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Articles avec #films tag

Ce n'est pas un film de Cow-boys, un court métrage de Benjamin Parent (2012)

Publié le par Jean Yves Alt





Ce n'est pas un film de Cow-boys on Vimeo



Lire la chronique de Lionel Labosse sur son site altersexualite.com

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La confesse, un court-métrage de Pascal Rémy (1980)

Publié le par Jean-Yves

Un homme saute d'un train et parvient peu après dans une sorte de loge où un individu maniéré se maquille copieusement.

 

Entre l'homme et cet inconnu s'instaure connue un dialogue, le premier contant (se racontant au travers d') une histoire qui lui est arrivée avec une femme... ou plutôt sa quête d'une femme, ses hésitations, ses sentiments d'espoir, de joie et d'angoisse. Il ne s'attirera en retour que des réponses laconiques et désabusées, ironiques, voire agressives jusqu'au moment de se faire proprement et simplement chasser.

 

Illustration un peu gauche de l'illusion de la communication, « La confesse » met en rapport le soi face à l'autre qui lui ressemble en demeurant radicalement différent ; au point d'ailleurs que chaque mot, chaque phrase, chaque idée ou sentiment vont être à la fois reçus comme tels, vont être déformés par la projection de l'autre pour être finalement incompris.

 

Drame de l'élan brisé de l'un vers l'autre, ce court métrage est composé d'un seul plan séquence.

 

L'autre pervertit-il toujours l'image du soi ? Tout comme soi ne se voit jamais tel qu'il est en vérité par le moi lui-même…

 


La confesse fait partie du triptyque « Interdits », ensemble de trois courts métrages dont le point commun fut d'être interdit aux mineurs par la censure.

 

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Des rôles bien rodés au cinéma par Geneviève Sellier

Publié le par Jean-Yves Alt

Hommes virils, amoureuses, garces : le cinéma a longtemps entretenu les clichés sexistes, souligne l'universitaire Geneviève Sellier

Professeure en études cinématographiques à l'université Bordeaux-III, Geneviève Sellier s'est spécialisée dans les études sur le genre et la sexualité au cinéma, un champ de recherche peu étudié en France. Elle est l'auteure de La Nouvelle Vague. Un cinéma au masculin singulier (CNRS Editions, 2005).

Des films comme "Boys Don't Cry" (Kimberly Peirce, 1999), "Tomboy" (Céline Sciamma, 2011) ou "La Piel que habito" (Pedro Almodovar, 2011) mettent en scène la construction sociale du genre. Y a-t-il des précédents dans l'histoire du cinéma ?

Avant les années 1970, la plupart des films de fiction grand public s'emploient à conforter les normes de genre qu'à les contester. Ils cherchent à naturaliser la prééminence masculine, la différence des sexes et l'hétérosexualité, y compris pour des raisons de rentabilité. Pourtant, cette usine à fantasmes collectifs laisse passer de temps en temps, sous l'impulsion d'individus atypiques – réalisateurs, scénaristes ou acteurs –, des œuvres qui montrent le caractère étouffant ou oppressif de ces normes, ou qui racontent des histoires de transgression.

On peut citer Greta Garbo, qui s'est construit une féminité androgyne, Marlene Dietrich en smoking séduisant hommes et femmes dans Cœur brûlés (Morocco), de Josef von Sternberg, en 1930, ou Joan Crawford se battant en duel dans Johnny Guitare, de Nicholas Ray, en 1953. Ici, ce sont des femmes qui transgressent les codes. Le genre masculin, dominant, reste plus difficile à déconstruire.

On dit que la Nouvelle Vague a pour la première fois mis en avant le désir féminin ainsi que la femme comme sujet et non plus comme objet du "male gaze", le "regard masculin" qui la convoite. Qu'en pensez-vous ?

La Nouvelle Vague est ambivalente. Elle affirme la légitimité d'un regard de l'homme désirant, souvent avec une dimension autobiographique, mais elle met aussi en scène des figures de "femmes modernes", qui rompent avec les figures dominantes du cinéma populaire : l'amoureuse romantique ou la garce diabolique (même si ce cinéma proposait parfois des figures de femme émancipée).

Si Bardot est à la fois, selon la formule de Simone de Beauvoir, gibier et chasseur dans Et Dieu… créa la femme (1956), Anna Karina reste, chez Godard, une femme-enfant souvent fatale pour l'homme qui s'éprend d'elle. Quant à Jeanne Moreau dans Jules et Jim (François Truffaut, 1962), elle est à la fois une femme émancipée, sujet de son propre désir, et une femme dangereuse qui entraîne son amant dans la mort quand il a cessé de l'aimer. Agnès Varda, elle, raconte dans Cléo de 5 à 7 (1962) un parcours d'émancipation spécifiquement féminin, très rare dans la Nouvelle Vague. Mais elle ne fera pas école.

Un grand classique comme le réalisateur Marcel Carné, homosexuel, entend jouer avec les archétypes de genre. Comment ?

La critique de la masculinité patriarcale dans les films de Marcel Carné a été magistralement analysée dans l'ouvrage d'Edward Baron Turk : Marcel Carné et l'Age d'or du cinéma français (L'Harmattan, 2002). Les Visiteurs du soir (1942) et Les Enfants du paradis (1945) valorisent ainsi des figures de masculinité douce chez Alain Cuny et Jean-Louis Barrault. Bien qu'il ait refusé de mentionner son homosexualité en France (mais il l'a fait aux Etats-Unis), Marcel Carné a proposé, après guerre, des images plus explicites de son orientation, en particulier dans L'Air de Paris (1954), en filmant des jeunes boxeurs et le corps de Roland Lesaffre, aussi bel homme que mauvais acteur !

L'hétérosexualité domine le cinéma, pourtant l'homosexualité a souvent été traitée, parfois de façon détournée. De quand date la reconnaissance de sa "normalité" ?

Aux Etats-Unis, le code de censure Hays, régissant la production de films, a joué entre le milieu des années 1930 et la fin des années 1950 un rôle d'étouffoir sans équivalent. Mais il n'a pas pu empêcher des lectures à contre-courant, faisant référence à l'homosexualité : c'est ce que montre l'ouvrage de Vito Russo, "The Celluloid Closet. Homosexuality in the Movies" (Harper & Row, 1987, en anglais, non traduit) qui décrypte des films aussi "genrés" et "normaux" que Ben-Hur (1959). En France, où le puritanisme a moins pesé, Olivia (1951), de Jacqueline Audry, propose, à travers l'actrice Edwige Feuillère, une vision valorisante de l'homosexualité féminine.

Il faudra attendre les mouvements de libération des années 1970 et des cinéastes - comme Visconti, Pasolini, Fassbinder ou Lumet - pour voir des films qui montrent les homosexuel-le-s autrement que comme des malades, des pervers ou des criminels. Si Le Secret de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005) montre le caractère toujours oppressif de l'hétéronormativité, La Vie d'Adèle me semble plus problématique : on peut se demander si l'inégalité entre les protagonistes du point de vue de l'âge, de l'expérience et du milieu socioculturel ne réduit pas, encore une fois, la relation lesbienne à un rapport de domination s'exerçant sur une jeune fille sans défense.
 

Le Monde, Propos recueillis par Frédéric Joignot, samedi 8 mars 2014

 

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Haltéroflic, un film de Philippe Vallois (1983)

Publié le par Jean-Yves Alt

Cette délirante histoire met en présence un flic (Serge Avedikian, sexy) et un culturiste fou (Illias Sikinos, très body-buildé).

Dans une église transformée en gymnase, à Pigalle, Guy va nouer une étrange relation sado-maso avec Loukas. Entre deux gonflettes, le Monsieur Muscle administre des râclées monumentales à l'autre qui en redemande, sur fond d'histoire policière abracadabrante.

Une chanteuse femme fatale, un flic chargé de faire le guet et qui prend goût au travesti, puis refuse de quitter le trottoir, parmi d'autres ingrédients.

Le réalisateur de « Nous étions un seul homme » donne l'impression d'hésiter entre le conte philosophique et la comédie burlesque absurde.

On pourra oublier le discours sur le cannibalisme, superflu, et hurler de rire aux démêlés de la Belle et la Bête, ou à la transformation de François en Ginette (joué par Ged Marlon).

Un film tonique et bizarre.


Du même réalisateur : Johan, carnet intime d'un homosexuel (1976) - Nous étions un seul homme (1978)

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Scènes de chasse en Bavière, un film de Peter Fleischmann (1969)

Publié le par Jean-Yves Alt

… ou scènes édifiantes de la vie des honnêtes gens dans une grasse campagne arrosée par des fleuves de vertu et le sang des porcs qu'on égorge entre deux beuveries à la bière.

Scènes de chasse dans le meilleur des mondes possibles : celui où la nature fait bien les choses en donnant en pâture – à la haine rentrée des gens honorables – tout ce qui n'est pas conforme.

Peter Fleischmann campe un village uni face au déshonneur, au stupre, c'est-à-dire à l'homosexualité d'un de ses membres. Il n'y a pas assez de « saint Georges » pour débarrasser l'angélique bourgade de ce dragon pourri.

Que tout ici soit pur et normal ! Le curé bouffe, le maire fait du fric, les bonnes femmes font du boudin entre deux culbutes sur la paille des blés, les vieux paient pour ça et la mère maudit le fils coupable.

Ce film est tiré d'une pièce de théâtre de Martin Sperr (1966) d'où l'articulation du film à partir des dialogues. Le drame naît des mots, qui mènent aux actes.

Le réalisateur, Peter Fleischmann conduit son discours, avec un réalisme d'une brutalité crue, célébrant la poussière des moissons et la vapeur des tripes d'un porc dépecé.

Abram, 20 ans, homosexuel, le gibier, gras et blanc comme un de ces porcs familiers en qui le village communie, est pris au piège à son entrée en scène : plan d'ensemble des villageois sortant de la messe. Jusqu'à la fin, tout est donné avec une efficacité, un naturalisme qui confine au malaise.

Les images célèbrent la nature. Elles ne cachent rien. Pour dépasser les mots, les images cadrent les trognes, les gueules, la haineuse vertu de ce beau monde très simple qui n'entend pas qu'on puisse forniquer comme il ne fornique pas. La caméra est toujours au plus près de ce qui se passe dès que les mots sont lâchés.

Ce film montre le tragique brut : de la messe à la saillie des vaches, de la ripaille autour du porc à la fête du village, à la battue enfin, la curée ignoble autour de celui grâce à qui on peut jouir d'un scandale et se venger de ce plaisir pour éviter, peut-être, le remords de jouir.

La bonne conscience des fascismes, les « nationalismes » s'unifient en une véritable porcherie, morale de l'abjection.

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