J'ai longtemps hésité avant de parler du livre de Robert Merle, à qui l'on doit déjà une remarquable thèse sur Oscar Wilde et qu'il intitule : « Oscar Wilde ou la destinée de l'homosexuel ».


Je contesterai tout d'abord l'emploi de ce sous-titre qui a le tort de généraliser un cas tout à fait particulier.


J'ai eu, dans ma déjà longue existence, l'occasion de confesser de nombreux homosexuels et j'en suis venu à cette conclusion qu'il y a autant de cas différents que d'homosexuels.


En présentant Oscar Wilde comme l'homosexuel type, Robert Merle se trompe et nous trompe.


Wilde est le fils d'une femme au caractère viril qui, toute jeune, se lança dans la politique et qui, lorsque son mari fut le héros d'un procès où il était accusé, lui, chirurgien des yeux, d'avoir abusé d'une de ses clientes, n'hésita pas à se faire l'avocat de l'accusé.


Wilde fut désiré et élevé comme une fille. Ce qu'il y a de viril en sa mère se porte avec passion vers ce bel enfant qu'elle couvre de caresses. Elle parle, elle ne cesse de parler. Elle lui récite des vers. Oscar dira plus tard : « Si l'on s'accorde à trouver que je parle bien, c'est que j'ai dû longtemps savoir me taire ».


Et voilà le petit Oscar en robe de velours, en corsage décolleté barré d'une écharpe écossaise, couvert de rubans, de dentelles et de bijoux, comme une précieuse idole hindoue. Aujourd'hui encore, en Irlande, les mamans superstitieuses habillent leurs petits garçons comme de petites filles, de crainte que les fées ne les volent, car naturellement les fées qui ont du goût, ne s'intéressent qu'aux jeunes mâles.


Oscar fréquente à Dublin, l'Ecole de Portora, quand se déroule le procès intenté à son père. Les détails emplissent les journaux : « Voilà donc, se dit-il, où conduit ce grossier amour des hommes pour les femmes, à cette boue. »


Oscar en reste écœuré. Il chérit d'un amour idéal sa petite sœur Isola. Il ne la quitte pas. En 1867, il a treize ans, elle en a neuf. Et subitement elle meurt. Son âme en reste en deuil. Il erre solitaire. Il va la veiller au cimetière. Il y demeure des heures. Il pleure. Il prie. Et, quatorze ans plus tard, il la pleure encore dans un poème. Toute sa vie alors lui semble finie, et Wilde va devenir un homosexuel, mais un homosexuel au sens étymologique du mot : il aime son semblable en lui-même. Il est atteint de narcissisme. « Autrui, fait-il dire à l'un de ses personnages, autrui est tout à fait insupportable. La seule compagnie possible, c'est soi-même. S'aimer soi-même est le début d'un beau roman qui peut durer toute une vie. »

 
Et c'est ce qu'il révèle dans un de ses meilleurs contes en prose.


« Quand le beau Narcisse mourut, l'Etang de son plaisir devînt d'une coupe de douces eaux une coupe d'amères larmes et les Oréades vinrent en pleurant à travers le bois dire leurs chants à cet Etang, dans le but de le consoler. Et quand elles virent que l'Etang était devenu, d'une coupe de douces eaux, une coupe d'amères larmes, elles dénouèrent les vertes tresses de leurs chevelures, se lamentèrent sur l'Etang triste et lui dirent :


— Nous ne sommes pas étonnées que tu pleures ainsi Narcisse, car ce Narcisse était si beau !
— Etait-il donc si beau ? leur demanda l'Etang.
— Qui peut le savoir mieux que toi ? répliquèrent les Oréades.


Près de nous, il passait sans s'arrêter, mais toi, il te cherchait et s'étendait contre tes bords, et, baissant vers toi ses regards, au miroir de ton onde il voyait sa beauté.


Et l'Etang alors répondit :


— Si j'aurais Narcisse, c'est que, lorsqu'il s'étendait sur mes bords et baissait vers moi ses regards, au miroir de ses yeux je voyais ma beauté. »


Wilde avait intitulé cela « Le Disciple », et son disciple alors qu'il écrivait ce conte, était le trop beau Lord Alfred Bruce Douglas, que, blond et fatal, il avait entrevu par avance et décrit sous le nom de Dorian Gray. Cette histoire symbolique semble enfermer sa propre histoire, chacun des deux amis s'est admiré dans les yeux de l'autre. Oscar retrouvait dans Alfred cette jeunesse perdue qu'il avait adorée. Et, comme Narcisse, le jeune Lord aux cheveux d'or, le Prince Jonquille, le cher Bosie aimait se contempler dans les yeux pathétiques du poète. Aussi Bernard Shaw a-t-il écrit très lucidement :


« La vie d'Oscar Wilde fut aussi simple que la vie du "Chevalier des Grieux", et même elle la surpasse en cela qu'elle omet Manon, elle ignore Manon, et fait du héros le propre amant de lui-même. »


Mais quel homme, surtout quel artiste, n'est un peu l'amoureux de lui-même ? On sait quel est, et quel sera toujours le drame de la vie : chaque être – homme, animal ou plante – a été créé pour atteindre à sa minute d'apogée, à cet unique et merveilleux instant, plus parfait que le précédent – ou que celui qui le suivra.


C'est lors de cet éclair de transfiguration que surgit, chez qui le surprend, ce que l'on nomme « le coup de foudre ».


Miracle transitoire qui, par radioactivité, se prolonge parfois. Mirage par lequel se propage l'espèce.


Un esthète – Paul Adam – a pu déclarer que, pour la beauté, l'éphèbe doit être préféré à tout autre parce que cette beauté est d'autant plus rare qu'elle est fugace.


Dès le collège, Oscar a été séduit par la beauté. Il a été beau lui-même, très beau, mais cette beauté a vite passé. Alors il l'a cherchée chez d'autres, il l'a retrouvée surtout chez les classiques grées et dans la statuaire athénienne.


J'ai visité à Londres, à l'ombre de la cathédrale de Westminster, son camarade d'Oxford, le vénérable Carnegie qui m'a dit : « Lors des représentations du collège, Oscar était déjà très intéressé par les travestis. Il se costuma lui-même en Prince Rupert et il inventa un costume esthétique, veste et toque de velours, culotte et bas de soie, large cravate flottante, souliers vernis à boucles. »


Partout dans l'œuvre de Wilde, on rencontre le même éphèbe devant le miroir avec son sourire étrange et secret, que ce soit Charmides, ou l'enfant d'Etoile, ou Dorian Gray.


Robert Merle dit que le recueil des Poèmes de Wilde est fabriqué, artificiel. Quelle erreur ! ce n'est là qu'une longue confession où, sous le masque, il est toujours présent. Ainsi il termine sa prière à la Vierge à San Miniato par ces vers :


Toi que Dieu couronna de flammes et d'amour
Ecoute, écoute avant qu'un dur soleil de haine
N'expose à l'univers mon honte et mon péché.


Vous voyez qu'il a conscience du secret de sa chair, il va se confesser à la Mère entre les Mères, car la société qui l'entoure d'hypocrisie lui fait croire à sa honte. Ne semble-t-il pas avoir la prescience de son Destin ? Ce protestant est alors attiré par le catholicisme auprès duquel il pourra trouver plus d'indulgence et plus d'amour.


En 1877, un voyage en Grèce lui fait admirer la splendeur du corps de l'éphèbe divinisé dans le marbre avec sa force et sa grâce, cette beauté ambiguë où rayonne, semble-t-il, la fleur des deux sexes. Et déjà les baignades d'Oxford avaient troublé ses sens par les nudités entrevues. Voici la première vision qu'il en a notée dans une transcription mythologique :


Hors du clair-obscur du bois jaune
A l'aube, au pré frais de parfums,
Corps d'ivoire aux vifs reflets bruns,
Comme un éclair jaillit mon faune.


Déjà par le désir il presse contre lui ce corps qui se dérobe. Et tout au long de ses poèmes et plus tard, de ses contes, apparaitront de beaux jeunes gens.


Néanmoins, Oscar a voulu connaître la femme. A Oxford, la femme ne doit pas pénétrer dans la ville universitaire, mais elle rôde à l'entour.


Un soir, dans l'ombre d'un porche, un des « doms », un de ces gardes policiers qui exercent leur surveillance sur les étudiants quand ils flânent en ville, surprend Oscar en conversation galante avec une fille. Il l'aborde et lui demande :


— Que faites-vous, Monsieur, avec cette personne ? L'interpellé réplique :
— Monsieur, c'est ma sœur.
Le grave surveillant lève sa lanterne vers le visage plâtré, les lèvres fardées de la fille et dit :
— Vous devez vous tromper, Monsieur, car lorsque j'avais votre âge, c'était déjà ma sœur à moi.


Peut-être est-ce cette rôdeuse qui lui injecta son mal ? Toujours est-il qu'Oscar contracta la syphilis. A cette époque, le traitement préconisé pour cette terrible maladie était le mercure.


Chez Wilde, le mercure provoqua bientôt la décoloration puis la chute des dents.


Il était très grand. Il n'y avait en lui rien d'efféminé. Il jouissait d'une force physique peu commune et ses camarades de collège l'éprouvèrent à leurs dépens : quand ils essayèrent de le soumettre aux brimades infligées à tout nouveau de l'Université.


Au sortir d'Oxford, Wilde loue un atelier dans la rue Salisbury à Londres, atelier qu'il partage avec le peintre Frank Miles qui semble avoir été, dès Oxford, au collège de Magdalen, son premier ami.


Frank Miles a fait le portrait d'une beauté très grecque : Miss Lily Langtry – le lys de Jersey –  que Wilde salue comme « la nouvelle Hélène, jadis de Troie, aujourd'hui de Londres ». Il essaie durant tout un mois d'aimer une femme pour la première fois mais s'intéresse davantage à ses toilettes qu'à son corps.


C'était au mois de juin. Un poème nous raconte ce mois passionné au milieu des lilas en fleurs, et devançant Marcel Proust, Wilde notera l'influence des parfums sur la mémoire, durant toute son existence, la senteur des lilas évoquera pour lui le mois de juin « le plus étrange de sa vie ».


Mais cet essai loyal est infructueux et Lily lui crie, lors de la séparation :


« Vous n'aurez rien fait que dévaster votre vie ! »


Cri prophétique s'il en fut.


Lily, d'ailleurs, était belle comme un jeune pâtre de l'Hellade. Profil parfait, poitrine sans proéminence, taille svelte et jambes nerveuses.


Wilde reste son ami. Il lui dessine des robes, la guide, la suit dans sa carrière d'actrice. Il voudrait lui voir jouer les travestis de Shakespeare. Le théâtre mène à la galanterie. Lily Langtry devint la maîtresse du Prince de Galles, futur Edouard VII, qui, par la suite, lui fit épouser un vieux lord. J'ai connu « le lys de Jersey », quand, vieillie mais belle encore, Lily s'était retirée à Monte-Carlo sous le nom de Lady de Bath. Elle y finit sa vie, très respectable et très respectée. Interrogée par moi, elle me dit : « Je savais qu'Oscar avait toujours eu ces goûts, mais c'était un tel artiste ! Il souffrait de toute laideur rencontrée – il me semble parfois, disait-il, que Dieu en créant l'homme et la femme a quelque peu surestimé ses aptitudes. »


Wilde a vingt-sept ans. Il a été en Amérique, il y a même conversé avec Whitman sur la « camaraderie » telle que celui-ci l'entend. Le poème qu'il a dédié à la belle Lily est le premier qu'il ait dédié à une femme. Il lui en adressa un autre qu'il intitula « Madonna mia », mais c'est un sonnet travesti. Il l'avait d'abord écrit sur un jeune homme :


Un bel et svelte gars non fait pour notre peine
Aux cheveux d'or pressés en boucles sur l'oreille
Aux yeux emplis d'attente et voilés de pleurs d'aube.
Comme une eau bleue et vue à travers un brouillard,
De pâles joues où nul baiser n'a mis sa tache
Et le sein aussi blanc qu'un poitrail de colombe.


Cela devient, en changeant quelques mots :


La fille au teint de lys non faite pour la peine
Aux doux cheveux châtains tressés près de l'oreille,
Aux yeux emplis d'attente et voilés de pleurs lents
Comme une eau bleue et vue à travers un brouillard,
De pâles joues où nul amour n'a mis sa marque,
Une gorge aux blancheurs d'argent de la colombe.


Et voilà ! le sonnet du boy est devenu le sonnet de la girl.


Le grand poème à Lilly Langtry se termine par ces mots :


...rien ne m'apprenait à croire
Que le cerveau de chair
Peut contenir dans ses minces cases d'ivoire
Et tout le ciel et tout l'enfer.


Evidemment pour Wilde il y a un obstacle entre lui et la femme ; cet obstacle, c'est la vision de la mère et de la sœur, êtres sacrés.


Aussi, qu'il s'adresse à Lily Langtry, à Ellen Terry, à Sarah Bernhardt, c'est toujours avec des lys pleins les bras, odorante barrière de chasteté.


Wilde lutte contre son penchant. Il veut se marier, mais il a des scrupules, il consulte son médecin qui l'assure qu'il est complètement guéri du mal vénérien. Lorsqu'en 1881, il rencontre Miss Constance Lloyd qui a les mêmes yeux bleus qu'il retrouvera plus tard chez Alfred Douglas, il fait sa conquête. Elle l'adore – et c'est si bon d'être adoré ! Elle a un visage ingénu, un visage d'éphèbe. Elle est blanche et svelte comme un lys. Le lys encore. Le mariage a lieu. Wilde l'organise comme une grande première.


Il dessine la robe de la mariée et les toilettes des demoiselles d'honneur. Il est fier de la posséder. Il raconte à ses intimes sa nuit de noces, il a bientôt un fils Cyril (qui aurait aujourd'hui soixante-douze ans) et l'an suivant, un second : Vyvyan qui vit toujours et qui, dans un livre (Fils d'Oscar Wilde) a raconté quel supplice ce fut pour lui, dans l'Angleterre puritaine, d'être le fils d'un tel père.


Mais voilà qu'Oscar constate avec épouvante que toute trace de syphilis n'a pas disparu de son organisme. Cette fâcheuse découverte a interrompu tout rapport physique avec sa femme que la maternité a d'ailleurs alourdie. Wilde ne semblait accorder alors à l'inversion qu'un intérêt de curiosité.
« Je ne crois pas, disait-il à ses amis, que ceux qui font ces choses éprouvent la moitié du plaisir que j'ai à en parler. »


Inconsciemment, il était bisexuel, lui-même se disait « bimétalliste » et vous retrouverez ce mot dans ses dialogues.


« C'est, explique Oscar, que je suis sensible à la beauté, de quelque sexe qu'elle soit, aussi bien à l'or de Phoebus qu'à l'argent de Phoebé. »


Arcadie n°37, Guillot de Saix, janvier 1957



Lire la seconde partie

Publié dans : REVUE ARCADIE

Un livre luxuriant, plein d'entrelacs, dans une langue simple et riche à la fois, assez répétitive quand il le faut pour être étrange et prenante.

 

Pour avoir cru qu'en Tunisie les gens étaient plus heureux, pour avoir rêvé que les épaules noires de Mohamed étaient le dernier refuge, le narrateur quitte les brumes glacées de Paris pour s'enfoncer dans la tiédeur sournoise de l'hiver tunisien.

 

Mais Tunis en hiver ne tient pas les promesses brillantes et faciles de l'été. Les rencontres n'y sont plus innocentes mais inquiétantes. Les portes se ferment, les fleurs sont vénéneuses, le plaisir est vénal et l'amour, surtout s'il est homosexuel, se cache, se masque et se travestit.

 

Le livre est soumis à l'hiver, à une morte saison où la rencontre de deux modes de vie étrangers, de deux mondes qui ont été liés, de deux antagonismes, fait de l'existence une agitation sournoise, inquiète, équivoque et promise à une surveillance ambiguë et mal assurée. Il court dans ce livre la pauvreté, il court la misère, il court le mépris et la haine pour l'Européen dont l'image sue la richesse et à qui on vend de l'amour, celui qu'il n'aura pas autrement, avec tous les sourires aimables d'une hypocrisie d'hôte. Du moins tel serait le jeu que les parties – chacune profitant de l'autre et s'aveuglant sur elle – s'entendent habituellement à respecter pour leur tranquillité réciproque et leur jouissance immédiate.

 

Le moteur de dérèglement est ce sentiment qu'on appelle (à tort ?) l'amour, un sentiment en tout cas un peu poussé au-delà des limites expressément convenues d'ordinaire.

 

Et lorsque deux parias s'en mêlent, rien n'est tout à fait pareil : un Européen, jeune, désargenté (crime suprême), isolé, ne frayant guère avec la société, et un Noir tunisien, orphelin de père, misérable d'origine, prostitué, proie facile pour la police.

 

Deux qui ne sont pas de la bourgeoisie de leur pays respectif, et le moins que l'on puisse dire, c'est que chacune de ces bourgeoisies se voit clouée au pilori par des traits acérés et sans complaisance.

 

 

Une sorte de roman policier et d'aventures finalement dont on ne sait quel est trop le crime, ni le coupable et qui le poursuit, avec une police malséante et libidineuse, raciste et craintive, aux portes de la grande Afrique noire, déesse tutélaire et mystérieuse.

 

■ Editions Olivier Orban, 1980, ISBN : 2855651212

 

Publié dans : LIVRES

À la fin du XVIIIe siècle, la peinture de paysage devient un genre à part entière, se démarquant des allégories religieuses, historiques et mythologiques. Cet affranchissement se produit surtout en Italie, où des artistes venus de l'Europe entière (pays scandinaves compris) sortent de leurs ateliers urbains pour découvrir la campagne et peindre en plein air, directement sur le motif.

 

Dans un contexte de découverte de l'Antiquité, ces travaux viennent en complément de ceux des écrivains voyageurs et du développement des fouilles archéologiques. De fait, l'étude in situ des sites de la Rome antique est prétexte à de plus amples études sur le paysage.





Giovanni Battista Lusieri – Vue du temple de Sérapis à Pozzuoli

 

Ces vues sont caractérisées par une manière abrégée de construire l'image et une absence de narration. L'usage de techniques comme l'aquarelle et l'huile sur papier ont joué un rôle dans cette évolution. Mais c'est la place prépondérante accordée à la lumière qui marque l'ensemble de cette production ; les palettes sont claires et les couleurs chatoyantes, riches de ces terres italiennes.

 

Johann Wilhelm Schirmer – La Cassina de Raphaël dans les jardins de la Villa Borghese

 

De même, de nouveaux cadrages sont expérimentés. Les sujets varient de la scène bucolique au panorama urbain, en passant par la vue de la chambre d'hôtel.

 

Johan Christian Dahl – Paysage du soir avec berger

 

De nombreux sites italiens sont représentés, Rome étant naturellement la ville de prédilection – mais on peint également Naples, la Sicile, les lacs...

 

Antoine-Félix Boisselier – Le lac Nemi

 

Il ne manque que le chant des cigales et l'odeur des pins...

 

Publié dans : EXPOSITIONS-ARTS

Nicole Canet

 

et la Galerie Au Bonheur du Jour

 

présentent :

 

Wilhelm von Gloeden – Wilhelm von Plüschow – Vincenzo Galdi

 

Photographies 1880-1915

 

Portraits, Scènes de genre, Nus

 

du 16 avril au 28 juin 2014

 

Vernissage le mardi 15 avril de 18h à 22h

 

 

Taormina, avec le célèbre baron von Gloeden, sa poésie, son romantisme et tous ces garçons métamorphosés en héros de l’antiquité.

 

Naples, Rome, Pompéï, avec von Plüschow, le précurseur et l'éclectique.

 

Vincenzo Galdi, modèle et photographe, qui nous surprend par sa modernité et son audace.

 

Paradis de la beauté, de la liberté, dans ces lieux bénis par l’histoire.

 

Exposition et catalogue sont un hymne à l'Italie, à la jeunesse, aux ragazzi immortalisés par ces trois pionniers de la photographie du XIXe siècle.

 

GLOEDEN GARCONS THEATRE DIONYSOS ATHENES 1895

 

Von Gloeden – Garçons dans le théâtre de Dionysos à Athènes – vers 1895

 

Catalogue : Éditions Nicole Canet, 2014, ISBN : 978-2953235173, Édition limitée à 950 exemplaires numérotés à la main, 248 pages, relié, 220 photographies (certaines très rares), biographie de chacun des trois auteurs, Français-Anglais

 

Galerie Au Bonheur du jour 

11 rue Chabanais - 75002 Paris

01.42.96.58.64

du mardi au samedi 14h30 – 19h30

Publié dans : COMMUNIQUE

Le Ciel & autres contes, Anne-Marie Beeckman

 

Certains poèmes réunis dans ce recueil ont paru dans les Cahiers de L’Umbo ou dans la collection du même nom, qu’anime Jean-Pierre Paraggio. Deux d’entre eux, Les Joies sauvages et Le Ciel et autres contes, sont inédits.
 

• éditions Pierre Mainard/Grands Poèmes, 66 pages sous couverture à rabats, février 2014, ISBN : 978-2913751521, 11€

 

Vent des lanternes (Haïku), Pierre Peuchmaurd
 

Braiement d’un âne –
l’hiver
est vaste
Champs de chanvre –
les jeunes filles s’y couchent,
blanche sur blanche
Lune bleue sur les bois,
la nuit
dort d’un œil
 

• éditions Pierre Mainard, 48 pages sous couverture à rabats, ISBN : 978-2913751538, 9€


Formulaire (Aphorismes), Olivier Hervy
 

Hervy signe, ici, son troisième recueil d’aphorismes : Formulaire. Dans des formules laconiques, tour à tour grinçantes, comiques et poétiques, l’auteur agite l’air du temps avec justesse. 

 

Un petit banc dans la cheminée – si c’est ça, l’enfer...


« Du concret ! Du Concret ! » Scandent les manifestants devant la préfecture. C’est appeler de ses vœux la matraque.


Le coquelicot ne tient pas en vase. On a sa dignité.


Mieux organisés aujourd’hui, les bandits de grand chemin se trouvent aux péages des autoroutes.


• éditions Pierre Mainard, 72 pages sous couverture à rabats, ISBN : 978-2913751514, 11€ 

 

Pierre Mainard, éditeur
11, boulevard de Gaujac - 47600 NÉRAC
mainardeditions@free.fr / Fax : 05 53 65 93 92

Publié dans : COMMUNIQUE

Les descriptions de l'auteur ont la sécheresse d'un entomologiste, sa construction la précision d'un scénario cinématographique. Autant dire que le récit de la vie triste et banale de Pierre-François Quarsan, barman de nuit dans un palace d'une station balnéaire, n'invite pas au rire.

 

A quarante-trois ans, Pierre-François Quarsan souffre de la solitude et de l'ennui, et trompe son désespoir en se rappelant ses amours.

 

Il éprouve bien un désir timide pour le jeune pianiste du bar, mais celui-ci se suicide avant qu'il n'ait trouvé le courage de lui parler.

 

Reste le quotidien sans joie, rythmé par le bar la nuit, la mer à l'aube et les journées vides.

 

A force de ressassement volontaire, Christian Estèbe trouve un ton à la fois original et désenchanté qui donne ce petit pincement au cœur si caractéristique des œuvres qui touchent.

 

 

■ Editions Luneau Ascot, 1982, ISBN : 290315726X

 

Publié dans : LIVRES

Ce roman policier met en scène un flic machiste et séducteur, le lieutenant Wheeler, aux prises avec l'assassinat d'un jeune et beau modèle de photos pornos homosexuelles, Nigel Barren.

 

Son enquête, qu'il effectue sans trop de zèle, le mène de boîtes sordides, telles que le Club de la Pédale Vaillante, en villas de milliardaires qui n'abritent, bien entendu, qu'Apollons dépravés et nymphomanes de tous âges.

 

Tout cela pourrait être amusant (au troisième degré) si ce polar, bâclé dans son écriture (à moins que ce soit dans sa traduction), ne reproduisait pas des lieux communs éculés que ne compensent même pas une psychologie sommaire et un humour paléolithique.

 

"C'est pas triste" n'est vraiment pas très gai.

 

■ Editions Gallimard/Carré Noir, 1981, ISBN : 2070433773

 

Publié dans : LIVRES

Alexandre Parent-Duchâtelet rend compte, du vécu de la prostitution au XIXe siècle.

 

Alain Corbin présente et annote une édition abrégée du texte original d'Alexandre Parent-Duchâtelet publié en 1836 sous le titre : « De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l'hygiène publique, de la morale et de l'administration... »

 

Parent-Duchâtelet, médecin hygiéniste et philanthrope, est « un des pionniers de la sociologie empirique ». Son livre, « d'abord un ouvrage sur la prostitution, non sur les prostituées » se veut « une somme, un modèle d'exhaustivité ».

 

Au terme d'une enquête de huit années et d'un énorme travail sur le terrain, ce spécialiste des égouts de Paris livre avec prudence et modestie le résultat de ses investigations.

 

Consacré exclusivement à la prostitution féminine, ce livre s'attache à en décrire les aspects quotidiens, administratifs et médicaux.

 

L'auteur, s'il évoque rapidement (pages 113 à 119) l'homosexualité féminine, au travers des « tribades », n'échappe pas pour autant aux préjugés anti-homosexuels de son temps.

 

■ texte présenté et annoté par Alain Corbin, « Editions du Seuil/Points Histoire », 2008, ISBN : 978-2757806913

 


Lire aussi : La prostitution antiphysique, François Carlier

 

Publié dans : HISTOIRE

Le narrateur – chômeur et borgne – évacue son passé et questionne son corps (est-il atteint d'un cancer du rectum ?) dans un refuge précaire : les WC communs de l'étage où il ausculte les vingt-cinq volumes d'une encyclopédie.

 

Mais bientôt, le temps qu'il passe aux cabinets devient source de quiproquos, et les conflits avec ses voisins de palier vont se multiplier.

 

Ce récit dit la recherche passionnée d'une identité contre la férule du conformisme omniprésent en refusant le mode d'emploi imposé par la société, en comprimant ses jours dans le périmètre des latrines collectives.

 

La démarche du narrateur a à voir avec un symbolisme de la démesure : le savoir des hommes ne donne pas de réponse aux vraies questions – les guerres, la maladie et autres solitudes –, il s'accumule sur les bords du trou où se déversent nos déjections et nos défaites !

 

Les interdits sont rejetés derrière la mince cloison des WC où une ampoule médiocre agite les ombres d'un minable microcosme. Il s'agit de préserver l'intégrité de l'individu, d'exalter l'existence pour mieux railler l'aliénation, d'espérer une autre délectation.

 

Jean-Luc Benoziglio a la plume tendre, incisive et féroce. L'auteur interpelle avec l'élégance d'un acrobate : n'oublions pas au-dessus de quelles possibilités scatologiques il évolue... sans y tomber ! Un Rabelais mâtiné de Montaigne !

 

■ Editions Seuil/Points, 2001, ISBN : 2020510650

 

Publié dans : LIVRES

Avec Pietro Vannucci, dit le Pérugin (1448-1523), d'une génération qui suit celle du Mantegna (1431-1506), quelle transformation : une tendre piété remplace une foi sévère. En accord avec cette sensibilité nouvelle, la technique s'est rénovée pour produire une œuvre d'un genre tout différent.

 

Ce n'est plus une fresque mate, mais une peinture à l'huile, avec les qualités sensuelles d'une exécution caressante qui aime les demi-teintes et les glacis. La couleur, blonde et suave, crée une harmonie dorée. L'air circule. Le jeu léger des valeurs aériennes remplace la rigueur ascétique de la géométrie spatiale.

 

Le décor lui aussi est plein de séduction : architecture calme, parée de l'aimable ornementation de la Renaissance, doux paysage aux collines alanguies où poussent de jeunes arbres encore grêles.

 

Nul besoin d'archéologie ou de symbolisme pour exprimer la tristesse de quitter, par une mort précoce, la chaude lumière de l'Ombrie.

 

Le choix du modèle n'est pas moins significatif : c'est un bel éphèbe, souple et musclé, avec tout le charme de la jeunesse et encore un peu les rondeurs de l'enfance. La pose recherche l'élégance : l'appui, pris sur la jambe droite, détermine un hanchement qui oppose l'inflexion des courbes à des droites sans rigidité. Les lignes des bras rappellent habilement celles des jambes et du paysage. L'horreur du supplice a été éludée.

 

 

Le Perugin (Pietro Vannucci dit) – Saint Sébastien – 1490/1500

Peinture à l'huile sur bois, 176cm x 116cm, Musée du Louvre, Paris

 

Saint Sébastien n'apparaît pas, hérissé de flèches, dominant par une volonté implacable les spasmes de l'agonie. Il n'a été blessé que de deux traits, dont un au cœur. La tête renversée, les yeux au ciel, en extase, il se confie à son Sauveur.

 

Il évoque un peu ces génies funèbres de l'Antiquité, purs et tranquilles. Sans doute, les Grecs redoutaient-ils la Mort, mais ils ne la voulaient point lugubre, effroyable comme celle que devait imaginer le Moyen Age. Ils la rêvaient noble et calme, emportant la vie et non pas la beauté.

 

Une belle lumière ambrée baigne saint Sébastien et l'œuvre suggère une tendre harmonie. Ce n'est plus l'ode héroïque de Mantegna, mais une élégie caressante. Faut-il vraiment dédaigner tant de charme ?

 

Publié dans : EXPOSITIONS-ARTS

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 


 

 

Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur

 

 


 

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