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L'un des grands thèmes des pédés du Fhar (1) repris quelques années plus tard par Raoul Vaneigem

Publié le par Jean-Yves Alt

« L'éducation se fonde sur la peur de jouir. La nécessité de produire, d'être rentable, de servir à quelque chose, quoi de mieux pour jeter l'interdit sur la jouissance de soi ? Il n'y a pas de contrainte, si futile soit-elle, qui ne suscite la crainte pusillanime de vivre, d'exister gratuitement. Là commence l'apprentissage de l'enfant. »

Raoul Vaneigem

■ in "Le Livre des Plaisirs", Editions Encre/L'Atelier du possible, 1979

(1) Front homosexuel d'action révolutionnaire

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Mon hommage à Ingres

Publié le par Jean-Yves Alt

Les farouches détracteurs d'Ingres lui ont souvent reproché de forcer le dessin, voire de ne pas savoir dessiner, de mépriser les proportions du corps et les usages de la perspective, de chercher l'extraordinaire plutôt que la simple beauté.

Si Ingres était un fervent défenseur du classicisme, il n'a pas hésité à déformer certains des corps qu'il a peint : portraits de femmes dont le cou serait comme affligé d'un goitre, bras ou dos allongés de façon démesurée, yeux agrandis…

Il reste que ces déformations se fondent dans la composition d'ensemble : l'œil ne perçoit pas immédiatement ces distorsions de la nature. Ingres stylise ses formes afin que les détails ne compromettent pas les grandes masses.

Cet hommage à Jean-Auguste-Dominique Ingres - réalisé en une seule ligne - m'a été inspiré tant par le peintre (sa Vénus Anadyomène) que par le travail graphique de Patrick.

dessin au feutre sur papier - 2006

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Les mouvements de mode expliqués aux parents, Hector Obalk, Alain Soral et Alexandre Pasche

Publié le par Jean-Yves Alt

Un petit ouvrage déjà ancien et aujourd'hui totalement désuet par rapport au sujet traité : les mouvements de mode expliqués aux parents.

Le minet gay, le « teddy boy », la catho... Qui est qui ? Qui fait quoi ? Comment reconnaître une situation sociale derrière une image ? Tel était le projet des auteurs.

Minet, pop, rasta, gay, newwave... C'est fou ce qu'il y avait comme looks dans les années 80. Avant, les hommes ressemblaient à des hommes. Ils étaient tous habillés en gris-administration. Et les femmes pouvaient en gros se diviser en élégantes, petites bourgeoises et ouvrières.

Ce guide recoupe un peu l'histoire de la France depuis les années 60.

On assiste ainsi à la dissection du hippie devenu plus tard baba cool ou du gauchiste qui a, lui, généralement préféré se transformer en baba hard. L'intellectuel de gauche triste (pages 90/91) est saisi dans toute l'horreur de sa condition : lunettes rondes, lèvres minces, sac artisanal (du Rouergue) contenant un exemplaire des œuvres de Nicos Poulantzas édité chez Maspéro. Madame Badinter était « BCBG, tendance pas de frivolité féminine » (page 136), tandis que Marie-Christine Barrault était « tendance sophistiquée mais naturelle » (page 137)... Les jeunes surtout étaient compliqués. Comment distinguer sans se tromper entre un new wave néo-BCBG et un BCBG branché ?

Je ne résiste pas à l'envie de vous présenter le minet « gay » tel que nous le décrivent les auteurs aux pages 190/191 : A-t-il vraiment existé ? Je ne m'en souviens pas ou plutôt il n'était pas ma préoccupation…

Grâce à ce livre, ce devait être facile de s'y retrouver même si comme littérature, évidemment, c'est nettement moins subtil que le "Système de la mode" de Roland Barthes. Pas de texte long à lire. Exactement comme dans les magazines. Des légendes, des images, des encadrés. De la lecture rapide, à consommer sur place !

■ Les mouvements de mode expliqués aux parents, d'Hector Obalk, Alain Soral et Alexandre Pasche, Editions Le Livre de Poche, 1985, ISBN : 2253037362

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Rêver aux créations de Patrick est un signe de bonheur

Publié le par Jean-Yves Alt

J'aime suivre le travail pictural que nous propose régulièrement Patrick. J'aime sa façon d'élaborer une peinture « noblement » décorative.

J'aime à travers elle sa façon de m'inviter à renouveler ma manière de percevoir l'espace de la feuille de papier. J'aime avec lui abandonner les conventions de la représentation fondée sur la perspective.

Avec Patrick, tout éclate dans une abondance d'éléments décoratifs - objets, arabesques, lignes diverses - qui constitue une unité sensible à mille lieues de tout réalisme.

J'aime la façon dont il organise et aplanit l'espace dans une continuité artistique. J'aime quand il élimine tout effet de contraste entre intérieur et extérieur.

J'aime l'idée qu'il n'existe plus un ordre de lecture. J'aime cet univers en expansion qui brise la lecture « classique » de la périphérie vers le centre.

J'aime me sentir partout à la fois dans ses tableaux car chaque endroit a autant d'importance qu'un autre. J'aime son univers non hiérarchique. J'aime l'intensité colorée de son travail qui est partout vive et s'équilibre parfaitement.

J'aime l'idée d'un champ de lutte entre la statique des objets (qui échappent à toute logique naturaliste) et l'animation suscitée par de vifs contrastes de lignes et de couleurs.

J'aime cette confrontation entre l'écoute d'un sujet - encore présent grâce aux objets par exemple - et le travail sur la peinture elle-même...

Vierge à l'enfant et à l'oiseau, bois sculpté polychrome, XVIe siècle, hauteur 108cm, Basilique Notre Dame des Miracles de Mauriac (Cantal) et sa réinterprétation par Patrick

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24 mai 1951 : Another country

Publié le par Jean-Yves Alt

La clientèle anglaise de retraités fortunés en croisière sur la Manche à bord du Falaise est enchantée des deux nouveaux passagers qui sont montés à l'escale de Southampton. Importants fonctionnaires du Foreign Office, selon le commandant, quarantaine élégante et accent aristocratique, ils sont des compagnons de voyage inespérés avec leur bonne descente au bar et leur conversation brillante à dîner.

Il est certes un peu curieux qu'ils occupent la même cabine et donnent de gros pourboires aux jeunes marins, mais enfin, « honni soit qui mal y pense », au même rivage des îles anglo-normandes. Pourtant, alors que les deux amis se partagent aimablement le privilège de faire le quatrième au bridge, à la table de rombières emperlouzées, l'Intelligence Service et Scotland Yard sont sur les dents et lancent des avis de recherche frénétiques, car, ce 24 mai 1951, Guy Burgess et Donald MacLean, diplomates de haut rang ayant accès aux dossiers les plus sensibles, ont subitement disparu alors qu'on venait de les démasquer comme espions à la solde des Soviétiques depuis près de vingt ans. Volatilisés à Saint-Malo, ils ne reparaîtront qu'à Moscou, quelques mois plus tard, narquois et hors d'atteinte, tandis qu'une commission d'enquête s'échine encore à démêler, dans une atmosphère survoltée de scandale, l'invraisemblable écheveau de secrets militaires essentiels qu'ils ont transmis au KGB en pleine guerre froide.

Burgess et MacLean se sont connus à Cambridge au début des années 30. Rejetons de grandes familles qui ont donné des flopées d'officiers supérieurs et de ministres à Sa Gracieuse Majesté, passés des tendres émois des vestiaires après le cricket à la haine des hypocrisies de leur caste, et du spectacle des ravages de la grande crise à l'adhésion aux cercles d'étudiants marxistes, ces enfants perdus de l'Empire avaient tous les atouts pour intéresser les patients limiers de la Loubianka : promesse de grande carrière au sein de l'establishment, maîtrise des chantages dans le réseau d'une homosexualité encore honteuse, idéologie communiste d'autant plus ferme qu'ils continuaient à rouler en Rolls et à fréquenter les garden-parties pour la cause. Mais le flamboyant Burgess et l'efféminé MacLean n'auraient pas été de si bons espions sans le contrôle d'un cerveau supérieur que les services secrets enrageaient de ne pouvoir localiser, malgré l'efficacité légendaire de leur chef, cet anticommuniste enragé de Kim Philby. Or, il y avait une raison aussi simple qu'inimaginable à l'échec de ces recherches et dont l'intéressé révéla la fracassante nouvelle en s'enfuyant à son tour à Moscou dix ans plus tard : le troisième homme, ancien de Cambridge également, où il avait agi comme recruteur, c'était Philby lui-même.

Frédéric Mitterrand

■ in Un jour dans le Siècle, Editions Robert Laffont, 2000, ISBN : 2221093208, pages 232/233


Lire aussi : Another Country, un film de Marek Kanievska (1984)

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