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Articles avec #citations tag

Indignation de Michel Tournier

Publié le par Jean-Yves Alt

Tournier, dont on va jouer le Roi des aulnes au théâtre. Il ne sait rien du projet, ne veut pas s'en mêler. Il a toujours des déboires quand il s'en mêle. Aussi, à présent, il adapte ses Rois mages pour les enfants, mais on ne veut pas qu'il leur explique la sodomie. Il est indigné. « Tuer à la mitraillette, ça, on peut. Mais ouvrir sa braguette, pas question ! »

Je lui dis que j'ai vu l'autre jour un barman, dans le TGV, qui était plongé dans les Météores, et avait lu tous ses romans. « Oui, je plais aux humbles. J'aime cela. Un de mes amis a rencontré une dame-pipi plongée dans Vendredi. Il s'en est étonné, et elle lui a dit, vertement : "Est-ce qu'il y a une littérature spéciale pour les dames de lavabo ?" La réponse m'a ravi. Je lui ai envoyé ma photo dédicacée. »

Matthieu Galey, 9 janvier 1983

in Journal 1974-1986, Editions Grasset, mars 1989, ISBN : 978-2246402619, page 234

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Le principal facteur de déséquilibre pour l'homosexuel est l'opprobre sociale par Daniel Guérin (1969)

Publié le par Jean-Yves Alt

J'ai toujours pensé que le corps humain, par nature, est réceptif à toute la gamme des stimulants sexuels : non pas même bisexuel, mais polysexuel, Fourier lui-même n'a pas hésité à suggérer, dans son « Nouveau Monde amoureux », qu'on devait utiliser aussi bien l'homosexualité que d'autres formes d'amour pour créer l'harmonie sociale, dans la vie collective qu'il proposait aux hommes et aux femmes. De même, après Stirner, tous les mouvements anarchistes, de caractère individualiste, ont eux aussi défendu le droit à l'expression homoérotique, tout autant que les autres formes de relations sexuelles. Cela n'était pas dû – entendons-nous bien – à une préférence particulière. Ce qu'ils souhaitaient, c'était donner à chacun la possibilité d'être soi-même dans l'ensemble de ses dimensions (sociale, politique et sexuelle). Dans les premières années de la Révolution russe, la société qui se dessinait alors se fondait beaucoup plus sur un type de modèle libertaire, où, dans un enthousiasme collectif, hommes et femmes participaient aux tâches énormes de la construction socialiste, sans être réprimés dans leur sexualité. Cette communion s'appuyait sur les échanges idéologiques et sur les échanges sentimentaux ou érotiques : l'homosexualité était intégrée (voir l'article de Reich : « Rétablissement de la loi contre l'homosexualité en Union Soviétique »).

Or, paradoxalement, cette société socialiste a pris ensuite un visage autoritaire, la forme d'une dictature qui, tout en continuant à construire ce qu'on appelait le « socialisme», a, peu à peu, rétabli les valeurs petites-bourgeoises (structure du couple institutionnalisée, vie de famille, interdiction de l'homosexualité et même intolérance à l'égard de conduites hétérosexuelles telles que le donjuanisme).

Il n'en reste pas moins, à mes yeux, que seule une société collectiviste de caractère libertaire peut, dans la fraternité retrouvée, faire sa place aux homosexuels. Le travail et la vie en collectivité n'excluent pas les droits de l'individu, les valeurs individuelles. Cela dit, même à l'heure actuelle, dans les sociétés capitalistes, les victoires partielles sur l'obscurantisme ne sont pas à sous-estimer, loin de là ! Je ne fais aucune différence entre l'amélioration des salaires, du régime des prisons ou du droit civil (par exemple, l'émancipation de la femme) et la lutte en matière de répression des homosexuels, lutte qui doit être engagée dès maintenant.

Sur un plan scientifique, Gide avec son « Corydon » (livre beaucoup moins dépassé qu'on voudrait le faire croire), Émile Armand dans ses innombrables conférences, articles et brochures, René Guyon dans ses remarquables « Études d'éthique sexuelle » (trop peu connues) et surtout Kinsey ont aidé, à mon avis, beaucoup plus que Freud, empêtré dans sa théorie des « stades à dépasser », à modifier l'attitude de la société à l'égard des homosexuels. Je voudrais rappeler d'ailleurs que dans mon essai : « Kinsey et la sexualité », J'avais montré que, beaucoup mieux que les psychanalystes, Kinsey avait posé le problème de l'homosexualité de manière scientifique et rationnelle : pour lui, la sexualité n'obéit à aucune « finalité » (la procréation), et, pour tout un chacun, ce qui est bienfaisant est de recourir à toutes les possibilités de soulagement sexuel. La nature, en somme, a offert à l'être humain de se livrer à une fête sexuelle qui n'exclut aucune pratique ni aucun objet.

Le principal facteur de déséquilibre pour l'homosexuel est l'opprobre sociale par Daniel Guérin (1969)

L'homosexuel est-il « normal » ? S'il s'agit de l'homosexuel exclusif, ce dernier est peut-être moins « normal» que les autres qui peuvent avoir des rapports sexuels avec les deux sexes, avec les objets sexuels les plus différents. Il est difficile pourtant de faire la part de « l'anormal » dans le cas des homosexuels exclusifs. Je pense que le principal facteur de déséquilibre, dans la vie d'un homosexuel, doit être attribué à un sentiment d'opprobre sociale : ce seront les voisins qui l'espionnent, la concierge qui ricane à son passage, etc. Je crois qu'on pourrait comparer le malheur de l'homosexuel à celui de Don Juan. Dans une belle page des « Cenci », Stendhal observe que si le légendaire séducteur est devenu un monstre, c'est à cause de la condamnation portée sur lui par la société de son temps. Le déséquilibre qu'on peut, à l'occasion, découvrir dans le comportement de certains homosexuels n'a pas d'autre origine. Cela dit, l'être humain est contradictoire, soumis à diverses motivations intérieures – l'hérédité peut-être ? La transmission des gènes obéit à des lois si mystérieuses... La science, sur ce point, n'en est qu'à ses débuts.

On répète parfois encore que la répression de l'homosexualité se justifierait, en ce qu'elle serait un facteur de « décadence ». Et l'on se réfère assez souvent à l'Empire romain. Il se trouve que j'ai étudié d'assez près cette société. Qu'y trouve-t-on ? Un empereur avec des moyens financiers énormes, et, près de lui, de grands propriétaires fonciers, accaparant des latifundia d'une immense richesse. Ils pouvaient bafouer toutes les valeurs humaines en faisant une consommation mercantile de chair humaine. Il faut donc bien distinguer, quand on parle de l'Antiquité – surtout de la Rome impériale –, entre le comportement sexuel en soi, d'une part, et, d'autre part, l'usage qu'on en pouvait faire par la grâce du signe monétaire. La réaction chrétienne, dans un premier temps, s'explique et se justifie même fort bien : les esclaves de Rome, devenus chrétiens, ne pouvaient pas ne pas se révolter avec violence contre la rapacité sexuelle des praticiens qui pouvaient s'offrir leur fils ou leur fille à coups de sesterces. Lisez à ce sujet Juvénal !

Je pense qu'il y a aujourd'hui, de plus en plus – et je m'en réjouis –, une tendance générale vers la diminution de la différence entre les deux sexes. Dans la rue, il arrive qu'on ne puisse plus distinguer un garçon d'une fille. En ce qui concerne les homosexuels, je pense avant tout à ceux qui sont emprisonnés comme des « droits communs » pour avoir tenté de satisfaire leur sexualité par un acte qui était l'expression d'eux-mêmes. Aussi, à tous ces homosexuels qui ont peine à s'assumer eux-mêmes, à supporter la réprobation sociale dont ils sont l'objet et que hante l'idée du suicide. J'ai reçu à ce sujet des lettres bouleversantes. Le plus urgent est de rendre à ces homosexuels le goût de vivre.

Daniel Guérin

Plexus n°26, juillet 1969, pp. 123-124


Du même auteur : La vie selon la chair - Homosexualité et Révolution - Le feu du sang : autobiographie politique et charnelle

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Les marins sont les ailes par Luis Cernuda

Publié le par Jean-Yves Alt

Poète ouvertement homosexuel, Luis Cernuda reste surtout un des premiers en Espagne, à avoir évoqué son désir et à l'avoir écrit : « Un fleuve, un amour » en 1929 et surtout « Les plaisirs interdits » (1) en 1931 ne laissent aucune place à l'ambiguïté. On retrouve dans sa poésie, de façon récurrente, l'exil, son goût pour la solitude et des garçons trop jeunes dont il fait le cœur de longs poèmes désirables. On y retrouve aussi l'Espagne qu'il ne reverra jamais et dont il parle comme l'on tombe amoureux une fois, sans rémission.

Les marins sont les ailes, les ailes de l'amour,

Ils sont les miroirs de l'amour,

La mer les accompagne,

Et leurs yeux sont si blonds, comme l'est l'amour,

Blond aussi, de même que leurs yeux.

La joie toute vivace qu'ils versent dans les veines

Est blonde aussi

Telle la peau qu'ils laissent voir ;

Ne les laissez pas fuir parce qu'ils sourient

Comme la liberté sourit,

Eclat aveuglant dressé sur la mer.

Si un marin est mer,

Blonde mer amoureuse dont la présence est chant,

Je ne veux pas de la ville faite de rêves gris ;

C'est la mer que je veux pour me noyer,

Navirre errant,

Corps errant, pour couler dans sa lumière blonde.

(1) « Les plaisirs interdits », Luis Cernuda, Zoraida Carandell, Presses Sorbonne Nouvelle, 108 pages, 2010, ISBN : 978-2878544701, p. 33

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Etre un homme par Michael Cunningham (Nouvelle)

Publié le par Jean-Yves Alt

Il y a quelques années, j'ai fait la connaissance d'un homme du nom de Buck Angel, qui était né femme. Aujourd'hui, naturellement, il n'est pas inhabituel de rencontrer des hommes qui sont nés femmes.

Au contraire de la plupart des transgenres, Buck avait choisi de devenir un homme tout en conservant sa partie féminine centrale.

Nous avons l'habitude de filles avec une bite. Un garçon avec une chatte est plutôt une rareté.

Buck, qui vit à San Francisco, était la vedette de la Black Party, une fête qui a lieu tous les ans à New York dans le gigantesque et crépusculaire Roseland Ballroom, attirant une foule innombrable, composée presque uniquement d'homosexuels, et qui dure jusqu'au petit matin.

On l'appelle « black » parce que la plupart des hommes s'y rendent harnachés de cuir noir, avec jambières, bandeaux de poignet constellés de clous chromés et autres accessoires sadomaso. Certains sont de vrais affolés du cuir (tout comme leurs amants). D'autres gardent leurs tenues rangées dans un coin, et ils ne les sortent qu'une fois par an. À la Black Party, un type peut donner l'impression d'être un adepte de la machine à plaisir alors qu'il passe la plupart des 364 autres soirées de l'année à regarder la télévision avec son partenaire, quand les enfants sont couchés. Cependant, durant la nuit de la Black Party, maris et pères s'arrangent pour avoir l'air aussi machos et menaçants que tous les autres. J'avais vaguement entendu parler de Buck Angel. J'étais intrigué. Je fus donc enchanté d'apprendre qu'un de mes amis le connaissait plus ou moins, et pouvait me présenter à lui dans les coulisses avant que Buck se produise et danse nu devant les foules.

Je ne sais pas exactement ce que je m'attendais à trouver chez Buck, mais j'imaginais une sorte d'hétéromorphisme, une apparence sans nature précise. Je me figurais une personne en combinaison couleur chair, moulante comme une seconde peau qui, dans le cas de Buck, aurait été son vrai corps.

Lorsque nous nous fûmes faufilés en douce derrière la scène, mon ami et moi, je ne fis pas particulièrement attention à un gars musclé et tatoué, vêtu en tout et pour tout d'un slip de cuir, qui passait à proximité. Je présumai qu'il s'agissait seulement d'un des officiants de la Black Party. Outre leur harnachement, les hommes qui y participent se caractérisent par leurs muscles et leurs tatouages, leurs cheveux ultra-courts et une barbe de trois jours. C'était un de ceux-là.

Mon ami l'appela : « Hé, Buck, y a ici quelqu'un qui voudrait te connaître. »

Buck se retourna, sourit, tendit une grande main masculine, plus forte que la mienne (bien que j'essaye de ne pas trop me focaliser sur les questions de taille). Il dit : « Hey », d'une voix de mec, cordiale. Je répondis par un même « Hey ».

Nous n'avions pas grand-chose à nous dire, et Buck était attendu sur scène deux minutes plus tard. Je me crois volontiers capable de converser avec à peu près tout le monde, mais devant Buck, je ne trouvai pas mieux qu'un : « Est-ce que tu te plais à New York ? »

Buck m'assura que oui. Je prononçai peut-être encore trois mots sur le temps à San Francisco.

J'étais pétrifié. Buck, incarnation de la camaraderie masculine, me dit qu'il avait été ravi de me connaître, qu'il espérait que je m'amuserais à la Black Party et puis, hey, désolé mon vieux, il faut que j'aille gagner ma croûte.

Le regardant partir, j'eus une vue claire de son dos musclé, de ses hanches étroites et de son cul masculin parfait.

Buck n'était pas seulement un homme absolument convaincant. C'était un homo absolument convaincant, d'un certain type. Des biceps de la taille d'un pamplemousse, ceints de tatouages tribaux en épi. Des cheveux coupés à la militaire, assez courts pour qu'on voie la peau rose brillante de son crâne.

Pourtant, Buck avait autrefois été une fille. Une jolie petite fille. (Je consultai naturellement Google par la suite.) Je n'imaginais pas qu'il fût possible de transformer non seulement son corps, mais sa personnalité. Buck est un homme. Si vous le rencontrez sans connaître son histoire, cela ne fera aucun doute. C'est un homo, beau mec, en superforme, amical et macho.

Ce soir-là, je me mêlai à l'assistance pour voir Buck en action. Il apparut sous un tonnerre d'acclamations et de cris poussés par la foule. Il eut un large sourire - ce n'était pas un de ces gogo dancers désinvoltes, genre regardez-comme-je-suis-beau, qui cherchent à dominer la scène. Il se mit à bouger en rythme, et arracha sans effort son Speedo d'un seul geste. (Le velcro a révolutionné le strip-tease.)

Oui, entre ses jambes, il y avait, oui, un vagin. Sans aucun doute.

Nous aimons tous, en tant qu'espèce, nous réinventer. Walt Whitman, maître d'école et à l'occasion journaliste de Long Island, commence à écrire de la poésie à plus de trente ans, se laisse pousser la barbe, noue un bandana autour de son cou et parcourt les rues de Manhattan, déclamant : « je chante le corps électrique. » Il devient une icône.

Margarita Carmen Cansino, une Latino-Américaine de Brooklyn, se teint les cheveux en roux et devient Rita Hayworth. Efflanqué, banal, le petit Farrokh Bulsara, sans don particulier pour le chant, quitte Zanzibar pour suivre une école d'art à Londres, entre pour s'amuser dans un orchestre minable et devient Freddie Mercury. Robert Zimmerman part des faubourgs du Minnesota et débarque à New York, où il devient Bob Dylan, mélange de Woody Guthrie, James Dean et des idées du jeune Robert sur ce que doit être un troubadour avec les pieds sur terre. Ce ne sont pas de simples rôles d'empru

nt. Ce sont des transformations. Ces gens sont devenus les personnages qu'ils ont inventés. Margarita Carmen Cansino ou Robert Zimmerman n'existent plus. Il n'y a plus de Farrokh Bulsara. Sur les photos anciennes, ils ressemblent à leurs propres ancêtres.

Cette nuit-là à la Black Party, applaudissant Buck au milieu d'une foule d'hommes nés hommes, et qui ressemblaient plus ou moins à Buck, je me rendis compte que ces mâles biologiques – barbus, musculeux et tatoués – appartenaient à une catégorie de ce que j'appellerais les travestis de chair. Beaucoup d'entre eux avaient été de gentils petits garçons. Beaucoup d'entre eux avaient été trop gentils, à leurs dépens, tyrannisés par les petites brutes qui prolifèrent partout dans le monde.

En grandissant, ils sont devenus autres. Ils ont transformé non seulement leur corps, mais leur nature. Ils étaient plus masculins que la plupart des hétéros.

On est forcé de se demander s'ils n'ont pas pris pour modèles ces mêmes types qui, des années auparavant, jouaient à la gribouillette avec leur lunch box, planquaient leurs cahiers ou leur plongeaient la tête dans la cuvette des toilettes. Qui pourrait les blâmer d'avoir voulu devenir quelqu'un que plus personne ne tyranniserait ?

Au cours de leurs transfigurations, pourtant, ils ont développé un talent d'imitateurs égal à celui de Judy Garland ou Bette Davis. Version Butch. Mais quand même.

Que penser, alors, du père de famille banlieusard qui fait la queue à la caisse du supermarché en polo et chaussures de bateau ? Est-ce vraiment ce qu'il veut porter ? Peut-être ne se préoccupe-t-il pas de ses vêtements. Mais n'est-il pas là en train de jouer un rôle ? Si j'ai l'air d'un père de famille normal, je serai un père de famille normal.

Ru Paul a dit un jour : « Nous naissons nus, et tout ce qui vient ensuite est déguisement. » je pourrais ajouter : tout costume immédiatement identifiable est travestissement, par définition. Le marché n'est pas très prometteur pour les gogo dancers qui se débarrassent en tournoyant de leur polo et de leurs chaussures de bateau. Mais si un gogo dancer arrivait sur scène dans ce costume, vous sauriez immédiatement qui il prétend être.

Qu'importe.

Là, cette nuit, dansant avec un enthousiasme délirant, on assistait au summum de l'invention de soi-même : la petite fille devenue un homme. Vous pourriez dire, bon, pas tout à fait, pas entièrement. Et tout aussi facilement, oui, entièrement. Vous pourriez dire que Buck a prouvé que la masculinité ne dépendait pas de la possession d'une bite et d'une paire de couilles. Vous pourriez dire que Buck témoigne à l'évidence que la masculinité, la vraie masculinité, n'est pas en réalité une question d'organes génitaux. C'est un costume qui épouse votre peau et, en fin de compte, pénètre votre être même.

Nous autres hommes, à la vérité, que sommes-nous, en fin de compte ?

Michael Cunningham

in Etre un homme, 75 auteurs réunis par Colum McCann, Editions Belfond, juin 2014, ISBN : 978-2714458636, pp. 107 à 113

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Quand Yves Navarre décelait le fabuleux dans le quotidien...

Publié le par Jean-Yves Alt

« Quand personne ne veut me croire, je dis qu'il ne s'agit là que d'une affaire entre moi et moi. Récapitulons : quand ceux qui ont l'âge de mon oncle, mais qui ne sont pas aussi intelligents et drôles que lui, commencent à raconter une histoire inouïe, ils disent : "C'est incroyable mais vrai." Et la plupart du temps, c'est faux. Moi, je vous parle en amie (nous nous retrouverons peut-être un jour dans la même école et la même classe), et je vous raconte mon histoire inouïe en disant : "C'est incroyable mais faux." Parce que c'est vrai. Il se dit chat. Pour rire. Je le vois chat. Pour rire. Et tout devient plus drôle. C'est ça, la fête. Je ne l'oublierai jamais. »

in "Mon oncle est un chat", Yves Navarre (Auteur), Barbara Druschky (Illustrations), Editions de l’amitié, 1982, ISBN : 2700202279, page 24

Quand Yves Navarre décelait le fabuleux dans le quotidien...

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