Lundi 26 mai 2008

Les années 80 ont consacré la prééminence de l'image. Images de soi, images médiatisées, images de l'homosexualité, images de l'homme. Les intellectuels ont eu, alors, peur du règne de l'image.



Les images de la publicité ont tellement magnifié le corps masculin qu'elles ont brouillé les codes. L'homme-objet utilisé dans la publicité a relativisé le concept de femme-objet.


Le look et l'apparence imposent-ils une morale ? S'offrent-ils à notre libre-arbitre ? Si on utilise l'image de l'athlète, du sportif, du corps masculin magnifié dans ses muscles, n'est-ce pas une façon – aussi – de magnifier le machisme ? Ou est-ce simplement la recherche d'une émotion esthétique ?


Si l'on considère la publicité comme l'art des XXe/XXIe siècles, alors Léonard de Vinci ferait-il, aujourd'hui, des spots de pub ou des clips vidéo ?


Dimanche 25 mai 2008

La peinture d'Histoire fut, pendant près de deux siècles, du XVIIIe au XIXe siècle, de Rubens à Manet, le thème majeur de l'art pictural en Europe.

 

Représentation de l'homme devenu Histoire, de l'homme en action – et très souvent du héros dans une action ultime, la plus héroïque : la mortla peinture d'histoire est un miroir des transformations d'une société.

 

Parmi les nombreuses œuvres, je retiens, Mucius Scaevola devant Porsenna, qui est très largement représentée, successivement par Poussin, Le Brun et plus tardivement Giambattista Tiepolo. C'est l'illustration du caractère viril et vertueux du héros, maître de soi et prêt au sacrifice dans l'intérêt de la nation.

 

 

Mucius Scaevola devant Porsenna – Giambattista Tiepolo – 1750/1753

Huile sur toile, 103cm x 120cm, Würzburg, Martin von Wagner Museum

 

Mucius Scaevola, jeune noble romain, surpris par Porsenna, roi des Etrusques qu'il voulait assassiner, affirme en plongeant son bras droit dans un brasier que le sort qui l'attend le laisse indifférent, sans peur et sans remords.

 

Ce tableau trouve son juste pendant dans la représentation de Samson et Dalila, l'homme vaincu par la passion, le héros perdu par les femmes :

 

 

Ecole de Naples du XVIIe – Samson und Dalila

Huile sur toile, 125cm x 94cm

 

A la fin du XVIIIe siècle, le héros devient l'expression des vertus de la nation, particulièrement dans les œuvres de David, tel la célèbre mort de Bara, représentant la mort d'un jeune révolutionnaire ( ?), tableau superbe jusque dans son inachèvement :

 

 

Jacques Louis David – La Mort de Bara – 1794

Musée Calvet, Avignon

 

Le torero mort peint par Edouard Manet, annonce, par-delà la mort du héros, la mort de la peinture d'histoire et de sa mise en scène.

 

 

Edouard Manet – Le torero mort – 1864/1865

Huile sur toile, 75,9cm x153cm, National Gallery of Art (Washington D.C.)

 

Je ne peux m'empêcher – pour terminer – de présenter cette magnifique toile de Henry Fuseli, Achille tente de saisir l'ombre de Patrole, le héros triomphant hanté par le souvenir de la mort de l'ami. 

 

 

Henry Fuseli – Achille tente de saisir l'ombre de Patrocle – 1803

Huile sur toile, 91cm x 71cm, Kunsthaus (Zürich)

 

Samedi 24 mai 2008

Danger pour les LGBT.


Deux chercheurs partisans de « thérapies » de l’homosexualité et du transsexualisme superviseront la 5e révision du DSM, le manuel de diagnostic des troubles mentaux utilisé dans le monde entier. Une annonce qui suscite la colère et l'inquiétude au sein des organisations LGBT.


Lire l'article de Marie-Noëlle Baechler : Révision du DSM, une mobilisation de toutes les personnes atypiques est indispensable !


Vendredi 23 mai 2008

L'amitié pour qu'elle s'épanouisse ne doit pas avoir été au préalable soumise aux flèches d'Eros afin qu'aucune frustration ne vienne la perturber. Dans l'amitié, il y a une sorte de part « civilisée » qui rejette les tensions les plus vives, ce qui la rend, je crois, plus durable que l'amour.



Lire la seconde partie


par Jean-Yves publié dans : MON CARNET
Mercredi 21 mai 2008

« La plus grande partie de la vie est si terne qu'il n'y a rien à en dire, et les livres et les discours qui tentent de lui donner un intérêt sont obligés d'exagérer dans l'espoir de justifier leur propre existence.


A l'intérieur du cocon tissé de travail et d'obligations sociales, l'esprit des hommes somnole la plupart du temps, enregistrant des alternatives de plaisir et de douleur, mais sans rien de la vivacité que nous nous attribuons.


Il y a des moments, dans les jours les plus secoués, pendant lesquels rien n'arrive ; nous continuons, il est vrai, à nous exclamer :


"Comme je suis heureux!" ou "C'est horrible", mais c'est sans sincérité. "Dans la mesure où je ressens quelque chose, c'est de la joie, c'est de l'horreur", il n'y a en nous rien de plus que cela et un organisme parfaitement adapté demeurerait silencieux. »


Edward Morgan Forster


in La route des Indes – 1924


par Jean-Yves publié dans : CITATIONS
Lundi 19 mai 2008

Alain Daniélou a vécu quinze ans au Rewa Kethi, un palais au bord du Gange. Parti pour l'Orient avec un ami, il n'en est revenu que vingt ans plus tard. Dans un magnifique récit autobiographique "Le chemin du labyrinthe", il racontait sa vie de jeune bourgeois catholique rompant les amarres pour vivre, dans des terres étrangères, son homosexualité et sa passion de l'Orient.


Etre proche du divin


Pour comprendre le yoga et ses techniques, il est essentiel de se rappeler que le mouvement incessant de la pensée cérébrale constitue le brouillard qui nous masque le divin. Les plaisirs du goût, de l'odorat, du toucher, de la vue, de l'ouïe, du sexe peuvent conduire par contre à une perception de l'harmonie divine à travers les êtres et les choses.


Beaucoup de livres ont été écrits sur le yoga. C'est un bon marché ! Si je recommande celui-ci, c'est que son auteur sait de quoi il parle. Médium entre deux cultures (jeune Français catholique conscient de ne pas «être» pleinement lui-même, Alain Daniélou quittera l'Europe pendant plus de vingt ans à la recherche d'une autre culture très proche de ses aspirations), l'auteur (mort en 1994) a commencé par apprendre : il connaissait le sanskrit et parlait l'hindi parfaitement.


Son livre est une somme jamais racoleuse. Dans cet ouvrage, on retrouve ses études antérieures complètée par toutes les connaissances nouvelles ou plus précises que sa vie au milieu des hindous lui a permis de recueillir. Loin de toute vulgarisation abusive, "Yoga, Kâma : Le corps est un temple" est un ouvrage capital. Il est plus que didactique, il offre la philosophie qui peut nous rapprocher d'une connaissance intérieure de nous-mêmes.

J'ose utiliser un mot galvaudé : c'est de la conquête du bonheur qu'il s'agit. Une tranquille victoire qui passe par les sens, les intensifie mais ne les emprisonne pas dans la seule course aux plaisirs.

■ Editions Kailash, 2005, ISBN : 2842681312


par Jean-Yves publié dans : LIVRES
Dimanche 18 mai 2008

C'est en 1987, que le photographe Nicholas Nixon décide de contacter des malades du sida, par l'intermédiaire d'un comité d'action. Quelques personnes acceptent alors d'être régulièrement photographiées, mois après mois, chez elles ou à l'hôpital.

 

Si elles sont souvent dures, ces photos ne donnent pas dans le sensationnel : elles sont intimes, montrant les malades seuls ou avec leurs familles.

 

Parfois, comme dans cette première photographie présentée, le malade pose avec défi, torse nu.

 

 

 

Pour exister, une catastrophe doit-elle passer par l'image ?

 

« Faire face au sida, consiste d'abord s'habituer à son aspect », pourrait être la conviction de Nicholas Nixon. A quoi sert de recouvrir une ville d'autocollants « Silence = Mort » si on n'ose regarder un malade du sida en face ? 

 

Ce malade pourrait être vous. Il sera peut-être vous. Et la vie ne s'arrête pas avec un diagnostic.

 

Samedi 17 mai 2008

Dire « pédé », « enculé »… rappelle la hiérarchie des sexualités, et renvoie l’homosexuel à sa place.


Celui qui profère ces mots fait entendre que l’homosexuel ne peut pas partager son univers. Que l’homosexuel ne peut avoir les mêmes droits. C’est ce que clame haut et fort l’insulte. L’exclusion.


« Pédé », « enculé »… ne sont pas que des mots. Car ces mots véhiculent une histoire. Celle de la persécution, de la justification théologique, psychanalytique, psychiatrique. La justification de la mort même des gays et des lesbiennes.


On commence à percevoir maintenant l’homophobie comme un discours de haine alors qu’auparavant elle était nécessaire, indispensable dans l’éducation, particulièrement dans celle des garçons : « être un homme c’est surtout ne pas être une femme, ne pas être un pédé ». Cela fait encore partie de l’éducation de l’homme, du masculin.


Il y a une tyrannie du silence. Les hétérosexuels qui vont chaque jour à leur travail restent hétérosexuels, ils n’y pensent pas, ils sont simplement normaux, ils n’ont pas comme on dit d’« orientation sexuelle » ; seuls les gays et les lesbiennes en ont une. Quand les hétérosexuels sont sur leur lieu de travail, ils parlent de leur mari, de leur femme, ils ont une alliance au doigt… ils s’identifient constamment en tant qu’hétérosexuels par de petits mots codés dont ils n’ont même pas conscience.


Les homosexuels font ce qu’ils veulent dans leur vie privée mais ils ne peuvent se manifester en tant que tel : on tolère leur homosexualité sous condition que cette homosexualité ne soit pas dans l’espace public.


L’homophobie ne serait-elle pas aujourd’hui la peur de l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualité ?


Samedi 17 mai 2008

Nicolas Sarkozy a jusque-là dit « non » à la reconnaissance par la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, célébrée chaque année le 17 mai dans plus de 50 pays.


Celle-ci est pourtant reconnue par le Parlement européen, la Belgique, le Royaume-Uni, le Mexique, le Costa-Rica…



Nicolas Sarkozy disait non encore à une résolution qui permettrait, si la France la soutenait à l’ONU, d’obtenir la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Cette proposition était pourtant soutenue par de nombreuses personnalités à travers le monde, plusieurs prix Nobel, intellectuels, artistes, personnalités politiques de renom.

Source de cet article : http://www.gaymag.fr/?p=310



Dernière information : La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, qui a reçu des associations luttant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, a déclaré qu'elle avait présenté "le principe d'une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui serait portée devant l'Assemblée Générale des Nations unies" durant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008.


« Évidemment, cette reconnaissance officielle n'est pas une fin en soi; c'est au contraire un début, un levier, un outil. Il faudra donc travailler pour qu'elle s'avère aussi bénéfique que possible. Et plus encore pour ce qui est de la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Les mécanismes de l'ONU sont si lourds et si complexes que ce travail demandera forcément beaucoup de temps et d'énergie. »

Louis-George Tin


Vendredi 16 mai 2008

Après s'être rencontrés dans un bar, deux jeunes hommes, Bryan et Brian, passent la nuit ensemble. Pris dans leurs désirs immédiats, ils font l'amour sans protection puis s'endorment.


Le film s'ouvre sur le réveil de Bryan après un rêve pénible, bientôt suivi par celui de son compagnon de soirée. Les deux garçons s'engagent dans une odyssée verbale infinie, et avec elle, les premiers désaccords : une de ces discussions de nuit où chacun révèle des secrets intérieurs qu'il ne dirait pas – en temps normal – à son ami le plus proche.


Chacun, à travers sa propre histoire livre à l'autre son intimité, entre confidences et ratiocinations : tentative de signifier quelque chose de leurs vies, le monde autour d'eux, leurs séductions auprès d'autres hommes, le SIDA, la bisexualité et les questions vaines… comme «Pourquoi les chaussettes ne correspondent jamais quand on les sort de la machine ?».


Together Alone réussit cette gageure de tenir le spectateur en haleine pendant une heure et demie autour de ce dialogue réaliste et intime entre ces deux Brian et Bryan, dans la pénombre (les images sont en noir et blanc) de la chambre où ils ont fait l'amour, aussitôt après leur rencontre.



On en oublie que ces deux garçons sont des comédiens, tellement ils sont excellents.


Un film impressionnant.


par Jean-Yves publié dans : FILMS
 

Texte Libre



Album photos

Texte Libre 1

 

[...] les mots possèdent ce prodigieux pouvoir de rapprocher et de confronter ce qui, sans eux, resterait épars dans le temps des horloges et l'espace mesurable.
Claude Simon, Album d’un amateur,  Editions Remagen-Rolandseck, 1988, p. 31

 

Photographie de Cédric Genty – 2004

 

Lire c'est aller à la rencontre de quelque chose qui va exister.
Italo Calvino, Si par une nuit d'hiver un voyageur


 

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Texte Libre 2

 

 

 

 

 

 

 

"Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles."
(Italo Calvino, Leçons américaines)

 

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« Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément. »
André Gide, Les Nourritures terrestres (1897)

 

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« Tout est vrai, le temps d’un texte. »
Kirsty Gunn

 

 

 

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« Je crois aussi qu'on ne meurt pas avant d'en avoir secrètement, tenacement le désir. »
Tony Duvert

 

Le site de Lionel Labosse. Un regard altersexuel sur le monde.

 

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C’est ainsi par exemple que l’on envoie les enfants à l’école, non pas dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils pensent ne pas mettre réellement et sur le champ leurs idées à exécution.
KANT, Réflexions sur l’éducation

 


 

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POUSSE-POUSSE

 

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Aidons les enfants du Vietnam

 


 

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