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Freud, le tennis et la sexualité (3/3)

Publié le par Jean-Yves

L'exploration psychanalytique révèle l'existence de conflits psychiques enfantins dans les névroses, et réussit à les guérir en rendant conscients les conflits inconscients et en leur enlevant tout pouvoir pathogène.

 

Il existe néanmoins nombre de gens, qui ont subi des traumatismes sexuels violents ou sur lesquels se sont exercées des influences morbides absolument analogues à celles qui ont perturbé gravement la vie du névrosé, sans qu'ils soient atteints par la folie tennistique. Parce que ce ne sont pas les conflits extérieurs qui sont responsables de la genèse de cette maladie, mais des conflits intérieurs. C'est la façon purement subjective dont l'individu réagit à l'égard des traumatismes psychiques qu'il a subis, qui, en définitive, déclenche ou non la maladie.

 

La cause première de la névrose tennistique est donc d'origine constitutionnelle. Quant aux traumatismes sexuels, ils sont probablement inévitables dans la vie d'un enfant, élevé dans notre société où la sexualité est soumise à des règles sévères. Inévitables comme les bosses qu'il se fait au front, ou les écorchures qu'il se fait aux genoux.

 

« Dès leur plus tendre enfance, ces sujets avaient manifesté des troubles de l'appétit. Assis dans leur poussette, ils pouvaient contempler leur mère en train de jouer au tennis. Leur sentiment, à bien des égards justifié, d'être délaissés et même repoussés hors des limites du terrain s'est transformé en intense jalousie à l'égard de la balle. Celle-ci était peut-être cruellement frappée, du moins était-elle désirée. Au stade oral ou cannibalique, durant lequel l'excitation sexuelle est liée de façon prédominante à l'activité de nutrition, ces jeunes enfants ne pouvaient ingérer que des substances rondes et blanches. Entre parenthèses, telle est sans doute la meilleure explication scientifique de la faveur dont jouit, auprès du grand public, le bouillon de poule servi avec des boulettes de matzah. » (p.70)

 

En dehors du coïtus normalis, toute pratique sexuelle exercerait une influence néfaste sur l'équilibre nerveux du bon joueur de tennis.

 

Excès de prodigalité précoce ou effet de frustration atteignant le plaisir de l'homme, ces deux aspects du mal sexuel conduisent Freud, à envisager le nécessaire châtiment de l'homme coupable d'excès, qui se voit acculé à la névrose.

 

Le tennis dans cette perspective, synonyme de l'acte sexuel, serait l'équivalent d'un travail purgatif : éliminer ce qui, à l'intérieur de soi, est cause d'excitation ou de trouble. Le tennis, comme miroir de notre intériorité ?

 

Certes, il est parfois difficile de déterminer si Freud entendait qu'on le prenne au pied de la lettre ou pas. Entre une acceptation sans discernement de la théorie de l'inconscient tennistique et un rejet qui aurait l'ignorance pour seul alibi, il convient d'être circonspect.

 

Les plus réticents ne feront sans doute que constater certaines coïncidences, les adeptes verront leur foi confortée. Qui a raison, qui a tort ? la question reste en suspens.

 



Le livre : Le tennis et la sexualité : Les écrits secrets de Freud, Préface de Gérard Miller, Editions Navarin/Seuil, 126 pages, 1986, ISBN : 2020092727. Les extraits sont tirés de cet ouvrage.


Lire la partie précédente

 

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