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Articles avec #livres pour les plus jeunes et les autres tag

La princesse qui n'aimait pas les princes, Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevêque

Publié le par Jean-Yves Alt

Parce que la fille du roi vient de réussir une superbe mayonnaise, tout le monde, dans le royaume, s'entend pour affirmer qu'il faut la marier. La difficulté, c'est qu'aucun prince ne trouve charme à ses yeux. Pas plus les courageux pleins de bleus que les prudents qui vont à pas lents. Ni le prince qui débarque en Harley en faisant crisser les pneus sur le beau tapis offert par tante Zoé. Pas plus le superman qui a inventé l'eau froide à réchauffer et qui met le feu au salon en utilisant une bouteille de Chamelle n°9 offerte par Tante Zoé. Le roi, vexé dans son amour propre, fait appel à La fée. Dès que la princesse la vit, elle rougit, elle pâlit. Était-ce donc cela l'amour tant attendu par tout le royaume ? En une seconde, elle comprit que c'était Elle.

Le monde des contes classiques est bien présent dans cette histoire puisque le lecteur retrouve les royaumes, les princes, la princesse, les citrouilles, les crapauds, les grenouilles et la baguette magique. S'ajoute à ce monde merveilleux, tout ce qui fait le rêve des enfants d'aujourd'hui : la moto, les beaux habits, les animaux, internet, le foot…

Tous les prétendants, s'ils ne sont pas parfaits, sont loin d'être caricaturaux : ce n'est pas parce qu'ils sont laids ou parce qu'ils ont mauvais caractères que la princesse les écarte (même si certains en font trop) mais parce que - le lecteur le découvre à la fin - la princesse préfère les filles.

Ce conte est magnifique car il aborde l'homosexualité féminine sans contrefaire ce que peuvent être les hommes.

Lionel Larchevêque ne s'est pas contenté d'illustrer le texte : il apporte dans chaque image, un petit plus, qui invite à enrichir la lecture de ce conte. Présence du chat de la princesse avec sa physionomie qui en dit long sur ce qu'il pense des différents prétendants. Références à d’autres histoires : tel personnage évoque Harry Potter, tel autre le Petit prince, tel autre un dandy d'Oscar Wilde…

Les trois portraits de tante Zoé peuvent aussi être la source d'une nouvelle lecture de ce conte : et, si cette tante représentait la bonne fée au pied du berceau qui savait dès le début les préférences de sa nièce…

La fin du conte ouvre en plus sur des questions polémiques très actuelles :

« Elles ne purent pas vraiment se marier, et pour faire des bébés, ce fut un peu plus compliqué… » (p. 37)

■ La princesse qui n'aimait pas les princes, Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevêque, Éditions Actes Sud Junior/Benjamin, 14 avril 2010, ISBN : 9782742789450


Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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Pasolini - Pig ! Pig ! Pig ! une BD de Jean Dufaux et Massimo Rotundo

Publié le par Jean-Yves Alt

Milieu des années 90 : Antonio Scerba est inspecteur de police. Il vient d'épouser Aurélia Cantun, la fille d'un richissime notable de Rome. Sa belle famille s'est montrée charmante pendant la cérémonie.

La réalité est pourtant plus complexe. Le père d'Aurélia n'accepte pas son gendre qu'il juge minable. Dans une courte scène, on le voit dans les jardins de sa propriété embrasser sa fille sur la bouche et lui dire :

« Tu m'as obligé à accepter ce mariage. À lui sourire comme si j'avais trouvé en lui le gendre idéal ! Mais tu m'appartiens ! Et ce qui m'appartient, malgré ces apparences, je ne le donne pas ! »

La vie de la jeune femme comporterait-elle des zones d'ombre propices aux tricheries, aux manœuvres et aux faux-semblants ?

Le père d'Aurélia entretient-il une relation incestueuse avec sa fille ? Il est fort probable même si la suite de l'album n'aborde plus ce sujet. Il reste qu'Aurélia affirme vouloir « oublier » et avoir « besoin de mener une vie normale, plus simple… et avoir des enfants » avec son mari qu'elle aime.

Le patron de Scerba, le commissaire Negroni, a été contacté par un journaliste indépendant, Fabio Rinaldi, qui posséderait des éléments nouveaux pouvant relancer le dossier sur la mort de Pier Paolo Pasolini en 1975. Pour Negroni, l'affaire est classée, il s'agit seulement d'un « fait divers sordide, un pédé tué par un gamin de dix-sept ans alors qu'il tentait de le lever ». Negroni demande à Scerba de calmer l'« imagination galopante » de ce journaliste.

Quand l'inspecteur Scerba se rend au rendez-vous du journaliste, il trouve ce dernier la gorge tranchée et émasculé. Sur le mur est écrit en lettres de sang : Pig Pig Pig. Un jeune homme, Roberto, arrive sur place ; il dit à Scerba qu'un certain Guido était un contact important du journaliste à propos de son enquête sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Roberto confie encore à l'inspecteur que ce journaliste payait aussi volontiers quelques faveurs sexuelles… faveurs qu'il propose à l'inspecteur.

Roberto met Scerba en relation avec une jeune fille, Claudia, qui pourrait l'aider à retrouver Guido…

Cet album est – à travers les différentes lectures de l'inspecteur Scerba – l'occasion de revivre quelques moments de la vie de Pier Paolo Pasolini :

L'enfance dans le Frioul ; le moment où Fellini refuse de produire son premier film, Accatone ; la passion pour l'actrice hollywoodienne Rita Hayworth ; l'atmosphère créée par une société bien-pensante qui refuse tous les comportements qu'elle ne comprend pas ; les relations sentimentales ; l'exclusion de l'école de Valvasone pour corruption de mineurs…

L'inspecteur Scerba finit par s’identifier au célèbre P. P. P., écrivain, scénariste et metteur en scène italien, hormis ce qui concerne les préférences sexuelles.

Et, comme Pasolini, Antonio Scerba vivra son ultime rencontre sur une plage d'Ostie...

Cette histoire est aussi celle d'une lente dépossession des êtres : qu'il s’agisse de l'inspecteur Scerba ou d'Aurélia Cantun. Cette dernière est l'objet d'une manipulation odieuse et subtile (dont Scerba, son époux, fera les frais) de la part de celui-là même qui dit l'aimer le plus.

Ce sont des mobiles simples, des pulsions primitives qui vont produire les nombreux meurtres de cette histoire d'apparence complexe : un père en mal d'identité, l'amour et la jalousie. Quoi de plus désespérément humain…

■ Pasolini - Pig ! Pig ! Pig ! une BD de Jean Dufaux et Massimo Rotundo, Éditions Glénat, 1993, ISBN : 2723415791


Lire aussi Pier Paolo Pasolini de Nico Naldini et Pasolini une rencontre de Davide Tofolo


De Pier Paolo Pasolini : Actes impurs suivi de Amado mio - L'odeur de l'Inde - Les ragazzi - Descriptions de descriptions - Comizi d'Amore : enquête sur la sexualité (film documentaire)


Lire aussi la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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En Italie, il n'y a que des vrais hommes, Luca De Santis & Sara Colaone

Publié le par Jean-Yves Alt

Sous titre : Un roman graphique sur le confinement des homosexuels à l'époque du fascisme.

Cet album, scénarisé par Luca De Santis et dessiné par Sara Colaone, aborde le confinement par Mussolini des homosexuels italiens dans les années 30.

Des membres du parti fasciste avaient proposé au Duce d'établir une législation d'exception à l'encontre des homosexuels. Mussolini ne vit pas l'intérêt de légiférer puisqu'« en Italie, il n'y a que des vrais hommes/em> ». Le déni devint alors le plus sûr moyen pour lutter contre les homosexuels.

Alors que les alliés nazis condamnaient à mort les homosexuels, l'Italie de Mussolini choisit, contre ces hommes, le silence (sous la forme d'exil sur des îles du sud du pays) source de tourments et d'intolérance. Une autre manière de refuser un droit légitime : celui d’être différent.

Le scénario de cette BD est basé sur des retours en arrière rendus possibles par une enquête menée par deux jeunes journalistes auprès d'un ancien exilé nommé Antonio Angelicola, alias Ninella. Son seul crime fut de « s'adonne[r] à la pédérastie passive » et de porter ainsi atteinte à « l'intégrité de la race ». (p. 30)

Malgré des conditions de vie précaires, Ninella va trouver dans cet exil une sorte de refuge. Sur cette île, il devient inutile de se renier pour vivre puisque tous les exilés sont homosexuels. Certains continueront pourtant de se sentir prisonnier de la société, le cœur dévoré, en proie à la dépression ou à la haine : « Cette île est notre prison et nos larmes en sont les barreaux. » (p. 90)

Pour les gardiens, les cloisons instituées par l'État ne sont que des décisions pratiques dans lesquelles ils n'ont pas à intervenir : tout en étant parfaitement au fait du système, ils feignent, dans l'île, l'ignorance et laissent, pour la plupart, une relative liberté aux prisonniers.

« Il y avait des homos qui pleuraient, le jour où on a quitté les Tremitti ! » (postface, p. 169) La vie n'est jamais une victoire. Elle est faite, pour le meilleur, de fragments d'étourdissement et de joie, avec l'amour parfois, et le regret de toutes les vies soustraites. Les nombreux fragments de joie présents dans cet album – tant au niveau de la BD que du témoignage en postface – ne risquent-ils pas de déjouer le projet des auteurs ?

Il reste que cet ouvrage est un très beau travail, une œuvre utile, nécessaire, dont il faut mesurer l'importance humaine pour tous ceux qui – aujourd'hui encore – vivent mal leurs amours faute d'en avoir le droit.

Cette BD est aussi l'occasion d'une courte chronique – non dénuée d'humour – d'un couple, celui de Rocco et Nico, les deux journalistes. Un couple homosexuel même si ce n'est pas dit explicitement. L'enquête qu'ils mènent vise-t-elle à les conduire vers un ailleurs plus heureux ?

Les rapports entre Rocco et Ninella sont au début très tendus. Est-ce parce que Rocco n'attend du vieil homme qu'une histoire ? Ce qui pourrait expliquer les réticences de ce dernier à se livrer. Raconter publiquement ce que les homosexuels ont vécu à cette époque peut-il avoir des conséquences ?... Ninella sait que son histoire a rencontré l’Histoire.

Quels bénéfices mais aussi quels pièges se cachent dans le désir de lever le voile sur cette histoire ? Cette question montre, si besoin était, que Ninella n'est pas qu'un vieil homme inconstant.

■ En Italie, il n'y a que des vrais hommes, Luca De Santis & Sara Colaone, Éditions Dargaud, janvier 2010, ISBN : 9782505007975


Lire des extraits de la préface, de la postface et 3 pages de cet album


Lire aussi : L'homosexualité en Italie sous Mussolini


Lire encore la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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Le protecteur, Frédéric Lère

Publié le par Jean-Yves Alt

L’histoire se déroule à Berlin (ouest) au début des années 80. Nikolas Zehlendorf est un flic. Il fait équipe avec Malchow. Les deux hommes n’ont pas grand-chose en commun. Autant le premier est réservé, autant le second est vulgaire et macho. Mais comme les policiers doivent travailler par paire, Zehlendorf s’en accommode.

Dans cette histoire, deux bandes rivales, qui se livrent à différents trafics, occupent la police. La première est commandée par Sony. Elle vient de recruter Dahlem, un jeune juif, en rupture de banc, plutôt séduisant : une sorte de Querelle de Genet. D’ailleurs, la décoration de sa chambre évoque ce personnage.

Sony compte sur ce nouveau pour duper la bande de Pankow. Les seconds de Sony sont sceptiques et craignent que ce jeune ne fasse pas le poids :

« Z’avez vu le chichi qu’il nous fait ? Et les photos au mur ? C’est un pédé !

― Dis Sony, t’es sûr de lui ? Avec sa gueule d’alternatif, manquerait plus qu’il soit honnête !

― Vos gueules ! Ce mec là, on le tient comme un toutou : il ne demande qu’à battre la queue à la moindre caresse. » (planche 7)

Sony manipule-t-il Dahlem ou tient-il vraiment à lui autrement que pour la réussite de ses différentes combines ? Difficile à dire. Pourtant progressivement Dahlem croira de moins en moins en Sony qui ne lui vient pas en aide quand les difficultés arrivent.

La première rencontre de Zehlendorf avec Dahlem est fortuite : elle se produit au supermarché alors que le jeune est en train de voler une paire de gants. Le sourire qu’envoie Dahlem à Zehlendorf paralyse ce dernier au point qu’il le laisse partir sans agir.

Zehlendorf rattrape pourtant le jeune homme peu après dans la rue et tente de lui faire la morale. Il obtient un crachat en unique réponse. Zehlendorf ne réagit pas et le laisse à nouveau s’enfuir.

Peu après, les deux policiers arrivent dans des entrepôts qui brûlent. Là, ils trouvent des membres des deux gangs qui se battent. Dahlem est présent dans la bagarre. Karow de la bande à Sony va y laisser sa peau… un coup de poignard venant d’un membre de la bande adverse. Quand Zehlendorf intervient, il ne reste plus que Dahlem sur place et Karow étendu sur le macadam. Zehlendorf veut aider Dahlem mais le jeune refuse de jouer la « donneuse ».

Le policier sent qu’il lui arrive quelque chose de nouveau qui le fait agir autrement que ce qu’il faisait auparavant :

« Je déraille flic : protéger des voleurs pour protéger une frappe. » (planche 21)

« Nikolas, t’es plus bon à rien : je ne peux même plus faire mon boulot de flic. Ce mec-là a tué quelqu’un, j’ai été incapable de l’en empêcher. Il aurait même pu tuer Dahlem. Je ne peux même plus l’interroger, je casse seulement mon crayon. Le seul qui me pousse à faire mon boulot de flic, c’est Dahlem. Je suis son complice pour un sourire et je ne sais pas le protéger. » (planche 25)

Lors d’un second forfait de la bande à Sony, Zehlendorf est blessé par une balle. Dahlem comprend alors que « Sony est fou » et décide d’aider le policier. Il le conduit dans sa chambre.

Le garçon n’est pas insensible aux charmes du policier. Il souhaite que ce dernier se laisse aller. Mais les habitudes professionnelles l’en empêchent : il craint un « coup vache » de Dahlem.

Le garçon prend confiance en lui quand il s’aperçoit que même Zehlendorf connaît la peur :

« J’avais vu sa peur. J’étais son égal… ça me donnait de la force. Je sais pas pourquoi. J’ai voulu faire durer le moment. » (planche 35)

Puis Zehlendorf redevient le « maître » et ainsi le charme entre les deux hommes se rompt. Pourtant un lent travail s’opère dans la tête du policier :

« Merde, c’est le premier à ne pas me mépriser et je doute de lui. Y’en a qu’un pour qui ça vaut le coup de se battre et j’ai peur… » (planche 39)

Zehlendorf ne tardera pas à mettre en pratique cette pensée pour sauver Dahlem des griffes de Sony…

Les illustrations en noir et blanc de Frédéric Lère rappellent le charme puissant de cette histoire. Les deux personnages principaux, Zehlendorf et Dahlem, ne sont pas trop idéalisés afin de rappeler leurs failles intérieures. Les plans sont presque toujours cadrés de très près sur chacun des protagonistes. Un seul panoramique est présent dans l’album, ce qui accentue l’atmosphère intimiste. Les traits de Dahlem évoquent la douceur d’un dur au cœur tendre.

Si les illustrations demeurent toujours d'une grande chasteté, elles possèdent pourtant une dimension érotique.

« C’est qu’un gosse. Je vais pas bander pour lui. » (planche 32)

Les sourires sont particulièrement bien réussis. Les personnages principaux (Zehlendorf / Dahlem ; Sony / Dahlem) se regardent et montrent un contact différent, à un autre niveau que le contact purement sexuel. Même si ces hommes sont froids d'apparence, ils ne se prennent jamais trop au sérieux.

L'humour, qui veut dire aussi absence de complaisance intra muros, est aussi judicieusement disséminé dans les 46 planches.

Un album qui rend hommage à Querelle : la mécanique du récit policier y est d'une belle précision. Comme Fassbinder, Frédéric Lère a compris le plus important : la nature mythique, sacrée, de ce Berlin/Brest du crime entre trop beaux garçons…

■ Le protecteur, Frédéric Lère, Éditions Futuropolis, Collection Hic et Nunc, 1984, ISBN : 2737653819

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Le rire de Milo, Eglal Errera

Publié le par Jean-Yves Alt

La narratrice, Irène, une collégienne adorée de ses parents, aime se rendre régulièrement chez son voisin Milo : un vieil homme d'origine russe qui a vécu vingt ans au Caire où il tenait une librairie.

Cet homme corpulent, qu'elle compare à un éléphant penché « sur le monde comme un géant bienveillant » (p. 20), accentue les voyelles quand il parle. Il possède surtout un rire hors du commun.

Irène conserve pourtant une solide indépendance. Elle se veut plus qu'on lui impose ce « monde de l'ancien temps » où le dimanche « il faut ouvrir l'esprit des enfants à l'histoire, à l'art, à la littérature… » (p. 24). Elle refuse ainsi de visiter le musée Matisse avec Milo. Ce dernier part donc seul ; en descendant du train, il tombe, ce qui provoque une mauvaise fracture.

Milo sombre peu à peu dans la dépression, rameutant des bribes de souvenirs tentant de reconstruire une histoire que la famille d'Irène ne comprend pas. Un secret affleure entre deux mots « Samir Kamel ». On devine, derrière ses rires tonitruants, que Milo a construit depuis longtemps d'immenses barrières pour s'interdire une plénitude affective.

« Mon Dieu, cette odeur… cette odeur. Ce papier… ce cuir… c'est comme là-bas. » (p.35)

« Samir, Samir, si je pouvais le voir ou juste l'entendre encore une fois ! » (p. 41)

Irène part avec son père en Égypte à la recherche de Samir car « lui seul peut sauver Milo » (p. 9) tandis que le vieil homme s'installe dans la maison des parents de la jeune fille. Après bien des péripéties, ils ramèneront Samir en France.

Des amours de Milo, le lecteur ne saura presque rien, quelques phrases, et surtout les rires. L'écume d'une vie dont le meilleur se passa en Égypte.

Julia Wauters a réalisé les illustrations avec des profils des personnages en noir et blanc qui évoquent l'Égypte antique et procurent au lecteur l'impression vivante, presque tactile, qu'il participe lui-même à la recherche des vérités qui se cachent derrière le rire de Milo.

Ce court roman aborde sensiblement et respectueusement quelques façons d'aimer (homosexualité, bisexualité) et balaie, par le vécu, les préjugés les concernant.

Et si le vrai secret de Milo et de son rire, c'était que rien dans sa vie passée ne pouvait arriver à terme, tout était forcément en dessous du niveau admis, demeurant dans sa phase préliminaire. Et pourtant, telle était précisément la vie vivante, admirable. Et son incarnation la plus haute. D'où ce besoin impérieux de revoir pour un instant, au soir de sa vie, Samir, l'amour de sa vie.

Une belle fin pour cette histoire qui ne se termine pas.

■ Le rire de Milo, Eglal Errera, Éditions Actes Sud Junior, collection cadet, octobre 2009, ISBN : 9782742785278


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