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Sodome et Gomorrhe : orgueil et préjugés par Laurent Vissière

Publié le par Jean-Yves Alt

Selon une idée reçue, le « péché de Sodome » désigne traditionnellement l'homosexualité masculine et, par voie de conséquence, le coït anal. Pendant deux mille ans, l'Église a pris acte de la colère divine contre Sodome et Gomorrhe pour condamner ces pratiques. Mais, si l'on remonte au fondement de la légende, ce n'est pas tout à fait ce que dit le livre de la Genèse. Selon la tradition, il y aurait eu cinq villes, situées au sud de la mer Morte – Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboïm et Béla –, et toutes auraient gravement offensé Yahvé par leurs péchés (qui ne sont pas détaillés). Dieu mande alors sur place deux anges enquêteurs. En les voyant arriver à Sodome, Lot, le seul juste de la cité, leur offre l'hospitalité. Mais, pendant la nuit, les Sodomites exigent de « connaître » les nouveaux venus. Bien que le terme soit ambigu, leurs (mauvaises) intentions sexuelles ne font aucun doute, puisque Lot, plutôt que de trahir les lois de l'hospitalité, leur propose en échange ses deux filles vierges. Qu'ils rejettent. Les anges frappent alors de cécité tous ces excités et permettent à la famille de Lot de s'enfuir avant le châtiment céleste. C'est au cours de leur fuite que la femme de Lot, pour s'être retournée, est transformée en statue de sel.

Camille Corot - Lot et ses filles échappent à la colère divine - 1843

Camille Corot - Lot et ses filles échappent à la colère divine - 1843

Cette histoire permet-elle d'étayer quelque morale sexuelle ? On peut en douter, à moins de penser que l'inceste vaut mieux que l'homosexualité – rappelons qu'une fois en sécurité les filles de Lot enivrent leur père et couchent avec lui... En réalité, ce n'est pas un crime sexuel que punit Dieu, mais l'orgueil outrancier des Sodomites, qui leur a fait oublier les lois divines et humaines : dans l'Antiquité, l'hospitalité est un devoir sacré, et les Sodomites le bafouent en voulant agresser et sans doute déshonorer (par un viol) des étrangers de passage. C'est cette transgression sacrilège qui vaut à Sodome et aux villes voisines d'être détruites. Mais le texte est tardivement réinterprété dans la pensée juive : au ler siècle apr. J.-C., le philosophe juif Philon d'Alexandrie est ainsi l'un des premiers à affirmer que Dieu a voulu châtier l'homosexualité, et les penseurs chrétiens lui emboîteront le pas. Quant aux péchés de Gomorrhe, Adama et Séboïm, les trois villes anéanties en même temps que Sodome, nul ne s'en préoccupe. Il faut attendre le XIXe siècle (et surtout Marcel Proust) pour que les Gomorrhéennes soient assimilées à des lesbiennes. De là à imaginer qu'Adama et Séboïm aient abrité des bi et des trans...

Historia n°864S, Laurent Vissière, décembre 2018, page 33

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Enlèvement par Rembrandt

Publié le par Jean-Yves Alt

Un aigle majestueux occupe tout le haut du tableau. Ses ailes déployées et sa stature majestueuse renforcent sa puissance.

L'aigle a attrapé dans son bec et ses serres un bébé joufflu : son visage est renfrogné et il hurle de terreur à un tel point qu'il fait pipi…

Malgré sa peur, l'enfant ne lâche pas pour autant les fruits qu'il était en train de manger avant sa capture.

Il suffit d'observer les beaux tissus et les passementeries qui l'habillent, pour comprendre que cet enfant est un prince.

Rembrandt Harmenszoon Van de Rijn, L'Enlèvement de Ganymède, 1635

Huile sur toile, 177 cm x 129 cm, Dresde [Gemäldegalerie alte Meister]

Il s'agit de Ganymède, fils du roi de Tros. L'aigle symbolise Zeus. Le ciel, couleur d'encre confirme cette désignation puisque ce dieu est le maître de la foudre et des orages.

Rembrandt a choisi de représenter dans ce tableau le moment où Zeus, transformé en aigle, enlève Ganymède. Mais le peintre a transformé le bel adolescent en un bébé pleurnichard, nullement mignon…

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Mon regard sur «Le saint Sébastien soigné par Irène», copie d'un tableau disparu de Georges de La Tour

Publié le par Jean-Yves Alt

Un homme est adossé à quelque chose que je ne peux définir. Une femme, à l'attitude très ramassée (est-elle agenouillée ?) se tient au niveau des genoux de cet homme : elle retire délicatement une flèche qu'il a reçue au bas de sa cuisse. Une autre femme regarde avec attention et effroi la délicate opération. Je ne vois pas de larmes couler sur ses joues mais je les imagine volontiers. Cette seconde femme tient de sa main droite une lanterne.

Comment mon regard a-t-il circulé dans cet espace pictural ? Un regard circulaire autour de la lanterne, nœud central de la scène, favorisé par une représentation particulièrement nocturne :

D'abord j'ai vu un corselet rigide et largement décolleté fait d'une étoffe vermillon. Ensuite une main qui retire lentement une flèche dont la pointe est encore dans la cuisse de l'homme. Mes yeux ont remonté ensuite son torse glabre et raidi d'où j'ai pressenti une autre blessure et quelques gouttes de sang séché. J'ai découvert à ce moment l'index de sa main gauche désignant la blessure au-dessus de son genou. Sa tête de douleur aux yeux mi-clos m'a conduit à la main tenant la lanterne. J'ai aperçu alors une femme plus coquette que la première vêtue d'une chemise claire aux larges emmanchures…

La cage de verre cylindrique de la lanterne projette une lumière tout autour d'elle dont les effets sont savamment dosés : placée non pas au premier plan mais au milieu des trois personnages, elle donne une importance quasi égale à chacun d'eux.

Ce qui me frappe dans ce tableau, c’est le côté romanesque de la scène. Sans les connaissances que j'en ai, je pourrais facilement imaginer un dialogue amoureux entre deux jeunes gens après un accident de chasse. Rien ne désigne, dans ce tableau, une représentation, religieuse – le luxe des vêtements éloignant même l'idée d'un tableau de dévotion.

Le recueillement et la qualité du silence l'emportent : il n'y a rien de tourmenté ou de sanguinolent, tout est calme et sagesse. C'est encore une fois la connaissance que j'ai de cette histoire et non pas le traitement pictural du peintre qui provoque mon affliction.

Saint Sébastien soigné par Irène

Copie d'après un original perdu de Georges de La Tour

Huile sur toile, 105 cm x 139 cm, Musée des Beaux-Arts d'Orléans

J'aime cet art d'immobiliser les personnages pour me les rendre, à jamais, éternels. J'aime quand la lumière (peu importe sa véridicité) accroche des détails fragmentés et les rend ainsi chatoyants. J'aime cette lumière qui parvient dans une scène figée à animer des formes dans la pénombre.


Un autre tableau de Georges de La Tour sur le même thème

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Joseph Hansen et son détective homosexuel, Dave Brandstetter

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans l'univers machiste du roman noir américain, Joseph Hansen (1923-2004) a fait figure de talentueux marginal : il était homosexuel et son détective, Dave Brandstetter, aussi. Le rose et le noir réconciliés.

Dave Brandstetter n'est pas un privé comme les autres. Il a entre quarante-cinq et cinquante ans, il vit à Los Angeles et enquête pour le compte de compagnies d'assurances sur les décès suspects de bénéficiaires d'assurances-vie. Il est né un beau jour de 1970 de l'imagination de Joseph Hansen.

Dans Un blond évaporé (le titre de sa première aventure, réédité ensuite sous le titre Le poids du monde), le détective planche sur l'énigme de la disparition d'une vedette du country pour d'inavouables raisons.

Si Dave Brandstetter est un personnage profondément original dans le microcosme du polar américain, c'est à sa vie privée qu'il le doit :

Dave est homosexuel, sans ostentation ni complexe. Il s'assume comme tel, avec le lot de plaisirs et de problèmes de tout un chacun.

Joseph Hansen, son créateur, était homosexuel lui aussi et ne s'en cachait pas. En inventant ce personnage, il a montré les homosexuels tels qu'ils sont, non tels qu'on les caricature. Il faut dire que le roman noir les avait traités de manière infâme - y compris des gens comme Chandler ou Ross Mac Donald.

Bien que chacune des histoires écrites par Joseph Hansen soit indépendante des autres, il est dommage de ne pas essayer de les lire dans l'ordre de publication-original. On peut ainsi suivre le cheminement de Dave Brandstetter au travers des événements, mineurs ou essentiels, qui se produisent dans sa vie.

Quelques points de repères :

● Quand Dave voit le jour (littérairement parlant), il travaille pour la Médaillon Life, une compagnie d'assurances qui appartient à son père. Ils entretiennent tous les deux d'excellents rapports, malgré leurs façons de vivre très dissemblables. Brandstetter sénior (le père de Dave) est un homme à jeunes femmes, insatiable et à sa mort (qui intervient dans Les Mouettes volent bas), il laissera une veuve qui n'est pas moins que sa neuvième épouse. Dave partagera alors la propriété familiale avec Amanda et, même si son héritage lui permet de ne plus travailler, il continuera à enquêter pour d'autres compagnies.

● Côté amours, Dave est plutôt du genre monogame et fidèle. Il a vécu pendant vingt ans avec un décorateur, Rod Fleming, mort d'un cancer. Doug a ensuite partagé sa vie durant plusieurs années mais dans Le Noyé d'Arena Blanca, ils sont au bord de la rupture. Chacun d'eux vit avec le souvenir d'un amant disparu et cela empoisonne leur relation. Dans Les Mouettes volent bas, Dave rencontre un garçon noir de vingt ans, Cecil, qui réapparaîtra plus tard dans Petit Papa pourri pour ne plus le quitter. Cecil fait oublier à Dave qu'il vieillit, ils s'aiment avec passion et le jeune homme, qui l'aide dans ses enquêtes, lui sauvera même la vie dans Les Ravages de la nuit. Si, profession oblige, la vie de Dave n'est pas toujours très popote, la drague, en tout cas, n'y a aucune place.

L'homosexualité dans le cycle Dave Brandstetter n'est pas seulement le fait du héros. Les intrigues qu'il est amené à résoudre ont souvent pour ressort secret des amours cachées, des personnages en quête d'identité :

○ Dans Le Noyé d'Arena Blanca, la mort suspecte d'un libraire met à jour la liaison insoupçonnée d'un acteur célèbre avec le jeune homme bénéficiaire de l'assurance-vie.

Les Mouettes volent bas permet à Joseph Hansen de tracer le portrait de deux milieux aux antipodes l'un de l'autre, une famille à la respectabilité de façade et une communauté de gays militants.

Petit Papa pourri met en scène un père de famille et son plus proche ami, dont on découvre qu'il l'est encore plus que chacun se l'imagine. Dans ce livre, Dave Brandstetter est également aux prises avec le très séduisant fiancé de sa jeune belle-mère qui veut à toute force coucher avec lui. Dave résistera à la tentation.

Les Ravages de la nuit exploite peu la fibre homosexuelle, exception faite d'un vieux monsieur infirme qui prétend avoir été l'amant de l'acteur Ramon Novarro.

○ Dans Skinflick, l'action se déroule dans le quartier des sex-shops et des cinémas pornos de Hollywood et le fils d'un pasteur est mêlé à l'affaire.

Dans un entretien mené par Roger Martin (1), Joseph Hansen dénonce l'amalgame trop souvent fait entre romancier homosexuel et militant de la cause :

« Je ne suis pas un propagandiste. Je suis romancier et je raconte des histoires. J'évite le sensationnel et les scènes scabreuses. Beaucoup d'homosexuels m'en veulent de ne pas me servir de mes romans pour porter l'homosexualité au pinacle. Mon but n'est pas le scandale. Je n'écris pas pour l'homosexualité à la mode et tapageuse mais pour l'immense majorité des homosexuels brimés et vivant dans une désespérance terne et quotidienne. J'essaie de réfléchir et de faire réfléchir, pas de faire des adeptes. » (1)

(1) "Hard-Boiled Dicks Les durs-à-cuire n°4 : Joseph Hansen et Joe Louis Hensley", octobre 1982, page 10

Joseph Hansen a écrit d'autres romans qui, s'ils ne font pas apparaître le détective des assurances, n'en sont pas moins des histoires typiquement homosexuelles. On y retrouve le goût marqué de Joseph Hansen pour deux types précis de physique masculin, les garçons noirs et les jeunes hommes blonds. Mais quand Dave, le détective, n'est pas là, l'aspect policier passe un peu au second plan au profit d'un genre plus psychologique, une étude de mœurs qui verse parfois dans le roman sentimental.

● Dans C'est de famille !, le héros (et narrateur) est un beau petit blond qui va découvrir la véritable nature de son père et la sienne par la même occasion.

Homosexuel notoire (édité en France grâce à Roger Martin) réunit un Noir et un blond, jeunes l'un et l'autre, qui vont vivre une belle et tragique histoire d'amour.

L'œuvre de Joseph Hansen est importante parce qu'elle rend compte du monde, de sa violence et de la misère, aussi bien matérielle qu'affective, qui en fait trop souvent un enfer. Au travers de ses livres, d'une facture classique parfaitement maîtrisée, Joseph Hansen a dressé un constat lucide, sinon désenchanté de l'état de la société.

L'exceptionnelle justesse des dialogues, l'attention extrême portée à la description des personnages et des lieux, autant de raisons de faire de Joseph Hansen l'un des hôtes de nos bibliothèques.


Bibliographie (incomplète) :

- Un blond évaporé, Editions Le Promeneur/Carre Noir, 1985, ISBN : 2070435598 [Ce roman est réédité sous le titre Le poids du monde, Editions du Masque, 2000, ISBN : 2702429009]

- Les Mouettes volent bas, Editions Gallimard/Folio, 1995, ISBN : 2070388832

- Petit Papa pourri, EditionsGallimard/Série Noire, 1983, ISBN : 2070489124

- C'est de famille, Editions Gallimard/Série Noire, 1983, ISBN : 207048923X

- Le Noyé d'Arena Blanca, Editions Rivages/Rivages Noir, 2001, ISBN : 2869302649

- Homosexuel notoire..., Editions Encre/Etiquette noire, 1985, ISBN : 2864182602

- Les Ravages de la nuit, Editions Gallimard/Folio, 1991, ISBN : 2070388719

- Skinflick, Editions de l'Ombre, 1987, ISBN : 2904666028


Du même auteur : Les mouettes volent bas - Le garçon enterré ce matin - Un pied dans la tombe - Par qui la mort arrive - Petit Papa pourri - Pente douce


Lire aussi sur ce blog :

Hommage à Joseph Hansen et chroniques brèves des romans : Le poids du monde - En haut des marches - Les ravages de la nuit

Quand le roman policier a commencé à voir rose…

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L'extrémité du monde, René de Ceccatty

Publié le par Jean-Yves Alt

François-Xavier, homme et saint au cœur d'un XVIe siècle initiatique. Une fable philosophique contée par René de Ceccatty.

« Un saint ne laisse pas de sa vie le souvenir d'événements que l'on puisse enchaîner avec objectivité. Tout est fable et merveille. » Ainsi se termine le livre que René de Ceccatty consacre à François-Xavier, devenu saint.

Né en 1506 en Espagne, François-Xavier rencontre Ignace de Loyola et fonde avec lui La Compagnie de Jésus. Il quitte l'Europe pour les Indes, le Japon, souhaitant atteindre la Chine. Il veut en évangéliser les peuples, jusqu'à cette « extrémité » du monde où vivent ceux qui ne connaissent pas le vrai Dieu, celui des chrétiens et des catholiques, bien sûr !

De ce qui aurait pu être une biographie plus ou moins scrupuleuse, René de Ceccatty a écrit un ouvrage exceptionnel, à la fois conte merveilleux et roman, dans l'apparence d'une exacte relation historique (appuyée sur les lettres de François-Xavier et sur des textes traduits du japonais), mais insidieusement « décalée » de manière à susciter chez le lecteur une permanente réflexion. La démarche de l'auteur – structure et écriture du texte – utilise les séductions du saint lui-même qui faisait cohabiter une méditation sereine sur sa propre action et l'exaltation irrationnelle d'un mysticisme candide ne reculant pas devant les miracles pour troubler et convertir un peuple assoiffé de merveilleux.

Etrange saint que François-Xavier, entouré de compagnons très chers, partageant leur couche (choisissant les plus jeunes) et relatant comme autant de douceurs divines la chaleur de leur peau, le vertige de l'amour, l'absolu de l'amitié : comme si Jésus avait donné l'exemple de cet amour pur (entre hommes), le seul péché étant la femme...

Perspicace François-Xavier qui découvre que les religions hindoues, japonaises ressemblent à ce désir de perfection terrestre qui le brûle et que sous d'autres noms ces « sauvages » adorent la même entité souveraine qui accrédite la nostalgie humaine et la souffrance dans l'espoir d'un futur qui réconcilie l'homme et l'intemporalité divine.

Candide François-Xavier qui s'étonne que ces moines préservés dans leur cérémonial, accompagnent les rites définitifs de leur culte d'une sexualité affichée entre hommes, la sodomie des moinillons par les plus âgés s'intégrant paisiblement aux prières qui occupent leur vie, le reste du temps...

Troublé François-Xavier et s'inquiétant parfois de ces élans qui le poussent vers les garçons, regardant avec trop de précision les marins qui, la nuit, au fond des cales, s'adonnent dans des rugissements de plaisir aux actes impudiques.

Troublant François-Xavier qui, aux escales lointaines, attend les marins pour les attirer derrière les fourrés, se mettre nu et se flageller afin d'émouvoir ces brutes qui succombent à Dieu, à la vue de cet homme consumé par un érotisme dont il ignore le pouvoir sournois.

Là est le remarquable travail de René de Ceccatty : avoir compris que la religion, dans ses excès, est jouissance, qu'elle est au-delà des interrogations métaphysiques, le seul moyen terrestre d'échapper aux monotonies de la bestialité ; qu'aimer l'impossible, se retenir aux limites vertigineuses du péché, est connaître la vibration suprême qui agrandit l'horreur de la mort et sublime les carcans de la vie.

Par le truchement d'un saint, René de Ceccatty pose les questions essentielles, redonne au corps son rôle de médiateur, réhabilite la part initiatique de la chair.

■ L'extrémité du monde : Relation de saint François-Xavier, sur ses voyages et sur sa vie, Editions Le Serpent à Plumes/Motifs, février 2007, ISBN : 2268061043


Du même auteur : Esther - Une fin - L'or et la poussière - La princesse qui aimait les chenilles - L'étoile rubis - Babel des mers - Violette Leduc, éloge de la bâtarde

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