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Faites un cadeau de Noël au Refuge !

Publié le par Jean-Yves

Le Refuge est une association reconnue d'utilité publique qui accueille les jeunes homosexuels rejetés par leur famille.

 

Vous aimez écrire ? Vous avez besoin de faire partie d'un défi pour vous motiver ? Vous avez soif d'idéal ? Il pleut, vous ne savez pas quoi faire ? Rejoignez le grand projet Textes Gais : un cadeau de Noël pour le Refuge !

 

Pour participer, c'est très simple : Il faut écrire une nouvelle sur les thèmes de Noël et de l'homosexualité ; et accepter que les droits d'auteur aillent au Refuge.

 

Pas de taille de texte imposée, ça va de l'haïku à la longue nouvelle. Elle peut avoir une coloration érotique, mais pas pornographique, il faut que le jeune publique du Refuge puisse les lire.

 

Fin de réception des nouvelles : 15 octobre 2014. Parution du livre : novembre 2014.

 

Les textes seront sélectionnés par Textes Gais (et un comité de lecture d'auteurs Textes Gais volontaires).

 

Seront publiés un livre numérique et un livre au format papier.

 

Le livre numérique pourra contenir plus de textes que le livre papier.

 

Les acheteurs du livre papier pourront obtenir gratuitement le livre numérique.

 

Les auteurs figurant dans le livre papier pourront l'obtenir au prix coûtant (impression plus les frais de port) jusqu'à 3 exemplaires.

 

À vos plumes citoyens ! Faisons vivre un beau projet !

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L'oncle Mika, Gwladys Constant

Publié le par Jean-Yves

Un livre contre la bêtise et l'intolérance qui montre que pendant l'enfance on peut rester lucide malgré les mensonges des adultes.

 

Jérémie, huit ans, vit une enfance illuminée grâce à son oncle Mika avec qui il peut tester des expériences qu'il juge exceptionnelles puisque ses parents les lui interdisent comme manger des frites et des hamburgers ou aller au cinéma, à la piscine et à la patinoire.

 

Mais un jour, oncle Mika disparaît. Il ne vient plus les mercredis après-midi et même sa photographie s'est volatilisée. Jérémie pense tout d'abord que son oncle ne l'aime plus ou qu'il a été arrêté par la police ; il imagine encore que son oncle est mort mais il entend une conversation entre ses deux parents qui lui font comprendre qu'il doit y avoir une autre raison :

 

― Je ne pouvais quand même pas lui dire la vérité ! déclare maman. (p. 8)

 

Il est remplacé par une jeune fille, étudiante en pédopsychiatrie, Nina. Celle-ci comprend vite les inquiétudes du jeune garçon.

 

Le lecteur, comme le petit garçon ne sait pas encore de quoi il s'agit. Il comprend seulement qu'il y a un secret de famille.

 

Nina décide de dire la vérité au jeune garçon, à savoir que son oncle Mika est homosexuel. Elle explique à Jérémie ce que cela signifie :

 

— C'est pas une maladie, sourit Nina. C'est... comment dire ?

— C'est une sorte de grosse bêtise ? demande Jérémie.

— Non. C'est une sorte d'amour […]. Ça veut dire que ton oncle Mika aime les garçons.

— Moi aussi, j'aime bien les garçons, c'est mieux que les filles pour jouer, s'emporte Jérémie, j'ai plein de copains, j'aime Théo, c'est mon meilleur ami !

— Là, c'est autre chose, ça veut dire qu'il est amoureux d'un garçon, et pas d'une fille. Ça veut dire qu'il ne va pas se marier avec une dame.

— Et c'est très mal d'être amoureux d'un garçon quand on est un garçon ?

— À mon avis, ce n'est ni bien ni mal, c'est juste comme ça...

— Alors pourquoi papa et maman sont fâchés ? Pourquoi oncle Mika ne vient plus jamais me voir ?

— Parce que tes parents sont déçus, sans doute, ils auraient préféré que ton oncle aime une femme, comme ton père aime ta mère. Alors, ils ont décidé de ne plus lui parler. (pp. 37-38)

 

Avant de disparaître, oncle Mika avait offert un drôle de livre à son neveu :

 

— Comme il n'y a rien d'écrit, tu peux inventer une nouvelle histoire à chaque fois. Et tu ne t'en lasses jamais. (p. 29)

 

Jérémie comprend alors que l'histoire dessinée de l'album est une allégorie de la vie de son oncle :

 

« C'était l'histoire d'un cochon, il n'est pas rose, il est bleu. En plus il a une moustache, tu vois... Les autres cochons, qui sont roses et qui ont juste un groin, ne l'aiment pas beaucoup… » (p. 39)

 

A la fin du livre, Nina provoque le hasard afin que l'enfant revoie son oncle.

 

Ce court roman délivre un message de tolérance et peut permettre de nombreuses réflexions mais il est regrettable que dans un roman jeunesse publié en 2014, le silence des parents et leur homophobie ne soient à aucun moment levés, interrogés, puisque Jérémie retrouve son oncle en cachette.

 

■ L'oncle Mika, Gwladys Constant, Editions Oskar/ Court métrage, 11 avril 2014, 43 pages, ISBN: 979-1021401884

 


Sur le même thème : Les lettres de mon petit frère, de Chris Donner

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Un nouvel ordre social amoureux par Marcela Iacub

Publié le par Jean-Yves

À CONTRE-SEXE. Aux yeux de Charles Fourier (1772-1837), rien n’est plus absurde que le couple fusionnel, exclusif et monogame. Lorsqu’il juge ces unions, il ne pense pas aux tourtereaux eux-mêmes dont il comprend - avec un certain mépris, certes - la passion univoque. Ce qui le chagrine, c’est le gaspillage social de tant d’énergie libidinale consacrée à une relation unissant seulement deux personnes.

 

Si cette énergie était mieux employée, estime-t-il, elle faciliterait les liens entre des centaines voire des milliers de personnes. Car aucune passion humaine n’a autant de puissance que le désir sexuel pour lier et associer des inconnus.

 

C’est bien le lien social que Fourier utilise comme critère pour juger de la pertinence d’une institution. Crée-t-elle des associations entre de multiples individus, solidaires les uns envers les autres ou bien, au contraire, tend-elle à les séparer, à les confronter, à les isoler ? Certes, une telle socialisation de l’énergie libidinale tend à amoindrir sa puissance au fur et à mesure qu’elle se répand. On ne peut donc pas approfondir sans fin ces liens. En tout cas, pas grâce au sexe.

 

Aux yeux de Fourier, ce sont donc plutôt les unions spirituelles qui forment des couples éternels. Selon lui, ces couples ne devraient jamais être sexuels : ces membres peuvent coucher avec d’autres personnes mais jamais entre eux.

 

Charles Fourier avait imaginé que chaque membre avait des rapports extraconjugaux avec une ou plusieurs personnes à la fois et ce d’une longueur variable : un soir, quelques semaines, voire plusieurs années. Ils pouvaient aussi se livrer à des orgies associatives avec de multiples partenaires. Ces orgies, loin d’être anarchiques, devaient suivre un ordre des plus méthodiques. Des prêtresses chargées des appariements sélectionneraient des partenaires en fonction de leurs penchants. Même les personnes les plus vieilles et les plus laides auraient une chance de trouver chaussure à leur pied sans faire pitié. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces orgies n’auraient rien de brutal. Sinon, le sexe ne servirait pas à tisser des liens… Charles Fourier estime, ainsi, que les amants qui nous ont donnés du plaisir doivent être reconnus et pas oubliés au moment de l’héritage…

 

On pourra penser que ce projet de société est totalement absurde. Pourtant, ainsi conçus, les mariages seraient beaucoup plus stables. On ne se marierait qu’une fois le désir épuisé : les esprits auraient ainsi le temps et l’occasion de savoir s’ils s’accordent pour toujours. Loin de s’isoler, un tel couple s’ouvrirait au monde. Les individus pourraient aimer chaque membre de la collectivité même ceux qu’ils ne soupçonnent guère pouvoir combler leurs désirs. Ils seraient, ainsi, toujours reconnaissants envers ceux qui leur ont procuré du plaisir. Aimer son prochain ne serait pas un mot vain ou une hypocrisie comme chez les moralistes les plus vulgaires. Cet amour serait presque vrai.

 

Ceux qui osent critiquer ou se moquer de Fourier devraient avoir le courage de proposer meilleure théorie pour soigner le «lien social». Le projet fouriériste est une merveilleuse tentative de marier les passions individuelles égoïstes et le bonheur collectif. Et ceci, grâce à ce fleuve sans direction nous dépassant que représente le sexe : cette force aveugle que certains vendent et d’autres achètent, cette puissance incompréhensible que notre inculture prend pour de l’amour, cette énergie cosmique qui se manifeste en chacun d’entre nous et que nous croyons venir de nous. Ou pire encore, en pensant que c’est nous.

 

Libération, Marcela Iacub, samedi 26 juillet 2014

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Personne, Jerzy Andrzejewski

Publié le par Jean-Yves Alt

Rentré à Ithaque, Ulysse est confronté à l'ennui de la vie domestique entre une Pénélope décatie et un Télémaque patibulaire qu'il n'a jamais aimés, et qui le lui rendent bien.

Il repart. Las ! Les dieux ont à cœur de doter les mythes de fins tragiques bien édifiantes. Rien à faire : le héros-modèle n'a plus à perpétrer d'exploit que celui de vivre en vrai mortel.

L'épreuve ultime, après les sortilèges d'antan, sera celle du sentiment de l'inanité de toute gloire : il n'affrontera maintenant que les contingences de la condition d'homme et, avec elles, le désenchantement qu'il y a, après avoir joué les légendes, à n'être plus personne à force de ressembler à tout le monde.

On comprend que l'Odyssée puisse se réduire à l'histoire d'un rencart sans cesse différé : Ulysse, en fait, n'est qu'un fuyard.

Andrzejewski lui adjoint Néomon, un bel éphèbe épris de lui, et le montre éludant même la solution dernière, l'amour : assumer de n'être qu'un homme, de n'être personne, jusqu'à se livrer à l'aimé et ne plus faire qu'un avec – héroïsme de la fusion sentimentale.

Un conte philosophique drôle, grave, sensuel et profond.

■ Personne, Jerzy Andrzejewski, traduit du polonais par Georges Lisowski, éditions Maren Sell, 1990, ISBN : 2876040379

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J'attends mon mari, de Karim Deya ou la difficulté d'être homosexuel en Afrique noire

Publié le par Jean-Yves

Thiossane et Moctar Saïdou Bâ sont des « Goor jigen », c’est-à-dire des homosexuels. Ils sont épris l'un de l'autre. Mais comment s’aimer entre hommes au Sénégal ? Leur marginalité les contraint à une discrétion absolue faite d’angoisse, parfois de terreur et de désespoir.

 

Ils n’ont rien à offrir à leur société que leur différence ni rien à recevoir d’elle. La solidarité n’existe plus que pour condamner l’homosexualité que l’on tient pour l’abomination par excellence. C’est un sujet qui embrase les foules. Les hommes politiques en jouent comme d’un paravent béni pour glaner les suffrages populaires, tenter de détourner l’attention des masses des véritables problèmes ou de la réalité de leur propre incompétence.

 

 

Tout naturellement, Thiossane et Moctar Saïdou Bâ aspirent à une vie plus sereine et projettent, à cet effet, de trouver refuge en Europe. Ils apprendront que les libertés dites fondamentales et universellement reconnues n’existent nulle part sans accrocs...

 

Karim Deya, auteur-né, utilise la littérature comme un cri de révolte.

 

Editions Textes Gais, juillet 2014, ISBN : 9782363079848, 12€ (format papier), 5€99 (format numérique)

 

Droits LGBT au Sénégal

Livre disponible aux Mots à la Bouche en format papier

Livre disponible chez Immateriel.fr en format numérique

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