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L'apprenti sorcier, François Augiéras (1964)

Publié le par Jean-Yves Alt

« Allons, s'écria-t-il, rentrons à la maison, c'est là que tu sentiras comme il faut ce que c'est que d'avoir l'insolence de me désobéir. En quoi l'avais-je offensé ?

Nous quittâmes le jardin sous la lune et je le suivis dans ma chambre où, m'ayant attaché en travers d'une chaise, il me rossa, mais de verges. Puis, s'agenouillant près de moi, il me fit mille caresses, avec sa bizarrerie coutumière, me berçant tendrement dans mes habits pleins de joncs, éteignant la lumière, et restant là, à côté de ma chaise, dans une parfaite obscurité, sans rien dire, embrassant mon visage, tout un grand quart d'heure, avant de me libérer de mes liens. »

Cette scène, extraite des premières pages de "L'apprenti sorcier" se passe entre un adolescent de seize ans, le narrateur, et un curé de trente-cinq ans, homme sale, avare, vilain de visage mais au corps vigoureux, « auquel mes parents me confièrent en lui recommandant de me traiter vivement... »

Perdus dans un village abandonné de la Dordogne, dans « le beau pays sarladais », les deux protagonistes vont entretenir une relation sadomasochiste de plus en plus poussée, doublée, à défaut de l'éducation strictement catholique convenue, d'une sorte d'initiation à la sorcellerie du plus jeune par le plus âgé. Cela, pour leur plus grand plaisir à tous deux.

Dans les bras du brutal abbé, le cadet va découvrir avec volupté la part féminine qui est en lui : « Depuis quelque temps, je devenais sa servante (...), outre qu'il me fallait préparer nos faibles repas, je devais ranger la maison, et, certains soirs, non seulement recevoir le fouet, mais encore faire la tendre épouse. Ce changement d'état me plaisait... »

Parallèlement, l'adolescent entretient une relation cachée avec un gamin de « presque treize ans », qui vient livrer le pain deux fois par semaine. Avec ce dernier, il a la révélation d'un amour plus doux, plus « pur », qui a pour cadre une grotte perdue en pleine campagne : « Pendant quelques jours notre vie fut délicieuse. Il n'était qu'à moi ; le pays ne se doutait de rien. Dans la grotte je le façonnais comme on pétrit de l'argile, une argile fraîche, charmante. Quel travail dans la pleine chaleur de l'été ! Tandis qu'on rentrait les foins j'adorais un enfant dans la terre. Ma voix accompagnait, presque chantée, sa naissance dans mes bras. Au fond d'un couloir je l'éveillais à la connaissance de lui-même, et ses petites lèvres émues me remerciaient en balbutiant dans l'obscurité de la grotte où il donnait libre cours à son besoin de caresse et d'étreinte amoureuse. Un jour, je frottais une allumette pour le voir ; il s'était dévêtu de lui-même ; et tout son corps était blanc. Les habits sur les chevilles, c'était la plus radieuse apparition qui soit... »

Ce pur amour n'excluera pas la sexualité bestiale qui lie le narrateur à l'abbé. Tout au contraire : « Enfin, le premier coup, les autres. Au quinzième il s'arrêtera, n'osant pas continuer. Ça saigne, avoua-t-il, un peu honteux de m'avoir si brutalement traité. Fier de n'avoir que gémi sous le cuir, d'une voix chantante je répliquai que j'en méritais plus de cent. »

Et quand, plus tard, les gendarmes essaieront de faire dire au jeune livreur de pain le nom de l'homme qui se livre sur lui à des pratiques sodomites, le prêtre, qui était au courant de tout malgré les ruses des deux jeunes amants, tentera de protéger son élève en se livrant avec lui à des sortes de messes noires...

Cette initiation magique permettra à l'« apprenti sorcier » de ne pas être inquiété par la justice des hommes, mais, hélas, il devra renoncer à l'amour du bel enfant, qui reste muet sous les coups des gendarmes.

L'apprenti sorcier, François Augiéras (1964), Editions Grasset/Les cahiers rouges, 2006, ISBN : 2246510228


Lire aussi :

François Augiéras (biographie rapide)

François Augiéras, un barbare en Occident de Paul Placet

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Yentl, un film de (et avec) Barbara Streisand (1983)

Publié le par Jean-Yves Alt

Emouvant, drôle, superbe. Adapté d’une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, Yentl insiste sur le message féministe mais la comédie reste au rendez-vous. Et la voix de Barbara Streisand aussi…

Barbara Streisand est restée fidèle à la nouvelle de Singer (1). Même si elle en a simplifié l'action. Singer écrit de manière concise, évoque les faits d'un mot ou d'une phrase. La cinéaste a supprimé des personnages pour s'en tenir à l'essentiel.

Deux pages à peine suffisent à Singer pour que la jeune Yentl devienne le jeune Anshel, pour que celui-ci se mêle aux étudiants juifs qui vont en ville fréquenter la Yeshiva (école rabbinique où l'on se consacre à l'étude du Talmud) et se lie d'amitié avec le séduisant Avigdor qui semble d'emblée séduit (en tout bien tout honneur) par son jeune compagnon d'étude.

"Yentl" se passe en 1904-1905, en principe en Pologne, mais on reconnaîtra comme décor naturel le magnifique pont Charles jeté sur la Moldau à Prague, où le film a été en partie tourné.

Yentl (jouée par Barbara Streisand) n'est pas une jeune fille comme les autres :

« Yentl préférait de beaucoup les activités des hommes à celles des femmes. Son père avait étudié la Torah avec elle comme s'il s'était agi de son fils... Elle s'était montrée si bonne élève que son père avait coutume de dire :

- Yenti, tu as l'âme d'un garçon.

- Alors pourquoi suis-je née dans le corps d'une fille ?

- Même le Ciel commet des erreurs. »

L'étude, selon la tradition, était réservée aux hommes, chaque sexe ayant à respecter ses propres obligations : on considérait la femme qui étudie comme un démon, et pourquoi d'ailleurs aurait-elle eu besoin d'étudier, de s'instruire, puisqu'elle est censée tout connaître d'instinct. ("jolie" pirouette du Talmud pour conserver le savoir au mâle tout puissant).

L'amour de l'étude, la soif d'apprendre, ne vont apparaître tout au long de cette histoire que comme une justification de tous les débordements masculins qui secouent Yentl. C'est en effet un refus total de la condition féminine qui l'anime : pas question de passer sa vie à servir un homme, pas question de s'encroûter dans l'ignorance, pas question de se contenter, pour toute conversation, des jacassements des autres femmes.

Dans la nouvelle (1), Yentl n'attend pas de devoir quitter son village, après la mort de son père, pour se travestir : déjà elle aimait, tandis que son père dormait pendant les après-midi de Sabbat, se vêtir en homme et « étudier son reflet dans le miroir. Elle avait l'air d'un jeune homme sombre et bien fait ».

Une fois réellement travestie, Yentl va vivre une aventure incroyable : jamais on ne la prendra en défaut, car tromper le monde était devenu un jeu. Jeu qui va très loin, puisqu'elle en arrive à épouser Hadass, une jolie fille de la bourgeoisie qui avait d'abord été promise à Avigdor.

On imagine la succession de gags que Barbara Streisand a tirée de la situation, alors que la nouvelle de Singer n'est pas traité sur le mode humoristique. Le comique est l'un des apports essentiels de la comédienne. Mais c'est dans la personnalité profondément ambiguë de Yentl/Anshel, dans cette confusion des sexes - où le rôle social interfère sur la destination du sentiment et inversement - que Barbara Streisand se montre particulièrement subtile.

Il y a dans le texte de Singer trois idées que la cinéaste a su utiliser pour créer à l'écran cette impression d'incertitude et de trouble : la nouvelle nous dit que, dans un rêve, Yentl avait été en même temps homme et femme. Elle nous révèle la pensée de Yentl/Anshel, devant la belle et très féminine Hadass : « Dommage que je ne sois pas un homme ».

La nouvelle suggère l'attirance d'Avigdor envers « lui » : « Avigdor s'attachait de plus en plus à ce garçon, de cinq ans son cadet... » Cette amitié entre Avigdor et Anshel a, sans dire son nom, sans passer à l'acte, toutes les apparences d'un lien pédérastique.

Et l'affection ressentie par Anshel pour la belle Hadass n'est pas très claire non plus. La cinéaste est restée en-deçà du texte de Singer en ce qui concerne cette relation, car l'écrivain précise bien que lors de la nuit de noces, « Anshel avait trouvé un moyen pour déflorer son épouse », ce qui implique qu'il y a contact physique chez Singer, alors que Barbara Streisand fait une tache de vin sur le drap pour faire croire que le sang de l'hymen a coulé.

Yentl est donc un film qui pourrait illustrer, implicitement, que l'amour n'a pas de sexe, et que s'il en a un généralement, c'est parce que le conditionnement est passé par là.

Ce film est un superbe spectacle où les interventions chantées sont autant d'intermèdes qui assurent la liaison et la respiration entre les moments. Quant à Barbara Streisand travestie en garçon, je l'ai trouvée beaucoup plus crédible que Julie Andrews dans l'excellent Victor-Victoria. Elle parvient beaucoup mieux que Julie à camper un personnage androgyne. Et l'entourage n'a aucun mal à tomber dans le panneau des apparences trompeuses.


(1) La nouvelle "Yentl" est éditée dans le recueil "Yentl et autres nouvelles" de Isaac Bashevis Singer, Editions Stock, 1998, ISBN : 2234049350

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Sucre d'orge, une nouvelle de Tennessee Williams

Publié le par Jean-Yves Alt

La faute chez Tennessee Williams, c'est bien sûr son homosexualité. Il est bien trop puritain pour ne pas croire au péché. A un certain niveau profond, il croit vraiment que l'homosexuel a tort et que l'hétérosexuel a raison.

Etant donné que ce sentiment de culpabilité envahit tout chez lui, il est conduit, dans son ?uvre comme dans sa vie, à l'idée de l'expiation et à celle de la mort. C'est ce schéma que l'on retrouve dans la nouvelle Sucre d'orge qui raconte l'histoire du vieux Krupper, haï par ses cousins parce qu'ils sentent instinctivement que cet homme est haïssable pour le monde.

Tennessee Williams met cette haine et ce dégoût dans leurs têtes pour que nous comprenions que ce monde rejette ceux qui ressemblent à ce vieil homme, sans avoir besoin d'examiner quelles actions ils ont à cacher.

L'auteur lui-même ne condamne-t-il pas le vieux Krupper en le faisant mourir terrassé par une crise cardiaque dans ce petit cinéma qui abritait les émotions qu'il connaissait avec de jeunes garçons ?

Cette mort semble seule capable de le racheter. Il faut ajouter cependant qu'elle va bien plus loin, puisqu'elle transfigure le vieil homme. C'est l'émotion esthétique la plus complète de son existence misérable qui l'a tué :

« Au moment où M. Krupper arrive à la loge et s'assure la neutralité de l'ouvreuse en lui donnant un pourboire très large, le jeune homme s'est endormi comme une pierre, endormi dans un sommeil doux et velouté, à l'abri des réminiscences de la veille. Sa tête est inclinée en avant, ses cuisses sont écartées et ses doigts effleurent le sol. Ses lèvres humides sont entrouvertes et sa respiration est un peu sifflante, mais pas assez cependant pour que M. Krupper la perçoive. Il fait si sombre dans la loge que le gros vieillard est près de s'asseoir sur les genoux du jeune homme ; mais il se rend compte que son siège habituel est occupé.

M. Krupper pense de prime abord que ce compagnon presque invisible est peut-être un certain jeune Italien de sa connaissance qui partage parfois la loge avec lui quelques minutes toutes les cinq ou six semaines, et il murmure d'un ton interrogatif le nom du jeune homme, Bruno, mais n'obtenant pas de réponse, il se dit qu'il s'est trompé, que ce n'est pas Bruno.

Le vague parfum qui lui avait fait croire que c'était Bruno, un parfum fait de transpiration, de tabac et de la prodigalité de certaines glandes juvéniles, lui est familier, et il a beau être convaincu de s'être trompé, il sent un bonheur nouveau gonfler sa poitrine qui n'est pas encore remise tout à fait d'avoir gravi deux escaliers.

En se penchant, il situe l'autre chaise et la saisit pour la placer avec beaucoup de précaution là où il veut qu'elle soit, à une distance adroitement calculée de celle qu'occupe le dormeur ; alors, M. Krupper s'installe avec toute la lenteur étudiée d'un vieux chameau aux articulations fatiguées. Ces mouvements font circuler son sang à une vitesse folle. Ouf ! Voilà C'est fait. »

Mais au moment où M. Krupper connaît l'extase avec le jeune homme, c'est la mort qui le rattrape et punit son coupable égarement :

« Lorque vers minuit, les lumières du Joy Rio se rallumèrent pour la dernière fois cette soirée-là, on découvrit le corps de M. Krupper dans sa loge. Il était tombé sur les genoux et son torse lourd était coincé entre deux chaises dorées comme s'il avait expiré en prononçant une prière. »

■ in "Sucre d'orge", Editions Robert Laffont, Collection Pavillons poche, janvier 2006, ISBN : 2221105982


Lire aussi sur ce blog :

- Le masseur noir

- Malédiction

- La nuit où l'on prit un iguane

- La statue mutilée


La nouvelle "Les mystères du Joy Rio" a la même tonalité que "Sucre d'orge" : semblable à M. Krupper, Pablo fréquente le même cinéma que ce dernier. Pablo est un homme d'un certain âge, jadis beau - du temps où il était l'ami de Kroger, l'horloger dont il a pris la succession. Aujourd'hui, sa beauté envolée, il cherche à meubler sa solitude grâce aux contacts sexuels dans ce cinéma de troisième ordre :

« Pablo, ne crains jamais la solitude au point de perdre toute prudence. N'oublie pas que tu le trouveras parfois, le plaisir, mais que parfois tu n'auras pas de chance, et ces fois-là, il faudra te montrer patient, puisque la patience est ce qui est indispensable lorsqu'on n'a pas de chance. »

Ainsi, l'échec des rapports humains auquel conduisent presque toutes les nouvelles de Tennessee Williams, n'est que la conséquence d'un manque d'unité intérieure.

« Parce que tous les péchés du monde ne sont en réalité que ses inachèvements, que des incomplétudes, toute la souffrance du monde est en réalité une expiation (...) La nature de l'homme est riche de ces palliatifs artificiels ; il se met en quatre pour dissimuler ses incomplétudes. » (in la nouvelle "Le masseur noir")

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Le Lion et son Ombre, Christopher Isherwood

Publié le par Jean-Yves Alt

Avec le Lion et son Ombre, Christopher Isherwood, conduit sur les traces de ses années d'études à Cambridge, durant lesquelles il effectue ses premières gammes..

Christopher Isherwood est né le 26 août 1904 près de Manchester. Puritain de la haute bourgeoisie, il est un élève calme et s'applique à intégrer, le prestigieux collège de Cambridge. Avec Chalmers, son ami silencieux et d'une beauté frappante, révolutionnaire et romantique né, il part en vacances au Mont Blanc en compagnie de leur (anti-conformiste) professeur d'histoire, Mr. Holmes.

Ses préjugés contre la France ne manquent pas de sel : ses goûts empoisonnés, ses grenouilles rôties, ses punaises et ses vices... Reçus à Cambridge en qualité de boursiers, Chalmers et Isherwood ne cessent de poursuivre d'interminables conversations qui ont, pour la plupart, trait à la littérature, leur passion commune. Ils lisent Baudelaire et la "Dame aux camélias", Isherwood est rédacteur en chef de la revue du collège.

Pour s'évader de l'ambiance de Cambridge, ils créent des personnages imaginaires mais leur perpétuel état d'excitation mentale les conduit vite à improviser de nombreux récits, très souvent inachevés. Isherwood commence un roman dont le titre provisoire est le Lion et son Ombre. Philip Hinsley, son ami de Londres qu'il voit surtout lors des vacances est attelé, parallèlement à ses études de médecine, à un gros et ambitieux roman sur la vie mondaine. Mais Cambridge n'a qu'un temps. Isherwood ne veut pas enseigner, ce dernier refuge de l'homme de lettres raté. Et même si le collège compte parmi les plus agréables époques de toute [sa] vie il s’en fait renvoyer en ratant sciemment ses examens.

A vingt et un ans, il entre alors au service d'un violoniste, Mr. Cheuret, qui dirige un quatuor. Il devient son secrétaire et tombe amoureux de toute la famille. C'est à cette époque qu'il rencontre Hugh Weston, personnage malicieux et insolent qui n'est autre que le poète W.H. Auden, le futur grand ami de Christopher Isherwood. Après avoir quitté les Cheuret, Isherwood devient précepteur, plus ou moins itinérant et continue à travailler à son roman. Il est accepté par un éditeur et paraît en 1928 sous le titre "Tous les conspirateurs". Force est de constater qu'il n'obtient pas alors grand succès...

Isherwood abandonne vite des études de médecine commencées par désœuvrement et, devant le peu de persçectives que lui offre l'Angleterre de l'époque, il décide de rejoindre son ami Weston. Le livre se termine dans le train pour Berlin.

Le "Lion et son Ombre" est bien, sous les apparences du roman, une autobiographie à peine voilée et c'est là que réside tout l'intérêt de ce livre. La jubilation qu'Isherwood apporte à décrire les mœurs et l'atmosphère de Cambridge et du milieu artistique londonien ne manquent pas de saveur. Ses descriptions de la vie des collèges anglais semblent presque exotiques et son portrait d'une minorité sciemment déclassée et qui se suffit orgueilleusement à elle-même (la bohème de Londres) est d'un humour souvent ravageur.

Foin ici de confidences intimes mais plutôt le plaisir de la découverte des années d'adolescence d'un grand écrivain en devenir. Une autobiographie intellectuelle et sociale, souvent drôle, émouvante aussi, traitée avec un sens positif.

■ Le Lion et son Ombre, Christopher Isherwood, Editions Minerve, 1990, ISBN : 2869310188 ou Editions Fayard, octobre 2012, ISBN : 978-2213666648


Du même auteur : Adieu à Berlin - Octobre - Un homme au singulierMon gourou et son discipleRencontre au bord du fleuve

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La nuit verte, Clarisse Nicoïdski

Publié le par Jean-Yves Alt

Deux garçons, Odilon et Michel, qui sont amants et une jeune fille se retrouvent isolés, à la campagne.

La jeune fille se sent perdue auprès de ce couple qui a des relations homosexuelles, quoiqu'elle ne s'en rende pas compte au début.

Anne est partie la première à la campagne pour y attendre Odilon, « son » ami, qu'elle a invité. Elle en voit arriver deux.

Odilon se moque d'elle, en amenant son amant Michel, mais elle ne sait pas le lien qui réunit les deux garçons. Et même si elle le savait, elle est tellement pétrifiée de terreur à l'idée d'être ridicule qu'elle ne le dira pas, et c'est très lentement que cette relation entre deux garçons va lui être pleinement révélée.

Même si le thème de ce roman, écrit il y a plus de 30 ans, peut paraître irritant ou désuet face à la mode actuelle où l'érotisme homosexuel strict envahit la littérature, il invite à suivre une initiation homosexuelle par le regard, par l'indice, non une initiation érotique exclusive, mais un jeu sentimental à trois, dans lequel on entre lentement.

■ La nuit verte, Clarisse Nicoïdski, Editions Mercure de France, 1972, ISBN : 271520969X


Du même auteur : Guerres civiles - Rumeurs dans la salle des profs

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