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Eden par François-Xavier Lalanne

Publié le par Jean-Yves Alt

Rhinocrétaire, Mouflon de Pauline, Moutons de Peter, Singe allumé… Ainsi désignées, les sculptures de François-Xavier Lalanne, avant même de les rencontrer dans un vaste salon ou au détour d'une allée de jardin, charment les oreilles.

Sculptures évocatrices d'un éden enfantin où le Petit Prince s'amuserait à rivaliser de fantaisie, pour épater Hans et Gretel.

Ces hybrides de bronze, de cuivre ou de tôle laitonnée, invitent à distribuer des caresses sur leur carapace comme sur celle de cet imposant rhinocrétaire, véritable ambassadeur rustique d'un art paisible, heureux, invitant à sourire.

François-Xavier Lalanne – Rhinocrétaire – 2005

Bronze

François-Xavier Lalanne s'inscrit dans la chronologie des sculpteurs animaliers, abondamment représentés au XIXe siècle par les Antoine-Louis Barye, Paul Simon et surtout François Pompon. Son imaginaire luxuriant évoque aussi la force inspiratrice de Magritte.

Des sculptures inventives et élégantes qui reculent les limites entre ce qu'il est convenu d'appeler l'art noble et l'art dit décoratif.

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Hommage à Pierre Peuchmaurd

Publié le par Jean-Yves Alt

Le Secret de ma jeunesse & Maurice Blanchard, Pierre Peuchmaurd : « Pierre Peuchmaurd, l’enchanteur » par Alain Roussel, En attendant Nadeau, 28 janv. 2020

« Deux poètes… » par Marc Blanchet, Poezibao, déc. 2019

Rencontres :

Vendredi 14 février à 19h00 : Librairie Caractères : 17, rue du Maréchal Bosquet 40000 Mont-de-Marsan – Tél. : 05 58 06 44 12 – SiteFacebook

Samedi 15 février à 11h30 : Librairie La Folie en Tête : 36, rue André Bénac 33190 La Réole – Tél. : 05 56 71 92 44 – Facebook

Vendredi 6 mars à 18h30 : Librairie La Machine à lire : 15, rue Parlement Sainte-Catherine 33000 Bordeaux – Tél. : 05 56 48 03 87 – SiteFacebook

Samedi 7 mars à 18h00 : Librairie Livresse : 44, rue des Girondins 47300 Villeneuve-sur-Lot– Tél. : 05 53 36 89 41 – SiteFacebook

Vendredi 13 mars 2020 à 18h00 Librairie Préférences : 11, place Clément Simon 19000 Tulle – Tél. : 05 55 20 05 22 – Facebook

Hommage à Pierre Peuchmaurd

Pierre Peuchmaurd sur le site des éditions Pierre Mainard

18, rue Émile Fréchou - 47600 Nérac

Tél. : 05 53 65 93 92 - mainardeditions@free.fr

www.pierre-mainard-editions.com

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La troisième femme, Hugo Marsan

Publié le par Jean-Yves Alt

Afin d'échapper aux brûlures amères de la mémoire, Jean, Hélène et Thomas sont venus se réfugier dans une petite ville de province, Raffec. Une de ces villes insipides où il ne se passe jamais rien, et dont la banalité feutrée semble garante d'une vie - sinon heureuse - du moins sans histoires.

C'est au fin fond de la campagne, dans deux maisons jumelles que ces personnages ont « enfermé leur étrange destin ».

Jean, professeur d'une trentaine d'années, est marié à Hélène ; Thomas, professeur lui aussi, est leur ami. Mais l'on devine très vite, entre ces deux hommes, un attachement viscéral, une passion d'autant plus forte que nouée dès l'enfance de Jean, à l'ombre de laquelle Hélène paraît s'épanouir étrangement.

Rien de racinien dans ce trio : l'amour circule, à des degrés différents certes, entre Jean, Hélène et Thomas. Tous ont en commun la quête d'un reflet d'eux-mêmes, quête impossible, et sans doute désirée comme telle.

Hélène apparaît comme la gardienne souriante de cette étrange confrérie de fantômes, femme dont on découvre peu à peu qu'elle est moins éprise de son mari que fascinée par la relation tacite qui existe entre ces deux hommes.

Il y a ce bonheur précaire mais poignant : matinées d'octobre luisantes de soleil, embaumées de l'odeur du café...

Seule note d'angoisse dans cette oasis de connivences, ce fantôme que Jean rencontre chaque soir, quand il rentre en voiture de son travail ; cette vieille femme qui surgit de la brume et de la nuit, là, debout sur la route dans sa djellaba blanche, les bras en croix.

Face à ce spectre gémissant, Jean, en proie à la terreur, ne peut pas mettre de nom.

Cette femme aurait-elle un rapport avec sa mère, morte à l'occasion d'un accident mystérieux - peut-être même par sa faute ?

L'apparition d'une femme jeune et désireuse de vivre, Isabelle, va compromettre un moment cette ambiguïté savamment maintenue par les trois amis.

Amoureux, Jean voit enfin s'ouvrir pour lui une perspective riante, la possibilité d'échapper à ce trio à la fois aimé et haï. C'est alors que la machine infernale lentement mise en place va refermer inexorablement ses mâchoires : la tentation de vivre débouche sur la mort, la folie, l'épaisse nuit qui n'est jamais assez noire pour engourdir la souffrance.

Cette histoire, par le suspense et ses crimes inattendus, peut se lire comme un roman policier mais elle est avant tout celle d'une lente dépossession des êtres.

 Celle de Jean, bien sûr, objet d'une manipulation odieuse et subtile de la part de ceux-là mêmes qui disent l'aimer le plus. Jean obsédé par la vieillesse, englouti peu à peu dans la folie, réduit à l'état de momie affective, condamné à l'immobilité pour avoir été un jour cet enfant trop beau courant sous le soleil : papillon éphémère épinglé par l'amour.

 Celle d'Hélène, figure inoubliable qui a troqué sa vie contre un beau mirage, le réel pour l'imaginaire, Hélène qui préfère à l'existence son image, femme-miroir attentive à ne refléter que ces deux visages de garçons qui n'osent pas s'aimer directement, femme alibi dont le destin lui-même est un alibi, une façon de ne pas se rencontrer, de maquiller la mort, ou plutôt de mimer la mort pour ne pas lui faire face : « Je suis la mort dans sa robe noire, je suis la mort noire, grise, soûle... Je suis complètement soûle, je suis grise. Je suis la mort qui se grise : elle s'ennuie de ne pas tuer. »

Quant à Thomas, il a plongé lentement tout l'univers dans les ténèbres afin que soit baigné de lumière un visage unique : celui, bien sûr, de Jean enfant, qu'il a profondément chéri ; celui, éblouissant mais artificiel de Gabriel, ce jeune élève, pour qui, il ne veut éprouver qu'une violente flambée de sensualité. C'est par « cet enfant roi d'un royaume sans blessures » qu'il est mortellement fasciné, cet enfant impossible à atteindre.

Comment tenir en échec le spectre grisonnant de la troisième femme, figure menaçante de la castration, mais aussi de la sexualité et de la mort ?

■ La troisième femme, Hugo Marsan, éditions Acropole, 1998, ISBN : 2735700534


Du même auteur : Monsieur désire - Le balcon d'Angelo - La troisième femme - Le labyrinthe au coucher du soleil - Véréna et les hommes - Saint-Pierre-des-Corps - La femme sandwich - Les absents

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Vasile Evànescu : l'homme à la tête d'oiseau, Alain Absire

Publié le par Jean-Yves Alt

Vasile Evànescu est un géant et sa vie est un martyre. Le héros du roman d'Alain Absire n'a pas la plénitude d'une chair solide et harmonieusement répartie. Vasile est laid. Sa tête est trop petite pour son corps dégingandé et, du côté du sexe, aucune prouesse.

Dans ce roman sans concessions, Alain Absire aborde un héros difficile à manier : le monstre. Il avait l'héritage d'une illustre réussite : « Elephant man ». La gageure est tenue. Vasile Evànescu fait glisser progressivement dans l'intimité douloureuse de l'anormalité. L'auteur accroche d'autant mieux qu'il n'utilise aucun des effets qui sont la tentation dans ce genre d'écrits. Son personnage est fragile, fataliste, souffreteux mais tenace. Et, peu à peu, s'oublie le géant difforme : se découvre alors la « différence » dans ce qu'elle sépare, isole et même livre à l'exploitation (Vasile finira dans la stupide gloire d'un modèle pour affiches publicitaires grand format après avoir besognement gagné sa vie dans un spectacle de géant à Bucarest).

Bien sûr, un peu d'amitié-amour lui vient d'une toute jeune femme. Mais quand on mesure 2m34, accepte-t-on si facilement d'être aimé ? Et l'amour lui-même ne se solidifie-t-il pas dans la soumission aux références sociales ? Vasile comprendra mal l'attachement d'Isabelle.

Par transposition, comment vit-on l'amour quand on est homosexuel ? Par amour, j'entends la véritable reconnaissance de l'autre comme individu visible et authentique. Bien sûr, Alain Absire ne fait aucun lien entre l’infirmité de son héros et l’homosexualité. Il souligne simplement les atroces conséquences de l'isolement physique et de la différence.

Livre surprenant. Envoutant comme les meilleurs suspenses utilisant les moyens les plus simples : un récit linéaire sans fioriture et sans excès. Une grande pudeur aussi.

■ Vasile Evànescu : l'homme à la tête d'oiseau, Alain Absire, Editions Calmann-Lévy, 1994, ISBN : 2702112641


Du même auteur : L'égal de Dieu - Lazare ou le grand sommeil - L'éveil [Nouvelles] - Mémoires du bout du monde [Nouvelles]

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Le guerrier de pierre, Marcel Schneider

Publié le par Jean-Yves Alt

L'action de ce court roman poétique se situe dans un Moyen-Âge légendaire, au sein d'une forteresse aux confins de la civilisation. Kuno, le chasseur, est tué par une des statues de pierre qui gardent la frontière et inspirent la peur à la population.

Le narrateur, un homme solitaire et disgracieux, est chargé d'enquêter sur les circonstances mystérieuses de sa mort. Garçon singulier, chroniqueur de la frontière, il fut durant de nombreuses années le souffre-douleur de Kuno, en qui il voyait l'image idéalisée de la force et de la séduction.

Entre eux s'étaient établis des rapports sado-masochistes, substitut d'une homosexualité souterraine et inavouable.

Chargé de mettre au jour les survivances de croyances païennes entretenues par la femme de Kuno, Giva, le narrateur devra subir les affres du déchirement entre son amour pour le chasseur et sa foi chrétienne.

Dans une atmosphère fantastique où il excelle, Marcel Schneider met en scène les tourments de la passion entre deux hommes en apparence totalement contradictoires.

■ Le guerrier de pierre, Marcel, Schneider, Editions Le Livre de Poche, 1981, ISBN : 2253026573


Du même auteur : Un été sur le lac - Histoires à mourir debout - L'éternité fragile (tome 1) - L'éternité fragile (tome 2) : Innocence et vérité (mémoires)

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