect en puissance !

Malheur à celui qui dissimule un secret : il est jeté en pâture à la ville...

Construit comme une mosaïque de témoignages subjectifs des personnes concernées par l'enquête, Vous parlez d'une paroisse ! est particulièrement efficace à rendre une atmosphère lourde de cancans et de fausse piété moralisatrice.

■ Vous parlez d'une paroisse ! Hillary Waugh, Editions Gallimard/Série Noire, 1990, ISBN : 2070492494

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Saisi d'un tremblement…

Publié le par Jean-Yves

Trembler : faculté de mouvement qui n'a plus d'emploi précis et se met à désirer et à craindre à la fois dans toutes les directions. Au lieu d'action raisonnable et féconde, il n'y a plus qu'une agitation vaine, un manque de confiance, une panique qui secoue tout le corps.


C'est alors que m'apparaît dans toute son horreur, la satisfaction béate de ceux qui se savent dans la voie normale, leur certitude qu'il ne saurait en exister une autre que la leur.


Valoir moins ou mieux qu'un autre, qu'est-ce à dire ? Il n'y a aucun rapport entre deux âmes différentes, aucun rapport de valeur d'aucune sorte. Il y a différence, c'est-à-dire abîme, aucune comparaison possible, excepté pour le vulgaire.


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