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L'esprit qui fascine dans la chair avec Pierre Yves Trémois

Publié le par Jean-Yves Alt

Les personnages du peintre Trémois, ses animaux ne sont pas des dieux. Ils n'assument pas les métamorphoses de ceux-ci. Mais ils sont à l'orée d'une étrange révélation.

Trémois représente des amours chimériques, animales.

Par tout ce qu'il révèle des destins de chacun, l'artiste fait fi de l'actualité ; il reste attaché aux valeurs éternelles dans ce qu'elles continuent d'apporter, loin de l'académisme où on les confine trop souvent.

Couples singuliers que ceux de Trémois : leur animalité, leur réflexion, leurs contours dont l'érotisme est aussi éclatant que discret, son inspiration virilisée, ne sont jamais au détriment du poids de rêve qui pèse sur leur paupière et la finesse de leurs traits.

L'esprit qui fascine dans la chair avec Pierre Yves Trémois

Pierre Yves trémois – L'homme au singe V – 1988

Fusain sur papier marouflé sur toile, 145 cm x 192 cm

Ses couples appartiennent à deux mondes : celui de l'intériorité, qui les tourne vers soi, et celui de la pléthore physique. Trémois ne renonce pas à toutes les attirances d'Éros dans ce qu'elles ont d'intemporel et de sacré.

Dans la mesure où le peintre freine ses audaces, elles déclenchent, chez ceux qui regardent, un surcroît d'imagination peuplée de chimères.

Trémois sait troubler par son zoo inspiré, comme si le règne des bêtes était en étroite corrélation avec celui des hommes.

Dans l'univers de Trémois, la vie est plus que la vie : une forme de songe où l'antique animal, taciturne et excitant, propose une paix que les humains pressés ne donnent plus.

Les peintures de Pierre Yves Trémois permettent de rêver à ce plus qu'est l'esprit qui fascine dans la chair.

Site de l'artiste

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En prison, Frédéric Boyer

Publié le par Jean-Yves Alt

Frédéric Boyer raconte son expérience de professeur auprès d'une dizaine de jeunes délinquants enfermés dans l'univers moite et gris d'une prison ordinaire. Pourtant « En prison » n'est pas un reportage sur la vie carcérale. C'est un roman qui amène à une révélation intime, là où la passion échappe aux codes.

Du narrateur on ne connaît ni le passé, ni les amours (il drague des femmes grandes et fortes : indice intéressant sinon décisif). On ne sait pas grand-chose non plus des prisonniers : quelques précisions sur le comportement d'Angélique (un homme), de Jim, de Momo et aussi de Rachid qui meurt du sida. Mais on n'apprend rien de la vie ancienne de ces hommes à jamais éteints ni heureusement des motifs de leur condamnation. Il reste l'histoire d'un vertige, une sorte d'initiation mystique qui traque l'impossible.

Le jeune professeur s'engloutit progressivement dans les rites dérisoires d'un groupe d'hommes meurtris jusqu'à ne plus savoir vivre hors de la prison. Ce roman pénètre dans le mystère et l'humilité d'une passion grave et dévorante que l'on pourrait appeler la compassion, mais pour laquelle il n'y a pas de mot :

« Ça lui brûlait la langue, l'estomac. L'envie d'avouer une chose incroyable. Un désir sans nom, sans beauté. »

En prison, Frédéric Boyer

Il n'y a rien de directement sexuel dans cette attirance irréversible, mais paradoxalement tout se trame à partir du corps :

« Il ne se lassait plus d'observer ces hommes [...] C'était très violent. Leurs mains démangées de caresses. Il le sentait bien quand ils lui serraient la main. »

Métaphore de notre société ? Allégorie d'un enfer secret ?

Le roman de Frédéric Boyer évoque d'abord Kafka... et on se cogne très vite à Simone Weil, la philosophe convertie qui refusait de jouir de la vie face à la souffrance des autres. Mais « En prison » est traversé d'un frémissement occulte qui s'apparente au désir. L'auteur ignore pourtant des fantasmes engloutis que le lecteur surprend au détour d'une phrase :

« Pourtant il lui montait dans les bras, dans le corps une envie folle de les tenir contre lui. Une bouffée de tendresse avec un goût de miel. »

Le narrateur aime le dénuement de l'autre qui le préserve de sa propre solitude. Jusqu'à l'oubli de lui-même, il se précipite vers les vaincus « essorés par l'attente », qui appellent mais refusent notre amour, s'accrochent parfois, s'éloignent toujours avec « leur pas orphelin de rythme, le chantonnement fêlé de leurs voix rendues rauques par l'humidité constante ».

Ce roman suggère sans doute l'échec de la prison mais jamais n'en dénonce ouvertement les carences, même si une notation (« Le mot sida ressemblait dans leurs bouches à un petit serpent immobile et dur ») en accuse parfois la misère essentielle. Son propos est ailleurs. A l'abri de son écriture polie, le roman devient subversif. Il ausculte la fascination qu'inspirent les reclus et les victimes quand ils nous attirent « au point de vouloir partager leur sort ».

Le narrateur disparaît dans l'anonymat de la prison, soumis à une étrange perversion qui lui fait aimer « sentir l'homme oisif, abandonné ». Amoureux de ces êtres de fuite que l'absence au monde pare d'une séduction primaire, il note avec envie leur « obstination douce et cruelle qui les poussait à remplir les fonctions naturelles de la vie, du corps ».

Dans son amour infini d'une collectivité d'hommes, le narrateur cache sa peur d'aimer un être en particulier : « Peut-être avait-il cru que cela rachèterait le reste. Le manque définitif de compassion dans lequel on vivait aujourd'hui. »

■ En prison, Frédéric Boyer, Editions P.O.L., 96 pages, 1992, ISBN : 978-2867442803

Quatrième de couverture : Il y a quelques années, on lui proposa d’être professeur en prison. Il accepta sans penser à l’injustice qui nous aveugle devant les hommes qui ont échoué, qui sont coupés du monde. Sans savoir de quelle inquiète façon il aurait à être sur ses gardes de peur de les aimer vraiment.

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Tous désirs confondus, Frédéric Mitterrand

Publié le par Jean-Yves Alt

Le projet de ce livre appartient aux vieux rêves de chacun, réagir, au plus secret de l'intimité, à des photos d'un autre temps, des images passées, imprégnées de mémoire, des photos anonymes dont les sujets ordinaires, lieux et êtres disparus, vivent d'une présence paradoxale : nous y reconnaissons nos souvenirs, nous y retrouvons nos rêves, nous les contemplons longuement pour atteindre notre enfance enfouie dans cette banalité, émouvante à force d'être banale.

Que peut-on dire d'autre que ce « moi » étouffé, vivace pour nous seuls, que cette mémoire douce parce que douloureuse, nos amours ou plutôt notre amour, l'unique, celui toujours frôlé, jamais atteint, celui du premier jour, et sans doute de la dernière nuit.

Du texte de Frédéric Mitterrand, le lecteur peut aussi s'écrier dès la première ligne : « C'est moi, oui c'est moi, j'écoute sa voix mais c'est mon ancienne plainte, mon ancien cri de joie, c'est le murmure obsédant de ma solitude qui s'écrit là, près de ces photos... »

« Cet enfant-là, que sa mère emporte, serré dans ses bras parmi les ombres des périls du monde, l'ai-je été un jour ? J'ai beau vouloir me souvenir, rien ne vient, si ce n'est le manque. Il y eut certainement quelque chose de ces images des autres dans notre histoire, quelque chose que je cherche à travers elles sans parvenir à le nommer... »

L'agence photographique Rapho (qui date de l'entre-deux-guerres) a permis à Frédéric Mitterrand de choisir une vingtaine de photos, simples, inaltérables. Ces photos, l'écrivain les dit pour nous : il raconte, il raconte la vérité, ce qui reste après le coucher du soleil, une minute, une seconde pendant laquelle le photographe a saisi l'éternel. Ici, pas de décalage de mode qui ferait sourire, pas de curiosité somme toute légitime pour un temps lointain ou inconnu, non, plutôt l'instant d'une rencontre miraculeuse entre un photographe et des êtres qui passent, sans s'arrêter, sans savoir peut-être que plus tard, ce moment privé de leur existence perpétuera la vie, contre leur mort, contre la destruction, contre l'oubli.

Tous désirs confondus, Frédéric Mitterrand

Des photos d'Edouard Boubat, des photos de Robert Doisneau, de Janine Niepce, de Willy Ronis, de Sabine Weiss et de tant d'autres.

Le texte de Frédéric Mitterrand est poésie : prendre aux choses, voler aux éclats fugaces de la vie, la vérité sensible qui exprime la grandeur de l'homme, cette même grandeur qui donne Mozart et Giotto, la survie d'une étrange tristesse qui répète tout bas que nous sommes habités par d'étranges démons qui nous obligent à implorer les divinités :

« Et puis cela encore, tenter d'avoir à l'horizon ce point de vue vertical, pour tout voir en face, en même temps ; pour tout prendre et ne rien laisser ; pour s'élever en restant les pieds sur le sol. Pour voir toutes les couleurs, tous les signes, et se dire qu'ils sont venus de l'homme, et qu'il n'appartient qu'à lui seul de les lire et de les comprendre. Et cela aussi, savoir parfois se retirer de tout ce qui nous tient, se défaire de tout ce à quoi on appartient. Oh, non pas pour devenir différent, puisque cela n'est guère possible et sans doute pas bien utile, non, juste assez pour voir un peu plus et un peu autrement... »

Frédéric Mitterrand dit – avec beaucoup de silences et une immense pudeur – son enfance, son adolescence... Ce sont sublimes aveux parce que notre enfance, notre adolescence ont vécu des mêmes exaltations et pleuré les mêmes douleurs, parce que nous avons eu cette conscience aiguë de l'autre et de l'amour, et cette violente attente.

Le texte est trop court. On le souhaiterait infini, lente conversation des mille et mille jours, fragment et univers comme ces photos « révolutionnaires » qui clament la vie toujours espérée dans une discrétion au bord des larmes.

■ Tous désirs confondus, Frédéric Mitterrand, Editions Actes Sud/Agence Rapho, 45 pages, 2009, ISBN : 978-2742786633


Du même auteur : Lettres d'amour en Somalie sur des photos de Diane Delehaye

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Les amours du Nil, Juan Pineiro

Publié le par Jean-Yves Alt

Ce roman se présente comme une suite de notes, un carnet de voyage tout empreint de fantaisie, d'humour, d'aventure, de sensualité et d'étonnement.

Le héros raconte (mais peut-être invente-t-il) son parcours dans une Égypte qui va au-delà des étapes touristiques habituelles.

C'est à d'autres sujets que va l'intérêt du voyageur : les hommes, les bêtes, le petit peuple, et, les nombreux garçons qui traversent sa route et occupent ses nuits.

« Une fois arrivé au rocher, j'étais très ému, j'avais des frissons en pensant que cette rivière est à l'origine de toute vie dans cette partie du monde. Tandis que Jamal, tout nu, son corps noir d'adolescent-homme parfait, jais phosphorescent contre un ciel bleu indigo, un ciel en lapis-lazuli, me faisait faire des pirouettes, de la voltige, des acrobaties aériennes extravagantes auxquelles mon corps encore quelque peu étranger à ses desseins s'apprêtait déjà naturellement à répondre avec délice, attentif au moindre désir de ce fils du Nil. » (p. 63)

Les amours du Nil, Juan Pineiro

« L'amour tient une grande place dans mon existence. Un contact même fugitif, avec des gens qui sentent l'herbe, l'innocence, le soleil et le palmier, me rend infiniment plus heureux que la plupart des charmes de notre société que trop souvent j'ai en horreur… » (pp. 95-96)

Humour, jeu, sensibilité s'entrecroisent dans ce roman corrosif et libre :

La Reine d'Angleterre visite les états du golfe persique : « Partout où elle s'est rendue […] des foules enthousiastes, en délire » (p. 102). Elle termine son voyage par ce discours salué par la foule : « N'oubliez pas que je vous aime à la folie. J'espère que vous ne tomberez pas dans la même poubelle que les chrétiens au Moyen Age en devenant de hideux fanatiques – les dieux n'existent pas, seules les reines existent – autrement, je me verrai obligée de venir vous écraser un par un comme de sinistres cafards ! » (p. 103)

La chaleur est telle que l'esprit du voyageur-narrateur "bascule" ; son journal devient sa propre chronique royale : « Quel bonheur d'être une reine, surtout en étant une fourmi en même temps. Oui... une reine ! Si les gens savaient, ils voudraient tous être reines, et ce serait déjà un grand bonheur de le vouloir. » (p. 111).

Les notes sont parfois remplacées par des faits divers du monde ; suite de situations comiques et inattendues, comme la légalisation de l'activité des prostitués homosexuels dans une ville mexicaine (« Pour la première fois, l'activité de prostitués homosexuels a été légalisée […] à Tepic, dans le centre du pays, à la suite d'une décision du maire de taxer les hommes pratiquant le plus vieux métier du monde » p. 96) ou la reconnaissance des dangers du mariage (« Les mariages seront dorénavant surveillés, a décidé le ministère de l'Intérieur, les statistiques ayant révélé qu'en […] 1978, le nombre des convives atteints par des coups de feu tirés à cette occasion s'était élevé à 219 morts et à 914 blessés » pp. 112-113).

D'autres voyageurs "rencontrent" le narrateur, hors du temps où le réel devient imaginaire, dans des paysages sublimes et fantastiques.

Tout cela forme un texte lumineux et personnel, chargé de réminiscences livresques et filmiques : coupures de journaux, stars du cinéma argentin, impressions vives de l'actualité.

« Les Amours du Nil » est un livre qui dit simplement la richesse de vivre dans le désir. Le désir comme ultime talisman.

■ Les amours du Nil, Juan Pineiro (1945-1994), Editions Robert Laffont, 216 pages, 1981, ISBN : 2221006003

Quatrième de couverture : Voici un texte étonnant. Par son impudique pudeur, par son lyrisme retenu, par son humour, par la netteté lumineuse de son dessin et de son écriture. L'Egypte que parcourt le héros de Juan Pineiro, du Caire à Assouan et d'Assouan au Caire, ce n'est pas celle des temples et des pyramides. Celle-là, il ne la voit pas. N'existent à ses yeux et à tous ses sens que les villes, les paysages, les animaux et les êtres – ces garçons à qui l'unissent de brèves et fulgurantes amours. Et ses imaginations, et ses mirages...

Voici un texte troublant, et pourtant singulièrement pur. Tout au long de ce voyage, une lumière dorée nous accompagne, comme si vraiment nous étions près du Nil, au milieu du désert, sous un soleil aussi éblouissant que les soleils noirs des visionnaires, ou les lunes aveuglantes des amours essentielles.

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Le sel, Jocelyne François

Publié le par Jean-Yves Alt

Dans ce superbe petit livre où chaque mot déploie l'infini d'une méditation, Jocelyne François confie avec une liberté totale et pudique la solitude d'un être quand il est confronté à la douleur souveraine du corps, à la dictature de la survie et risque d'abandonner le désir d'amour, englouti dans l'expérience intransmissible de la souffrance physique.

L'auteure descend au plus profond de l'humain. Gravement malade, dans l'incapacité de se mouvoir pendant des mois, elle qui aurait eu toutes les raisons de s'enfermer dans la récupération égoïste de son corps, ouvre grands les yeux sur les autres, s'étonne, éblouie du mouvement, se nourrit de l'amie aimée :

« Dès l'aurore, ta voix. Clarté entière dans nos paroles, tout le brouillard d'hier a disparu. »

L'ultime allégresse du don alors que « tout ce qui est encore sensible dans mon corps me fait souffrir, sauf mon visage ».

Le sel, Jocelyne François

Sans le moindre mot superflu, sans la moindre complaisance, poésie ciselée jusqu'au nerf, le texte de Jocelyne François atteint une pureté mystique.

Quand le corps, jadis victorieux, se débine et laisse, pantelant et affamé, il reste à se pénétrer du chapitre six (« Je regarde marcher les inconnus ») où il est dit si simplement, si magistralement, les grandeurs de la sexualité quand elle est amour, élan fou vers l'autre.

« Le mot amour est, comme chacun sait, trop général dans notre langue, J'écris ici à propos de l'amour sexuel, celui qui est un arrachement de l'être entier, esprit et corps. J'écris sur cette expérience irréfutable qui ne s'incline devant rien, qui sait où elle va. Je ne pouvais deviner que cet état s'emparerait de ma vie très tôt et que je ne m'en déprendrais jamais. Vite j'ai su qu'à partir de cette métamorphose on peut tout comprendre non par un accroissement du savoir mais par une force agrandie de ressentir les moindres vibrations qui relient les autres à leur propre vie. Il y a d'infinies façons de vivre cet amour sexuel et il ne s'agit jamais d'un choix qu'une décision intime précéderait. Non, on est empoigné, emporté et pour toujours on se trouve dans le camp de ceux qui parient pour l'amour ressenti comme la première des valeurs. L'existence apporte les circonstances qui prouvent qu'on est là, de ce côté, et pas de l'autre. Il n'y a donc pas de confusion possible. Le déroulement du temps, son imperceptible et subtile emprise, n'altèrent pas cette ardeur qui structure les jours. C'est à cette lumière que s'évaluent les événements, qu'ils se hiérarchisent presque d'eux-mêmes et que la saveur (ce qu'on appelle le goût de la vie, "Il a perdu ou il a retrouvé le goût de la vie") règne en maîtresse sur les choses les plus simples comme sur les moments les plus intenses. Si la perte survient, la mémoire torture parce qu'elle ne peut se résigner à la disparition de cette saveur qui n'est comparable qu'au sel sans lequel toute nourriture est sans corps. »

Certes, « il ne faut pas croire que le discours sur la sexualité soit sans fin. Aujourd'hui, il est fini, il est épuisé ». Mais il reste la vie, l'écriture, le ciel, l'amour, « le sel de la terre » qui est aussi notre meilleure soif.

■ Le sel, Jocelyne François, Mercure de France, 128 pages, 1992, ISBN : 978-2715217553

Quatrième de couverture : « La souffrance qui peut nous envahir devant l'état du monde vient de l'amour que nous avons pour lui, vient de l'intuition du fourmillement des détails défaillants. C'est un sentiment qui se développe avec le cours de la vie. Progressivement un souci nous escorte qui ne nous lâchera plus. Quelque chose en nous cherche le sel et le sel ne s'est jamais obtenu autrement que par concentration. C'est une réalité chimique, et c'est aussi une image mentale. Le goût du sel et le sens se ressemblent. La vie sans sel, comme la nourriture, n'est pas mangeable et il n'y a aucune raison d'accepter de la manger. »

Le Sel est un texte qui a été gagné sur les heures de douleur physique. Jamais je n'ai écrit si lentement et pourtant avec un tel désir. Ecrire et marcher à nouveau étaient liés dans la même lutte. C'est dire à quel point ce texte, bien que publié, reste avec moi et me ment eu aide. J. F.


Du même auteur : Histoire de Volubilis - Le cahier vert/ Journal 1961-1989

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