Dimanche 18 mai 2008

C'est en 1987, que le photographe Nicholas Nixon décide de contacter des malades du sida, par l'intermédiaire d'un comité d'action. Quelques personnes acceptent alors d'être régulièrement photographiées, mois après mois, chez elles ou à l'hôpital.

 

Si elles sont souvent dures, ces photos ne donnent pas dans le sensationnel : elles sont intimes, montrant les malades seuls ou avec leurs familles.

 

Parfois, comme dans cette première photographie présentée, le malade pose avec défi, torse nu.

 

 

 

Pour exister, une catastrophe doit-elle passer par l'image ?

 

« Faire face au sida, consiste d'abord s'habituer à son aspect », pourrait être la conviction de Nicholas Nixon. A quoi sert de recouvrir une ville d'autocollants « Silence = Mort » si on n'ose regarder un malade du sida en face ? 

 

Ce malade pourrait être vous. Il sera peut-être vous. Et la vie ne s'arrête pas avec un diagnostic.

 

Samedi 17 mai 2008

Dire « pédé », « enculé »… rappelle la hiérarchie des sexualités, et renvoie l’homosexuel à sa place.


Celui qui profère ces mots fait entendre que l’homosexuel ne peut pas partager son univers. Que l’homosexuel ne peut avoir les mêmes droits. C’est ce que clame haut et fort l’insulte. L’exclusion.


« Pédé », « enculé »… ne sont pas que des mots. Car ces mots véhiculent une histoire. Celle de la persécution, de la justification théologique, psychanalytique, psychiatrique. La justification de la mort même des gays et des lesbiennes.


On commence à percevoir maintenant l’homophobie comme un discours de haine alors qu’auparavant elle était nécessaire, indispensable dans l’éducation, particulièrement dans celle des garçons : « être un homme c’est surtout ne pas être une femme, ne pas être un pédé ». Cela fait encore partie de l’éducation de l’homme, du masculin.


Il y a une tyrannie du silence. Les hétérosexuels qui vont chaque jour à leur travail restent hétérosexuels, ils n’y pensent pas, ils sont simplement normaux, ils n’ont pas comme on dit d’« orientation sexuelle » ; seuls les gays et les lesbiennes en ont une. Quand les hétérosexuels sont sur leur lieu de travail, ils parlent de leur mari, de leur femme, ils ont une alliance au doigt… ils s’identifient constamment en tant qu’hétérosexuels par de petits mots codés dont ils n’ont même pas conscience.


Les homosexuels font ce qu’ils veulent dans leur vie privée mais ils ne peuvent se manifester en tant que tel : on tolère leur homosexualité sous condition que cette homosexualité ne soit pas dans l’espace public.


L’homophobie ne serait-elle pas aujourd’hui la peur de l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualité ?


Samedi 17 mai 2008

Nicolas Sarkozy a jusque-là dit « non » à la reconnaissance par la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, célébrée chaque année le 17 mai dans plus de 50 pays.


Celle-ci est pourtant reconnue par le Parlement européen, la Belgique, le Royaume-Uni, le Mexique, le Costa-Rica…



Nicolas Sarkozy disait non encore à une résolution qui permettrait, si la France la soutenait à l’ONU, d’obtenir la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Cette proposition était pourtant soutenue par de nombreuses personnalités à travers le monde, plusieurs prix Nobel, intellectuels, artistes, personnalités politiques de renom.

Source de cet article : http://www.gaymag.fr/?p=310



Dernière information : La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, qui a reçu des associations luttant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, a déclaré qu'elle avait présenté "le principe d'une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui serait portée devant l'Assemblée Générale des Nations unies" durant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008.


Vendredi 16 mai 2008

Après s'être rencontrés dans un bar, deux jeunes hommes, Bryan et Brian, passent la nuit ensemble. Pris dans leurs désirs immédiats, ils font l'amour sans protection puis s'endorment.


Le film s'ouvre sur le réveil de Bryan après un rêve pénible, bientôt suivi par celui de son compagnon de soirée. Les deux garçons s'engagent dans une odyssée verbale infinie, et avec elle, les premiers désaccords : une de ces discussions de nuit où chacun révèle des secrets intérieurs qu'il ne dirait pas – en temps normal – à son ami le plus proche.


Chacun, à travers sa propre histoire livre à l'autre son intimité, entre confidences et ratiocinations : tentative de signifier quelque chose de leurs vies, le monde autour d'eux, leurs séductions auprès d'autres hommes, le SIDA, la bisexualité et les questions vaines… comme «Pourquoi les chaussettes ne correspondent jamais quand on les sort de la machine ?».


Together Alone réussit cette gageure de tenir le spectateur en haleine pendant une heure et demie autour de ce dialogue réaliste et intime entre ces deux Brian et Bryan, dans la pénombre (les images sont en noir et blanc) de la chambre où ils ont fait l'amour, aussitôt après leur rencontre.



On en oublie que ces deux garçons sont des comédiens, tellement ils sont excellents.


Un film impressionnant.


par Jean-Yves publié dans : FILMS
Jeudi 15 mai 2008

Princes du sang et seigneurs de cour, maréchaux chargés de gloire et prélats couverts de pourpre... Au XVIIe siècle, les grands du royaume font à peine mystère de leurs goûts. A l'avènement des Lumières, la sodomie s'appelle « péché philosophique ». Mais la Révolution efface à tout jamais le crime contre-nature.


L'aube du XVIIe siècle est traversée d'une intense fermentation spirituelle. Sous l'aiguillon du Concile de Trente (1), l'Église regroupe ses forces et s'apprête au combat pour sa restauration : on rétablit l'obéissance, on renforce la discipline, on stimule la piété, on redouble de sévérité à l'encontre du libertinage, qu'il soit de mœurs ou de pensée. A peine rentrés en France, les disciples d'Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des jésuites, s'attribuent le monopole de l'intégrité catholique, tandis que la Cour tâche de faire oublier ses débordements passés sous des mines de prude effarouchée. Le jeune Louis XIII se fait appeler le Chaste. Mais ses proches n'ignorent pas la fascination qu'exercent sur lui un Albert de Luynes ou un Cinq-Mars, favoris bien-aimés. Trop chéris même, car, selon certains intimes, l'homosexualité royale serait pleinement réalisée.


LES RUBANS, LES DENTELLES ET LES BIJOUX DE MONSIEUR


Moins exposés que le souverain, les princes du sang et les seigneurs de cour jouissent d'une plus grande liberté. Son frère, Gaston d'Orléans, son demi-frère César de Vendôme, dont le nom rime si souvent avec Sodome, dissimulent à peine leur penchant pour le beau vice. Chacun sait, par ailleurs, qu'Henri de Bourbon, prince de Condé, propre père du vainqueur de Rocroi (lequel héritera d'ailleurs de ses moeurs), drague parmi le petit monde des collèges, que le prince de Guéménée, d'une laideur proverbiale, taquine ses pages, que le maréchal de Guiche est surnommé Ma Guiche, que le duc de Bellegarde ne doit sa fortune qu'à ses complaisances auprès de certains hommes influents, que l'évêque d'Auxerre est fort épris d'un certain Chamarande, porte parasol de Richelieu, ravissant jeune homme de dix-huit ans, que Charles Du Bellay, prince d'Yvetot, donne plutôt dans la plèbe et paie (fort cher) de rudes gaillards.


Au siècle des Lumières, les guinguettes accueillent les chevaliers de la manchette sous leurs tonnelles. Il souffle ici un air de liberté qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.


Nicolas Tournier, Réunion de buveurs, début du XVIIe siècle

Le Mans, musée Tessé


Sous le règne suivant, nul n'ignore que Monsieur, frère de Louis XIV, est habité depuis l'enfance par le fantasme du travesti. Il raffole des rubans, des dentelles, des bijoux, et porterait volontiers la robe, comme l'abbé de Choisy, si son rang ne l'en empêchait. A l'instar de ces deux travestis illustres, l'abbé d'Entragues, issu d'une des meilleures maisons de France, gardera toute sa vie l'accoutrement et le caractère d'une fille.


On classera ces manies un peu ridicules, mais inoffensives, parmi les innombrables manifestations du fétichisme sexuel. Mais il y a plus sérieux. De jeunes seigneurs nombre desquels le comte de Guiche, Gramont, Biran, Tallard, Tilladet, neveu de Louvois, fondent en 1678 une société secrète dont les statuts prévoient l'abstinence totale à l'égard de la femme ; ils portent tous une médaille représentant un homme foulant une femme aux pieds. A peine la confrérie est-elle fondée, que les premiers personnages du royaume font acte de candidature : le comte de Vermandois, fils de Louis XIV et de Mlle de Lavallière, le jeune prince de Conti, neveu du Grand Condé, d'autres encore, par dizaines. Ces trublions sèment partout le scandale et la terreur, car leur violence peut aller jusqu'au crime. Naturellement, la justice ferme les yeux. Vermandois s'en tire avec quelques coups de fouet sous le regard paternel, Conti par une résidence forcée chez lui, à Chantilly. On n'inquiète pas davantage le maréchal duc de Vendôme, petit-fils du précédent, qui fit jadis la fortune du futur cardinal Alberoni, parce qu'un jour celui-ci s'était jeté à ses pieds et s'était écrié, en lui baisant le postérieur : « O culo di angelo ! » Aujourd'hui, le malheureux paie des palefreniers dont il fait ses amants...


AU XVIIe SIÈCLE, UNE BRIGADE DES MŒURS SE MET EN PLACE


Nulle mesure non plus à l'encontre du maréchal d'Huxelles, ni du maréchal de Villars, ni du maréchal de Guiche, ni du maréchal de Gramont... Va-t-on priver le royaume de ses meilleurs officiers, au motif qu'ils confondent l'armée française avec le Bataillon sacré de Thèbes ? Si la cuirasse protège le soldat (et pas seulement contre l'ennemi), la pourpre protège le prélat – et l'Église. De Jean de Bonzi, archevêque de Toulouse, au cardinal de Bouillon, qui s'affiche à Rome escorté de ses mignons, en passant par le cardinal de Coislin, prince-évêque de Metz, Hyacinthe Serroni, archevêque d'Albi, l'abbé d'Auvergne (de la famille de La Tour d'Auvergne), dont Saint-Simon déclare que ses moeurs étaient publiquement connues pour être celles des Grecs, et son esprit pour ne leur ressembler en aucune sorte, la hiérarchie ecclésiastique abonde en disciples de Socrate.


L'impunité dont bénéficient les ordres supérieurs de la société s'explique aisément par une justice à géométrie variable, qui épargne les puissants et réserve ses rigueurs aux plus faibles. A suivre la loi dans son inflexibilité, tout individu (homme ou femme), convaincu du crime de sodomie, devrait être brûlé vif et ses cendres jetées au vent. Tous les textes juridiques d'Ancien Régime s'accordent là-dessus. Mais cette peine ne fut jamais appliquée à la lettre. Entre 1317 et 1789, les archives judiciaires ne signalent que trente-huit exécutions capitales pour fait de sodomie. Même en tenant compte des lacunes desdites archives, ce chiffre paraît ridiculement bas. D'autant que sur ces trente-huit condamnés figurent une bonne douzaine de criminels également accusés de rapts et de meurtres. En décembre 1661, deux proxénètes, Chausson et Paulmier, coupables d'avoir fourni de jeunes garçons à de grands seigneurs, après les avoir violés, sont condamnés au bûcher, et à avoir la langue coupée.


Au siècle des Lumières, la sodomie devient péché philosophique ; la procédure criminelle s'efface à peu près totalement, au bénéfice d'une répression policière accrue. Une véritable brigade des mœurs se met en place. Le lieutenant général de police dispose désormais d'un vaste réseau de renseignements aux mailles serrées, tandis que s'ouvre une chasse implacable aux sodomites. Les exempts de robe courte sont particulièrement affectés à la filature et à l'arrestation de ceux que l'on appelle alors les infâmes ou les bougres ; ils dépendent directement du lieutenant général et entretiennent à leurs frais des agents provocateurs, les «mouches», recrutés le plus souvent chez de jeunes délinquants en liberté conditionnelle. Le rôle de la mouche consiste à se promener sur les lieux de drague (Tuileries, Luxembourg, quai à la Ferraille, etc.), à se faire raccrocher par un promeneur, à susciter des propositions, avec attouchements, si possible. Ces prémices suffisent à établir le flagrant délit. La mouche feint alors de consentir et entraîne son compagnon au cabaret le plus proche. A peine ont-ils fait trois pas que, sur un invisible signe de tête à l'exempt, dissimulé dans les parages avec ses hommes, le quidam est embarqué chez le lieutenant général qui le soumet à un interrogatoire.


S'il n'y a ni prostitution, ni violences, ni blasphèmes, le prévenu est relâché, moyennant une réprimande (la mercuriale) et une soumission par laquelle il s'engage à ne plus fréquenter les promenades publiques. En cas de récidive, tout dépend de la condition de l'intéressé. Un fils de la noblesse sera remis en liberté sur-le-champ. A moins que sa famille n'obtienne contre lui une lettre de cachet, afin d'éviter le scandale et de tempérer ses ardeurs. Au pire, il perdra sa charge et sera consigné à résidence sur ses terres. S'il s'agit d'un ecclésiastique, on préviendra aussitôt son supérieur hiérarchique – en général l'évêque du diocèse –, lequel reléguera le coupable au fond d'un couvent de province, où il pourra méditer tout à loisir sur les fatales inconséquences de la chair.


A partir de 1750 environ, se met en place un tarif dégressif des peines pouvant aller jusqu'à l'acquittement, en fonction des renseignements fournis par le prévenu. Ainsi, un certain Jean-Louis, dit La France, domestique de son état, est remis en liberté en échange d'une longue déposition par laquelle il dénonce tous les sodomites de sa connaissance. Quelques mois plus tard, le nommé Chatagnon, faiseur de petits clous pour les gainiers, bénéficie de la même clémence. En marge du rapport qui le concerne, on peut lire la mention suivante : On lui a fait grâce, à condition qu'il avouerait tous ses complices et tout ce qui était arrivé sur cet objet. Beaucoup d'autres agissent de même et dénoncent leurs partenaires. Ainsi se constitue un véritable fichier rose du milieu gay, dont les archives de la Bastille conservent encore de larges fragments.


LA RÉVOLUTION ABOLIT LE CRIME DE SODOMIE


On y apprend, entre autres choses, que le péché philosophique ne concerne pas seulement les élites, mais toutes les couches de la société, depuis les princes du sang, les grands seigneurs et les prélats jusqu'aux modestes vicaires de paroisse, aux enseignants, artisans, marchands, artistes, laquais... Ils draguent tous dans les mêmes lieux, boivent dans les mêmes guinguettes, fréquentent les mêmes garnis, parlent le même langage, répondent aux mêmes signes de ralliement, bref s'organisent en communauté, au sein de laquelle se développe en chacun le sentiment d'appartenance au groupe. Certains même se constituent en confréries, calquées sur le modèle maçonnique, avec répartition en loges, rituel d'initiation, cérémonies, grades hiérarchiques, etc.


Entre-temps, les jugements pour sodomie ont pratiquement disparu, et les exécutions par le feu sont devenues rarissimes. Le dernier condamné, un défroqué nommé Jacques-François Pascal, sera livré aux flammes du bûcher le 10 octobre 1783, devant une affluence exceptionnelle, pour avoir assassiné un garçon de quatorze ans qui lui résistait. Le crime de sodomie ne constituait dans ce cas qu'une circonstance aggravante, le véritable objet d'inculpation restant le meurtre. La répression de l'homosexualité en tant que crime apparaît de plus en plus comme un anachronisme du droit français. Sous la Révolution, elle tombe en désuétude : le Code pénal de 1791 ne reconnaît même plus le concept de contre-nature. Premier pas vers la reconnaissance des droits homosexuels, qui devront cependant attendre la fin du XXe siècle pour se voir pleinement admis.


Maurice Lever


(1) Le concile qui se réunit à Trente (Italie) entre 1545 et 1563 avait pour but de répondre à la progression de la Réforme protestante. Son oeuvre fut considérable, à la fois en matière de dogme et de discipline.


■ in L’Histoire n°221 (Dossier : Enquête sur un tabou – Les homosexuels en Occident), mai 1998, pages 46-47



LIRE aussi de Maurice Lever : Les bûchers de Sodome


par Jean-Yves publié dans : HISTOIRE
Mercredi 14 mai 2008

... un outil de promotion de la santé et de prévention du VIH/Sida auprès des homo-/bisexuels masculins produit par l’association belge Ex Aequo.



Alex est un jeune homosexuel. Suite à un rapport sexuel à risque, il découvre sa séropositivité. Cette nouvelle va bouleverser sa vie... Sa rencontre avec différents personnages va lui permettre, malgré des moments de désespoir, de trouver une nouvelle façon d'envisager l'avenir.


L'histoire d'Alex s'accompagne d'informations sur le VIH/Sida, de témoignages de personnes séropositives et d'adresses utiles à l'attention des homo-/bisexuels séropositifs et séronégatifs, à leur entourage ainsi qu'au personnel médical.


L'outil aborde les conditions de l'amélioration de la qualité de vie suite au diagnostic d'une contamination au VIH/Sida, le suivi médical et l'adhérence aux traitements, la vie affective et sexuelle, y compris la prévention contre le VIH/Sida (surcontaminations) et les IST, la réparation de l'estime de soi et la lutte contre les discriminations dont sont encore victimes les personnes séropositives.



Cette bande dessinée a été réalisée grâce à la confiance d'un groupe de gays séropositifs qui ont livré leur expérience : Claude, Nicolas, Maurice, Patrick, Pascal et Xavier ont partagé leur vécu pour construire l'histoire d'Alex. A partir de leurs expériences de vie, le scénariste Thierry Robberecht a construit un récit réaliste et émouvant mis en forme par les dessins sensibles et vivants de Fabrice Neaud.


Association sans but lucratif de promotion de la santé créée en 1994 et soutenue par le Ministère de la Santé de la Communauté française, Ex Aequo a depuis de nombreuses années mené des actions de prévention Sida/IST à l'attention des homo-/bisexuels masculins séronégatifs pour empêcher de nouvelles contaminations.


Une enquête menée en Belgique [1], montre que les homosexuels séropositifs déclarent un nombre de prises de risque élevé, en particulier ces dernières années. Aussi, des travaux menés dans d'autres pays soulignent combien le rapport des gays séropositifs à la prévention est différent du reste de la population homosexuelle. D'une part, ils sont déjà de « l'autre côté de la barrière » ce qui peut amener des comportements de prise de risque et donc une fragilité par rapport aux autres IST (syphilis et hépatite B notamment) ; d'autre part, ils sont impliqués différemment dans le processus préventif (puisque pour eux la protection concerne l'autre et non plus seulement eux-mêmes). Cette situation peut introduire un sentiment d'exclusion, une appréhension à dire son statut sérologique par anticipation du rejet, et finalement un repli sur soi. De plus, les gays séropositifs sont doublement stigmatisés : de par leur orientation sexuelle (homophobie encore présente malgré les avancées légales et la tolérance sociale accrue) et de par leur statut sérologique (le Sida est encore une maladie tabou).


Dès lors, l'association Ex Aequo a souhaité adresser des messages spécifiques aux homosexuels masculins qui vivent avec le VIH : d'où cet outil.

Mais ne s'adresser qu'aux séropositifs risquait d'être stigmatisant et contradictoire avec la notion de co-responsabilité d'où l'idée d'émettre un message décliné aussi vers les séronégatifs et ceux qui ne connaissent pas leur statut sérologique.


Les auteurs de la bande dessinée :

 Fabrice Neaud est un auteur français. Son Journal, bande dessinée autobiographique en 4 volumes (à ce jour) a été acclamé et a notamment reçu le prix Alph'Art « Coup de cœur » au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 1997. Des récits inédits sont également parus dans le collectif éponyme de la maison d'édition Ego comme X ainsi que dans la revue Bananas. Il travaille aujourd'hui sur de nombreux projets dont l'un consacré à des super-héros pas comme les autres.

 Thierry Robberecht est un scénariste et écrivain belge, spécialisé notamment dans la littérature jeunesse et la bande dessinée (La Smala chez Dargaud). Il publie régulièrement des polars jeunesse et des livres illustrés pour les enfants. Il a scénarisé « William se pose des questions » et « Le Monde de William », deux brochures de prévention Sida/IST à l'attention des jeunes homo-/bisexuels, éditées par Ex Aequo.


Contacts :

http://www.exaequo.be

http://www.jeunexaequo.be

Responsable du projet Alex et la vie d'après et contact presse : Frédéric Arends : frederic.arends@exaequo.be


Cet outil a été réalisée grâce au soutien du Ministère de la Santé de la Communauté française, du Ministère de la Santé, du Service de l'Education permanente - Direction Générale de la Culture - de la Communauté française, de l'Action Sociale et de l'Egalité des chances de la Région wallonne, de la Direction Ressources humaines et Egalité des chances de la Région Bruxelles-Capitale et de la Direction de l'Egalité des chances de la Communauté française.



[1] «Modes de vie et comportements des gays face au sida» - Rapport de l'enquête 2004 pour l'association Ex Aequo, Vladimir Martens, Observatoire du Sida et des sexualités (FUSE), août 2005.


Cet article est tiré du dossier de presse réalisé par l’Association Ex Aequo pour la sortie de cet outil le 13 mai 2008


Lire aussi la chronique de Didier Pasamonik


Mardi 13 mai 2008

Est-ce un hasard si la relative tolérance envers l'homosexualité coïncide avec l'émancipation féminine ? Lieu commun, certes, mais qu'il n'est pas mauvais de rappeler.


par Jean-Yves publié dans : MON CARNET
Dimanche 11 mai 2008

Dans la bande dessinée Lycaons, Alex Barbier m'entraîne dans une ambiance trouble imprégnée de violence et d'érotisme.


Pas de remplissage anecdotique dans ses vignettes d'une remarquable sobriété : Alex Barbier montre sans ménagement des pièces vides, abandonnées, que n'arrivent pas à habiter les personnages, des hommes le plus souvent, solitaires, repliés, isolés, presque en marge de ces espaces rigoureusement structurés.


Dans ces mondes clos affleure le désespoir de ces hommes, trônant dans le désordre de draps défaits, chairs dénudées en attente, exacerbation d'un désir livré à l'état brut.


Souvent une ouverture, une fenêtre vient briser cet enfermement. Mais le paysage entrevu, qu'animent de subtiles nuances de lumière, me paraît bien inaccessible : j'assiste, inquiet et subjugué, aux drames intimes qui me sont davantage suggérés qu'imposés.



Alex Barbier – Lycaons – 1978

Paru dans Charlie Hebdo n°118, novembre 1978

Réédité en 2003 aux éditions FRMK, ISBN : 2930204419, page 126


Sensitive, la peinture d'Alex Barbier est empreinte d'un romantisme qui n'a rien de mièvre : brutale, efficace et d'une extrême sensualité, elle me fait pénétrer dans un univers apparemment paisible où toutefois violence et folie sont prêtes à émerger.


Vendredi 9 mai 2008

« Les événements de 68 ne créent rien mais dévoilent des représentations sourdement mûries depuis l'envol de la civilisation d'abondance : du pluriel ; de l'éclatement ; du corps épanoui et battant.


En France le sexe ronge son frein dans les fers alors qu'il s'émancipe par tout l'Occident. En novembre 1968, éberlué, j'assiste à New York, dans Soho, pas encore « in » mais dangereux à traverser de nuit, au spectacle Dyonisus Sixty-Nine, d'après les Bacchantes d'Euripide. Les acteurs du « Performance Group » y jouent dévêtus, accueillant dans cet appareil, pour les conduire à leurs sièges, les participants à une liturgie barbante. Célébration d'un corps sublimé, bientôt exporté en Europe où, en 1969, Paris acclame Hair, le rite du nu se galvaudant dans les comédies musicales sans y gagner en piquant, car ici, comme dans les sex-shops, l'érotisme est aliéné par le discours.


Les équivoques de Mai 68, de la licence coalisée à l'ascèse, s'exaspèrent dans le militantisme sexuel. J'ai parlé de l'acte de naissance du FHAR dans le numéro 12 de Tout, journal de Roland Castro. L'homosexualité s'affiche et se banalise par le double truchement de l'idéologie et des lieux - bars, boîtes, clubs, saunas, cinémas -, où la baise est de rigueur, à la mode américaine, dans des salles réservées nommées « backrooms », les ténèbres y figurant le dernier rempart du tabou.


C'est l'époque où les femmes se croisent pour raccorder la dignité à leur désir, à l'instar de l'homme, lui ôtant les brevets de la galanterie et de l'initiative. Elles profitent, d'une conjoncture idoine, de la démystification de l'amour qui s'affranchit à force de désamorcer ses attraits. En 1974, pour réclamer une jouissance sans entraves, elles sont 343, bénies par le MLF, à se vanter dans un manifeste d'avoir volontairement interrompu leur grossesse.


Les deux sexes engagent une lutte pour une reconnaissance mutuelle qui ébranle les interdits en abaissant l'âge des étreintes. Le milieu populaire où la classe dominante avait réussi à implanter ses censures se déculpabilise en cadence des milieux nantis. En 1974, Giscard, à peine élu, ramène de vingt et un ans à dix-huit l'âge de voter et de disposer de sa personne. En 1976, par la légalisation de l'avortement, toutes les femmes sont officiellement conviées au plaisir.


Occasion pour les hommes de faire valoir réciproquement leur droit à la beauté, autrefois ratifié par l'aristocratie et froidement aboli par les bourgeois d'après la Révolution. »


Jean-Paul Aron


■ in Les Modernes - chapitre Mars 1972. L'Anti-Œdipe, Editions Gallimard/Folio Essais, 1986, ISBN : 2070323706


par Jean-Yves publié dans : CITATIONS
Jeudi 8 mai 2008

Cette nouvelle est la première du recueil « Diables d'hommes », toujours disponible, publié aux éditions Editinter. Elle a valu à son auteur le prix de l'édition du Val de Seine 2002.





          Je tape mes romans, assis devant une fenêtre qui donne sur les champs. Blés éblouissants, parcelles d'avoine se poursuivant, et creusés de rafales les échancrant...

          Juste au bas de la pente douce où finit mon jardin et où commencent les champs, il y a le cimetière. Ses croix de hauteur inégales se hérissent sur ce fond de céréales presque toujours mouvant. C'est un petit cimetière de campagne où, au mépris du ciment, on couche les morts à même la terre... J'aime taper mon roman devant ce désert vert et scintillant vu depuis la fenêtre, et où les seules empreintes restant de mes compatriotes sont celles de leurs morts.

          Il y a des moments où le vent, de lui-même, s'arrête. C'est midi, deux heures. Les blés immobiles sont comme une brillante dalle sous le soleil.

          Quelquefois, une deux-chevaux crachotante trace son sillage dans le chemin disparu entre ces houles planes. Je me lève. La deux-chevaux s'arrête devant le cimetière. Accuse une embardée avant de caler net. Le silence se reforme. Et le garçon descend.

          Je me lève alors, si je ne me suis déjà levé. Je retiens le rideau au-dessus de la fenêtre. J'observe cet homme jeune, qui sait que je l'observe. Il est descendu avec sa pelle, sa pioche. Plus, parfois ! suivant la difficulté de la tombe, son emplacement. Il a vingt-trois ans. Il est vêtu d'un épais pantalon de velours, chaussé de bottes car le moment ne tardera guère où la terre sera plus noire, grasse, collante... tout cela qu'il m'a expliqué.

          Et je m'étonne, chaque fois qu'il vient, chaque fois qu'on meurt, chaque fois qu'il vient faire au mort son lit, je m'étonne que ce coin perdu, abandonné à ses assolements, à ces seules étendues, possède un fossoyeur d'une telle jeunesse, d'un tel rayonnement sous le bonnet de laine dont à contre-saison sont couverts ses cheveux couleur paille. Je m'étonne que l'ouvrier modeste, dévolu généralement à de pareilles peines, ait ici ce visage lumineux, ce corps d'arbalétrier. Je m'étonne qu'il paraisse tout entier créé en un mot pour séduire un riche, errant et consomptif héritier qui, épris de beauté masculine et l'ayant vu, n'eût pu se mettre en tête que de l'emmener d'île en île sur un yacht...

          Mais non ! Ignorant ce qu'ont de rare, de précieux sa félinité, sa fraîcheur garçonnière, il s'est installé dans ce coin, en septembre, avec sa femme et le bébé. Il a demandé du travail à la mairie. Pas de travail... A moins qu'il n'accepte de creuser les tombes ! Il a accepté.

          Il m'a raconté tout cela le premier jour, un peu enfoncé dans le trou, plantant sa pioche avec vigueur, alors que frappé par cette image de cinéma traversant comme par erreur le cimetière rural, j'avais arrêté le ronflement de ma machine là-haut pour venir voir de plus près, comme en une promenade sans but, le splendide homme de main dont s'est doté ce village loin de tout.

          - "Et vous ? Vous ne vous ennuyez pas, ici ?"

          - "Non, je ne m'ennuie pas. Je travaille."

          - "Vous travaillez ?"

          - "Je suis écrivain. Je tape un roman."

          Cette déclaration, ce jour-là, a fait mouche. J'ai vu se redresser, s'interrompre le fossoyeur. Je l'ai vu s'intriguer à l'énoncé d'une... activité qui, je ne perds pas au change, lui parait plus incongrue encore qu'à moi la sienne.

          Et je devine à tout ce qu'il dira ensuite, et dira en jetant ses pelletées avec quelque soudaine affectation, je devine que s'est découvert là pour lui un monde insoupçonné, lunaire, obscur, fait à ses yeux de quels chatoiements ? de quelle étrangeté sombre ? de quel velours précieux, jamais vu ?... Terre lointaine dont il aurait entendu parler, certes, mais qui pour lui jusqu'à ce jour n'existait qu'à l'état de chimère, de présomption...

 

 

 

          Il est venu assez souvent à la maison, dès lors. "Je peux me laver les mains ?"

          - "Tu peux tout ce que tu veux."

          Il a décacheté lui-même, la première fois, la bouteille de vin frais tandis que, les doigts frémissants, je m'occupais d'autre chose. Et nous avons porté le toast à une amitié naissante... Non, quelque chose qu'il ne faut pas appeler comme ça. A un intérêt pour l'autre, un chemin vers lui, une attente aussi, où les zones d'ombre nous sont aussi chères que les zones éclairées.

          Il est revenu plusieurs fois et c'est devenu un rite que le vin, le salon où nous apportons nos verres, le fauteuil du salon dans lequel s'abandonne cette haute silhouette de chevalier. Nous tombons dans de brefs mais profonds silences que suivent, aussitôt que nous prenons conscience d'eux, de nous être oubliés à leurs bords : le feu de confidences qui font venir à la lumière un métier, des jours, ces styles de vie dont nous avons la réciproque curiosité.

          Attitude un peu abandonnée... Je le regarde avec le désir qu'il comprenne tout ce qui ne se dit pas. Je regarde sous sa chemise largement ouverte la courbure blonde de sa poitrine lisse comme papier glacé ou, encore, puisque ici se trouve enlevé le bonnet de laine : le désordre de cheveux dont l'or mêlé est pour moi d'un inexplicable, d'un insondable "jamais-vu".

          - "Le plus dur ce n'est pas de creuser les tombes, comme on croit ; c'est... tiens, par exemple, de descendre les dalles de marbre dans un cimetière en pente comme celui de Soleilles..." Et tout y passe à partir de là. Avec les difficultés du travail, ou ses ingratitudes : le patron qui ne paie pas beaucoup. La maison où il rentre tard. L'enfant. L'enfant ? "Vous verriez comme il est beau. C'est lui qui est beau !" rectifie-t-il. Car m'adressant au jeune père, en ne songeant qu'au jeune père, je lui ai avoué le trouver ainsi   -beau !-  le mot ayant fini par passer mes lèvres, par me dépasser, même si, au moment où cette reconnaissance en quelque sorte objective a été faite, mon visage a pris l'expression neutre de l'amateur devant une icône ou un vase grec...

          Un peu saoul, saoul d'autre chose que de vin, je lui ai dit un jour : "Mourir doit être plus doux si l'on est enterré par toi..." Il a ri, a rincé son verre sous le robinet puis est retourné en riant vers le cimetière "finir la case" comme il dit en matière de dérision, ou bien "finir la chambre",  si ce n'est pas même le "lit"...

 

 

 

          - "Comment tu l'appelles, ton roman ?"

          - "Je l'appellerai "Champs d'amour"..."

          - "Et qu'est-ce qu'il raconte ?"

          - "Un amour... qui se passe ici."

          Il hoche la tête,  prends le pouls d'une histoire qui, autant que je la déploie devant lui, comporte de mystères et d'inattendus. Le vent ratissait-il plus furieusement la plaine, ce jour-là ?  Je me souviens que c'est  sans  détacher  ses  yeux  des  miens  qu'il a demandé : "Et le soir, tu...tu ne sors  jamais ? Tu ne fais rien, le soir ?"

          Avant même d'entendre ma réponse, debout, arrondissant son épaule pour faire jouer un muscle, il dit : "Il faudra avoir une virée ensemble, une fois..." Et tandis qu'il descend, limpide, garçon, je constate qu'il ne me demande plus de passer à la maison, chez lui, chez sa femme, ayant pris le pouls de cette autre histoire que je ne lui disais pas, bien que la lui donnant à lire... et dont la découverte, la palpation trouvent quel écho en lui, font trembler quelle veine ? quelle envie d'oublier ici, dans l'ombre fraîche du lieu -avec l'unique concours de celui qui y mêle fiction et réalité- les heures partout ailleurs tellement plates, tellement familières, connues, répétées ?

 

 

 

          Il viendra un autre jour, un jour de mort. Il viendra, un matin…un après-midi…au prochain glas qui passera sur ces champs. Il viendra chez moi, alors : de lui même, toujours, il vient. Mais il est un jour, aussi, où, arrivé à sa manière habituelle, cette fois-là ne ressemblera pas aux précédentes. Et je ne sais quelle forme prendra le désir que nous avons d'échanger nos sphères, de les mêler sans réserve afin de voir sous quel aspect se poursuit, au-delà d'elles, l'échange, le dialogue dont n'importe comment la nécessité est chevillée à nos cœurs...

          Peut-être cela prendra-t-il l'allure d'une soirée dehors, dehors où nous irons avec sa guimbarde... D'une soirée d'été où quelque chose sera tombé. Où son mauvais velours, ses bottes seront troquées contre un pantalon blanc, des mocassins, à cause desquels, d'abord, je ne le reconnaîtrai pas. Peut-être la "virée" consistera-t-elle  uniquement, ce soir-là, à voir tomber ses vêtements de semaine sur le carreau de mon sombre salon. "Je peux me laver ?" - "Je t'ai déjà dit oui." - "Je veux dire : je peux me laver complètement, prendre une douche ?"  -"Tu le peux..." Et je garde en moi comme un petit lac d'eau pure, intouchée, ma joie de découvrir qu'il ne dit plus, comme si à présent ces phrases nous menaçaient tous deux, comportaient pour nous deux un danger : "Je suis celui qui fait la chambre. Je suis celui qui fait les lits : qui les fait en les ouvrant..."

          Et c'est à cela que je songe tandis qu'arrêté dans le fil de mon scénario, accoudé au-dessus d'une machine qui ne marche plus que par intermittences, fauché dans mon idée première et les yeux sur des avoines et des blés que je ne vois plus, s'écrit dans ma tête ce "Champs d'amour" qui n'est pas le roman prévu au départ...

 

Olivier Delau

Cette nouvelle est publiée avec l'accord de l'auteur.




■ in "Diables d'homme", Editions EDITINTER (6, square Frédéric Chopin, 91450 Soisy/Seine), 2003, ISBN : 2914227906


par Jean-Yves publié dans : LIVRES
 

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[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004

 

Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur


 

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"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

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« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
Kirsty Gunn

 

 

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« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert

 

Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 


 

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