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Une grand-mère plus féroce que le loup par Mathieu Lindon

Publié le par Jean-Yves Alt

« Comment pouvait-on être désagréable avec qui que ce soit une seule seconde de sa vie ? Méchant, en pleine connaissance de cause. Et ne pas le regretter [...]. Comment pouvait-on être méchant ? À cet instant je ne comprenais pas, je ne serais pas arrivé à l'être. Et il s'en fallait pourtant de pas grand-chose que j'envoie d'un coup de pied le chien balader. Je ne comprenais pas qu'on puisse faire du mal à quelqu'un comme je n'aurais pas compris la théorie de la relativité ou la notion de l'éternel retour. Mais je savais qu'à d'autres moments je comprenais très bien.

À quoi pensait ma grand-mère quand elle prenait la peine de s'immiscer jusque dans mes larmes pour m'empêcher de sangloter à mon aise ? Que je le méritais, que j'étais effectivement mauvais joueur ? Que puisque la vertu était de son côté elle n'avait pas à se priver ? Se rappelait-elle ce banc basculé qui n'avait pas pu m'avoir fait mal ? Je savais que je ne lui en parlerais jamais. Mais pourquoi puisque je m'en souvenais tout à coup si bien ? Parce que je savais que maintenant que cette histoire oubliée m'était revenue à l'esprit je ne la lui pardonnerais jamais ? Et pourquoi la remuer au milieu de tous mes bons sentiments ?

Pourquoi ne lui pardonnerais-je pas alors que dans ce cas précis je n'avais justement pas souffert de son agressivité, que mon petit cerveau d'enfant, en entendant sa remarque (« J'ai bien vu que le banc n'a pas pu te faire mal, tu pleures seulement parce que tu es mauvais joueur »), mon cerveau d'enfant avait simplement été étonné qu'une vraie grand-mère en soit réduite si explicitement à une telle stratégie. Stupéfait.

J'avais entendu la phrase comme si elle était provenue d'un camarade de mon âge, je n'y avais déchiffré que la volonté d'être désagréable, que je ne continue pas à pleurer tranquille, aucun souci éducatif.

Pourquoi remuer cette histoire ? Pourquoi ne m'attendrissait-elle pas alors que le reste du monde m'émouvait, j'avais fondu devant une vieille chaussure, une boite de conserve, n'importe quelle ordure ?

[…] je m'en souvenais, on m'avait fait du mal pour rien. C'était loin mais je ne pardonnais pas. Ça devait être tellement extraordinaire d'être une grand-mère, ne voir ses petits-enfants que par-ci, par-là, pouvoir les couvrir de cadeaux à chaque fois, faire en sorte qu'ils regrettent un peu de vous quitter, être adorée. Et gâcher ça. « J'ai bien vu que le banc n'a pas pu te faire mal. » Quoi de commun en cet instant entre elle impitoyable, à l'œil perçant, et moi qui cherchais à pleurer ?

Mais je l'avais rencontrée il y avait quelques jours, plus vieille que jamais naturellement et se rappelant son enfance à elle, des fiacres dans les rues de Paris, des promenades au printemps avenue du Bois, l'immense cuisine toujours en activité de sa propre grand-mère, ces odeurs et ces sons disparus. Et moi ému parce que je ne croyais pas qu'elle n'avait jamais vécu de tels moments, ressenti de telles sensations. Moi bouleversé d'être si impitoyable. C'était ma grand-mère à moi à qui je ne pardonnais rien. Qui ne m'avait jamais battu mais avait vu que le banc ne m'avait en effet pas fait mal en tombant.

[…] Mais que savait-on de la vie des autres ? Et de la sienne propre ? Étais-je triste ou joyeux de regarder couler la Seine ? Ému. J'étais là. Et puisque j'étais là j'y restais. J'étais bouleversé, accessible à toutes les émotions. J'étais là, comme un clochard, à voir ma vie défiler dans ma tête. Ma vie actuelle, tout ce qui avait fait que j'étais moi. Ma grand-mère à qui une heure plus tôt je n'en voulais pas et à qui je ne pardonnais plus. Je n'avais rien à lui dire. Une femme, pourtant, qui s'était intéressée à moi depuis l'enfance, qui m'avait donné de son temps, que j'avais régulièrement embrassée toute ma vie. »

Mathieu Lindon

in Le livre de Jim~Courage, Éditions P.O.L, 1986, ISBN : 2867440610, pp. 36/39

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Homosexuel, une chanson de François Hadji-Lazaro (1987)

Publié le par Jean-Yves Alt

Pour moi, le plus beau texte, le plus simple et le plus clair. François Hadji Lazaro y parle de « l'internat aux troubles obscurs / Sous les draps le membre dur », des « amours de femme que l'on s'invente », des « souvenirs au goût masculin », de la honte puis de la certitude, l'affirmation, la sérénité dans un amour homosexuel qui s'assume.

Un très bel encouragement à « passer le pont », à faire son coming-out.

Tu sens douce sa joue mal rasée

Ta main sur sa poitrine plate et dure

Ce fut si long, si long

Depuis l'internat aux troubles obscurs

Sous les draps le membre dur

Et puis la honte quand on comprend

Et les doutes toujours qui restaient

Le sourire d'une fille ton émoi

Ce fut si long, si long

 

Passe le pont

Passe le pont

Relève la tête, aime-toi, aime-le

 

Les amours de femme que l'on s'invente

Mais les souvenirs au goût masculin

Ce fut si long, si long

Caresser les filles sans les désirer

Tenter de jouir pour se persuader

Et la honte quand on comprend

L'homme rangé à qui l'on confie

Un jour ses troubles, ses questions, sa peur

Ce fut si long, si long

 

Passe le pont

Passe le pont

Relève la tête, aime-toi, aime-le

 

Tu balances tout, tu te déguises

Tu voudrais faire peur à tout l'monde

Mais ça reste si long, si long

Provoquer, pour se défendre

S'exhiber, lassé d'attendre

Nier la honte quand on comprend

Tu n'aimes pas ton cœur, ni ton corps

Ton délire ne t'a même pas aidé

Ça reste si long, si long

 

Il t'a fallu longtemps encore

Avant de devenir serein

Ç'a été si long, si long

L'affirmation, la certitude

Il t'aime, tu l'aimes, plus de solitude

Plus de honte quand on comprend

Tu sens douce sa joue mal rasée

Ta main sur sa poitrine plate et dure

C'était si long, si long

 

Passe le pont

Passe le pont

Relève la tête, aime-toi, aime-le.

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Je suis un homo, comme ils disent, Charles Aznavour (1972)

Publié le par Jean-Yves Alt

J'habite seul avec maman,

Dans un vieil appartement,

Rue Sarrasates

J'ai, pour me tenir compagnie,

Une tortue, deux canaris,

Et une chatte

 

Pour laisser maman reposer,

Très souvent, je fais le marché

Et la cuisine

Je range, je lave, j'essuie

A l'occasion, je pique aussi

A la machine

 

Le travail ne me fait pas peur

Je suis un peu décorateur

Un peu styliste

Mais mon vrai métier, c'est la nuit

Je l'exerce travesti

Je suis artiste

 

J'ai un numéro très spécial

Qui finit en nu intégral

Après strip-tease

Et dans la salle je vois que

Les mâles n'en croient pas leurs yeux

Je suis un homo, comme ils disent

 

Vers les trois heures du matin

On va manger entre copains

De tous les sexes

Dans un quelconque bar-tabac

Et là on s'en donne à cœur joie

Et sans complexes

 

On déballe des vérités

Sur des gens qu'on a dans le nez

On les lapide

Mais on le fait avec humour

Enrobé dans des calembours

Mouillés d'acide

 

On rencontre des attardés

Qui, pour épater leurs tablées,

Marchent et ondulent

Singeant ce qu'ils croient être nous

Et se couvrent, les pauvres fous,

De ridicule

 

Ca gesticule et parle fort

Ca joue les divas, les ténors

De la bêtise

Moi les lazzi, les quolibets,

Me laissent froid puisque c'est vrai

Je suis un homo, comme ils disent

 

A l'heure où naît un jour nouveau

Je rentre retrouver mon lot

De solitude

J'ôte mes cils et mes cheveux

Comme un pauvre clown malheureux

De lassitude

 

Je me couche mais ne dors pas

Je pense à mes amours sans joie

Si dérisoires

A ce garçon beau comme un dieu

Qui sans rien faire a mis le feu

A ma mémoire

 

Ma bouche n'osera jamais

Lui avouer mon doux secret

Mon tendre drame

Car l'objet de tous mes tourments

Passe le plus clair de son temps

Au lit des femmes

 

Nul n'a le droit, en vérité,

De me blâmer, de me juger,

Et je précise

Que c'est bien la Nature qui

Est seule responsable si

Je suis un homo, comme ils disent.


Dérisions et vulgarités dans la chanson française des années 50/60

A la différence de la littérature, la chanson n'accorde pas d'autre place à l'homosexualité dans les années 50/60, que celle d'un vice ou d'un comportement paradoxal, un peu grotesque. Les homosexuels sont alors un sujet de raillerie, focalisant la décadence de notre civilisation. Ce filon marche comme celui de la libération des mœurs marchera quinze ans plus tard. Les meilleurs auteurs compositeurs interprètes s'essaient à la chanson homophobe. Ainsi, Georges Brassens écrit en 62 dans Les trompettes de la renommée : « Sonneraient-ell's plus forts ces divines trompettes / Si comm' tout un chacun j'étais un peu tapette / Si je me déhanchais comme une demoisell' / Et prenait tout à coup des allur's de gazell' / Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles / De jouer le jeu d'l'amour en inversant les rôles / Qu'ça confère à leu gloire un' onc' de plus value / Le crim' pédérastique aujourd'hui ne paie plus ». Ce texte, confondant de bêtise et farci des stéréotypes les plus vulgaires montre bien que si « les croquants » et « les braves gens » qui « n'aiment pas qu'on suive une autre route qu'eux » sont dans la salle, ils sont aussi sur la scène.

A l'opposé, Serge Reggiani a osé conjuguer au présent l'amour-amitié avec un autre homme dans une remarquable chanson : Le vieux couple.

Dans la série mieux-vaut-encore-s'en-moquer-qu'y-goûter, il y a cette incroyable chanson de Georges Chelon, Ce n'est pas encore demain la veille, datant de la fin des années 60. Plagiant Mon beau légionnaire, Chelon démarre par « L'était pas grand, l'était pas beau, il sentait pas le sable chaud », avant d'enchaîner sur les bruits de baise des deux monstres, filtrant à travers la cloison de la chambre. Et de conclure par cette ravissante métaphore : « Non ce n'est pas encore demain la veille / Que je me passerai de toi ma belle / Car j'aime mieux monter à tes jarretelles / Que de descendre une paire de bretelles ».

A ce niveau, Sardou n'a pas fait mieux. Avec Le rire du sergent (1971) ou avec Le surveillant général (1972) : l'homosexuel y est présenté comme une folle, une putain ou un être vicieux à l'affût des branlettes collégiennes. A ces misérables poncifs, il y a celui de l'impuissant, présent dans J'accuse : « J'accuse les hommes de croire des hypocrites / Moitié PD, moitié hermaphrodites / Qui jouent les durs pour enfoncer du beurre / (…) / J'accuse les hommes de n'être pas des hommes... tout simplement ».

Contrairement à certaines légendes présentes dans la littérature populaire, il faut remarquer que le pédé n'est pas le sodomite-violeur d'enfant, mais un être faible et pervers, ressemblant trait pour trait aux femmes.

Ainsi ces chansons font-elles d'une pierre deux coups : non contentes d'être homophobes, elles sont souvent misogynes.

Ce cliché de l'homosexuel efféminé sera repris par Charles Aznavour en 1972, avec Je suis homo comme ils disent. Cette chanson dépeint, un être soumis, un peu décorateur et toujours travesti. Ce qui apparaît aujourd'hui comme une complainte plutôt facile a fait scandale dans plus d'un foyer et a été un très grand succès. C'était au début des années 70. Il faut reconnaître à Charles Aznavour son courage pour cette chanson.

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J'accuse, chanté par Michel Sardou (1976)

Publié le par Jean-Yves Alt

J'accuse les hommes un par un et en groupe

J'accuse les hommes de cracher dans leur soupe

D'assassiner la poule aux œufs d'argent

De ne prévoir que le bout de leur temps

J'accuse les hommes de salir les torrents

D'empoisonner le sable des enfants

De névroser l'âme des pauvres gens

De nécroser le fond des océans

 

J'accuse les hommes de violer les étoiles

Pour faire bander le Cap Canaveral

De se repaître de sexe et de sang

Pour oublier qu'ils sont des impuissants

De rassembler les génies du néant

De pétroler l'aile des goélands

D'atomiser le peu d'air qu'ils respirent

De s'enfumer pour moins se voir mourir

 

J'accuse

 

J'accuse les hommes de crimes sans pardon

Au nom d'un homme ou d'une religion

J'accuse les hommes de croire des hypocrites

Moitié pédés moitié hermaphrodites

Qui jouent les durs pour enfoncer du beurre

Et s'agenouillent aussitôt qu'ils ont peur

J'accuse les hommes de se croire des surhommes

Alors qu'ils sont bêtes à croquer la pomme

 

J'accuse les hommes je veux qu'on les condamne

Au maximum qu'on arrache leur âme

Et qu'on la jette aux rats et aux cochons

Pour voir comment eux ils s'en serviront

J'accuse les hommes en un mot comme en cent

J'accuse les hommes d'être bêtes et méchants

Bêtes à marcher au pas des régiments

De n'être pas des hommes tout simplement.


Dérisions et vulgarités dans la chanson française des années 50/60

A la différence de la littérature, la chanson n'accorde pas d'autre place à l'homosexualité dans les années 50/60, que celle d'un vice ou d'un comportement paradoxal, un peu grotesque. Les homosexuels sont alors un sujet de raillerie, focalisant la décadence de notre civilisation. Ce filon marche comme celui de la libération des mœurs marchera quinze ans plus tard. Les meilleurs auteurs compositeurs interprètes s'essaient à la chanson homophobe. Ainsi, Georges Brassens écrit en 62 dans Les trompettes de la renommée : « Sonneraient-ell's plus forts ces divines trompettes / Si comm' tout un chacun j'étais un peu tapette / Si je me déhanchais comme une demoisell' / Et prenait tout à coup des allur's de gazell' / Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles / De jouer le jeu d'l'amour en inversant les rôles / Qu'ça confère à leu gloire un' onc' de plus value / Le crim' pédérastique aujourd'hui ne paie plus ». Ce texte, confondant de bêtise et farci des stéréotypes les plus vulgaires montre bien que si « les croquants » et « les braves gens » qui « n'aiment pas qu'on suive une autre route qu'eux » sont dans la salle, ils sont aussi sur la scène.

A l'opposé, Serge Reggiani a osé conjuguer au présent l'amour-amitié avec un autre homme dans une remarquable chanson : Le vieux couple.

Dans la série mieux-vaut-encore-s'en-moquer-qu'y-goûter, il y a cette incroyable chanson de Georges Chelon, Ce n'est pas encore demain la veille, datant de la fin des années 60. Plagiant Mon beau légionnaire, Chelon démarre par « L'était pas grand, l'était pas beau, il sentait pas le sable chaud », avant d'enchaîner sur les bruits de baise des deux monstres, filtrant à travers la cloison de la chambre. Et de conclure par cette ravissante métaphore : « Non ce n'est pas encore demain la veille / Que je me passerai de toi ma belle / Car j'aime mieux monter à tes jarretelles / Que de descendre une paire de bretelles ».

A ce niveau, Sardou n'a pas fait mieux. Avec Le rire du sergent (1971) ou avec Le surveillant général (1972) : l'homosexuel y est présenté comme une folle, une putain ou un être vicieux à l'affût des branlettes collégiennes. A ces misérables poncifs, il y a celui de l'impuissant, présent dans J'accuse : « J'accuse les hommes de croire des hypocrites / Moitié PD, moitié hermaphrodites / Qui jouent les durs pour enfoncer du beurre / (…) / J'accuse les hommes de n'être pas des hommes... tout simplement ».

Contrairement à certaines légendes présentes dans la littérature populaire, il faut remarquer que le pédé n'est pas le sodomite-violeur d'enfant, mais un être faible et pervers, ressemblant trait pour trait aux femmes.

Ainsi ces chansons font-elles d'une pierre deux coups : non contentes d'être homophobes, elles sont souvent misogynes.

Ce cliché de l'homosexuel efféminé sera repris par Charles Aznavour en 1972, avec Je suis homo comme ils disent. Cette chanson dépeint, un être soumis, un peu décorateur et toujours travesti. Ce qui apparaît aujourd'hui comme une complainte plutôt facile a fait scandale dans plus d'un foyer et a été un très grand succès. C'était au début des années 70. Il faut reconnaître à Charles Aznavour son courage pour cette chanson.

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L'œuvre au noir de Ben-Ami Koller

Publié le par Jean-Yves Alt

On ne peut pas simplement « passer » devant les œuvres de Ben-Ami Koller. N'y jeter qu'un regard furtif et s'en détourner aussitôt, c'est déjà être pris au piège, c'est déjà réagir et tenter vainement l'indifférence pour se protéger du choc d'un travail sans complaisance.

D'une toile à l'autre, nulle place où je peux poser mon regard sereinement : cette œuvre ne me ménage aucune halte, aucune aire de repos.

Il me faut fuir ou m'y enfoncer de plus en plus profondément, surmonter ma réticence et oser voir. Oser voir ces hommes aux corps déformés, distordus, ces yeux hagards, porteurs d'une inquiétante résignation que désavouent les mains tendues, les bouches parfois ouvertes sur un cri qu'il me semble entendre.

Cet au-delà de la douleur, je le perçois de plus en plus intensément au fur et à mesure que l'œuvre apprivoise mon regard : je découvre alors cette mise en abîme de la souffrance jusqu'à en avoir le vertige.

Rien d'accessoire ou d'illusoire dans ces singuliers portraits, aucun décor, aucune mise en scène n'en altèrent la force.

Ben-Ami Koller – Série Auschwitz – 2007

Huile sur toile, 140 x 140cm

Ben-Ami Koller montre uniquement le corps de l'homme, mis à nu, dépouillé de tout vêtement, dépouillé aussi de toute apparence réconfortante. Sa recherche rappelle jusque dans son absence de concessions celle d'un Léonard de Vinci, qui n'hésitait pas à disséquer le corps humain pour en comprendre les mécanismes les plus secrets, pour savoir mieux le peindre.

Le scalpel de Ben-Ami Koller est un pinceau noir avec lequel il met minutieusement à découvert, à vif, mon âme, mes angoisses premières.

Ces corps torturés sont la lancinante et brutale représentation d'une question jamais résolue, d'un « pourquoi ? » existentiel qui reste sans réponse.

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