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La prostitution en Grèce et à Rome de Violaine Vanoyeke

Publié le par Jean-Yves Alt

Nous vénérons le rituel institutionnalisé qui unissait les adolescents et leurs aînés dans la Grèce antique.

« L'amour grec » fait oublier une autre réalité : les rapports que le désir a toujours entretenus avec l'argent. Violaine Vanoyeke replace dans ses véritables perspectives ce commerce des corps. "La prostitution en Grèce et à Rome" est une investigation objective et documentée de la vénalité.

A propos de la prostitution masculine, l'auteur sépare nettement la conception idéalisés de l'amour des jeunes garçons et la prostitution, même si les relations passionnées entre l'éraste et l'éromène s'accompagnaient de fastueux cadeaux. Jeunes hommes vendus, eunuques très prisés comme l'expression d'un luxe raffiné, démontrent que la société grecque donnait sa part au plaisir hors des sentiments.

Des enfants mâles étaient sacrifiés à la mode très répandue des eunuques, en totalité ou en partie privés de leurs organes génitaux. Solon, célèbre législateur athénien, réglementa les mœurs de la jeunesse et s'opposa à la prostitution des garçons de naissance mais il n'interdit pas la vente des jeunes esclaves destinés à la débauche.

A Sicyone (Péloponnèse), les hommes se prostituaient avec allégresse au nom du dieu Bacchus. La sodomie avait valeur religieuse.

Violaine Vanoyeke évoque aussi l'horreur de certaines coutumes comme celle d'abandonner les enfants (surtout les filles) qui devenaient une charge. Ramassés, achetés aux parents, ils étaient revendus à des tenanciers de bordels. Un véritable commerce international. La prostitution féminine est abondamment expliquée. Rome fait un grand usage de prostitués mâles et femelles, loués pour le plaisir mais aussi pour ornementer les fêtes.

Des abus certes, mais d'une façon générale le sentiment que dans l'Antiquité l'usage des prostitués (pour toutes les bourses) fait partie de la vie ordinaire, aussi bien populaire qu'aristocratique, comme une soupape nécessaire à l'harmonie familiale.

Le sentiment au fond que la vie quotidienne englobait le plaisir sexuel comme une composante nécessaire et plaisante de la vie sociale. Cet essai est une mine de renseignements mais aussi une belle réflexion sur des civilisations qui ne connaissaient pas le mot péché.

■ Editions Les Belles Lettres, 1990, ISBN : 2251338101

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F Picard 25/07/2015 15:16

Voir http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/topoi_1161-9473_1992_num_2_1_1362